12 février 2008

Le socialisme dans nos cœurs



C’est sur l’esplanade Jacques Cotta, du nom du seul maire socialiste de Nice, que nous avons symboliquement décidé de nous exprimer. Nous, ce sont les trente socialistes de la liste Nice Autrement exclus en catimini du PS ces derniers jours.

Apparemment, les appareils (l’exclusion est nationale mais sa demande a été faite par la Fédération et Patrick Allemand) perdent leur sang-froid. Devant le parcours inattendu, atypique, éthique de Nice Autrement, les vieux routiers de la politique perdent leur repère. Alors, forcément, ils deviennent méchants.

Par le passé, la direction du PS a pourtant passé l’éponge sans état d’âme sur les comportements anti-parti (justifiés ou non, ceci est une autre histoire) pendant la campagne référendaire du TCE, sur les ouvrages à la limite de la diffamation publiés cet automne par des responsables nationaux contre d’autres responsables nationaux, ou, plus localement, sur l’affaire des faxs ou encore l’accusation mensongère dont j’avais été l’objet en juin 2006 (1).

Aujourd’hui, cette même direction se déchaîne contre trente socialistes niçois totalisant 350 années de parti, parce qu’ils ont commis le crime impardonnable de vouloir une primaire devant l’électorat au nom de leurs valeurs (non cumul des mandats, lutte contre le clientélisme et la professionnalisation outrancière de la politique). Quelle dérision !

Quelle dérision et quelle désolation, quand on pense que parmi les trente on trouve Simone Figuet et Maurice Winnykamen, deux figures emblématiques de la gauche et du combat anti-raciste, Dominique Boy-Mottard, seule femme socialiste élue dans une circonscription (7e canton de Nice) dans les Alpes-Maritimes depuis… l’instauration du suffrage universel, Nahed et Marion deux étudiantes de vingt ans qui avaient adhéré il y a quelques mois dans la dynamique de la campagne présidentielle.

Pourtant la purge n’est peut-être pas finie. Des dizaines et des dizaines de militants socialistes encartés constituent l’essentiel des forces de Nice Autrement sur le terrain, plus de quatre cents militants socialistes régulièrement inscrits se sont engagés publiquement à mes côtés et n’ont pas renoncé, malgré les pressions, intimidations et menaces qu’ils ont subies. Leur tour viendra-t-il ? Pourquoi pas ? Rien ne semble arrêter la folie automutilatrice d’une Fédération qui a perdu plus de la moitié de ses adhérents en quelques mois (1700 au 31 décembre 2007 contre quelques 4000 pendant les Présidentielles).

Sur l’esplanade Cotta, le soleil de février a beau être au zénith, l’amertume est palpable. Pourtant notre détermination reste entière.

Socialistes nous sommes, socialistes nous resterons.

Les petits Fouquier-Tinville de Solférino ou de Biscarra n’y pourront rien.

Nous pensons à Jaurès, Blum ou Mitterrand.

Avec la certitude que le socialisme reste et restera dans nos cœurs.



(1) Les grandes manoeuvres
Les grandes manoeuvres (suite et - espérons-le - fin)
L'effet boomerang
Le soutien de Bariza
Fêté au château
1 + 100 + LEA

15 commentaires:

marion a dit…

Presque... !
Je n'ai pas encore vingts ans ;)

Sami a dit…

On va nous répéter que c'est la règle du Parti, pourtant tu as justement rappelé quelques histoires ou propos tenus par certains membres du parti au niveau national sans exclusion par la suite, alors que la France entière était témoin.
Honte pour ces abrutis Parisiens qui se sont pressés de nous exclure sans aucune explication ou recherche de consensus.
Si c'est ça le parti socialiste sans courage d'affronter et d'arbitrer des éventuels conflits, alors j 'accepte bien volontier de ne plus avoir mon permis rose socialiste .Je resterai avec mes valeurs et mon engagement jusqu'au bout de gauche car je suis le fils de mes parents et non pas de ces c... et j'en ai rien à f... des pèquenauds de ce Parti.

Laurent Weppe a dit…

Attention tout de même: ce n'est pas "le parti" dans son ensemble qui a prononcé l'exclusion: que je sache, il n'y a pas eu vote des militants qui auraient majoritairement souhaités l'exclusion des socialistes sur la liste de Nice Autrement, juste une décision de semi-notables qui pensent "étiquette" quand on leur parle d'étique, acté, il est vrai, par un PS national en hibernation jusqu'au prochain congrès.

Ceci dit, si jeter des candidats à une élection est relativement facile, il ne sera pas possible d'exclure par lettre de cachet les centaines de militants PS qui continuent de soutenir et de militer pour cette liste en se cachant derrière l'article 11-19 du règlement. Ce n'est donc pas seulement des "socialistes de cœur" mais aussi des membres à part du PS, avec cartes du parti et droit de vote interne, qui vont continuer à participer à cette campagne, jusqu'à l'élection, et qui seront toujours là après.

Anonyme a dit…

Je n'ai jamais eu de carte, pourtant je me sens socialiste, alors je ne peux que vous témoigner tout mon soutien, ce n'est ni l'étiquette, ni l'emballage qui comptent mais bien toutes les valeurs qui se trouvent au plus profond de vous.

Valérie

Anonyme a dit…

Au fait, petit message pr Sami qui comprendra j'espère: là aussi c d brlrs!!!

Valérie

bernard gaignier a dit…

Après 22 ans de parti je fais aussi partie de la charette; tant pis pour eux....
22 ans de combat de victoires de défaites mais aussi 22 ans ou j'ai assisté dans ce parti à des trahisons, des coup bas, des vielles haines recuites. Quand je vois l'union affichée Cuturello Allemand et que l'on connait les coups bas et assassins qu'il y a eu entre eux.... quand je constate avec tristesse la déliquescence actuelle de ce parti et la médiocrité de ses dirigeants d'ici, de la haut....je me dis que ça va me faire des v...acances

YenaMarDaiComba2Kok a dit…

J’aime bien quand tu t'énerves, ça le fait !! C’est vrai que ça ne sert à rien d'attaquer bêtement adversaires et concurrents, c'est inutile et dangereux, mais c'est bien aussi de renvoyer certaines vérités considérées comme acquises et largement piétinées...
BRAVO !!!!
Surtout par respect pour Maurice et Simone... franchement, au delà des guerres intestines il y a des êtres humains dont il ne faut jamais oublier et encore moins bafouer la valeur... surtout quand on en est si loin... @ bon entendeur...

alain a dit…

Vu d'ici, il faut passer au dessus de l'amertume, le travail n'a pas besoin d'étiquette du moment qu'il progresse vers un résultat. Souffler... , souffler comme dans le nième tour de stade!!

Au fait Neuilly, c'est la banlieue de quelle ville? Je suis nul en geographie des zones sensibles...

Sylvie a dit…

C'est la guerre à gauche, c'est la guerre à droite...
Peut-être va-t-on enfin pouvoir penser librement ?
Malgré tout j'ai du chagrin pour vous tous. Bon courage.

Irène a dit…

Je n'ai jamais voulu prendre une carte ou appartenir à un parti... le fait d'appartenir intellectuellement à quelque chose m'a toujours effrayée... et quand je vois aujourd hui ce qui vous arrive.... quelle déception au bout de tant d'années... (mais me conforte dans mes idées....) Si aujourd hui je suis avec NICE AUTREMENT c'est avant tout pour cette "non appartenance à un parti".... Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir garder notre libre arbitre... et à vouloir faire de la "politique autrement."

Anonyme a dit…

Les poireaux de la discorde

FF et moi nous vivons ensemble depuis 3 ans et n’avons pas d’enfant. Mais c’est un secret car nous travaillons dans la même administration et personne ne doit se douter de notre liaison.
Avec les élections municipales notre couple n’est plus ce qu’il était. La commode du vestibule est envahie par des tracts électoraux du candidat "officiel" du PS. Toute la panoplie est la ! En couleurs, en noir et blanc, des grands et des petits, il y a même une affiche, collée sur le frigo, dans la cuisine. A cause de cela nous avons tendance à nous quereller souvent, et à nous reprocher le choix de nos candidats respectifs.
Moi, je suis plutôt dissident, j’aime la franchise pas les coups fourrés. Elle, je crois qu’elle est obligé. Et c’est la que ça grince…
Dernièrement, FF a acheté à un prix fou (5 €uros) le CD du candidat, allez savoir pourquoi ? Depuis, la chaîne Hi Fi hurle sans discontinuer l’hymne électoral en stéréophonie. Étant donné la fragilité des mes oreilles qui n’acceptent que de la vrai musique, j’ai trouvé une astuce pour quitter momentanément le nid douillet devenu permanence électorale. Je vais faire les courses...
Oui, je vais au marché. J’avais une liste écrite à la va vite sur un prospectus de l’officiel. C’est drôle, le visage de l’officiel, avec écrit dessus poireaux, navets, carottes, salade… Amusant.
Quatre poireaux, cinq ou, six carottes, une salade et trois navets allaient me libérer pour un certain temps de « l’appartement permanence ». Je tirai le caddie en tissu tweed qui avait perdu une roue à cause des travaux du tramway, le moyeu raclait le parterre, et je cherchais mes poireaux.
J’étais indécis sur mon choix quand le commerçant vint à mon secours. En voyant ma liste il me disait :
« - Tiens vous allez voter pour l’officiel ? Fan de pieds ! Rigole jamais celui la ! »
Tirant à deux mains mon vieux caddie en tissu tweed rempli de légumes, je repris le chemin de la maison. La sono diffusait toujours l’hymne des apparatchiks officiels, mais moins fort.
FF a souri jaune en voyant les poireaux qui avaient dépassés la limite de consommation depuis un bon moment. Les carottes, la salade et les trois navets aussi. J’ai dit à FF que c’était à cause du prospectus de l’officiel. FF a prétendu que j’étais parano et que je me faisais des idées.

La prochaine fois je ferai mon marché « Autrement ».
Ségurano

Anonyme a dit…

irene POUR HENRI....


GRACE A NICE AUTREMENT JE SUIS CONTENTE D AVOIR RENCONTRE DES GENS COMME HENRI (ET D AUTRES AUSSI...) ET QUI AUJOURD HUI NOUS FONT PARTAGER LEUR EXPERIENCE....

claudio a dit…

A Ségurano : J'ai vraiment bien ri à cette histoire. Non mais franchement, j'aurais moins de patience, je crois.

Anonyme a dit…

zineb a dit....
donc, nous sommes exclues, exclus,bien que n'ayant pas reçue la lettre qui le prouve a cause d'un changement d'adresse;
je fait partie de la même charette.
et franchement cela ne m'empêche pas de dormir.
car, j'étais socialiste avant d'être encartée et je le reste sans être encartée, le socialisme est un état d'ésprit, et un état d'ésprit ne dépend pas d'une carte,
je reste fidéle a cette idéologie de gauche eh oui elle existe, je ne renie pas mon pére ouvrier à la chaine chez citroen durant 40 ans.
c'est sure cela restera un regret, car ce fut à 51 ans ma 1ére adhésion à un parti, car il me fallait quelque chose de trés fort pour que je passe le pas et en 2001voyant que la ville ou j'ai choisie de vivre avec mes fils était gouvernnée par le clone de lepen, je n'ai pas supporter, ayant voter déja pour PM pour les cantonales, je l'avais rencontré et pour moi il n y a avait aucun doute sur notre victoire avec lui en tête, et je me souviens à l'époque que cela n'avait pas été facile pour lui de constituer une liste, entre ceux qui se mettaient sur la liste et se retiraient, car ils avaient peur de contrarier le lepeniste pour les subventions, d'autres avec les dents qui rayaient le parquet,et pour PM cela a été trés difficile.
alors de là a ce dire, qu'il n'a pas envie de revivre cela je le comprend.
je termine en disant simplement que je ne suis pas une girouette qui poursuit une quelconque ambition, car j'ai beaucoup de plaisir dans ce que je fait dans l'associatif, et je n'ai d'autres ambitiuons que le vivre mieux et autrement à nice, et la liste sur laquelle je suis fiére d'être
porte tout ce que qui représente pour moi la France de demain avec sa diversité socio professionnelle et culturelle et nous ferons du socialisme autrement. zineb socialiste depuis le berceau et le restera jusqu'a la fin

Henri Cottalorda a dit…

C'est la deuxième fois, dans ma vie, que je suis viré pour raison politique. La première c'était dans les années 80 par Jacques Médecin, après la victoire de la gauche avec Mitterrand , la droite a fait une chasse aux sorcières de tous les militants de gauche qui avaient des responsabilités importantes et cela m'a coûté mon poste de directeur général des centres de loisirs de la ville de Nice.
Plus de vingt cinq ans après dans tous les milieux : éducation, animation, jeunesse et sports et même à la mairie les personnel et les élus de tous les bords m'ont toujours considéré et me considèrent toujours comme le directeur. Avant de me virer Jacques Médecin m'avait fait d'alléchantes propositions si je le rejoignais politiquement. J'ai refusé évidemment et je me souviens qu'il m'avait dit alors: " Tu fais le mauvais choix". Je suis parti avec les trente directeurs qui m'ont tous suivi par solidarité. Je n'ai jamais regretté ce choix et quand le Maire a fini sa carrière en prison j'ai repensé à tout cela. Aujourd'hui, Patrick Allemand nous exclut du PS avec la complicité et la lâcheté de certains, je me réjouis d'avance au plaisir de voir leur tête dans les années qui vont suivre et j'ai pour eux beaucoup de compassion. Socialiste je suis, socialiste je resterai, personne n'en doute, surtout pas eux.