17 janvier 2006

De Mac Luhan à Clochemerle


Une réflexion judicieuse de mon coéquipier de Nice plurielle, Paul Cuturello, à propos des débordements en tout genre que l'on peut constater sur certains blogs et forums prétendument politiques du 06 : « Mac Luhan avait annoncé le village planétaire à l’ère de la communication globale, et bien maintenant, nous avons les ragots de village ! »

3 commentaires:

Henri Cottalorda a dit…

Je partage tout à fait la remarque de Paul CUTURELLO sur la situation du débat local sur Internet et je le déplore. Je pense que la raison est à trouver dans le rôle que joue l'anonymat dans ce type de débat. Il est évident qu'à partir du moment où l'on utilise cette technique il faut s'attendre à tout et très rapidement au pire. C'est la porte ouverte à l'expression de tous les frustrés de la politique (et pas seulement de la politique !!! ) et à la naissance de vocation de deuxième ou énième couteau au service de causes peu avouables et de personnages peu courageux. Je trouve lamentables tous ces donneurs de leçon de démocratie qui se cachent derrière l'anonymat. Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités, d'autant que les risques ne sont pas si grands (nous ne sommes plus en 1941). La Politique « ce nom moderne du destin », mérite mieux et j'espère que ton blog ne tombera pas dans ces travers.

Claudiogène a dit…

D'accord avec Patrick, Paul et Henri, mais...
ici comme ailleurs, on oublie de dire que cet anonymat redonne aussi parfois la place à ceux qui jusqu'à présent n'ont jamais été pris en compte, soit parce que trop timides, pas assez extravertis, pas trop bien dans les groupes, plus à l'aise avec l'écrit, qui a l'avantage d'éviter les "sociabilités" des conversations.
Pour ma part, je ne ressens aucune lâcheté ou faiblesse à deviser derrière un clavier ; seulement, voilà, 48 ans d'introversion, jamais guérie, si tant est que ce soit une pathologie, c'est lourd à porter tant nos sociétés préfèrent le visible (pour faire court).
Oui, le monde est plus généreux avec les débrouillards et les téméraires et certaines personnalités, même bourrées de talent et de qualités, sont quasi-handicapés face à la réussite.
Bien sûr, pas de danger, le bonheur connait d'autres voies.
Pour finir, si l'internet et occasionnellement, l'anonymat, permettent aux uns d'enfin s'exprimer et à d'autres d'accueillir des idées et sensibilités différentes, tant mieux.

Laurent a dit…

La situation n'est pas seulement déplorable sur le plan local: depuis son apparition, le net a été littéralement parasité par des messages et des auteurs se protégeant derrière l'anonymat pour inscrire les messages plus odieux.

Je ne pense pas être le seul à connaître ce désolant "sport national du net" qu'est le «trollisme».
Pour ceux qui en seraient encore à la découverte d'internet (n'est-ce pas Henry?) je vais mettre un petit lien parlant de cette créature d'internet qu'est le troll, suivi d'un résumé de l'idée:

le lien: http://www.uzine.net/article1032.html

le résumé: Pour faire simple, un troll est un utilisateur d'internet dont le grand plaisir est de faire sortir de leur gonds les participants à une discussion en ligne, tout en faisant en sorte que toute discussion sur un site donné soit stérile, bref, le troll a un but, tuer le débat, soit pour le plaisir de faire tourner en rond d'autres utilisateurs du net, soit pour imposer ses propres lubies.

Bien sûr, dès qu'on touche à la politique, le troll est trèèèèèèès souvent lui-même un militant de parti politique. le cas le plus visible est le militant d'extrême droite passant 12 heures par jour voir plus devant son écran à passer d'un forum à l'autre et à faire en sorte que toute discussion finisse par porter sur ses thèmes de prédilection, à savoir, l'immigration, le "péril islamique" et bien sur l'inévitable décadence française causée par la gauche (gauche qui va grosso modo de Lutte Ouvrière à l'aile droite de l'UMP), à ce sujet, une estimation donnée après les régionales de 2004 arrivait à la conclusion que 25% des messages à caractère politiques envoyés sur le web français pendant la campagne étaient dues.... à une petite trentaine de militants FN, pas forcément tous majeurs, d'ailleurs (pas mal pour une élection qui concernait 42 millions d'adultes).
Bien sûr, les extrémistes n'ont pas le monopole de la bêtise, et des militants de partis plus modérés peuvent aussi s'adonner au jeu du trollisme (ou du trollage, j'attends que les immortels tranchent) bien que dans ce cas, et on rejoint la situation purement locale, plutôt que de se choisir quelques thèmes récurants, ils s'adonnent de préférence au petit jeu du dénigrement du "candidat d'en face" et ce, même quand il n'y a pas de campagne électorale.

Aussi, le problème du débat sut internet est double: il n'y a pas seulement la bêtise, les insultes qui pleuvent comme pendant la mousson et autres accusations pas toujours véridiques lancées en l'air (bref, tout ce qui fait la prospérité de l'empire des trolls), il y a également la sur-représentation du microcosme politique (et hop, mine de rien je rebondis sur le premier message mis sur ce blog). Si on regardait la proportion de militants de partis politiques participant aux débats sur internet, on obtiendrait des résultats monstrueux (je soupçonne certains sites d'être visités exclusivement par des militants). Le problème est alors évident: un individu lambda, qui n'est pas membre de parti politique, et qui découvre que le net est dominé par des membres de ces partis politiques, va vite couper la connections, tout simplement parce que les querelles de militants ne l'intéresse pas. Et très vite, Internet va devenir stérile, un média qui ne servira pas au débat citoyens, mais qui deviendra (et qui est en fait déjà devenu) un champs de plus pour les empoignades entre politiciens et aspirants politiciens.
Internet ne peux devenir un véritable outil démocratique tant que les hommes politiques et leurs militants en occupent tout l'espace, c'est là plus qu'un simple défi, puisque la toile a déjà pris un très mauvais plis à ce sujet.