26 février 2007

Les villes de grande solitude


Comme nous l’avions promis avec JFK, nous sommes retournés voir les commerçants de la République, forts du dossier et des statistiques que nous avions recueillis dans la semaine, pour expliquer aux médias la situation et notre démarche auprès du Préfet et du Directeur départemental de la Police. Il s’agit pour nous de stigmatiser le chantier (mal tenu), les indemnités (injustement distribuées), et l’insécurité (endémique) : trois « hic » de taille !

Au delà de la République, je rappelle que, depuis 2001, Nice plurielle ne cesse de dénoncer et de se battre contre la fin annoncée du commerce indépendant à Nice, sous toutes ses formes.

Pour commencer, il y a bien sûr les commerces de proximité, populaires et producteurs de lien social. Je me souviens d’une bataille homérique, menée avec Lucien Fouques, pour empêcher – malheureusement momentanément – l’ouverture des grandes surfaces le dimanche matin à Nice nord. Aujourd’hui, le chantier du tramway donne le coup de grâce à beaucoup d’entre eux.

Ensuite, comment ne pas évoquer la disparition de ces petits joyaux que sont les cités marchandes niçoises, une disparition bien souvent encouragée au nom de la modernité ou de projets immobiliers comme à la Buffa.

Enfin, la situation des marchés est également désespérante. Dans quel état, par exemple, va-t-on retrouver le marché de la Libé après deux déménagements successifs ?

La Municipalité fait tout, malgré les dénégations du maire lorsque je l’interroge sur ce point en Conseil municipal, pour transformer Nice en une ville à l’anglo-saxonne, où, à 17 heures, on abandonne la place à la désespérance sociale et à la délinquance (j’ai encore le souvenir cuisant d’une agression en plein centre ville en fin d’après-midi à Pretoria, en Afrique du sud…).

Nous ne voulons pas que Nice devienne une « ville de grande solitude », mais reste une cité vivante où la rue n’est ni un zoo, ni une jungle, mais un espace public, convivial et fraternel. Et ce n'est pas parce que ma permanence a été cambriolée ce week end que je tiens ce langage...! D'ailleurs, je vous rassure : on n'a pas volé les tracts de Ségolène !

8 commentaires:

Anonyme a dit…

Cambrioler une permanence, faut pas être neu² déjà!!!! Faut pas avoir d'amis (ou alors qui vous abstiennent d'avoir des ennemis) pour s'abaisser à ce genre de "loisirs"...

Dumb&DumberActions

ancienne étudiante a dit…

Cet argument a certainement moins de poids que celui des commerçants,mais sur Borriglione comme sur Jean Médecin il m'est impossible de porter des talons sans les mettre en l'air.Il n'y a plus de trottoir,on se prend les pieds dans des fils de fer,on abîme ses chaussures (depuis les travaux du tram' j'y suis retournée deux fois);bref que peut -on faire????N'y aurait-il pas une solution à cela,pourquoi ne pas sécuriser ce qui reste des bouts de trottoirs...Mr Mottard,dites moi qu'il y a une solution...

Mari-Luz Nicaise a dit…

Oh mais c'est bon signe ça! la permanence est un symbole qui fait peur. Mais bon je compatis.
A propos du marché de la Libé, je vous raconte en vitesse ce que notre maire et son architecte nous ont concocté. Les étals des maraîchers et poissoniers ayant été jugés inélégants et disparates, nos édiles ont imaginé d'imposer un modèle standard d'étal métallique acheté avec les sous du contribuable et implanté à demeure le long de l'avenue Malausséna... oui, juste sous les arbres, là où on aurait pu se ballader à l'ombre (quand les arbres auraient poussé ...). Prix voté par le conseil: 1,250 Millions d'euros. Eh bien figurez vous que les entreprises ont fait des offres à 50% au dessus de cette somme pourtant coquette. Et je suis sure que la mairie va nous proposer de réévaluer le marché. Tout ça pour des machins métalliques très moches, qui seront taggés, compissés par les clébards etc.. Je déposerai à la permanence le cahier de croquis pour vous permettre d'apprécier.Toutes suggestions bienvenues pour torpiller ce bazard!

Laurent Weppe a dit…

Ho, mais y a pas que les talons qui posent problème: moi c'est une paire de basket (pourtant plutôt costaudes) qui ont fini avec une énorme ouverture sur le côté suite à un accrochage avec un "bout" du chantier, et comme c'est arrivée le 8 décembre dernier, quand la pluie a été assez forte pour changer l'avenue Jean Médecin (ou ce qu'il en reste) en oued, j'ai fini par rentrer chez moi pratiquement pieds nus avec de la flotte jusqu'aux chevilles, un grand moment de plaisir aquatique offert par la mairie.

Sinon, en ce qui concerne le cambriolage, cessons d'être sérieux trois secondes, et affirmons que le cambriolage est le contre-coup des régionales de 2004. Rappellez-vous: en 2004, Le Pen prétendait que son domicile en PACA était la permanance niçoise du FN. Un cambrioleur aura donc imaginé que, puisqu'un millionnaire ayant un certain goût pour le luxe "vivait" dans une permanance, c'est forcément qu'il y a plein de choses chères à voler dans une permanance. Il ne reste donc plus qu'à demander à ce que les coûts du cambriolage soient, par fair-play, mis sur les comptes de campagne présidentielle du FN.

Anonyme a dit…

Mari-Luz, je ne sais pas où notre bon Peyrat déniche ses architectes et paysagistes, mais bonjour les horreurs et les aménagements foireux ! Dans mon quartier la place Arson est devenue une véritable horreur. J'espère que vous arriverez à éviter ça pour Libération-Maulausséna.

claudio a dit…

Cher anonyme,
Ne voyons pas le mal partout. La Place Arson n'est pas encore terminée. Et franchement, même si on peut faire mieux, elle n'est pas si horrible que ça.

Desanice a dit…

Il faut sauver le futur marché de la Libé ! Demander aux commerçants d'harmoniser leurs étalages est peut-être une bonne idée, mais ces "machins" métalliques à demeure,c'est trop nul ! Que pourrait faire , par exemple, le Comité de Quartier ?

ANTONIN a dit…

A l'instar d'une autre ville célèbre et universelle, vivre à Nice peu s'apparenter à un style qe je qualifierais de "DOLCE NISSA".
Il est vrai que vue d'en haut ou d'ailleurs, en France et à l'étranger, tout le monde ou presque nous envie notre "NISSARTITUDE".

Hélas, au-delà du portrait idyllique que l'on peu se faire de cette ville, la brutalité de sa réalité nous saute aux yeux tous les jours.

Cette brutale réalité prends forme par les plaies béantes des travaux du tramway qui la parsème.
3 ans déjà que ses entrailles nous sont offertes en triste spectacle. Combien de temps encore avant cicatrisation? Quand peu t'ont espérer une guérison?
Et combien de temps prendra sa convalescence?

A travers la ville c'est tout un tissu économique qui souffre à n'en plus finir.

Cette ville blessée finit par se retrouver bien malgré elle mal- aimée de ses concitoyens qui ne peuvent plus y circuler à pieds, en voiture ou bien en transports en communs.

Nous n'avons plus envie de déambuler en ville, de faire les magasins.
Comment peu t'ont faire pour circuler sur des ersatz de trottoirs défoncés et si étroits?
Comment retrouver notre chemin dans cette forêt de barrières positionnées de façons si anarchiques que le plus compliqué des labyrinthes parait d'une simplicité enfantine.

Pourquoi ces différents chantiers si mal tenus?
Pourquoi si peu d'ouvriers pour les faire avancer?

Même la mairie ne semble pas avoir les réponses à toutes ces questions. C'est dire à quel point elle donne l'impression de ne plus rien maîtriser.

ANTONIN