Les injonctions d’Arnaud Montebourg ou les petites bassesses de campagne (« la candidate de substitution », « la gauche molle ») n’y changeront rien : il y a moins que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les programmes (l’esprit plus que la lettre) des deux finalistes de la Primaire.
Du coup, même si elle est un brin caricaturale, la méthode qui consiste à recenser les points positifs et négatifs de l’une et de l’autre candidature peut avoir son utilité.
FRANÇOIS HOLLANDE
Les « plus »
- Il a manifestement préparé son affaire en construisant une véritable candidature sans se laisser distraire par un contexte qui ne lui a pas toujours été favorable.
- Il a une vraie implantation locale dans une ville moyenne et un département rural fortement ancré à droite.
- Depuis qu’il n’est plus Premier secrétaire, il est un homme libre qui n’a pas de comptes à rendre aux courants et sous-courants du PS.
- Il a une approche courageuse de la laïcité qui l’a conduit, par exemple, à témoigner au procès de Charlie Hebdo pour soutenir le droit de caricaturer Mahomet.
- Il a une personnalité sympathique et avenante qui encourage l’identification.
Les « moins »
- Il n’a jamais été ministre même s’il a été associé au pouvoir pendant les cinq années du gouvernement Jospin en tant que Premier secrétaire du PS.
- Il n’y a pas vraiment d’équipe Hollande et l’ex-transcourant apparaît souvent comme un homme seul.
- Comme Premier secrétaire, il a souvent fait preuve d’irrésolution. La manière dont il n’a pas traité le conflit du PS 06 au moment des municipales de Nice est exemplaire en la matière.
MARTINE AUBRY
Les « plus »
- Elle a un beau palmarès ministériel avec à la clé des réformes emblématiques comme la CMU et les 35 heures.
- Elle peut être la première femme présidente de la République.
- Elle n’expose pas sa vie personnelle et est ni bling-bling, ni people.
- Elle a grosso modo remis le PS sur rail après le difficile congrès de Reims.
Les « moins »
- Elle est un peu l’otage d’une coalition hétéroclite (de DSK à Hamon) qui nuit à la cohérence du positionnement.
- Elle a quand même été élue Premier secrétaire sur la base de tricheries avérées.
- Elle n’a jamais fait ses preuves électoralement après avoir hérité de la mairie de Lille grâce à Pierre Mauroy.
- Elle s’est acharnée contre Georges Frêche et le PS du Languedoc-Roussillon alors que le véritable problème éthique et politique se situait dans les Bouches-du-Rhône où elle a ménagé Guérini.
- Sa défense de la laïcité est pour le moins ambiguë. C’est à Lille que l’on a expérimenté la non mixité des piscines, et son inauguration du Congrès de la très intégriste Ligue Islamique du Nord interpelle.
Bien sûr, ces « plus » et ces « moins » que j’ai malicieusement mélangés n’ont pas le même poids, leur addition ne peut être uniquement quantitative.
Ce qui nous confirme, s’il en était besoin, que le choix est difficile…