11 juin 2008

La malédiction du tunnel


Conseiller général consciencieux, je me rends souvent au CADAM ; professeur assidu, je vais régulièrement sur le site de Sophia Antipolis. C’est dire si l’autoroute de Nice Nord a peu de secrets pour moi.

Mais cette fidélité est mal récompensée car, dès que j’emprunte cette voie et sa succession de tunnels (Las Planas, Pessicart, Saint Pierre de Féric, Canta Gallet…), j’ai le sentiment d’être victime d’une malédiction.

Evidemment, je n’évoque pas ici le radar honni qui rêve d’effeuiller nos permis de conduire avec la frénésie d’un amoureux transi. Ce radar n’est pas mon copain mais, dura lex sed lex, l’élu républicain et fier de l’être, ne dira pas un mot – surtout lorsqu’il s’agit de la sécurité de tous – contre cet instrument un peu aveugle de la loi commune.

Quand je parle de malédiction, je fais allusion à un tout autre désagrément lié aux tunnels : l’intermittence radiophonique.

On peut aisément le vérifier à chaque fois : après avoir roulé moins d’une centaine de mètres sous ces longs tunnels, mon autoradio devient aussi silencieux qu’un poisson rouge neurasthénique. Or, ce que j’écoute à ce moment précis est TOUJOURS passionnant : l’arrivée d’une étape du Tour de France, la chanson nostalgie enfin retrouvée, l’analyse politique qui décoiffe, la prévision météo indispensable et, pire que tout, l’histoire drôle dont je vais manquer la chute !

Dès que le capot de ma voiture retrouve l’air libre, se réalise alors la deuxième partie de la malédiction. Ce que je peux à nouveau écouter est toujours naze : pub stupide, dernier tube de Lara Fabian, cours de la Bourse… ou les rires qui accompagnent la fin de l’histoire que j’ai manquée.

L’automaticité de cette double malédiction est telle qu’on peut pratiquement parler d’une loi physique.

Aussi, Mesdames et Messieurs de la radio, il ne faut pas vous étonner si, de guerre lasse, je ressors mon vieux CD de Lennon ou le dernier Winterhouse pour franchir le cap de Canta Gallet.

9 commentaires:

claudio a dit…

Ce que j'ai cru voir venir : Je me souviens dans les "Fragments" d'une histoire de 11 septembre qui débutait dans le tunnel de Las Planas.
Malédiction dit-il ? J'ai compris, c'est là qu'il a appris la mort de Dino Risi. Il va nous rendre nostalgiques avec un Parfum de Femme, un Fanfaron, un Caro papa et c'est sûr, il n'oubliera pas Les Monstres.

Quelle déception ! Juste une histoire d'ondes radio.
Au fait? Pour information, Dino Risi est mort et à moins de passer sa vie dans un tunnel, faudrait voir à nous faire un billet sur le sujet.
;-)

GriGriantibayon a dit…

Mdrrr en effet il y a là volonté manifeste de nuire !!
ah c'est excellent !! j'adore la malédiction en 2 temps, genre double effet kiss cool... le radar frénétique et le poisson rouge neurasthénique... j'ai tenté d'imaginer à quoi ça peut ressembler... mouarf...
j'adore ce post !!

Laurent Weppe a dit…

Es tu sûr que le cours de la bourse n'est pas la chute de l'histoire drôle?

Anonyme a dit…

Je me faisais la même réflexion cet après-midi entre Nice Nord et Lingostière (avec un peu moins de talent littéraire que toi).
La seule radio qui ne coupe pas dans les tunnels, c'est Radio Traffic (107,7), pas toujours folichon à écouter !

Laurent F

Anonyme a dit…

La photo est magnifique.
Mais de quel tunnel s'agit-il?
Que le titre d'un texte peut-être trompeur.
Je pensais trouver un commentaire sur les incessants travaux réalisés dans ces différents tunnels, pour la bonne cause, paraît-il, puisque pour la sécurité, mais qui sont momentanément une source permanente d'insécurité.
Pour le reste, pas de souci pour moi, je n'ai pas d'autoradio, pas de clim,pas de ... dans ma voiture qui n'est pour moi qu'un outil pour me déplacer.
Une dernière petite pensée pour ceux qui téléphone à .... en voiture.
Vivement le tram pour le CADAM et l'équivalent d'un RER pour Sophia-Antipolis.

RICCIARELLI

Anonyme a dit…

Branché ou débranché…
Ben oui la véritable chute est que PM est hyper branché.
Je ne sais pas si tout le monde connais cette série de compilations, mais je la recommande très très vivement, et même plus vivement que cela.
Dans la série vous pourrez trouver quasiment tout les styles : musique lounge, house,techno deep,disco, beach-house, et tout ca a la sauce SEXY
A consommer sans modération..I’m fan me too !
Pénelope

alain a dit…

Bonjour de la ville aux célèbres tunnels de la croix rousse, fourviere et caluire, la technologie qu'il te faut s'appelle le câble rayonnant qui véhicule les ondes dans les tunnels, ce n'est pas des travaux lourds, un peu d'électronique et un câble qui circule ... à étudier!

Patrick Mottard a dit…

Ricciarelli en fait ce tunnel est plus ou moins imaginaire et figure dans la page de présentation d'Escota...

ANTONIN a dit…

Et si cette malédiction était en fait une bénédiction.

La bénédiction de se retrouver soudain dans un silence monacal le plus total, une fois rentré dans cet obscur boyau, promesse d'une arrivée plus rapide à destination.

Un silence incitant à la méditation et la sérénité (de façon intermittente tout de même), loin de toute fureur radiophonique annonçant la mauvaise nouvelle Irlandaise, et te permettant de trouver la réponse fondamentale à l'interrogation universelle que tout le monde se pose.

"Qui sommes nous? d'où venons-nous?
Ou allons nous?"
Eh bien il en est un, dans ce monde ici bas qui détient la réponse.
"Je suis un conseiller général qui viens de prendre l'autoroute A8 par la bretelle Nice-nord et qui arrivera au CADAM après avoir emprunté la sortie St. Augustin."

Par contre, si l'on doit parler de malédiction, il en est une dont nous sommes tous victime.
La malédiction de la queue à la caisse du supermarché.

Vous savez, cette queue voisine de la votre et qui avance plus vite.
Lorsque, au prix de quelques regards acides et remarques désapprobatrices indirectement adressés, "Il y en a qui ne manque pas de culot n'est ce pas René?...", vous arrivez de façon acrobatique et plus ou moins contestable à vous insérer dans la queue voisine, ne voila t'il pas tout d'un coup et sans aucune raison, que celle ci se retrouve bloquée à son tour.
Et c'est à ce moment la que celle que vous occupiez précédemment se met tout à coup à avancer très rapidement.
Tout cela sous le regard victorieux de la femme de René, semblant vous dire "bien fait pour toi, il y a une justice".

ANTONIN