07 juin 2006

La charrue avant les éléphants

Le PS a enfin accouché de son fameux projet. Les conditions de son élaboration ont pour le moins manqué d’interactivité avec les militants. Mais ne chipotons pas, le projet existe et, comme tel, il est utile. Il apporte enfin une alternative crédible à la crise morale et sociale dans laquelle la majorité actuelle a plongé la France.

Mais sans vouloir faire de mauvais esprit, une question me taraude : et si le candidat du PS, qui sera choisi en novembre par les militants, s’assoit sur ce beau projet, que faisons-nous ? Depuis plusieurs mois, je dénonce la sottise consensuelo-langue de bois qui consiste à dire : d’abord le projet, ensuite le candidat.

Nous sommes sous la Ve République. On peut le regretter (ce qui est mon cas). On peut vouloir la changer (ce qui est mon cas). Mais les faits sont là et il paraît qu’ils sont têtus : nous sommes bien sous la Ve République. Or, la logique de la constitution de 1958 est imparable. Il y a des candidats qui se présentent, ils déclinent une plateforme présidentielle et les électeurs choisissent.

Par conséquent, il aurait été beaucoup plus logique, au sein du PS, de mettre en concurrence les présidentiables avec leur propre plateforme programmatique. Les militants auraient ainsi choisi à la fois le candidat et les orientations. En toute connaissance de cause.

Le débat y aurait gagné en clarté. La démocratie aussi.

8 commentaires:

bernard gaignier a dit…

C'est vrai que nous sommes toujours dans la meme contradiction et d'ailleurs avec une longue pratique de "prise de distance" du candidat par rapport au programme du PS; ça a été le cas de Mitterrand et meme de Jospin, qui ont eu un programme présidentiel qui n'était pas celui du PS meme s'il s'en inspirait; de toutes façons en général meme le parti "s'en fout" complètement. Lors du congrés de Lievin le meme parti qui dans son congrés adoptait une ligne "gauche gauche" et élisait emmanuelli comme premier secrétaire, faisait la danse du ventre devant Delors, partisan d'une alliance avec le centre pour qu'il soit candidatà la préidentielle; il est vrai que les sondages le désignaient comme étant le seul à pouvoir l'emporter!!!

ANTONIN a dit…

Oui, l'accouchement a eu lieu, mais je crains fort que les contractions douleureuses ne continuent encore un temps.

Espérons que ces douleurs restent silencieuses, ou en tout cas limitées dans la sphère des militants car les Français ont l'ouie fine et auront du mal à comprendre que les barrissements ne soient pas unanimes après l'adoption du programme.

Il est vrai que même pour un modeste militant, c'est un peu dur à suivre quelquefois, alors pour un citoyen lambda...

De toute façon, comme tu le dis si bien, Bernard, "le parti s'en fout" donc je reste optimiste pour la suite.

ANTONIN

Anonyme a dit…

Même si mes valeurs sont très proches des vôtres, je ne suis pas socialiste. Et j'ai suivi, le plus attentivement possible, ce "long travail douloureux". Alors, la citoyenne lambda que je suis, souhaite ardemment ne pas se retrouver devant le même dilemme qu'en 2002, car malgré les années, je ne suis toujours pas remise de mon vote. Je ne me sens pas en droit d'émettre des critiques mais je dirai néanmoins une chose : si le parti continue de s'en f..., moi citoyenne lambda, je ne suis vraiment pas optimiste pour l'avenir.

ricciarelli a dit…

Le projet avant le candidat me semble logique.
A défaut choisir d'abord le candidat viendrait à choisir le projet d'un candidat et non du parti.Maintenant, effectivement le risque que le candidat ou la candidate choisi(e) adapte ce projet à sa personnalité ou son intérêt me semble là aussi assez logique.
De plus, je ne pense pas que l'on puisse craindre une trop grande diversité entre le programme du parti et le programme du candidat car celui-ci aura bien évident besoin de toutes les voix pour être élu .
Il nous reste donc à attendre, voir et décider alors de notre vote personnel.

Bonne soirée.

RICCIARELLI Alexandre

Jacques Barralis a dit…

Pour regrouper la gauche nous avons besoin d'un projet et non d'un éléphant autoproclamé chef.

Pour calmer les éléphants rétifs, et éliminer ceux qui préfèrent tenir compte des sondages que des décisions votées démocratiquement, les militants et les nouveaux adhérents choisiront en novembre celui, ou celle, qui sera le mieux placé pour réunir la Gauche et effacer 2002.

J'ose encore y croire!!!

Dominique a dit…

Pour ma part, Jacques, lorsqu'il s'agira de désigner un candidat, je préfèrerais le faire en toute connaissance de cause, sur la base des propositions qu'il développera pour la gauche et pour la France. Sinon, sur quoi va-t-on se baser ? La bonne tête des uns et des autres ? Les sondages ? On ne me fera pas croire que chaque candidat du PS fera exactement la même politique que n'importe quel autre en se contentant d'appliquer le projet adopté par le parti.

J'aurais préféré que chacun des éléphants (ou éléphantes : S. Royal ne vient pas de tomber de la lune...) nous décline sa propre version. Tous pouvaient d'ailleurs s'appuyer sur la synthèse du Congrès du Mans (dont j'aimerais bien savoir à quoi elle va servir...) qui jusqu'alors était censée représenter la plateforme commune à l'ensemble des socialistes...

Escoffier Gilbert a dit…

Pourquoi je m'abstiendrai quand il faudra voter pour le projet socialiste:

Bien que Laurent Fabius, à qui je fais confiance pour rassembler ce qui est épars soit pour, je m'abstiendrai lors du vote sur le projet socialiste, ceci pour plusieurs raisons longuement développées par Mélenchon via son blog ou à travers les parutions de PRS; à savoir:
"ce texte ne se réfère pas à un modèle alternatif, celui de l'économie mixte, qui est le coeur de la doctrine socialiste en France"
"il n'aborde pas le partage des richesses et la lutte contre la marchandisation"
" il ne prevoit ni surtaxation des superprofits des entreprises ni réduction de la TVA, qui est l'impôt le plus injuste pour le plus grand nombre"
" il reste très "timide" sur la nécessaire appropriation sociale des biens et des services publics. Par ex le refus de reconnaître l'eau comme bien public et de soutenir le retour en gestion publique de son exploitation"

enfin" rien n'est prévu pour supprimer les innombrables autorités indépendantes qui paralysent l'Etat et confisquent le pouvoir aux citoyens". Tant il est vrai que la refondation républicaine du pays doit être le coeur du projet socialiste que d'aucuns appellent de tous leurs voeux.

Amitiés sociales et socialistes

Richard a dit…

J'ai moi aussi j'ai eu le temps de me saisir de ce projet. Comme le dit Dominique, à quoi a servi la synthèse du Mans ? Et donc peut-être le congrès. Peut-être, tout simplement à pondre ce projet. Etait-il nécesaire ? Maintenant je pense que oui. Et que la logique des choses est respectée. (Tiens je me surprends à être d'accord avec la direction du PS).
Que peut-on dire de ce projet ? Qu'il est un catalogue de bonnes intentions qui figuraient dans la synthèse. Ce projet est-il scandaleux ? Je ne le crois pas.
En revanche ce projet qui fixe les intentions n'explique pas comment réaliser ces intentions. J'attends donc de la part des "prétendants au titre", qu'ils expliquent le comment. De cette explication sortira je l'espère, le proramme de chacun. le programme qui aura suscité la meilleure adhésion deviendra le programme du PS, qu'on ira défendre et promouvoir sur les marchés...chouette...
En tout cas, c'est comme cela que dans ma grande naiveté je vois les choses.
Amitiés à tous