27 février 2011
Douce campagne
Depuis trois semaines, je suis en campagne même si mes activités professionnelles… et d’élu doivent encore être assurées en parallèle. Avec Joëlle, ma suppléante – qui elle aussi jongle avec ses horaires incompressibles – et une équipe légère, mobile et d’humeur plutôt joyeuse, je parcours avec bonheur ces rues et ces avenues du 5e canton, qui me rappellent tant de petits et grands combats. Une équipe éclectique, où on trouve, pêle-mêle, kiné, philosophe, agent des impôts, retraité, prof d’histoire, étudiant, et bien d’autres encore.
Souvent, un passant m’interpelle, me rappelant une rencontre, une intervention, une anecdote drôle ou émouvante. Là, un couple que j’ai marié, ici un commerçant qui se souvient de la mobilisation contre l’ouverture des grandes surfaces le dimanche, ailleurs, un étudiant qui me demande sa note de partiel, une vieille dame qui se rappelle de notre combat contre la publicité envahissante, une autre à qui on a facilité les formalités de demande d’APA, un copain de course à pied qui s’inquiète de mon niveau d’entraînement, un électeur anonyme qui vient me dire comme ça, gratuitement, qu’il apprécie mon travail… Le bonheur quoi !
Aux parlophones, il suffit que je me présente pour que les portes les mieux protégées s’ouvrent généreusement. S’il n’y avait cette colère qui s’exprime de plus en plus contre la politique nationale et ses déclinaisons locales, on pourrait se croire hors contexte électoral.
La Virgule, Chez Tintin, Les deux avenues, La Dominante, L’hippocampe, Le Penalty, La Brasseria nissarda, Le Dauphin, Le Saint Maurice, La Station Gambetta, Le Vernier, Le Nord Sud, Le Homy’s, Le Guets, L’ami de pain, et bien d’autres lieux pittoresques et charmants, ponctuent nos longues déambulations. Mais qu’on ne s’y trompe pas : café et noisette constituent l’essentiel de notre carburant. Même douce, la campagne est encore longue.
23 février 2011
« Sur un air de Cithare » est aussi un livre
Couverture : Valérie D'Amodio
En 2007 était jouée ma deuxième pièce, « Sur un air de cithare » au théâtre de l’Alphabet. La série de représentations à guichets fermés, avait permis de mettre en avant la mise en scène imaginative d’Henri Legendre et les interprétations décalées de Bernard Gaignier dans le rôle de l’ange des Ailes du désir, de Didier Veschi en Marcello de La dolce vita et de Lucile en Amélie Poulain.
Aujourd’hui, grâce à une jeune maison d’édition azuréenne, « Les enfants du paradis », spécialisée dans la publication de pièces de théâtre, « Sur un air de cithare » est aussi un livre. L’ouvrage est d’ailleurs disponible dès maintenant sur le site de l’éditeur. Il sera bientôt, comme on dit, dans toutes les bonnes librairies. Mais c’est le samedi 12 mars à la « Librairie du spectacle », 2 rue François Guisol, qu’aura lieu la première séance de dédicaces.
En attendant, pour vous faire patienter, voilà le monologue introductif de la pièce :
« De Stettin dans la Baltique jusqu’à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu sur l’Europe ».
Fascination.
Fascination totale pour ce vieux continent émergeant à peine de la nuit et du brouillard, d’Oradour, de Katyn et de la Shoah, et qu’on déchire, sans même lui laisser le temps d’entamer sa convalescence.
C’est ainsi que, pendant un demi-siècle, le destin du continent se disloque ; à l’Ouest, le capitalisme transforme l’Européen en consommateur prospère et sans mémoire ; à l’Est, le communisme crée un homme nouveau, sacrifié sur l’autel des lendemains qui chantent.
Monde singulier dans lequel Alice ne sait plus où est l’endroit où est l’envers d’un miroir que, de toute façon, elle ne peut plus traverser.
Et puis brusquement, après cinquante années, par la magie d’une nuit berlinoise, le miroir se brise et l’histoire européenne va se réconcilier avec sa géographie. Alice, qui déjà au loin voit l’horizon s’enflammer du côté des Balkans, se demande, un peu désemparée : « Pourquoi faire ? »
Cette aventure européenne, c’est aussi le destin de quelques femmes et de quelques hommes qui n’ont existé que par la magie du cinéma, cette somme de petits mensonges qui permet d’accéder à une forme supérieure de vérité.
En effet, ce sont bien souvent ces visages de femmes et d’hommes, heureux-malheureux, triomphants-humiliés, bourreaux-victimes, qui s’imposent à nous lorsque nous pensons au bruit et à le fureur des années passées ou que nous interrogeons le silence obsédant d’un futur incertain.
Petites histoires, Grande Histoire, initiation en boucle qui, de Vienne à Sarajevo, fait de l’Europe de l’après-guerre une singulière allégorie de la condition humaine.
20 février 2011
La mémoire d’Hadrien, celle de Raphaël Konopnicki
Hadrien et le collège Matisse
Mardi fut pour moi le jour d’un nouveau voyage de la Mémoire initié par le Conseil général à Auschwitz. Toujours impeccablement organisé par Eric Goldinger et ses services, c’était, pour ma part, le huitième. Mais aucun de ces voyages ne ressemble aux précédents. Mardi, c’était, entre autres, le tour d’Hadrien, le fils d’Emmanuel, collégien à Matisse, et celui de dix-huit élèves de Vernier, surmotivés par Madame Rosario, leur principale, qui avait fait le déplacement.
Pour moi, ce furent ces minutes émouvantes où, au nom des Maralpins, j’ai déposé une gerbe devant le mémorial avec mon collègue Lorrenzi, le maire de Sospel, et celles où j’ai, une nouvelle fois, retrouvé le nom de mon grand-père, dans le listing tragique des pensionnaires du camp.
Cette journée fut aussi celle d’un cruel et grand froid : - 10°, avec la bise silésienne qui transperçait nos vêtements, une façon de comprendre avec notre corps à quel point l’hiver polonais fut un calvaire pour les déportés vêtus de leur pyjama de mauvaise toile.
Ce que nous ne savions pas, c’est que le lendemain de notre visite, une grande figure de la Résistance azuréenne allait s’éteindre. En effet, le 16 février, Raphaël Konopnicki nous a quittés. Sous le nom d’Edouard Voisin, caché dès le début de la guerre dans un petit appartement niçois avec sa famille, il était devenu très vite responsable de l’imprimerie clandestine de Valrose avant d’être nommé commandant FTP. C’est à ce titre qu’il dirigera les combats pour la Libération de Cannes et de l’arrière-pays. Et, la paix revenue, ce fut le temps pour Raphaël, comme pour beaucoup de Juifs de France, de faire le décompte macabre de ses proches disparus à Auschwitz…
18 février 2011
La colline aspirée
Entre Cyrille Besset et Gorbella, dominée par le clocher si caractéristique de l’église et la Villa Arson, la colline Saint-Barthélemy est un quartier préservé, un vrai havre de paix comme il en existe encore quelques-uns à Nice Nord. La mairie avait même promis, à la demande de la dynamique association de défense du quartier, de transformer le secteur en « quartier tranquille » protégé par une zone 30 généralisée. Projet qui sommeille depuis de nombreux mois. Et pour cause.
C’est que les fins limiers de l’association ont détecté dans le projet du PLU une voie inter-quartiers de mauvais augure risquant de transformer la colline en zone de transit à circulation intense. En fait, la colline va tout simplement être aspirée par le projet, sûrement en partie spéculatif, des terrains du Ray qui attend patiemment dans les cartons de la mairie… que les élections cantonales se passent ! En effet, il faut bien un débouché en matière de circulation à la population qui sera amenée par cette nouvelle densification du quartier du Ray.
Malgré de très nombreuses contributions des riverains, la mairie n’a pas bougé et le projet du PLU est devenu… le PLU, révélant définitivement les intentions des responsables municipaux.
Pour calmer le jeu, la candidate UMP dans le canton a essayé de brouiller les pistes en obtenant un minimum de concessions de ses amis haut placés. Le moins qu’on puisse dire est qu’elle a fait chou blanc car, non seulement la liaison inter-quartiers a été confirmée, mais la constructibilité d’une moitié de la colline a été maintenue. Pas de quoi mériter le curieux qualificatif d’arbitre que lui a attribué Nice-Matin.
Heureusement, les habitants de la colline se souviendront des batailles gagnées ces dernières années contre la municipalité pour la défense du patrimoine : celle de la Gare du Sud, celle du port de croisières et, plus récemment, celle du tram sur la Promenade…
Ils savent que le maire sera très attentif au résultat des élections. Un bon résultat de sa candidate et il estimera avoir les mains libres pour son projet. Que le résultat soit médiocre et le feu vert se transformera en alerte orange troublant l’horizon bleu de sa réélection.
Alors, je n’en doute pas, les riverains de la colline Saint-Barthélemy, eux aussi, feront le bon choix.
15 février 2011
Il est cinq heures, Nice s'éveille...
Cinq heures du mat'. Hadrien et sa maman viennent me chercher : on nous attend à l'aéroport pour le déplacement des collégiens à Auschwitz.
Dans l'avenue Cyrille Besset, juste en face de notre permanence, deux voitures sont en train de brûler. Les pompiers et la police municipale arrivent sur les lieux. Une première dans le coin. Des images spectaculaires mais, heureusement, aucune victime à déplorer.
12 février 2011
La dame aux caméras
Triste et nouvel exemple de l’insécurité qui ne cesse de progresser dans les rues de Nice Nord en l’absence d’îlotage et de police de proximité : Madame H., 78 ans, s’est fait agressée le jeudi 13 janvier 2011 à 15 h 10 sur le boulevard Gorbella pourtant « sécurisé » par les fameuses caméras.
On lui arrache son sac, on la projette à terre, sa pommette est fracturée ainsi que son épaule. Elle reste à terre, seule, pendant de longues minutes, avant d’être transportée par les pompiers à l’hôpital Saint Roch. Après une nuit d’observation, elle rentre à son domicile où elle retrouve sa sœur invalide.
Le 17 janvier, elle trouve enfin la force et le courage de sortir pour aller porter plainte et constater à La Poste qu’on avait vidé son compte et celui de sa sœur : il y en avait pour 5000 euros. Grâce à la solidarité de ses voisins, elle passe tant bien que mal cette période aussi difficile moralement que financièrement.
C’est seulement le 2 février qu’elle voit débarquer, un peu interloquée, une élue de la municipalité (et non des moindres) à son domicile. Après lui avoir dit combien elle était désolée, la dame ne lui proposera ni aide matérielle par le CCAS, ni aide psychologique via les associations de victimes. En fait, elle se contente de lui suggérer, à sa grande stupeur, … une visite du Centre de vidéosurveillance de la place de la Libération. Celui-là même qui n’avait servi à rien dans l’agression de Madame H. Devant le peu d’enthousiasme de la victime face à cette mirobolante proposition, la visiteuse lui servira une deuxième fois l’invitation, avant de lui laisser sa carte et un document électoral.
Je savais qu’en haut lieu on avait donné des instructions pour multiplier les visites du Centre avant les élections, mais j’étais loin de me douter que cette instruction allait devenir l’alpha et l’omega d’une politique ou plutôt d’une névrose municipale.
Outrée, Madame H. nous a raconté sa mésaventure. Depuis, il va de soi que nous lui prodiguons quelques conseils et un peu de considération. Mais il est déjà bien tard.
On lui arrache son sac, on la projette à terre, sa pommette est fracturée ainsi que son épaule. Elle reste à terre, seule, pendant de longues minutes, avant d’être transportée par les pompiers à l’hôpital Saint Roch. Après une nuit d’observation, elle rentre à son domicile où elle retrouve sa sœur invalide.
Le 17 janvier, elle trouve enfin la force et le courage de sortir pour aller porter plainte et constater à La Poste qu’on avait vidé son compte et celui de sa sœur : il y en avait pour 5000 euros. Grâce à la solidarité de ses voisins, elle passe tant bien que mal cette période aussi difficile moralement que financièrement.
C’est seulement le 2 février qu’elle voit débarquer, un peu interloquée, une élue de la municipalité (et non des moindres) à son domicile. Après lui avoir dit combien elle était désolée, la dame ne lui proposera ni aide matérielle par le CCAS, ni aide psychologique via les associations de victimes. En fait, elle se contente de lui suggérer, à sa grande stupeur, … une visite du Centre de vidéosurveillance de la place de la Libération. Celui-là même qui n’avait servi à rien dans l’agression de Madame H. Devant le peu d’enthousiasme de la victime face à cette mirobolante proposition, la visiteuse lui servira une deuxième fois l’invitation, avant de lui laisser sa carte et un document électoral.
Je savais qu’en haut lieu on avait donné des instructions pour multiplier les visites du Centre avant les élections, mais j’étais loin de me douter que cette instruction allait devenir l’alpha et l’omega d’une politique ou plutôt d’une névrose municipale.
Outrée, Madame H. nous a raconté sa mésaventure. Depuis, il va de soi que nous lui prodiguons quelques conseils et un peu de considération. Mais il est déjà bien tard.
09 février 2011
Relever les défis
Ma campagne étant désormais lancée, j'ai voulu que le premier document soit une lettre adressée à tous les électeurs du canton. En effet, je pense qu'il est de bonne pédagogie démocratique que chaque candidat fixe lui-même, à sa façon, avec ses mots, les enjeux du scrutin afin que le débat qui s'amorce soit le plus utile possible à l'intérêt général.
Voilà donc, en primeur sur ce blog, cette lettre.
Voilà donc, en primeur sur ce blog, cette lettre.
Elu en 1998 et réélu en 2004, cela fait 13 ans que je suis votre conseiller général. Du premier jour de ce mandat, avec l’esprit de tolérance républicaine dont on me gratifie généralement, je me suis efforcé d’être le représentant de tous dans ce canton que j’habite et que j’aime au point d’avoir écrit pour lui un petit livre, Cinq de cœur, dans lequel j’essaie d’en restituer l’atmosphère.
Pendant toutes ces années, j’ai eu l’occasion de dialoguer avec des centaines d’entre vous, de régler d’innombrables dossiers personnels ou associatifs, de mener de petits et de grands combats pour le patrimoine ou la qualité de la vie, de faire des propositions et, bien sûr, de vous représenter à l’assemblée départementale, notamment dans les débats budgétaires si importants pour décrypter la vérité des politiques menées.
Pour porter cela, il fallait un élu à la fois indépendant des municipalités successives et suffisamment constructif pour travailler avec elles dans l’intérêt général quand cela s’avérait possible. C’est dans le même esprit qu’à l’assemblée départementale j’ai toujours dénoncé les mauvaises politiques et soutenu les bonnes.
Mais, au-delà du bilan d’un élu, de mon bilan, c’est à l’avenir que vous vous intéressez et vous avez raison. En effet, les prochaines années vont être, à l’évidence, difficiles aussi bien dans nos quartiers que pour notre département. La crise, mais aussi un certain nombre de décisions politiques, présentes ou futures, pourraient y contribuer.
C’est précisément pour cette raison que j’ai décidé de me présenter à nouveau à vos suffrages les 20 et 27 mars prochains. Il y a là toute une série de défis que je veux relever avec vous.
Au niveau du canton, il faut, par exemple, éviter que la spéculation foncière ne s’empare des terrains du Ray contre l’avis de la population. Il faut également faire reculer l’insécurité avec des moyens humains permettant îlotage et proximité. Il faut refuser le transfert de l’asile de nuit qui n’a d’autre but que de soulager les « beaux quartiers ». Il faut donner à la grande halle de la gare du Sud une destination à la hauteur des engagements financiers. Il faut revoir l’organisation du nettoiement, préserver les moyens de nos établissements scolaires et, singulièrement, du collège Vernier qui est sous la responsabilité du Conseil général.
Sur le plan départemental, il faudra également être vigilant pour que les effets de la crise ne conduisent pas à une réduction des politiques de solidarité générationnelle, géographique et surtout sociale qui sont le noyau dur des compétences du Conseil général.
Un(e) élu(e) qui serait à la fois conseiller général et représentant du pouvoir municipal ne bénéficierait d’aucune marge de manœuvre, coincé entre « les grands adjoints » et « les services », il ne serait littéralement que « la voix de son maire » !
Malgré les discours lénifiants de nos responsables, il ne fait pas de doute que, dans nos quartiers comme dans notre département, les difficultés sont devant nous.
Relever ces défis ne me fait pas peur : je sais que nous le ferons ensemble.
05 février 2011
Les campagnes jumelles
Avec José Boetto, Dominique Boy Mottard et Joëlle Vacca
C’est sous le signe de la gémellité que s’est déroulé ce premier week-end de campagne dans les 5e et 7e cantons.
Ainsi, vendredi soir, nous avons donné, avec Dominique, rendez-vous à la brasserie Saint Maurice à la population du quartier éponyme pour notre première réunion de proximité qui était donc commune.
Dans une salle bondée, nous avons profité de l’occasion pour présenter nos suppléants. Pour le 7e canton, ce sera José Boetto bien implanté dans les quartiers du secteur et par ailleurs président du très ancien Club Des Supporters de l’OGCN. Pour moi, c’est Joëlle Vacca, une femme très engagée dans la vie professionnelle (elle est fonctionnaire municipale), syndicale et culturelle. J’aurai d’ailleurs l’occasion de vous parler d’elle bientôt et bien mieux sur ce blog.
En présence de Claude Giauffret et Christine Dorejo, candidats dans le 11e canton voisin, nous avons eu l’occasion de rappeler l’importance de ces élections pour l’avenir des terrains du stade du Ray et donc du quartier Saint Maurice et de Nice Nord. Et c’est dans une ambiance bon enfant et très intergénérationnelle que l’assistance se retrouva autour du buffet pour fêter un début de campagne qui, aurait dit Yves Montand, « smell good ».
Samedi, ils étaient une bonne demi-douzaine autour de Dominique pour aller à la rencontre des habitants de Charles Baudelaire et de Chambrun et à peu près autant autour de Joëlle et moi sur Gorbella. Là aussi le message était commun et concernait l’avenir de ces quartiers en liaison avec le devenir des terrains du stade.
Le soleil brillait, l’air était presque doux et l’accueil incroyablement positif. C’est donc dans la bonne humeur que les deux équipes se sont retrouvées à la terrasse du bar-tabac de la place Fontaine du Temple, avec d’autres amis de passage.
Mais il était déjà l’heure pour moi de rejoindre le Sud de mon canton pour un déjeuner à la terrasse du Homy’s place de la Libé avec un ami qui fut un grand agitateur d’idées au moment de l’élaboration de notre programme municipal. Ce même programme qui, aujourd’hui, est régulièrement pillé par les uns et les autres. Là aussi, l’accueil fut chaleureux et certaines déclarations de soutien aussi inattendues que prometteuses.
04 février 2011
Le dernier tango de Maria
Actrice à la carrière météorique, Maria Schneider est morte hier. Son visage poupin au sourire boudeur et sa chevelure frisée (la même que… Dominique à cette époque !) resteront à jamais gravés dans le disque dur de ma mémoire cinéphilique. Et cela pour seulement deux rôles : celui de Jeanne, la jeune fille qui découvre une sensualité mortifère dans les bras de Marlon Brando (Dernier tango à Paris), de Bernardo Bertolucci) et celle de l’anonyme inconnue qui joue à cache-cache avec Jack Nicholson, le baroudeur fatigué (Profession reporter, de Michelangelo Antonioni).
Deux rôles, deux films, mais qui pour moi comptent beaucoup plus que des carrières oscarisées, césarisées, protéiformes… et interminables.
Adieu Maria. Grâce à Bernardo et à Michelangelo, tu resteras toujours cette jeune femme qui a su nous suggérer que le visage de l’innocence pouvait être la surface immobile d’un lac aux profondeurs insondables.
Deux rôles, deux films, mais qui pour moi comptent beaucoup plus que des carrières oscarisées, césarisées, protéiformes… et interminables.
Adieu Maria. Grâce à Bernardo et à Michelangelo, tu resteras toujours cette jeune femme qui a su nous suggérer que le visage de l’innocence pouvait être la surface immobile d’un lac aux profondeurs insondables.
03 février 2011
La vache qui rit puissance 12
La mise en abyme qu’ils disent, les littéraires, depuis André Gide… Moi, j’appelle cela, sur ce blog et ailleurs, la philosophie de la Vache qui rit. Vous savez, cette vache joviale qui a des boucles d’oreilles avec une vache qui a des boucles d’oreilles avec une vache, etc… etc…
Ce soir, chez Monique d’ « Art et Culture », la doyenne de nos commerçants de Borriglione, j’ai acheté, pour 13,90 €, un merveilleux calendrier où chaque mois correspond à une image différente de la Vache qui rit.
C’est le pied ! Ou plutôt le sabot !
Et une sacrée méditation sur l’éternel retour qu’est la condition humaine.
Ce soir, chez Monique d’ « Art et Culture », la doyenne de nos commerçants de Borriglione, j’ai acheté, pour 13,90 €, un merveilleux calendrier où chaque mois correspond à une image différente de la Vache qui rit.
C’est le pied ! Ou plutôt le sabot !
Et une sacrée méditation sur l’éternel retour qu’est la condition humaine.
31 janvier 2011
Le 5e canton sur... rdvtele
Décidément, c'est la saison des interviews... Aujour'hui, c'est à une rencontre avec Jean-François Bosch de rdvtele (la chaîne du désormais célèbre Taratatouille), que je vous convie. Notons que cet entretien a été enregistré dans les nouveaux locaux en cours d'aménagement de la Web télé, juste en face... des Populaires Sud du stade du Ray où j'ai assisté à tant de matchs.
Comme d'habitude, c'est Annick, attentionnée et discrète, qui était à la caméra.
On peut écouter l'émission sur le site de rdvtélé.
28 janvier 2011
Le 5e canton sur WebTVNice
Chaîne d’informations niçoises sur Internet, WebTVNice, dirigée par Bruno Zuliani, a émigré du voisinage de la Galerie Depardieu au MUSEEAV de la place Garibaldi.
C’est donc dans le décor insolite et un peu mystérieux de ce musée-capharnaüm étonnant que deux jeunes étudiants journalistes m’ont interviewé. Philippe Barcellona avait particulièrement bien préparé son affaire et a mené l’interview en vrai pro. Quant à Floriane Derickxsen, je lui dois désormais les meilleurs plans de coupe que je n’ai jamais eus à la télévision.
L’interview proprement dite me permet de faire le point sur les principales questions qui vont ces prochaines semaines nourrir le débat électoral dans le 7e canton.
On peut voir l'interview sur le site de WebTVNice.
26 janvier 2011
Un 7 d’Or pour la conseillère générale
Dominique Boy Mottard aux "Palmiers"
Déjà, l’an dernier, j’avais été impressionné par la capacité de la conseillère générale du 7e canton de Nice à rassembler les forces vives des quartiers dont elle était l’élue pour sa traditionnelle cérémonie de vœux au mythique restaurant des Palmiers.
Mais ce soir, je dois avouer que la soirée fut mémorable. Plus de deux cents personnes avaient fait le déplacement au fond de l’avenue Henry Dunant. Et à 90%, de Gairaut à Saint Maurice, du Vallon des Fleurs à Cimiez en passant par Cap de Croix, elles étaient originaires du canton lui-même.
Du coup, une bonne moitié de la salle m’était inconnue ce qui, en principe, n’arrive jamais dans une réunion de ce type. Pour la partie connue, j’ai pu identifier les représentants de tous les comités de quartier, de nombreux animateurs d’associations sociales ou sportives et des figures emblématiques du secteur.
L’atmosphère détendue, chaleureuse, presque amicale, était une autre donnée de la soirée : un climat aux antipodes de celui de certaines cérémonies guindées auxquelles nous sommes tenus d’assister en tant qu’élus tout au long du mois de janvier.
Plus qu’un long discours (en fait, celui de la conseillère générale fut d’une durée raisonnable), une telle assemblée en dit long sur le respect qu’inspire le travail de l’élue du canton. C’est que, femme de conviction (ô combien !) aux valeurs affirmées (bis), Dominique a su être la conseillère générale de tous, sans exclusive. Une élue jamais réductible à une étiquette qui a su rester une femme libre. Une femme libre qui, ce soir, a bien mérité le 7 d’Or de la plus belle cérémonie de vœux !
Pour quelques photos de la soirée, voir le blog de Dominique Boy Mottard.
22 janvier 2011
Les pauvres avec les pauvres
Depuis le début du siècle dernier, l’asile de nuit est situé à Nice aux confins de la vieille ville, tout au fond du cours Saleya. Légué par un généreux donateur au Conseil général 06 et géré par le CCAS de la ville de Nice, l’établissement présente l’avantage de se situer dans la zone géographique proche du littoral où se concentre la misère humaine attirée par la douceur du climat et les sirènes de la Baie des Anges. Mais, en pleine zone touristique, un tel établissement faisait tache pour la municipalité et le député de la circonscription Eric Ciotti. Il fut donc décidé de transférer l’établissement dans le quartier Trachel-Vernier, cette partie de la ville zébrée par le chemin de fer et la Voie rapide où se concentrent problèmes de circulation et de cohabitation et des incivilités urbaines en tout genre... Un secteur où, sur quelques centaines de mètres, on retrouve les Restaus du cœur, le Secours populaire, le Secours catholique et l’association d’entraide de notre ami Bernard Neuville. Mais peu importe : les pauvres avec les pauvres et les vaches (touristiques) seront bien gardées.
Avec Dominique, nous n’avons été que deux sur les 52 conseillers généraux que compte notre assemblée départementale à nous opposer à ce transfert lors du vote juridiquement fondateur au Conseil général… sous la présidence d’Eric Ciotti. Lorsqu’il s’agit de se débarrasser de la patate chaude sociale, il y a des unanimités touchantes…
Mais le plus incongru restait à venir.
Vendredi soir, face aux questions de la population réunie par le Comité de quartier Saint Etienne, le responsable de la Mairie (un fonctionnaire, puisque les politiques, à l’exception notable d’Auguste Vérola, s’étaient défilés, préférant entourer le maire à Cernuschi) a répondu qu’en réalité l’installation de l’asile de nuit était le premier acte de la requalification du quartier.
Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Comme Jean Ferrat, je n’ai pas le cœur à le dire…
Avec Dominique, nous n’avons été que deux sur les 52 conseillers généraux que compte notre assemblée départementale à nous opposer à ce transfert lors du vote juridiquement fondateur au Conseil général… sous la présidence d’Eric Ciotti. Lorsqu’il s’agit de se débarrasser de la patate chaude sociale, il y a des unanimités touchantes…
Mais le plus incongru restait à venir.
Vendredi soir, face aux questions de la population réunie par le Comité de quartier Saint Etienne, le responsable de la Mairie (un fonctionnaire, puisque les politiques, à l’exception notable d’Auguste Vérola, s’étaient défilés, préférant entourer le maire à Cernuschi) a répondu qu’en réalité l’installation de l’asile de nuit était le premier acte de la requalification du quartier.
Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Comme Jean Ferrat, je n’ai pas le cœur à le dire…
19 janvier 2011
La rose de campagne
Photo Mohamed Khalerras
A partir des années 80, j’ai pris l’habitude, lors de mes campagnes électorales, de distribuer des roses à la sortie des écoles. Cet exercice charmant, des dizaines de fois répété, m’a valu des milliers de sourire de mamans ravies. De nombreux maris ont également profité de l’aubaine. Du coup, je pense avoir beaucoup œuvré pour la paix des ménages car je soupçonne ces derniers d’avoir souvent offert la fleur à leur épouse sans en mentionner l’origine.
En fait, grâce à l’aide d’amis fleuristes, je me suis rapidement aperçu que ces distributions colorées et joyeuses étaient finalement peu coûteuses. Par la suite, je fus souvent imité… mais jamais égalé. Aux yeux des électeurs niçois, je restais le spécialiste de la « rose de campagne ». La très sérieuse Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques s’inquiéta une fois devant cette déferlante florale, mais, après explication, tout rentra dans l’ordre.
Lorsque, dans les années 2000, Dominique se mit à son tour à se présenter à des élections uninominales, elle utilisa pour son propre compte une formule qu’elle avait, dans l’ombre, largement contribué à finaliser. Elle eut même son heure de gloire avec une photo devenue mythique dans le journal national du PS.
Mais aujourd’hui, n’étant plus membre du Parti socialiste, il serait incongru de continuer à utiliser un symbole aussi connoté. Membres de l’honorable Parti Radical historiquement très implanté dans le Sud-Ouest, le clin d’œil pourrait peut-être consister à offrir aux parents un petit ramequin… de cassoulet ! On gagnerait sûrement en convivialité ce qu’on perdrait en poésie.
En tout cas, l’idée est à l’étude même si, au pays du stockfish et de la bagna cauda, elle peut être considérée comme un tantinet exotique…
17 janvier 2011
Cinéma 2010 : dans le rétro
Photo DBM
Le Président, d’Yves Jeuland
Il s’agit du documentaire réalisé en toute liberté lors de la dernière campagne électorale de Georges Frêche. Une plongée plutôt rafraîchissante dans un politiquement incorrect qui repose de l’hypocrisie des bondieuseries politiquement correctes dont on nous abreuve à longueur de temps.
Les émotifs anonymes, de Jean-Pierre Ameris
Jean-René et Angélique sont deux grands émotifs. Même en utilisant le chocolat, leur passion commune, comme métaphore, ils ont bien du mal à concrétiser leur histoire d’amour. Ce petit film drôle et émouvant est une sorte de comédie romantique artisanale qui doit beaucoup à un duo d’acteurs épatants (Isabelle Carré et Benoît Poelvoorde complètement à contre-emploi…)
Un balcon sur la mer, de Nicole Garcia
Marc, marié et père de famille, retrouve Cathy, l’amour de ses… douze ans, connue en pleine guerre dans son Algérie natale. Le passé forcément douloureux se réveille et le doute s’empare de lui : Cathy est-elle Cathy ? Le scénario est un peu cousu de fil blanc, la nostalgie de « là-bas » un peu caricaturale, mais Marie-Josée Croze arrive à donner vie à son personnage et Oran désert est très photogénique.
Potiche, de François Ozon
Tout un film pour prouver que Catherine Deneuve peut tout jouer, y compris du Jacqueline Maillan. Elle réussit évidemment son pari, mais l’entreprise apparaît comme assez vaine au final. Quant au féminisme censé inspirer le film, il doit dater de l’époque des Pierrafeu.
Au total, ce sont donc vingt-sept longs métrages que j'ai vus dans les salles obscures cette année. Une toute petite année (trente-neuf en 2009). Du coup, le top 10 est seulement indicatif :
1. Copie conforme (Abbas Kiarostami)
2. Another year (Mike Leigh)
3. Des hommes et des dieux (Xavier Beauvois)
4. Biutiful (Alejandro Gonzales Inarritu)
5. Tamara Drewe (Stephen Frears)
6. Tournée (Mathieu Amalric)
7. You will meet a tall dark stranger (Woody Allen)
8. Le Président (Yves Jeuland)
9. La nostra vita (Daniel Luccheti)
10. Rizhao Chongqing (Wang Xiaoshuai)
N.B. Les liens renvoient aux critiques faites sur ce blog.
15 janvier 2011
Ça démarre fort !
Nice-Matin 15/01/2011
Premier constat à chaud dans le brouhaha de la salle : cette présentation des vœux est probablement la dernière réunion de ce type que nous organiserons dans cette permanence devenue trop petite, beaucoup trop petite. Il va falloir délocaliser !
C’est qu’en effet, ce vendredi soir, il y a bien du monde au 10 avenue Cyrille Besset, beaucoup de monde.
Avec Véronique, Bérangère, Claudio, Antoine, Laurent, Jean-Christophe, Isabelle, Clotilde, on retrouve, par exemple, la fine fleur de la course pédestre azuréenne… Avec Emmanuel, Cléo et quelques autres, les stars incontestées de ce blog ne sont pas en reste . Et puis, bien sûr, il y a les nombreux voisins, les habitués de la perm, beaucoup de colistiers de Nice Autrement et des habitants du quartier curieux d’entendre les propositions du conseiller général pour 2011.
Celles-ci furent d’ailleurs énoncées en toute clarté.
Trois priorités « cantonales » (le devenir des terrains libres pour le stade du Ray, la finalisation du projet de la gare du Sud et la sécurité sous toutes ses formes dans nos quartiers), la volonté de poursuivre, au sein de l’assemblée départementale, notre opposition autrement, à la fois vigilante et constructive (surtout dans les domaines sociaux : handicap, personnes âgées, enfance…), et notre contribution au débat national pour qu’un véritable projet alternatif au sarkozisme puisse voir le jour.
Mais avec Bryan, l’incontournable « conseiller général jeune » du 5e canton et Bernard Gaignier, définitivement de retour après une tournée professionnelle corse et stéphanoise, les deux vedettes de la soirée furent incontestablement Sami et Marley.
Sami, débarquant de Tunis (il en est parti à peu près en même temps que Ben Ali mais pas par le même avion…), a fait la démonstration que Gauche Autrement est toujours au cœur de l’actualité (souvenez-vous d’Irène à New York en direct le jour de l’élection de Barak Obama).
Marley, quant à lui, est un petit garçon Haïtien de trois ans, adopté par Monsieur et Madame B., deux habitants du quartier. Ce petit bout d’homme au regard si doux, fut la véritable star de la soirée et fit chavirer bien des cœurs !
12 janvier 2011
Libération, quartier de tous les dangers
Corniche de la rue Veillon
Non seulement il n’a pas empêché trois braquages extrêmement violents dans un rayon de 50 à 300 mètres autour de son lieu d’implantation,
Non seulement il n’a pas permis d’identifier et de confondre les coupables (il faut dire qu’avec leurs passe-montagnes, ces derniers ne sont pas fair-play…),
Non seulement il constitue un symbole et une cible idéale qu’il faut donc protéger en mobilisant quasiment en permanence des fonctionnaires de police à l’extérieur (surveiller un centre de surveillance, nous sommes entre Kafka et la Vache qui rit…),
Mais, en plus, nous savons, depuis ce matin, que la façade du bâtiment en principe rénové il y a quelques mois, constitue un danger pour les passants et les consommateurs des établissements situés au rez-de-chaussée. Il faut donc purger (cerise sur le balcon, c’est à cause d’une corniche de ce même immeuble qu’il y a quelques années j’ai failli voir écourté mon premier mandat de conseiller général). En réalité, cette inquiétude soudaine n’est que l’effet produit par l’accident majeur qui a vu mardi un élément de façade important d’un immeuble de la rue Veillon s’écrouler sur la chaussée.
Ainsi, avec, en deux mois et demi, trois hold-up violents et deux accidents de façade (le premier, rappelons-le, mortel), la Libé est devenue le quartier de tous les dangers.
Comme conseiller général, je ne suis évidemment pas resté les deux pieds dans le même sabot. J’ai interpellé le maire, dans un premier temps, sur l’insécurité liée à la délinquance et, dans un deuxième temps, sur l’insécurité liée au mauvais état du patrimoine.
Dans le premier cas, il avait validé ma proposition en mettant sur pied, à la hâte, un embryon de police de proximité. Dans le deuxième, il m’avait promis par retour de courier une opération d’ampleur pour recenser et purger les façades à risque (en fait, on sait parfaitement les identifier).
Hélas ! L’actualité montre que la célérité des réponses n’a pas été prolongée par l’efficacité des solutions. Une illustration de la difficulté qu’ont les élus de cette ville à faire appliquer leurs propres décisions.
La situation est grave et les solutions urgentes. C’est bien pour cela que je réitère avec encore plus de force deux exigences qui sont en fait celles de la population :
- il faut multiplier le nombre des fonctionnaires de police sur le terrain sous la forme de l’îlotage sans se contenter du « tout caméra » ;
- il faut initier un plan d’urgence pour purger toutes les façades dangereuses du quartier et de la ville.
Faire son marché à La Libé sans prendre le risque de jouer dans un remake de « Piège de cristal » est un droit qui doit redevenir un plaisir pour nos concitoyens.
09 janvier 2011
Prom’Classic et jurisprudence Bubka
Alléluia ! Pour la quatrième année consécutive, je bats mon record sur les 10 kilomètres de la Prom’Classic : 55’43’’ en 2008, 54’32’’ en 2009, 54’06’’ en 2010… et 50’06’’ aujourd’hui. En fait, ce record, je le pulvérise de quatre minutes après une course régulière que j’ai terminée assez frais au point d’avoir une conversation mondaine avec le maire de Nice dans le sas d’arrivée.
A dire vrai, j’aurais pu faire encore (légèrement) mieux en accélérant dans le dernier kilomètre comme de coutume, ce que j'ai refusé de faire au nom de la jurisprudence Bubka. Souvenez-vous : le grand perchiste ukrainien battait le record du monde centimètre par centimètre pour multiplier précisément records et primes. En effet, je voulais me laisser une chance d’améliorer encore mon temps l’an prochain (oublions la prime !).
Cette édition a été l’occasion de me faire prendre conscience que la Prom’Classic est une course… macho. En effet, les femmes prennent le départ cinq minutes avant les hommes. Du coup, vous rattrapez des centaines de concurrentes, ce qui est bon pour votre honneur de mâle. Quant aux coureuses douées, voire moyennes, vous ne les revoyez jamais : du coup, aucune ne vous double et votre susceptibilité masculine n’est pas froissée. Cela dit, j’ai quand même aperçu Clotilde après la mi-course au moment où le peloton se croise : elle avait fière allure, mais je n’ai pu m’empêcher de me gausser in petto en voyant sa tenue « vert Schrek » (dixit Jean-Christophe Picard qui arborait fièrement le même maillot), elle qui ne manque jamais une occasion de se moquer des « grenouilles » du Conseil général 06. Ce fut également sympa de retrouver, au huitième kilomètre, Isabelle, notre voisine, très concentrée sur la dernière ligne droite.
Bon, bref, ce dimanche matin, qui m’a démontré que parcourir le 5e canton en tous sens pour les vœux était un très bon entraînement, fut béni des dieux.
Un seul regret toutefois : dans la cohue des concurrents, j’ai loupé mon pote Claudio avec lequel j’échange traditionnellement les vœux le jour de la Prom’Classic. Que ce billet me permette de réparer la seule fausse note de la matinée.
Bon, c'est vrai, j'ai l'air un peu suffisant...!
04 janvier 2011
Hommage à Bernard Paquin
Il y a déjà une semaine, nous étions très nombreux à accompagner Bernard au crématorium de Saint Isidore. Avec Antonin, Annie, Edith, Faouzia, Gérard, Henriette, Henri, Jean-Claude, Jean-Louis, Joëlle, Lucien, Maurice, Sami, Rose et bien sûr Dominique, Gauche Autrement était représentée.
Mais la période étant très particulière - entre Noël et le jour de l'An - de nombreux amis de notre association m'ont fait part de leur regret de ne pas avoir pu assister à la cérémonie. Pour eux, voici le texte de l'intervention que j'ai faite au nom de tous.
Avec les camarades du PS de Nice Nord, avec les amis de la Gauche Autrement, avec Dominique, nous avons côtoyé et aimé Bernard dans ce qu’il faut bien appeler désormais la dernière partie de sa vie.
Ce fut un vrai bonheur car c’est probablement pendant ces années, celles de la maturité et de la plénitude et non celles de la retraite et du déclin, que Bernard a donné le meilleur de lui-même, c’est-à-dire lui-même, tout simplement.
Bien sûr, il avait toujours ce physique impressionnant d’élégance et d’équilibre, le geste juste, la démarche souple. Bien sûr, il avait toujours ce feu intérieur, cette soif de justice, cette capacité d’indignation, cette rage de et dans l’action.
Mais en plus, il avait ce recul, cette sérénité que donne l’expérience de la vie. Un peu comme s’il avait compris que pour changer les hommes, il faut changer le Monde, mais que pour changer le Monde, il faut aussi changer les hommes, et que tout cela est un peu compliqué.
Cependant, cette distance prise avec les certitudes de la jeunesse n’a jamais correspondu à de l’éloignement ou du désintérêt pour l’humain. Loin de plonger, comme beaucoup, dans le pessimisme ou le cynisme, Bernard a tiré de son expérience de militant et d’homme engagé suffisamment de force pour regarder les autres au-delà de leurs faiblesses et de leurs incohérences. Il le faisait avec générosité et même avec tendresse. Cette tendresse que l’on pouvait surprendre dans un sourire ou dans ce regard si direct qui semblait dire : « je n’en pense pas moins, mais je respecte ce que tu es ».
Cette tendresse s’exprimait aussi à travers son active participation aux rares moments de convivialité que ménage la vie politique. C’est peut-être là, dans la gratuité de l’instant, que Bernard, avec sa générosité et sa joie de vivre, était le plus précieux. Avec Muguette, sa chère Muguette, parfois avec Manuel, il était souvent présent, matérialisant ce bonheur d’être ensemble en confectionnant des tartes à la rhubarbe qui, au fil des saisons, sont devenues légendaires dans notre petite communauté.
C’est ainsi que pour moi, pour Dominique, pour nous tous, s’est imposée avec Bernard l’image du grand frère. Vous savez, ce type costaud qui sait à peu près tout sur tout et à qui vous faites appel quand vous avez des problèmes dans la cour de récréation. Problèmes que le grand frère va résoudre en jouant l’apaisement ou en distribuant quelques gifles si le besoin s’en fait sentir.
Et Dieu sait si ces dernières années, nous avons eu des problèmes de cour de récréation et d’autres, bien plus graves encore. A chaque fois, Bernard était là, mesuré, calme, serein, mais déterminé, fort, ne cédant rien sur l’essentiel.
Ce Bernard-là, je pourrais en parler des heures.
De sa fidélité à toute épreuve dans un monde de girouettes et d’invertébrés.
De sa disponibilité jamais prise en défaut et si bien symbolisée par ce scooter qu’il conduisait à la Nanni Moretti.
De son intelligence analytique quand il avait fallu débusquer les indélicatesses électorales dont avait été victime Dominique.
De sa joie simple les soirs de victoire.
De sa présence revendiquée les soirs de défaite.
De ses combats intimes secrets et pudiques.
Le souvenir étant le seul paradis dont on ne peut être chassé, ces images-là, ces sentiments-là, nous les garderons toujours au fond de notre cœur.
Bernard, au nom de tous les amis des 3 et 10 avenue Cyrille Besset, merci. Merci d’avoir été ce que tu fus.
Et parce que je suis de ceux qui pensent que l’amour est plus fort que la mort, je ne te dis pas « Adieu », mais « A tout à l’heure ».
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