22 avril 2006

Pub fiction

La mairie de Paris vient de lancer un nouvel appel d’offres pour son contrat de mobilier urbain. La principale innovation de ce contrat consiste à supprimer quatre cents des deux mille panneaux de la capitale. Cette information me rappelle l’action que j’ai menée il y a quelques années au sein du Conseil municipal de Nice pour lutter contre l’inquiétante pollution publicitaire qui envahit notre ville. Après de nombreuses interventions en séance publique, j’avais enfin obtenu que le règlement de publicité soit renégocié. Membre de la commission réunie à cet effet, je fus à la fois l’acteur et le témoin de cette renégociation. À vrai dire, le résultat fut décevant. Très décevant. Malgré un travail préparatoire remarquable des services, j’ai pu constater la force du lobby des affichistes. Avec, à la clé, une nouvelle exception niçoise : à la tête de la délégation des professionnels, il y avait… un conseiller municipal de la majorité lui-même affichiste (au moins quand un Sarkozy est dans une délégation du MEDEF, … ce n’est pas le ministre !).

Malgré ma combativité, celle des services et des représentants de l’Etat, la montagne a accouché d’une souris. Quelques panneaux particulièrement visibles furent supprimés dans Auguste Rainaud, certains aménagements furent opérés dans la plaine du var, une meilleure protection des collines fut assurée. Par ailleurs, une étrange doctrine fut affirmée, selon laquelle, la pollution publicitaire serait moins grave dans certains quartiers (par exemple à Bon Voyage). Évidemment, en 2001, quand la commission fut renouvelée, le maire a veillé à ce que je n’en sois plus membre.

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de faire une « Pub fiction », avec une ville libérée de toute agression publicitaire, que ce soit les fameux panneaux et même la quasi-totalité du mobilier urbain.

La nouvelle équipe devra proposer un programme audacieux en la matière : suppression de la publicité sur le domaine public et parapublic (OPAM), règlement drastique de la publicité sur les terrains privés, et cela, sur l’ensemble du terrain municipal, pas seulement dans les beaux quartiers ou les quartiers touristiques.

Une telle révolution améliorerait très rapidement notre environnement et contribuerait au rayonnement et à la beauté de notre cité. Elle exigera aussi beaucoup de volontarisme politique et une résistance sans faille des élus de la nouvelle majorité aux lobbies.

C’est bien pour cela que la rigueur, l’indépendance et le désintéressement seront les qualités essentielles qu’il faudra exiger des futurs membres de la liste que nous présenterons en 2008.

2 commentaires:

serge a dit…

Monsieur Mottard, j'espère que d'ici là; vous serez à la tête de la majorité municipale, jamais comme en ce moment votre chance de vaincre n'a été aussi grande, à vous de vous faire connaître encore plus surtout dans les quartiers bourgeois où je réside et peut être que miracle nous verrons lors de votre mandature ce beau projet aboutir.
L'Election de la gauche plurielle à Nice ce fera à la prochaîne élection ou ne se fera plus, nous comptons sur vous , soyez encore plus présent au quotidien et il vous faudra l'aide des médias (c'est pas gagné)
En tout cas bonne chance à vous et à travers vous à nous
Votre ami

Serge

ANTONIN a dit…

La est toute la différence qu'il y a entre un projet de société de gauche par rapport à celui d'une droite libérale.
La publicité à outrance est la caricature de la société de consommation. Celle qui nous convainc d'avoir besoin de choses inutiles qui feraient notre bohneur tout en determinant notre niveau social "j'ai donc je suis".
On est là tout à fait dans cette doctrine libérale. Et en plus, quands on a, on est prudent, donc pas de révolution en vue.
Au dela de ça, la gauche doit proposer un projet centré avant tout sur la personne en lui proposant de l'émotion et du savoir à travers la culture, l'éducation, etc... Cette émotion et ce savoir nous permettent de nous élever dans la société, de vivre en parfaite harmonie, et surtout, surtout, ça nous permet de rendre l'accessoire et le matériel tout à fait inutile.
Enfin, à part l'ordinateur qui nous permet quand même de bloguer sur le site de PATRICK, et le téléphone portable également pour pouvoir envoyer des sms à ANGE lorsqu'il est devant l'écran géant de la place Masséna, ou bien se faire appeler par l'un ou l'autre de nos élus pour aller distribuer des tracts.

ANTONIN