21 avril 2006

Une vita difficile

Mercredi 18 heures : la Cour de cassation italienne déclare Romano Prodi et la coalition de gauche vainqueurs des élections législatives.

18 heures 30 : le traditionnel débat du mercredi à ma permanence est consacré… à l’analyse des élections italiennes. Le hasard fait parfois bien les choses.

Devant l’assistance des grands jours (on pouvait noter le renfort des franco-italiens : Sorrentino père et fils, Gustavino…), le premier intervenant, Henri Cottalorda, explique à quel point ce qui vient de se passer en Italie est difficilement transposable en France. Les différences sont en effet très nombreuses :

- la gauche italienne a très majoritairement approuvé le projet de constitution européenne ;
- le principal parti de cette gauche est l’héritier direct du Parti communiste ;
- la coalition de gauche regroupe toute la gauche, de l’extrême au centre (la remarque est également valable pour la droite italienne qui concubine sans état d’âme avec l’extrême droite) ;
- le profil politique de Prodi est plus proche de Bayrou que des principaux leaders socialistes français.

Le second intervenant, Angelo Vai, est italien. Politologue de formation, ex membre du PDS (il a dirigé à Milan la section… Karl Marx), il nous livre à sa façon sa lecture du résultat de ces élections.

En 2001, il avait quitté l’Italie car il s’était engagé à ne pas rester dans un pays gouverné par Berlusconi. Malgré la victoire de cette année, il ne rentrera pas encore car, selon lui, l’avenir de la gauche italienne s’annonce bien incertain :

- la faible majorité au Sénat dépend de la défection d’un seul élu de gauche ;
- Berlusconi, dos au mur, fera tout pour résister (il n’a pas le choix, pour lui, c’est le pouvoir ou… la prison !) ;
- la coalition est vraiment hétéroclite, les Démocrates de Gauche n’ayant pas réussi à constituer un noyau assez fort.

Reste que le système Berlusconi a été, au moins provisoirement, neutralisé et que si le gouvernement Prodi peut s’attendre à « una vita difficile », sa fragilité même peut se transformer en atout si elle responsabilise cette gauche italienne qui sait si bien se rassembler quand il le faut. N’oublions pas les primaires exemplaires qui ont préparé le succès de Prodi… (à ce propos vous pouvez toujours voter pour des primaires à la française ).

3 commentaires:

Anonyme a dit…

La coalition de gauche de Prodi me fait penser à Nice plurielle dans la mesure où votre groupe d'opposition à la mairie a réussi à rassembler l'ensemble des forces de gauche de la ville (Alternatifs, PC, Verts, PS...). Il faut peut-être y voir un bon signe pour les futures échéances de 2008...

Patrick Mottard a dit…

Je trouve le rapprochement que vous faites intéressant. Mais à Nice Plurielle, nous sommes d’accord sur un projet qui existe depuis 2001 et que nous « rafraîchissons » régulièrement. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de la coalition dirigée par Romano Prodi…

Serge a dit…

Franchement mieux un Prodi incertain mais qui prendra ses marques à un chef d'état qui détient les médias, et qui ne fait plus de la politique mais du popularisme.
Je pense qu'à terme ce changement pour l'Italie sera bénéfique à la condition que Monsieur Prodi est le courage de suspendre les lois iniques qui faisaient la protection du Mussolini du xx ième siècle.
Je souhaite pour la démocratie Italienne que celui-ci ait un jour des comptes à rendre à la justice et que même ces amitiés des loges fraternelles ne seront protégées.
Dream Dream Dream, seul un procureur de la dimension d'Eric de Montgolfier à l'Italienne pourrait aider la justice et bannir à vie un politicien dangereux
Bien à vous
Votre Ami

Serge