16 avril 2007

Rocky VII au Château


Entre une tournée ségoléno-triomphale avec Dominique dans le quartier des Musiciens et la rue d’Italie et un OGCN – Saint Etienne de bonne facture avec Bruno Della Sudda, je participe avec plaisir au rassemblement – pique-nique organisé au Château. Bonne idée que ces retrouvailles entre militants pour se donner du courage avant la dernière ligne droite. L’occasion aussi de lever la tête du guidon pour échanger et faire le point sur la situation politique avant le verdict du premier tour.

La déclaration iconoclaste de Michel Rocard est évidemment au centre de nombreuses conversations. Trois types de réaction : ceux, majoritaires, qui contestent la position sur le fond, ceux qui estiment que le moment est mal choisi et ceux qui, au contraire, pensent qu’il vaut mieux poser le problème maintenant dans la clarté avant le premier tour… comme Michel Rocard.

Pour ma part, cette prise de position ne me surprend pas. Rocard défend cette même idée depuis les années 80. C’était même le clivage idéologique fondamental entre lui et François Mitterrand. J’avoue que les rocardiens historiques qui, aujourd’hui, jouent les vierges effarouchées m’amusent beaucoup… En fait, cette position part du principe qu’il existerait comme en Allemagne ou en Italie un Centre politique en France. Historiquement, culturellement et surtout… électoralement (scrutin majoritaire à deux tours), ce n’est pas le cas. François Bayrou va-t-il changer la donne ? L’avenir nous le dira, mais, en l’état actuel des choses et du mode de scrutin, cela me semble peu probable malgré un incontestable mouvement d’opinion.

Cependant, le pavé dans la mare de Michel Rocard a un mérite : il permet de pointer l’état de faiblesse actuel de la gauche gouvernementale hors PS. Celui-ci est tel que la victoire de Ségolène Royal passe par une dynamique capable de s’affranchir du clivage gauche-droite au sens strict. Il nous reste trois petites semaines pour en convaincre les électeurs.

22 commentaires:

Anonyme a dit…

on ne peux être prétendant à la mairie de Nice si on n'a jamais fait et... fini le semi-marathon de sa cité!

Patrick Mottard a dit…

Impec, cher anonyme : j'ai donc tout juste !

Lecanuet a dit…

Parfois, je ne comprends pas Ségolène Royal. La clarté, c'est de dire les choses avant l'élection et pas après sur le dos de l'électeur. D'ailleurs en quoi ça peut bien faire du mal de dire ce que l'on va faire ? Soit, on n'est pas d'accord et c'est une position de fond, soit on est favorable à une alliance avec le centre et il faut le dire tout de suite. Assez de faux-fuyants !

Claudio a dit…

Les pique-nique, c'est un truc où on mange avec les mains ? C'est ça ? Quelle horreur !

Quelqu'un peut-il expliquer à un non-politique ce que veut dire :
"l’état de faiblesse actuel de la gauche gouvernementale hors PS"

Dominique a dit…

Pour Claudio (qui fait semblant de ne plus savoir se servir de sa tête pour réfléchir...), je ne pense pas trahir l'idée du rédacteur du post en traduisant ainsi la remarque qui lui pose problème : "les différents scrutins de ces dernières années ont montré que les Verts et le PCF ont un électorat de plus en plus symbolique et il y a peu de chance que l'élection présidentielle infirme cette évolution".

Pour le pique-nique, ça peut être aussi avec une assiette et des couverts (certes, en plastique...), la "gauche salade de maïs-non-transgénique" pouvant ainsi avantageusement remplacer la "gauche caviar".

Claudio a dit…

Merci Dominique pour ces explications. Le PS n'est donc pas en "état de faiblesse". Toute information est bonne à prendre. Décidement, ma tête me joue des tours puisque ces derniers temps j'avais compris exactement l'inverse.
Désolé.
Pour le pique-nique, ces prolos sont indécrottables. Ils n'en reviennent pas que d'autres jouent à être ce qu'eux ils sont ou ont été.
Désolé.
Je dois avoir des lectures en retard.

Laurent Weppe a dit…

lecanuet (prendre un tel pseudo, fallait oser): La clarté, ce n'est pas non plus faire un petit deal entre notables à une semaine d'un scrutin. D'ailleurs comment parler maintenant d'alliance avec le centre? En Italie, les centristes qui ne se sont pas fait acheter par Berlusconi sont venu se mettre à la même table que la gauche longtemps avant les élections. En France, Bayrou a voulu jouer perso jusqu'au dernier moment, laissant planer le doute jusque sur le contenu de son programme, comme un vulgaire mercenaire de la politique susceptible de changer de cause selon son intérêt personnel.

Et puis cette histoire "d'alliance" de dernière minute montre que beaucoup trop de responsables politiques continuent à considérer les citoyens en âge de voter comme étant inféodés à des chapelles partisanes. Si on réfléchit, la logique de Rocard se base sur le postulat que les électeurs de Bayrou iront disciplinés voter pour Sarkozy si il le leur demande, et pour Royal si il appelle à voter pour elle. Pourtant, en 2002, alors même que Laguiller avait appelé à voter blanc, les trois quarts de ses électeurs ont voté Chirac et fait barrage à Le Pen, ce qui montre bien que l'idée de l'électeur discipliné qui fait ce qu'on lui demande tient davantage de la légende urbaine que de la réalité tangible.

ricciarelli a dit…

Selon la classification de Patrick, je pense me situer parmi ceux qui estiment que le moment est mal choisi.
Ce faisant, la meilleure des attitudes serait de porter une totale indifférence à ces décalarations et donc d'en parler le moins possible.
Pourtant il faudra de toute évidence, comme çà été dit, vu le rapport de force actuel annoncé entre la gauche et la droite, envisager au soir du 1er tour, une forme d'alliance ou une forme de discours vers le centre, susceptible de permettre à SEGOLENE de l'emporter au second tour.
Alors, attendons patiemment et plein d'espoir.
Mais déjà bravo à toutes les manifestations organisées pour mettre tous les atouts vers la victoire et ne rien regretter.

serge a dit…

Mes amis socialistes, pour ma part, j'ai écouté avec attention l'ensemble des candidats et malgré que je sois socialiste je ne me laisserai pas endoctriner par une candidate imposée par un parti en panne d'idée, je voterai donc Bayrou car lui au moins propose un programme certes j'aurais largement préféré un bon candidat de gauche mais faute de!!!! ma décision est prise, je l'assume et je l'écris.

Bien à vous Patrick et Dominique

serge

serge a dit…

Mon cher Laurent votre commentaire passe sous silence la campagne de François Mitterrand sur l'ouverture que repend Bayrou avec des termes différents et une campagne presque similaire, pour le reste de votre commentaire je partage votre sentiment, un parti politique n'est propriétaire d'aucun vote la preuve, les gens ne votent plus pour un parti mais pour un candidat qui se raprochera le plus possible de leurs problèmes.

Donc je restee persuadé que le 1er tour nous reservera une surprise,et je vois bien un second tour Sarkosy/Bayrou, le seul trublion pouvant être Jean-Marie Le pen au premier tour

Laurent Weppe a dit…

Une candidate "imposée"? Après avoir largement ouvert ses portes à de nouveaux militants et organisé une primaire publique, je trouve l'accusation un peu forte de café.

Et qu'est-ce qu'un "bon candidat"? Un candidat qui fait de jolis discours auquel il ne croit pas une seconde, façon Besancenot? Un élitiste qui veut d'une république des notables, façon Bayrou? [http://www.voteragauche.org/?2007/04/16/164-la-republique-des-notables] Un candidat qui par copinage patronal a été décrété archi-compétent par bon nombre de médias malgré les réserves de bon nombre de journalistes?

Honnêtement, si Bayrou était un homme politique américain, il serait catégorisé comme étant un paléo-conservateur. Ceux-ci sont certes plus "fréquentables" que les néo-cons qui gravitent autour de Bush dans le sens où ils ne considèrent pas que l'état doive servir de vache à lait à quelques grosses fortunes aux talents limités et il leur arrive d'appeler à voter pour un candidat de gauche quand le candidat de droite est de manière trop évidente corrompu, mais passé cela, les désaccords l'emportent largement sur les points commun.

Quant à la politique d'ouverture, elle a permis l'entrée de Soisson au gouvernement. S'il s'agit de donner naissance à une nouvelle génération d'opportunistes aux convictions simulées, je me passerai d'une telle "ouverture".

Ha, et pour ceux qui croient à la possibilité d'un deuxième tour avec Bayrou, je vous ferait remarquer qu'en 81, la Sofres vu Chirac quasiment à égalité avec Mitterrand à deux jours du scrutin [http://2007.tns-sofres.com/historique-election-presidentielle-1981.php#intentions] et que même en 95, Balladur pouvait, sur la foi des sondages espérer se qualifier [http://2007.tns-sofres.com/historique-elections-presidentielles-intentions.php#1995]. À force de se concentrer sur le 21 avril, on a fini par oublier un léger "détail": la plupart du temps, les sondages sous-estiment la gauche, rappelez-vous donc la panique de certains au PS quand les enquêtes du CSA donnaient Muselier devant un Vauzel talonné par le front, et comparez ceci aux résultats obtenus les 21 et 28 mars 2004.

Anonyme a dit…

réponds franchement mr le maire, tu l'as fait et fini ou tu me bluff

Jacques Peyrat a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Patrick Mottard a dit…

Monsieur l'anonyme sceptique, non seulement j'ai fait le semi-marathon, mais également trois marathon de Nice (à mon rythme : le meilleur en 3h 30') !

Bernard Gaignier a dit…

Personnellement, je défends depuis assez longtemps l'idée auprès de mes camarades que j'ai plus de points communs avec Bayrou qu'avec MG Buffet ; ceci dit je pense qu'il fallait défendre cette idée avant, au congrès. Maintenant c'est pas le moment !
Mais c'est vrai que de voir certain hurler au coup de poignard dans le dos... c'est assez drôle!!!
Ceci dit il va falloir enfin se revendiquer de la sociale démocratie et l'union de la gauche est morte par décés des partenaires !!
Ceux qui avaient cru que la gauche antilibérale existait ouvriront peut etre les yeux après les élections !!
Le PS continue de souffrir du gd écart entre un gauchisme verbal et une pratique gestionnaire. Il sera temps d'y mettre fin. De toutes façons si, comme je l'espère, Segolene est au deuxième tour, la problematique posée par Rocard deviendra une évidence!!!
Et ceux qui auront hurlé "jamais ça" mangeront leur chapeau!!!
Petit rappel historique: en 1988 François Mitterrand avait appelé à l'ouverture au centre et avait pris Rocard pour la conduire... Mais à l'époque, à part quleques individus, le centre n'était pas venu, à commencer par Bayrou qui a voté la censure contre Rocard !!

André Louis a dit…

Je fais partie de ceux que les déclarations de Michel Rocard ne surprennent pas et qu'ils trouvent cohérentes car c'est une thèse qu'il défend et a mis en œuvre lorsqu'il était 1er ministre avec des ministres centristes dits d'ouverture dont les suppléants au parlement votaient contre le gouvernement. C'est aussi l'époque où en signe "d'ouverture" Rocard a nommé ministre JP Soissons qui depuis a dirigé pendant des années la Région Bourgogne grâce à un accord avec le FN. Ce sont des choses qui ne s'oublient pas tout comme la déroute électorale de 1993 à laquelle cette "brillante" stratégie politique nous a conduit. L'idée d'une alliance avec l'UDF ne me semble pas "prématurée" comme le pensent certains responsables mais tout simplement à proscrire car l'UDF c'est la droite. Elle est alliée avec l'UMP dans toutes les collectivités locales et vote les lois du gouvernement UMP dans la quasi totalité des cas. De plus, l'UDF n'envoie aucun signe de rapprochement vers la gauche, en l'occurrence c'est Rocard qui souhaite se rapprocher de l'UDF, comme il a fait lors des journées parlementaires de l'UDF en 2006. Alors, NON, ne nous trompons pas et ne nous laissons pas abuser par la girouette centriste (même si Edgard Faure disait : "ce n'est pas la girouette qui change de sens mais le vent) et votons bien pour Ségolène ROYAL dès le 1er tour. Quant aux vierges effarouchées, les électeurs se souviendront de leur piètre épine dorsale politique le moment venu...

Patrick Mottard a dit…

A la personne qui a eu la curieuse idée d'utiliser le pseudo "Jacques Peyrat" pour me conseiller aimablement de faire alliance avec Rudy Salles lors des prochaines municipales, je tiens à dire que j'ai été contraint de supprimer son commentaire. Bien qu'il ne me semble pas qu'il puisse y avoir une quelconque confusion, le titulaire du nom risquait de ne pas apprécier...

Clotilde a dit…

Tiens Bernard, je me demande si tu penseras tjs que Bayrou n'est pas avant tout un opportuniste de droite quand tu auras lu ceci, paru dans le Monde:

"Estimant incarner "le vote utile", M. Bayrou a également refusé lundi d'évoquer un éventuel ralliement à la candidate socialiste avant le second tour s'il n'était pas qualifié. Le candidat centriste s'est justifié par sa volonté de ne pas être "ramené dans le camp contre camp" et de ne pas "retomber dans le système où ce serait seulement un changement de camp".

ref: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-896420@51-825418,0.html

donc, si je comprend bien, monsieur Bayrou n'appelera pas à voter pour Royal si c'est elle qui est au second tour, car il ne voudrait pas être dans une posture de "guerre des camps". A part ça, le PS et l'UDF c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Merci Bayrou, c'est tout ce qu'on voulait savoir, tu nous aides à clarifier les doutes de nos petits cerveaux! (si tant est qu'on avait des doutes...)

serge a dit…

Mon cher laurent vous avez raison, Madame Royal n'esp pas une candidate imposée par le parti, car elle avait en face d'autres candidats préstigieux, mais je pense que c'est une candidate qui fût montée en puissance par les parties de la droite, une inconnue qui du jour au lendemain apparaît dans la presse comme une candidate crédible, ne pensez vous pas que cela sent le souffre, et que Sarkosy à tout prendre préféra affronter une inconnue sans grande envergure ni carisme.

Je vous rappelle quand même que même les grands du parti sont sceptiques et soutiennent Mme oyal du bout des lévres, jalousies ou conscience qu'elle n'a pas la stature.

Quand à Bayrou, certes il n'est pas un saint, et certainement plus du centre droit que du centre gauche, mais en toute honneteté ne pensez vous pas qu'il est quand même plus compétent pour diriger un grand pays comme la france sans tomber dans l'extremisme que ne manquera pas de nous amener Sarkosy.

En deux mots Bayrou n'est-il pas le choix le moins pire.

Pour ma part mon cher Laurent le seul qui m'ait séduit et je regrette qu'il soit d'extrême gauche c'est Besanceneau vous me direz Roccard commenca bien au PSU, j'espère que notre sympthique facteur évolura vers un parti plus présentable comme le PS et là je suis certain que d'ici à quelques années il nous reserverait de belles surprises.

amitié socialiste

serge

Laurent Weppe a dit…

Serge: bien sûr, et les nouveaux adhérents du PS étaient des taupes sarkozystes chargées de faire passer une cruche, et les édiles socialistes de Nice font voter Sarko en sous-main pour qu'un Estrosi ministre n'ose pas se présenter en cumulard à la mairie de Nice, et Le Nouvel Obs a "inventé de toute pièce" Ségolène Royal parce qu'il veut que ce soit la droite qui gouverne, la preuve, le père de Laurent Joffrin l'était, de droite....

Ces trois "révélations" je les ai toutes entendues dans la bouches d'adhérents du PS un peu trop à cran sur les théories conspirationistes, et je crois qu'il faudrait de temps en temps mettre un peu la pédale douce là dessus. Partir d'une insatisfaction, pour ensuite l'habiller de mille chimères est parfaitement ridicule et inutile, d'autant plus que Royal était connue bien avant qu'elle se lance dans la course fin 2005.

Et le fond de ma pensée sur Bayrou, c'est que derrière son "programme" on trouve un patchwork de choses détestables: d'abord le postulat que les leaders de la gauche n'ont pas de véritable conviction et seront facile à débaucher pour cautionner un gouvernement de centre-droit en échange de promotions personnelles. Ensuite la volonté, sous prétexte de lutte contre la dette, de diriger au jour le jour en tentant le moins de choses possible et en attendant que l'économie se relève toute seule. Enfin, l'énorme élitisme que cache son discours sur le "gouvernement des meilleurs et des spécialistes" dont il sélectionnerai les membres: là où Royal veut rééquilibrer la république en y rajoutant des contre-pouvoirs, Bayrou, tout à ses projets de rebaptiser l'ENA veut maintenir la situation actuelle en l'état, c'est à dire faire que la France soit comme pendant les cinq années qui s'achèvent maintenant, dirigée par des courtisants qui s'auto-proclament infaillibles.

serge a dit…

Laurent je lis toujours avec beaucoup de plaisirs vos commentaires même si parfois je les trouve un peu agressif.
Certes Ségolene était connue mais je n'ai pas senti un appel national avnt que la ptresse écrite l'auto-^proclame comme la favorite des Français.En ce qui concerne bayrou, je vous trouve sévére et injuste..

bien à vous votre copain blogger

Serge

Layla Elhadi a dit…

**Bonjour Monsieur Mottard, j'ai lu pas mal de choses sur votre blog, ce blog est totalement à votre image. Ca été une très bonne idée la tournée " ségoléno-triomphale". Vous êtes super en tant que prof donc ça ne m'étonne pas de vous! Nice aura un autre visage si vous en êtes le maire (comme on dit chez moi inchaallah); j'ai hâte de célébrer cette victoire. On viendra voir votre pièce...décidemment vous êtes sur tous les fronts et en plus vous faites tout bien, si vous avez la potion magique pour tout réussir je veux bien en avoir!!!!

Dans tous les cas bon courage....

....et vive Royal


Bonne journée, LAYLA