Couverture : Valérie D'Amodio
En 2007 était jouée ma deuxième pièce, « Sur un air de cithare » au théâtre de l’Alphabet.
La série de représentations à guichets fermés, avait permis de mettre en avant la mise en scène imaginative d’Henri Legendre et les interprétations décalées de Bernard Gaignier dans le rôle de l’ange des
Ailes du désir, de Didier Veschi en Marcello de
La dolce vita et de Lucile en
Amélie Poulain.
Aujourd’hui, grâce à une jeune maison d’édition azuréenne, « Les enfants du paradis », spécialisée dans la publication de pièces de théâtre, « Sur un air de cithare » est aussi un livre. L’ouvrage est d’ailleurs disponible dès maintenant sur
le site de l’éditeur. Il sera bientôt, comme on dit, dans toutes les bonnes librairies. Mais c’est le samedi 12 mars à la « Librairie du spectacle », 2 rue François Guisol, qu’aura lieu la première séance de dédicaces.
En attendant, pour vous faire patienter, voilà le monologue introductif de la pièce :
« De Stettin dans la Baltique jusqu’à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu sur l’Europe ».
Fascination.
Fascination totale pour ce vieux continent émergeant à peine de la nuit et du brouillard, d’Oradour, de Katyn et de la Shoah, et qu’on déchire, sans même lui laisser le temps d’entamer sa convalescence.
C’est ainsi que, pendant un demi-siècle, le destin du continent se disloque ; à l’Ouest, le capitalisme transforme l’Européen en consommateur prospère et sans mémoire ; à l’Est, le communisme crée un homme nouveau, sacrifié sur l’autel des lendemains qui chantent.
Monde singulier dans lequel Alice ne sait plus où est l’endroit où est l’envers d’un miroir que, de toute façon, elle ne peut plus traverser.
Et puis brusquement, après cinquante années, par la magie d’une nuit berlinoise, le miroir se brise et l’histoire européenne va se réconcilier avec sa géographie. Alice, qui déjà au loin voit l’horizon s’enflammer du côté des Balkans, se demande, un peu désemparée : « Pourquoi faire ? »
Cette aventure européenne, c’est aussi le destin de quelques femmes et de quelques hommes qui n’ont existé que par la magie du cinéma, cette somme de petits mensonges qui permet d’accéder à une forme supérieure de vérité.
En effet, ce sont bien souvent ces visages de femmes et d’hommes, heureux-malheureux, triomphants-humiliés, bourreaux-victimes, qui s’imposent à nous lorsque nous pensons au bruit et à le fureur des années passées ou que nous interrogeons le silence obsédant d’un futur incertain.
Petites histoires, Grande Histoire, initiation en boucle qui, de Vienne à Sarajevo, fait de l’Europe de l’après-guerre une singulière allégorie de la condition humaine.