09 novembre 2006

Faut-il recevoir Ahmadinejad ?

« Non », a répondu Laurent Fabius.

Instantanément, j’ai retrouvé le jeune Premier Ministre qui n’avait pas hésité à stigmatiser l’apartheid en Afrique du Sud à une époque où ce n’était pas tellement à la mode dans les chancelleries occidentales. Celui aussi qui avait exprimé son désaccord quand François Mitterrand avait reçu le général Jaruzelski (on se souvient du célèbre « lui c’est lui, moi c’est moi »).

Il est évident que les relations internationales conduisent les responsables politiques à rencontrer des dirigeants pas toujours très recommandables. Mais il est utile de bousculer de temps en temps les règles du « diplomatiquement correct » lorsqu’il s’agit de faire passer un message. Refuser de recevoir celui qui proclame qu’il veut la destruction d’Israël serait un signe fort qui aurait au moins le mérite de dire au monde que la France condamne l’aventurisme des ayatollahs sans ambiguïté, même si elle a de gros intérêts économiques en Iran. Un geste certainement plus efficace que des sanctions économiques qui ne touchent que les populations civiles.

Et qu’on ne nous dise pas qu’Ahmadinejad a été régulièrement élu par son peuple. Hitler aussi. Fallait-il pour autant aller à Munich ?

6 commentaires:

Laurent Weppe a dit…

Le problème, c'est que le jour où le boucher de Lasha (qui n'est certainement pas étranger aux avancées nucléaires de la Corée du Nord) ou le démolisseur de toilettes tchétchènes demanderont à être reçu, ils auront droit au tapis rouge. Ce n'est pas mal en soi de se montrer ferme, mais le faire exclusivement vis à vis de pays que l'on juge plus faibles que le sien n'enfreint pas en soi les règles du "diplomatiquement correct" (parce que je vois mal un président Français envoyer Hu Jintao sur les roses, un hypothétique président européen peut-être, un président français, certainement pas: pas possible).

Par dessus le marché, le meilleurs score de Hitler fut de 33,1%, toutes les élections ayant eu lieu de l'incendie du Reichstag à la chute de Berlin ayant été trucquées par le régime nazi, leurs résultats ne sont pas valables. De même ce n'est pas Ahmadinejad qui avait le soutien populaire, mais les réformateurs autour de Khatami, c'est pour ça que les Ayatollahs (qui ressemblent à s'y méprendre à la vieille aristocratie cléricale de l'ancien régime en France) lui ont mis tous les batons qu'ils pouvaient dans les roues (aidés en cela par un Bush toujours inspiré) et fait en sorte qu'un pays de 55 millions d'adultes ai 90 millions d'électeurs. La légitimité d'Ahmadinejad est nulle, inexistante: qu'on ne vienne pas me dire qu'il a été régulièrement élu: les élections truquées, ça ne compte pas.

bedoya a dit…

c'est ce que j'appécie chez laurent fabius,c'est son raisonnement

Richard a dit…

Salut les amis !
Durant cette campagne interne, j'ai eu l'accasion de présenter la candidature de L.F. dans quelques sections. Hier soir je suis allé à la section de Cannes zvec Patrice. J'ai eu le bonheur d'apporter la contradiction à mon ami Hervé Dupont, Rocardien historique, qui défendait naturellement la candidature de DSK. Marc Concas défendait la candidature de S.R. La salle était pleine, me faisant revenir sur des préjugés idiots : je ne pensais pas qu'à Cannes il y aurait autant de socialistes... J'espère quand même, qu'ils n'étaient pas tous dans la salle. Cela m'a changé d'autres sections "claniques". Hier soir, les trois candidats avaient des supporters équitablement répartis en nombre. Nous avons débattu pendant deux heures. Sur le fond avec Hervé. Sur une espèce de "fond de commerce" avec Marc. Le point d'orgue a été pour moi la fin de la réunion, quand Nicole Hollande est venu me trouver pour me féliciter et m'assurer qu'elle partageait mon point de vue sur le socialisme tel que je l'avais présenté...Un grand moment d'émotion pour moi !
Amitiés socialiste réelles
Richard

SADAQA Hamza a dit…

Bonjour,
Moi j'écris pour dire que la réaction de M. Fabius est un peu impulsive : bien que l'attittude guerrière affichée par M.Ahmadinejad est condamnable (et ses propos sur l'Etat d'Israel inadmissibles) il ne reste pas moins président d'une puissance émergeante du golfe et qui a les moyens de se doter de l'armement nucléaire. Ce que je tiens à dire c'est qu'il faut promouvoir le dialogue entre nos peuples et essayer de "raisonner" et contrôler l'utilisation de l'uranium enrichi au lieu de couper et refuser tout contact car dans le cas contraire on risque de répéter l'erreur nord-coréenne...

Laurent Weppe a dit…

Ahmadinejad, ce n'est pas le peuple iranien.

D'ailleurs, si la question du nucléaire était une question entre le peuple iranien et le reste du monde, le problème serait déjà réglé: quand les Finlandais ont décidé de se remettre au nucléaire civil il y a quatre ans, ça n'a pas fait de vague.

Le problème c'est qu'au milieu, il y a les mollahs, et que les mollahs qui dirigent l'Iran en sous-main, ce ne sont pas des religieux, mais des politiciens véreux déguisés en prêtres qui cherchent absolument à avoir la bombe nucléaire parce qu'ils y voient la clé de la survie de leur régime sénile et corrompu.

Or, il ne faut jamais oublier une chose: la technologie du nucléaire civil est venu après le nucléaire militaire: d'abord les américains ont inventé la bombe, puis ils ont inventé la centrale. Ce n'est pas sans raisons: non seulement les premières recherchent sur le nucléaire l'ont été à des fins guerrières, mais il faut rappeler que non seulement le procédé de fabrication de combustible nucléaire civil est le même que celui de fabrication de combustible à usage militaire (sans compter le fait que les déchets d'une centrale civile sont également recyclables en matériaux à usage militaire) mais qu'il est en plus beaucoup plus facile d'inventer une bombe basée sur une réaction nucléaire libre qu'une centrale qui fonctionne sur une réaction nucléaire contrôlée, ce n'est pas moi qui l'affirme, mais George Charpak, prix Nobel de physique.
En d'autres termes, quiconque est capable de maîtriser le nucléaire civil est techniquement capable de fabriquer la bombe. Si l'Italie n'a pas de bombe nucléaire, c'est que la décision de la fabriquer n'a jamais été prise, alors que ce pays est technologiquement parfaitement capable de l'obtenir. De même le débat au Japon sur l'acquisition d'un arsenal nucléaire vient du fait que ce pays est parfaitement en mesure de se le fabriquer.
Ceci veut dire que si l'Iran a du nucléaire civil, l'Iran a la bombe. Donc, aussi longtemps que les mollahs règnent sur l'Iran, il vaut mieux qu'il n'aient pas accès au nucléaire, quitte à rencontrer directement le président iranien pour le lui dire en face.

SERGE a dit…

Ben franchement là encore c'est un débat franco-français, France qui se pred encore et toujours pour une grande puissance.
Franchement je pense que le Président Iranien voudrait comme reconnaissance mondiale être reçu par Busch mais je ne pense pas qu'il ferait le voyage pour Chirac Fabius ou autres dont il se moque.
Pour ma part je nepense pas que l'isolement d'un dirigeant est bon bien au contraire Mitterrand l'avait compris mais LUI ETAIT LUI.