05 janvier 2007

DBM – Luca sur France Culture


Tous les jeudis et vendredis de ce mois de janvier, le journaliste de France Culture Jean Lebrun anime son émission Travaux Publics en direct de Nice, plus exactement de la Brasserie Lou Pastrouil sur la place du Palis de Justice.

Après une émission assez réussie sur l’identité niçoise où l’animateur a fort aimablement évoqué la philosophie de Nice plurielle en faveur d’une ville à hauteur d’homme, la deuxième émission, ce soir, traitait de la réforme de l’héritage, avec deux invités vedettes : à ma droite Lionel Luca, député UMP, auteur d’une proposition de loi sur ce thème, à ma gauche Dominique Boy-Mottard, conseillère générale PS, et, accessoirement, maître de conférence en droit privé.

D’emblée, DBM rappelle qu’une telle question ne peut pas se traiter sur le plan de la pure technique juridique parce qu’elle est foncièrement idéologique. Bien sûr, il faut tenir compte de la dimension psychosociale de l’héritage (succédané d’éternité et bien souvent mesure métaphorique de l’amour reçu ou non reçu). Mais au final, la gauche favorise la solidarité, donc la valeur travail, quand la droite joue la carte de la transmission des patrimoines. Bien sûr, cette dichotomie n’est pas toujours aussi tranchée. Comme l’a rappelé Lionel Luca, la gauche italienne est généreuse avec les héritiers ; comme l’a rappelé sa contradictrice Bill Gates et Warren Buffet vont léguer leur fortune à des associations caritatives. Le débat – remarquablement animé par Jean Lebrun – avançant, le public penche incontestablement du côté des arguments avancés par Dominique, grondant parfois quand le député UMP déroule avec trop de fougue sa profession de foi libérale.

Et si, au final, chacun resta sur ses positions, les auditeurs auront compris que cette question ne doit pas se réduire aux frasques helvétiques d’un Johnny Halliday mais faire l’objet d’un véritable débat citoyen. Faisons en sorte que celui-ci s’engage sur la base du projet socialiste (même si on peut le considérer comme timide sur cette question) car, en matière de solidarité, quand on est de gauche, il vaut mieux mener des combats offensifs que des combats défensifs. Ce sera le mérite de Dominique de nous l’avoir en quelque sorte rappelé ce soir.

On peut écouter l'émission sur le site de France Culture

3 commentaires:

patrice benoit a dit…

L'émission était réussie et Dominique a bien recadré la situation en rappelant que notre pays était endetté et que tant que nous y étions les impôts devaient-ils tous être supprimés ?

Mais cette émission remarquablement animée par Jean Lebrun a insinué un clivage regrettable entre une gauche partisane d'une impôt redistributif face à une droite libératrice de l'impôt confiscatoire.

La gauche elle aussi doit agir contre l'impôt confiscatoire en particulier lorsqu'il grève les plus modestes. Ainsi le prélévement des droits de successions et notamment entre époux, enfants et petits enfants doit respecter un principe de sécurité fiscale afin de ne pas être confiscatoire de la transmission à titre gratuite. C'est aussi cela la justice fiscale.

Clotilde a dit…

Comme je vous l'ai déjà dit tout à l'heure, c'était très bien.
France Culture s'est montrée encore une fois une très bonne radio, une excellente radio même (laissons tomber ces accusations idiotes d'élitisme et d'hermétisme, on trouve de tout chez FranceCul, et plein d'émissions de qualité tout en étant "grand public" :)

Et puis, ça fait la troisième fois que j'y écoute des copains en plus (ou copines d'ailleurs!), et ça fait bien plaisir.

BONNAIRE NICOLAS a dit…

Je trouve les arguments avancé par DBM dénué de tous sense morale. Que les socialistes le veulent ou non l'être humain est individualiste et quand une personne à travailler toute sa vie, quoi de plus normal que de laisser le fruit de ce travail à ses enfants. et oui nous ne sommes pas des fourmi . malheureusement pour les élephants .
vive mr LUCA