20 juin 2008

Le bricolage existentiel

Si la recherche de soi-même est aléatoire et probablement illusoire, la fabrication d’un bon petit bricolage existentiel est tout à fait nécessaire pour cadrer sa vie. Ce bricolage est forcément impressionniste, nécessairement évolutif, et comporte obligatoirement de nombreuses zones d’ombres. Mais il a le mérite d’exister.

C’est ainsi que mon petit bricolage à moi revêt la forme (provisoire) suivante :

« Le rapport à l’autre, qu’il soit direct ou médiatisé par la culture est (le seul ?) constitutif du moi. Aussi, j’use de ma liberté pour le développer en le conscientisant et en le diversifiant. Ainsi, le moi social va donner naissance à un moi personne qui est à la fois synthèse et dépassement (quelles proportions ?). C’est ce moi personne que je dois protéger pour l’offrir en retour aux autres et à la société afin de contribuer à une fusion universelle où la fraternité transcende la mort ».

D’aucuns pourraient considérer ce bric-à-brac comme étant du Theilhard de Chardin laïc-light… Tant pis, j’assume !

Et vous, quel est votre bricolage existentiel ?

10 commentaires:

claudio a dit…

Conscient de mon incompétence légendaire en bricolage, j'aurais plutôt tendance à me méfier du "moi social" qui dénaturerait mon "moi personne" que je souhaite le moins sali possible afin de justement l'offrir aux autres qui pourront se situer par rapport à du solide et pas à du bancal. (c'était ma phrase la plus longue et la plus rapide)

bernard gaignier a dit…

Aimes ton prochain comme toi meme!!!
L'evangile le dit mais la psychanalise aussi. Pour aller ves l'autre il faut s'aimer soi même d'abord.
Connais toi toi même!!
Peut etre le plus difficile tellement la perception de soit est difficile. Pour moi... le moi est d'abord personne. et c'est le point de départ de mon rapport à l'autre!

conaitoi_oh_toimeme a dit…

Mon existentiel aurait plus des allures de surréalisme "Burtonien", "bunuelesque" (années 70) et beaucoup "Magrittien"... "ceci n'est pas ce que vous pensez, croyez, voyez !!" donc non pas forcément impressionniste... nécessairement évolutif oui ça me parait indispensable, comportant des zones d'ombres... oui et non... si les réponses à tes questions ne te satisfont pas, bah trouves en qui te satisferont, et ce même si elles n'existent pas... pas obligé de piocher dans le garde manger universel si la tambouille te convient pas... d'où une partie de l'évolutif...
le rapport à l'autre conscientisé, surement pas... beaucoup trop de relationnels sans intérêt qui s'évaporent dans les lymphes de notre mémoire poubelle pour leur accorder autant d'importance... seuls certains cas, répondant à certains critères qui nous sont propres peuvent se voir accrédités d'un tel investissement...
assez d'accord avec le com précédent, le moi social qui engendre le personnel, hmm y a de l'arnaque dans l'air là... le moi social a toujours une petite odeur frelatée de soufre superficiel...
s'offrir à la société afin de... bla bla bla... c'est de l'idéologie naïve... la fraternité n'a jamais transcendé la mort... le seul moyen que l'homme connait pour transcender la mort c'est de laisser quelque chose derrière lui... des œuvres, des bâtiments, des monuments, des enfants...
et la liberté dans tout ça...? bah c'est de d'abord savoir ce qui m'est le plus vital, comment je peux y arriver et que vais-je faire pour ça...?
Comme d'hab ce n'est que mon avis et je le partage...

Patrick Mottard a dit…

On peut ne pas être un poête maudit et ne pas être naif pour autant...
-"conscientiser"veut dire s'investir mais bien sûr en faisant UN CHOIX !
-"des oeuvres, des batiments, des enfants" pour le coup c'est naif car nous sommes là dans l'écume du Vrai.
-que suis je d'autre que les autres ?on ne m'a pas donné la réponse chers intervenants!!!je persiste et signe :nous sommes les autres mais notre liberté nous donne (Peut être !) la possibilité d'infléchir l'alchimie.
-La fraternité, la tendresse reste la seule issue pour que le scandale de la mort soit surmonté( cf le dernier Wenders "Shooting Palermo ")

claudio a dit…

Ben heureusement que je ne suis pas les autres !
En revanche, je suis là un peu "par" l'Autre et surtout "pour" l'Autre :
"Si, au pied de mon cercueil, une seule personne pense que je n'ai pas servi à rendre le monde meilleur ne serait-ce que de l'épaisseur d'un cheveu, Réveillez-moi, je veux revenir, c'est que j'ai encore du boulot !
Nos devoirs sont plus importants que nos droits.
Et notre premier devoir est de remplir notre mission :
Laisser le monde et les humains dans un meilleur état qu'on les a trouvés" (extrait d'un vieux billet sur un vieux blog)

Didier a dit…

Un bon petit bricolage existentiel, est-ce suffisant ? Si conscientiser c'est s'investir en faisant des choix, n'est-ce pas là plutôt la définition de l'agir ? Et dans ce cas, l'agir est-il le seul bon petit bricolage existentiel auquel on puisse prétendre en ce bas monde ? Personnellement, je ne le crois pas. Disons plutôt : je pense que ce n'est pas suffisant. Il est nécessaire, me semble-t-il, d'ajouter de la grandeur à ce bon petit bricolage actif, du regard qui sort du nombril pour embrasser le monde d'un pas de géant, des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns, pour reprendre un autre géant. Autrement dit, il est indispensable de vouloir bâtir des pyramides, de vouloir voler dans le ciel, d'aller biser le soleil. Le moi "social" et le moi "personne" ne sont pas en opposition, mais en émulation, l'un ET l'autre font le moi, être unique, et donc irremplaçable, et donc... de passage.
Je ne sais pas si j'ai répondu, ceci dit. Voilà que je m'embarque à faire des phrases aussi longues que Claudio ;-)

After4Ever a dit…

Ah nous y voilà !! Wenders l'a dit alors on régurgite... ah bah c'est sur ça change tout !!
nan mais sérieux, excuses moi de préciser qu'il faut faire un ou des choix dans "ta" conscientisation, ce n'était pas explicite dans ton post... je persiste et signe, fraternité, sororité, amour, tendresse et vas y qu'on donne dans le mielleux savonneux... love them @ll pour être éternels? mouarf mouarf, je me gausse un tantinet là...
il n'y a que l'éternité qui soit de taille à affronter la mort voire la combattre... que peut la fraternité ? QUE DALLE !! à la rigueur je veux bien te consentir le sentiment, si tu entends par là qu'un violent amour puisse faire oublier la peur de la mort, mais point d'éternité là-dedans... par contre une infinie liberté oui sans conteste...
les œuvres et la filiation, c'est peut-être naif, mais comme tu le dis si bien, c'est VRAI... une part de soi quand nous ne sommes plus... b.a-ba... c'est con, c'est basique, primaire, tout ce que tu veux, mais l'homme fonctionne encore sur des schémas basiques... et c'est encore là dessus qu'il le plus en accord avec lui-même, le plus logique dans sa quête du graal... alors tu vois, la naïveté ne la méprises pas trop le poète, c'est une proche parente de l'innocence, elle-même cousine germaine de la pureté... et si tu penses éternité dans l'absolu je ne vois même pas le but de ta réflexion... je parle évidemment de l'éternité réelle, dans le "vrai" comme tu dis... l'éternité palpable...
ce que tu es d'autre que les autres? mais c'est à toi de le trouver, de le vouloir, de l'assumer... une fois encore, sois ce que tu veux avec tes moyens et tout ce que cela implique !! être les autres c'est de la paresse existentielle !! nous sommes bien plus que ça et heureusement !! Comme le dit PreviousCom (private joke) nous sommes eux, je crois, avec, pour, par etc etc... "nous sommes les autres MAIS notre liberté permet d'infléchir l'alchimie"... faudrait savoir, fraternité fusionnelle transcendante ou pas? pourquoi infléchir l'alchimie si ta fraternité règle tout? mhm? quant à la liberté, de laquelle parles-tu?

ANTONIN a dit…

A mon sens, le "moi social" et le "moi personne" s'interfèrent dans la mesure ou ils sont le résultat de ce que l'on a fait de nous.

L'entourage proche, pour le "moi personne" dès notre plus petite enfance, ensuite le "moi social" qui en dépends en grande partie, mais également du hasard de nos rencontres tout au long de notre vie.

La diversité et la richesse de ces rencontres alimentent notre "moi personne" qui évoluera tout au long de notre vie et de nos diverses expériences.

Ce qui veut dire que pour pouvoir se fabriquer un "bon petit bricolage existentiel", encore faut t'il avoir une bonne caisse garnie des outils nécessaires et suffisants pour y parvenir.

Cette caisse doit nous être transmise par notre entourage le plus proche, notre famille, dès notre arrivée à la vie.
Elle doit être accompagnée du mode d'emploi afin que chacun puisse utiliser au mieux les outils, clefs de la vie, pour pouvoir prendre la route qui mènera au bout de la personnalité, "moi personne".

Différentes étapes vont jalonner ce parcours, qui seront autant de rencontres, et qui seront à l'origine de la constitution du "moi social".

Mais hélas, certains n'ont pas la chance de recevoir cette fameuse caisse en héritage, symbole d'une construction de soi sereine et d'une route de la vie sans entraves.
Ils passeront leur temps a chercher les bons outils pour se construire.
Tout ce temps passé à se chercher sera autant de temps de perdu pour la construction de leur "moi social".
Mais même si beaucoup y arrivent malgré tout, le handicap de départ n'est pas négligeable.

J'arrive au bout, et m'aperçois que je n'ai pas répondu à la question posée.
La réponse doit se trouver quelque part dans mon commentaire.

ANTONIN

Clotilde a dit…

Lire ça un lundi matin, c'est pas facile hein.... Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, mais je m'arrête sur cette phrase et sur ce qu'elle fait résonner en moi:

"Aussi, j’use de ma liberté pour le développer en le conscientisant et en le diversifiant."

Cette phrase me plaît beaucoup, mais en même temps, y a un truc que je veux préciser. Ce dont je suis de plus en plus consciente, c'est l'urgence, la brièveté. Je refuse l'idée de "protéger" mon "moi personnel", qui, pour moi, est différent de ma personne. Une personne peut être fatiguée, déçue, avoir du chagrin et avoir besoin de se protéger, tandis que le moi personnel est d'avantage une grande aventure, à la fois plus changeante et moins fragile.
Ce moi personnel, je ne le vois en aucun cas comme un sanctuaire, voire une prison. Il ne peut grandir qu'en se faisant bousculer, parfois violemment (c'est pas drôle je sais...).

La diversification quant à elle (retour à ta phrase) est sans doute le seul échappatoire à la brièveté. Pour cela, il n'y a pas de mystère, il faut accepter la part de l'autre que l'on aime pas, ou qui nous arrêtait quelques années plus tôt, et ne prendre que ce qu'il a de bon. Oui pour certains c'est dur, voire impossible (je ne cite pas de noms mais vous m'aurez comprise!!! Comme à toute règle, je me réserve le droit de ménager quelques exceptions et d'éliminer tous ceux qui se prennent perpétuellement au sérieux! :))))

Mais c'est là qu'on retrouve le dépassement (de ta phrase suivante), qui ne peut pas trop s'accomoder de protection... A partir du moment où on peut rigoler avec tout le monde ou presque, on a déjà offert pas mal aux autres, et ça suffirait presque.... Donc oui, il y a certaines personnes avec qui je ne vais délibérément pas au fond des choses, les liens s'en trouvent paradoxalement renforcés, et c'est beaucoup mieux comme ça.
ça fait pas longtemps que j'ai appris ça.

Anonyme a dit…

Votre bricolage

Rien ne produit autant d'effet qu'une bonne platitude :. N’est ce pas… Cela donne à tout le monde un sentiment de parenté.
«Protégez vous PM mais Étonnez-vous, comme Oscar Wilde qui prétendait que » s’étonner soi même était la seule chose qui rende la vie digne d'être vécue.
Ça marche !!
il y a vous (votre je )et les autres ,l'autre étant un moi qui n'est pas moi !stop reminisence de cours de philo !!
pénelope