13 janvier 2007

L’éternel retour

L’interview de début d’année accordée à Nice-Matin par Jacques Peyrat est, à bien des égards, scandaleuse.

Il y a d’abord cette affirmation, presque cette revendication en faveur d’un vote FN au deuxième tour des Présidentielles en cas de duel Royal – Le Pen. Un retour aux sources en quelque sorte.

Il y a ensuite cette attaque particulièrement violente contre le Procureur. Je n’ai évidemment pas l’intention de défendre le Procureur, il le fait très bien lui-même comme on peut le constater dans le quotidien susnommé. Je veux simplement mettre en évidence une contradiction majeure. Critiquer le Procureur, c’est, au final, lui reprocher d’avoir dénoncé cette corruption qu’on voulait par ailleurs « gratter jusqu’à l’os ». Monsieur Peyrat devrait en terminer avec les faux-fuyants. Un seul positionnement est possible : soit il condamne les coquins avec le procureur, soit il défend les copains contre le Procureur.

Sur les dossiers municipaux, un hommage (un peu déguisé quand même !) est rendu à Nice Plurielle. A propos des grands travaux, le maire avance : « Si, comme je le souhaitais, on avait construit en même temps la nouvelle mairie, j’aurais tué les niçois » (sic). Avec mes colistiers, je suis donc particulièrement fier de constater que notre lutte contre le projet de grande mairie (pour des raisons financières mais aussi patrimoniales) a probablement évité… un massacre !!!

Plus sérieusement, le diagnostic que nous faisons depuis de nombreuses années se trouve spectaculairement confirmé : les huit kilomètres de tram vont endetter la ville (sans apporter, hélas, une véritable solution au problème des transports) à un point tel qu’une pause est nécessaire.

Or, cette pause, prévue pour durer deux ou trois ans, se fait sans que les promesses électorales copiées dans le programme de Nice Plurielle soient réalisées. La proximité et le grand plan d’équipement des quartiers ne seront donc pas initiés. Et les Niçois continueront toujours à avoir aussi mal au quotidien.

Illustration. Cette semaine, j’ai rencontré la jeunesse du quartier de la Bornala. Une jeunesse magnifique, pleine de dynamisme et de projets, mais qui se heurte au manque d’espace, au manque de moyens, au manque de salles. Le lendemain, à la soirée de présentation des programmes de l’excellent théâtre « Trimages » (rue Alsace-Lorraine), mêmes questions soulevées par le monde de la culture qui étouffe dans une ville sans espace et sans moyens.

Dernier point à relever. Chacun sait que l’avenir de la ville est essentiellement du côté de la Plaine du Var. Or, le maire découvre que l’Opération d’Intérêt National prévue dans ce lieu risque de voir l’Etat confisquer le futur de la ville. En effet, Nice est en train de brader sa dernière chance de développement équilibré pour un plat de lentilles. Belle découverte ! Exactement deux mois après Nice Plurielle (voir La nationalisation de la Plaine du Var).






Théâtre TRIMAGES
Photo de Philippe Bertini
pour Nice-Matin

4 commentaires:

Julien a dit…

Le maire a été égal à lui-même dans ses interviews : toujours aussi à droite, toujours aussi autiste des vrais besoins des Niçois.
J'ai parfois l'impression que la seule chose qui l'intéresse est de mettre au point des projet titanesques pour marquer la ville de son emprunte et passer à la postérité, au détriment du reste.

Quant aux jeunes et au manque d'espace, je partage assez votre analyse : il n'y a pas grand chose dans cette ville qui soit fait pour les jeunes (où sont les logements pour les étudiants et les jeunes actifs ?). Dans une ville dont l'université envisage de doubler ses effectifs c'est assez regrettable. J'ai eu l'occasion de parler de cela avec plusieurs de mes camarades de fac et beaucoup partagent ce point de vue. Le plus triste est que nous somme un certains nombre à nous demander si nous resteront à Nice : certains d'entre nous vont devoir partir pour faire le master 2 et nous somme plusieurs à ne pas être sûrs de vouloir revenir...

Sijavéssu a dit…

Je suis bien d'accord avec Julien...
quand on voit ne serait-ce qu'à la fac le nombre de master 1&2 qui ne sont pas listés, qu'il faut aller à Aix ou Toulon car "là-bas" ils le sont c'est démentiel... dans une ville comme Nice on pourrait être en droit de croire que les activités culturelles, sportives, ludiques et éducatives seraient autres que les ersatz que l'on nous jette comme à des pigeons encombrants et prêts à tout becqueter...

Escoffier Gilbert a dit…

Patrick, il faudrait que tu demandes au journal "le monde" un euro symbolique pour t'avoir étiqueté dans son éditon de dimanche comme conseiller général UMP.
Salutations républicaines Gilbert

Toub a dit…

Au moins un élu UMP qui al e courage de dire qu'il se sent plus proche du FN que du PS. Evidemment il se sent plus proche du FN conservateur et nationaliste que du FN raciste et xénophobe. Mais les bienpensants sont toujours la pour analyser à la place des autres. Vive la droite UMP comme FN