31 octobre 2011

Fiat Luc

Bernard, Peggy, Patrick et Luc


La deuxième salve tirée, restent quatre soirées et deux matinées de pur bonheur avec un public souvent participatif, toujours chaleureux, et un cadeau pour chacune des deux dernières séances.

Samedi, nous avons eu en effet le plaisir d’avoir parmi nous un protagoniste important des « Fragments de Nice » : « celui qui avec son bon cœur a capacité à embrasser toutes les causes, même et surtout quand elles sont désespérées », témoignant ainsi de « sa tendresse particulière pour le lumpenprolétariat tendance babacool ». Il s’agissait bien sûr de l’homme de l’amphi 200… le désormais célèbre Luc !

Dimanche, c’était au tour d’Henri Legendre de nous honorer de sa présence. Henri, celui qui n’avait pas hésité, il y a quelques années, à prendre le risque de programmer dans sa salle du boulevard Carabacel les « Fragments » d’un auteur parfaitement inconnu sur le plan littéraire et peut-être trop connu sur le plan politique.

Quand Bernard, le complice de toujours, a prononcé les derniers mots de la dernière réplique, quand Peggy, la révélation du spectacle, a entamé le dernier couplet de la dernière chanson, prenant le contre-pied de Raïna, l’héroïne de « Pourquoi si tard ? », j’avais envie de dire : pourquoi si tôt ? Et vous êtes nombreux à m’avoir dit partager le même sentiment.

P.S. : Vous avez apprécié le talent de Peggy Précheur. Sachez que cette jeune femme est « dans le civil », DJ-chanteuse-animatrice. Pour l’avoir vue travailler de nombreuses fois, je peux attester qu’elle excelle dans son métier (un tiers Cathy Guetta,un tiers Florence Foresti,un tiers Zaz). Aussi, si vous avez besoin de ses services, n’hésitez pas à la contacter (peggyprecheur3@yahoo.fr      0673739945).

28 octobre 2011

Dernière salve de « Fragments »




Ce soir à 21 heures au nouveau théâtre de l’Alphabet, Bernard et Peggy vont commencer à tirer la deuxième salve de « Fragments de Nice ». Une soirée (samedi 21 h) et une matinée (dimanche 16 h 30) suivront et la série de représentations sera achevée.

Pour ceux qui n’ont pas encore vu la pièce on peut dire qu’elle se présente comme un vagabondage dans le temps et l’espace à travers Nice. Un voyage qui commence à l’Arc en Ciel « immeuble –quartier » au cœur de Pasteur pour se poursuivre sur la plage de Castel et se prolonger de Las Planas à la place Rossetti en passant par la fac de Droit et le stade Jean Bouin. Entre autres.

Le voyage peut prendre parfois un tour inattendu et nous entraîner du côté du Pas-de-Calais, dans le parc de… l’Élysée, en ex-Yougoslavie ou sur les berges de la Maritza.

Du cultissime « Imagine » au « Je veux » de Zaz, Peggy accompagne musicalement cette exploration à la fois générationnelle et universelle.

À tout à l’heure…

27 octobre 2011

Le Président soutient le Président




Ce matin, dès le début de la séance plénière du Conseil général 06, le Président Eric Ciotti, au profil plutôt gestionnaire quand il préside l’assemblée départementale, s’est lancé dans un vibrant plaidoyer en faveur du Président de la République et de sa politique, stigmatisant au passage le programme de la gauche.

Probable conséquence des primaires, la campagne présidentielle est désormais lancée et, si d’aucuns en doutaient, elle ne sera pas une partie de plaisir pour François Hollande.

Ce préambule musclé achevé, la réunion a repris son cours normal. Ainsi, avec mon groupe socialiste radical et écologiste, nous avons voté contre la DM1 (décision modificative n°1, simple prolongement du budget 2011 contre lequel nous avions déjà voté) et nous nous sommes abstenus sur le programme de prévention des inondations du fleuve Var (trop coûteux), sur l’assouplissement des règles environnementales dans le Parc du Mercantour (trop flou), et sur la vente des certificats d’énergie par le département (immoral).

Par contre, nous avons voté le contrat « Baie d’Azur » (protection du littoral), la charte du parc naturel régional des Préalpes d’Azur et l’aide aux collectivités.

Au  nom du groupe, je suis intervenu sur le gros dossier du jour, le « Schéma gérontologique 2012-2016 » qui traite des politiques en faveur des seniors pour les années à venir. Je l’ai fait en m’appuyant sur l’analyse critique réalisée par Dominique Boy Mottard qui, au fil des années, s’est beaucoup intéressée à la question lors du précédent mandat (voir cette analyse sur son blog).

Les orientations, reprenant plusieurs de nos propositions antérieures sont plutôt bonnes mais l’absence programmée des moyens pour les concrétiser fait que nous nous sommes abstenus sur ce document finalement en trompe l’œil.

Profitant d’une délibération sur le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) relatif aux routes départementales, j’ai interpellé Eric Ciotti sur les nuisances sonores provoquées par l’autoroute de contournement de Nice entre les sorties Nice Nord et Nice Est dans les quartiers de Gairaut, Vallon des Fleurs, Cap de Croix… sans qu’Escota n’apporte aucune vraie solution. A ce moment-là, j’aurais aimé être soutenu par le conseiller général du 7e canton dont le territoire et les populations sont concernés au premier chef par ces graves dysfonctionnements. Hélas ! Il n’était pas là. Peut-être qu’après l’annulation de son élection par le Tribunal administratif de Nice, il estime ne plus avoir la légitimité nécessaire pour siéger au sein de l’assemblée ? On peut toujours rêver…

26 octobre 2011

De Rascar Capac à Plekszy-Gladz (rediffusion)

L'éclipse du Temple du soleil

Aujourd'hui, Steven Spielberg livre dans les salles obscures sa version de Tintin. Pour fêter l'événement, je reprends donc un billet publié sur ce blog en février 2007.

"Entre deux réunions pré-présidentielles, j'ai profité d'une petite plage de liberté dans un week-end parisien bien rempli pour filer du côté de Beaubourg visiter, en bon tintinophile, l'exposition Hergé.

Une fois de plus j'ai été bluffé par le phénomène Tintin. On dit généralement que les fans du petit reporter à pantalon de golf ont entre 7 et 77 ans. Je peux témoigner que ce Dimanche, sous la pluie, parmi les centaines de visiteurs qui font la queue, nombreux sont ceux qui ont moins de 7 ans. Nombreux aussi ceux qui ont plus de 77 ans. Avec, dans les yeux, la même passion. Plus tard sous les cimaises d'une expo pourtant médiocre, l'excitation sera à son comble et chacun communiera dans une véritable tintinmania.

Je ne sais pas si nous avons tous quelque chose de Tennesee, mais je suis certain que nous avons tous... quelque chose de Tintin ! C'est ainsi que je reproduis périodiquement une scène du « Temple du soleil » : en fac de lettres une cellule doit régulièrement être réactivée pour assurer l'éclairage de mes amphis ; à cette occasion, il me plait de rejouer la scène de l'éclipse en appelant Pachacanac à la rescousse. Mes pourtant très jeunes étudiants, généralement, comprennent.

Pour évoquer le malstrom d'images, de scènes, de personnages qui se bousculent dans ma tête, je vous livre le résultat d'un petit exercice d'écriture automatique directement inspiré par Tintin…

La momie de Rascar Capac, la maquette de la Licorne, la portière de la voiture sciée pour échapper aux gangsters, le rhinocéros explosif, la marche d'escalier brisée à Moulinsart, la plainte du yéti, le chinois fou au sabre tournoyant, le petit sparadrap voltigeur, le Karaboudjan, le peu ragoûtant guano, les sarcophages en attente, le whisky bulle en apesanteur, le lama fâché qui « toujours fait ainsi », Lampion et Abdallah, les deux têtes à claques, Muller et Rastapopoulos, les odieux, Tchang et Zorrino, les gavroches exotiques, le suicide de Wolff... J'en passe et des meilleures. Chacun peut aussi se livrer à ce salutaire petit exercice : why not ?

Mais mille millions de mille sabords, par les moustaches de Pleksksy-Gladz, que le grand cric me croque, j'allais oublier les jurons du capitaine : Phylloxéra, topinambours, vermicelle, anthropopithèque, iconoclaste, moule à gaufres, nyctalopes, espèce de logarithme, ectoplasme, sapajou, zouave, cloporte, coléoptère, coloquinte, zigomar... Si je n'avais pas peur de mélanger les genres je dirais bien : ça c'est du brutal !!!"

25 octobre 2011

L’automne arabe

Bien sûr, comme tout démocrate, j’ai vibré avec les peuples arabes tout au long du printemps… Comment ne pas célébrer la chute de tyrans qui ont martyrisé leurs peuples souvent avec la complicité des pays du Nord (je n’ai pas oublié la tente de Kadhafi plantée dix jours en plein Paris avec la servile autorisation de Nicolas Sarkozy) ?

Pourtant, j’ai toujours considéré que le plus dur restait à faire après (je n’avais pas non plus oublié Neauphle-le-Château…), la menace islamiste n’étant pas qu’un fantasme de dictateur.

Aujourd’hui, avec la proclamation de la charia en Libye et le résultat des élections tunisiennes, nous sommes passés du printemps à l’automne sans avoir vraiment profité de l’été. Reste que l’hiver et sa glaciation ne sont pas inéluctables : les forces progressistes favorables aux Droits de l’homme et de la femme peuvent encore l’emporter. Mais pour cela, il faudra les aider car, contrairement à ce qu’on a pu lire ici ou là dans l’euphorie des révolutions victorieuses, la démocratie n’est pas qu’une donnée comptable…

23 octobre 2011

La première salve de « Fragments… »

Bernard Gaignier et Peggy Précheur

Vendredi, samedi et dimanche a été tirée la première salve des nouveaux « fragments » au nouvel Alphabet.

Un public nombreux (deux soirées à salle pleine), participatif et, semble-t-il, heureux, des acteurs au top de leur forme, autant de raisons pour que – comme on dit dans le pays de mon enfance – l’auteur « biche »…

Dans les petits dialogues d’après spectacle, j’ai pu vérifier que les spectateurs avaient apprécié l’abattage de Bernard (notamment ses numéros désormais classiques comme « le bain », « on a gagné ! », ou « souffle, souffle ») et la capacité de Peggy à créer une complicité avec la salle.

Pour ma part, je n’oublierai pas la présence émouvante dans le public le premier soir de la fille de Georges de Nice qui nous a quittés il y a quelques jours.

A toux ceux (il doit bien y en avoir encore quelques uns…) qui n’ont pas encore fait un détour par le 19, rue Delille, je donne rendez-vous le vendredi 28 (21 h), le samedi 29 (21 h) et le dimanche 30 octobre (16 h 30) en leur disant, comme Zaz dans la chanson interprétée par Peggy à la fin du spectacle :

« Allons ensemble découvrir ma liberté, oubliez donc tous vos clichés, bienvenue dans ma réalité ». Qu’on se le dise !


19 octobre 2011

Un nouvel Alphabet pour de nouveaux Fragments



Privilège de l'auteur, c'est en solitaire que j'ai assisté à la dernière répétition avant la reprise de "Fragments de Nice".

Eh bien, à part le nom du théâtre et l'inoxydable et talentueux Bernard, tout a changé. Le lieu (désormais nous sommes au 19 de la rue Delille... parking Marshall), les fragments choisis, la mise en scène : tout est différent.

Et surtout, il y a Peggy Précheur, une chanteuse à la fois généreuse et subtile qui donne aussi la réplique à un Grangier redevenu Gaignier.

Alors, tous au théâtre de l'Alphabet le vendredi 21 octobre, le samedi 22, le vendredi 28 et le samedi 29 à 21 heures et les dimanches 23 et 30 octobre à 16 h 30 !

17 octobre 2011

Vert grenouille épanouie



Après New York, Londres, Milan et Paris, c’est au Conseil général des Alpes-Maritimes de faire sa présentation de mode… A l’occasion de la conférence de presse annonçant le 4e marathon Nice-Cannes, nous avons découvert le T-shirt de l’édition 2011 : il sera vert « grenouille épanouie ». Pour nous, les membres du team CG06, le changement ne sera pas énorme dans la mesure où nous nous produisons en vert grenouille depuis plusieurs saisons (même si, en y regardant de plus près, le vert CG est un peu plus morose).

Au delà de cette nouveauté vestimentaire, nous pouvons noter que le deuxième marathon de France (après Paris et avant le Mont-Saint-Michel) sera encore un grand succès avec plus de 10 000 participants représentant 50 nationalités.

Parmi eux, le Président Ciotti n’a pas manqué de citer les valeureux (!) conseillers généraux qui participeront à l’aventure, à savoir David Lisnard, Lionel Luca et votre serviteur. Si on ajoute le député-maire de Nice, je peux considérer que la concurrence est rude. Mais dans la foulée des primaires, sait-on jamais ?

La présentation s’est terminée par la projection d’un petit film en 3D permettant de découvrir les 42,195 kilomètres du parcours : l’occasion d’éprouver une sorte de souffrance virtuelle et anticipatrice… Et de remarquer que l’arrivée aura lieu, cette année, cent mètres plus tôt que l’an dernier (je rassure les puristes, ce grignotage est compensé du côté de Marina Baie des Anges), juste devant le Carlton de Cannes qui, heureusement, jouit d’une réputation nettement moins sulfureuse que son cousin de Lille…

16 octobre 2011

La très mauvaise soirée de Nicolas


Un deuxième tour de primaire avec une participation en hausse, un vainqueur net et une finaliste digne : on n’est pas loin du scénario catastrophe pour Nicolas Sarkozy.

Ce n’est pas faire injure à la compétence et à la personnalité de Martine Aubry que de dire qu’à partir du moment où François Hollande avait creusé un écart substantiel au 1er tour, il était logique que les électeurs accentuent cet avantage en pensant à la reine des batailles, celle du printemps 2012.

Pour ma part, c’est l’argument qui a primé quand j’ai glissé le bulletin de François Hollande dans l’urne de l’école Saint Barthélemy.

Ces primaires sont un immense succès (et Martine Aubry y a sa part), le triomphe idéal pour le candidat de l’alternance.

Quand je vous disais que Nicolas a passé une très mauvaise soirée…

Pour quelques photos de la journée de vote, voir le blog de Dominique.

12 octobre 2011

Les « plus » et les « moins » de François H. et de Martine A.

Les injonctions d’Arnaud Montebourg ou les petites bassesses de campagne (« la candidate de substitution », « la gauche molle ») n’y changeront rien : il y a moins que l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les programmes (l’esprit plus que la lettre) des deux finalistes de la Primaire.

Du coup, même si elle est un brin caricaturale, la méthode qui consiste à recenser les points positifs et négatifs de l’une et de l’autre candidature peut avoir son utilité.


FRANÇOIS HOLLANDE

Les « plus »
- Il a manifestement préparé son affaire en construisant une véritable candidature sans se laisser distraire par un contexte qui ne lui a pas toujours été favorable.
- Il a une vraie implantation locale dans une ville moyenne et un département rural fortement ancré à droite.
- Depuis qu’il n’est plus Premier secrétaire, il est un homme libre qui n’a pas de comptes à rendre aux courants et sous-courants du PS.
- Il a une approche courageuse de la laïcité qui l’a conduit, par exemple, à témoigner au procès de Charlie Hebdo pour soutenir le droit de caricaturer Mahomet.
- Il a une personnalité sympathique et avenante qui encourage l’identification.

Les « moins »
- Il n’a jamais été ministre même s’il a été associé au pouvoir pendant les cinq années du gouvernement Jospin en tant que Premier secrétaire du PS.
- Il n’y a pas vraiment d’équipe Hollande et l’ex-transcourant apparaît souvent comme un homme seul.
- Comme Premier secrétaire, il a souvent fait preuve d’irrésolution. La manière dont il n’a pas traité le conflit du PS 06 au moment des municipales de Nice est exemplaire en la matière.


MARTINE AUBRY

Les « plus »
- Elle a un beau palmarès ministériel avec à la clé des réformes emblématiques comme la CMU et les 35 heures.
- Elle peut être la première femme présidente de la République.
- Elle n’expose pas sa vie personnelle et est ni bling-bling, ni people.
- Elle a grosso modo remis le PS sur rail après le difficile congrès de Reims.

Les « moins »
- Elle est un peu l’otage d’une coalition hétéroclite (de DSK à Hamon) qui nuit à la cohérence du positionnement.
- Elle a quand même été élue Premier secrétaire sur la base de tricheries avérées.
- Elle n’a jamais fait ses preuves électoralement après avoir hérité de la mairie de Lille grâce à Pierre Mauroy.
- Elle s’est acharnée contre Georges Frêche et le PS du Languedoc-Roussillon alors que le véritable problème éthique et politique se situait dans les Bouches-du-Rhône où elle a ménagé Guérini.
- Sa défense de la laïcité est pour le moins ambiguë. C’est à Lille que l’on a expérimenté la non mixité des piscines, et son inauguration du Congrès de la très intégriste Ligue Islamique du Nord interpelle.

Bien sûr, ces « plus » et ces « moins » que j’ai malicieusement mélangés n’ont pas le même poids, leur addition ne peut être uniquement quantitative.

Ce qui nous confirme, s’il en était besoin, que le choix est difficile…

Voir, sur le blog de DBM, le compte-rendu du débat télévisé.

10 octobre 2011

Georges de Nice

Georges de Nice n’est plus. Nous lui avons rendu un dernier hommage cette après-midi à l’église Saint Roch.

Dans Fragments de Nice, j’avais fait de lui ce petit portrait un peu irrévérencieux :

« Il y avait aussi, et surtout, exotisme suprême dans cette mosaïque culturelle qu’était l’Arc en Ciel, Georges le Niçois. Le seul Niçois de souche qu’il nous a été donné de connaître pendant la première année de notre installation à Nice. Il était lui-même un condensé de ce qu’on peut appeler le caractère niçois.
Avec son amour du haut pays et son indifférence à la mer, avec cette façon si particulière de vous intégrer en douceur dans les petites révélations et les lourds secrets de la ville, avec ses phrases chuchotées, à demi formulées, jamais achevées, ses clins d’œil en guise de points de suspension et ses petits coups de coude en forme d’exclamations.
Avec cet humour pudique, si pudique qu’il en devenait virginal. Cette susceptibilité capable de nourrir une rancune tenace et obstinée.
Avec cette conviction quasi anthropologique que la cuisine est une invention des femmes niçoises et que dans les autres pays du vaste monde, on ne fait qu’accommoder la nourriture.
Pris dans le tourbillon de ma nouvelle vie, ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que Georges m’avait donné les clés de l’âme niçoise. »

Ce portrait, Georges Fani l’appréciait au point d’assister à plusieurs représentations de Fragments de Nice, yeux brillants et petit sourire en coin.

Lors de la reprise de la pièce, à partir du 21 octobre, au nouveau théâtre de l’Alphabet, nous ne manquerons bien sûr pas de lui rendre hommage…

09 octobre 2011

Un immense succès pourtant si fragile




La pédagogie des débats, les audiences à la télévision, le sérieux de l’organisation, le taux de participation, l’enthousiasme perceptible dans les bureaux de vote, tout aura contribué à faire de ces premières primaires citoyennes un immense succès.

Mais, ne nous y trompons pas : l’architecture des résultats du premier tour fragilise l’ensemble du processus. En effet, le deuxième tour sera très serré entre deux candidats ayant finalement un positionnement politique assez proche. Or, chacun sait que c’est dans ce cas de figure que les risques de dérapage sont importants.

Que les entourages durcissent le débat, que les seconds couteaux jouent l’intox auprès de médias, que les finalistes eux-mêmes se laissent aller à des attaques personnelles, et l’on se retrouverait dans une sorte de Congrès de Reims XXL.

Pour ma part, je surveillerai de très près l’esprit de responsabilité des uns et des autres avant de me prononcer pour dimanche. Carton jaune et carton rouge dans la poche.

07 octobre 2011

L’indigné de Mouans-Sartoux

Avec Stéphane Hessel


La petite République des lettres a installé ses quartiers d’octobre à Mouans-Sartoux et, une fois de plus, je participe à la fête avec bonheur.

Mouans-Sartoux, cette année encore, ce sont des grandes causes, des débats, des rencontres, des dédicaces et ces dizaines de bénévoles qui témoignent de la solidité du lien social qui unit les citoyens de la ville d’André Aschiéri.

Et quand un invité de marque arrive, il y a toujours des moments un peu spéciaux, des séquences un peu magiques. C’est ainsi que, ce matin, j’ai pu m’entretenir un petit moment avec Stéphane Hessel l’indigné, ce jeune homme de 94 ans devenu le symbole d’une révolte.

L’homme est chaleureux, le témoin est passionné, le militant est déterminé. Ne m’a-t-il pas confié que la révolte était certes nécessaire mais loin d’être suffisante. Ce qu’il fallait, c’est qu’elle suscite voire provoque l’action.

Et pour cela, il m’a dit attendre beaucoup de nos participants à la primaire. Le message sera-t-il entendu ?


03 octobre 2011

Un schéma "autrement" platonique


C’était une des revendications de notre groupe « Gauche autrement » au Conseil général : le rééquilibrage dans la création des maisons de retraite à des prix abordables en faveur de Nice et du littoral. Nous avions en effet remarqué la gêne et parfois les drames humains qu’occasionnait une politique d’implantation de ces établissements dans le haut pays. Les habitués de la permanence se souviennent, par exemple, des difficultés de Paul le Belge, notre fidèle octogénaire malvoyant, pour rendre visite à sa femme pensionnaire dans une maison de Tende puis un établissement de Saint Etienne de Tinée.

Je ne compte pas le nombre de fois où Dominique, en charge de ce dossier, est intervenue en séance plénière (voir par exemple l’une de ses dernières interventions) ou en commission permanente du CG. On lui répondait généralement, avec un petit sourire, que « ce n’était pas si loin » et que, de toute façon, « c’était bon pour l’emploi ». En réalité, le recrutement était loin d’être toujours local et faisait par contre la part belle à de la main d’œuvre étrangère (comme, par exemple, à La Tour sur Tinée).

C’est dire ma satisfaction quand, ce matin, au cours de la présentation du nouveau Schéma gérontologique pour 2012-2016 (on a pris beaucoup de retard puisqu’il était initialement prévu pour 2011-2015), le Président Ciotti, devant toute la profession a affirmé qu’il fallait rééquilibrer cette politique d’implantation et que, malgré les sollicitations des maires du haut pays, il résisterait à la tentation d’y implanter des unités supplémentaires.

Je n’ai donc pas manqué d’acter cette nouvelle orientation en intervenant publiquement au cours de la réunion. Mais, tout en me félicitant de ce changement de cap, j’ai dû exprimer un certain désappointement car, pour cause d’endettement et de crise, les créations nouvelles sont gelées par l’Etat. On peut donc craindre, comme je l’ai fait remarquer que cette nouvelle politique reste platonique.

Bien sûr, on peut se dire que cela est une autre histoire… En fait, j’ai le sentiment qu’il s’agit toujours de la même.

30 septembre 2011

Les pages que j’aurais aimé écrire (8)



Au début de « La promesse de l’aube », le jeune Romain Gary assiste à l’humiliation de sa mère devant leurs voisins – petits bourgeois haineux et xénophobes – de la ville polonaise de Wilno où ils se sont installés (aujourd’hui Vilnius en Littuanie, voir sur ce blog « Voyage au centre de l’Europe »). Mortifié par tant de méchanceté et submergé de honte le jeune Romain décide d’en finir avec la vie. Pour cela il rejoint sa cachette favorite au milieu d’un dépôt de bois situé au fond de la cour de son immeuble. Cet entassement de bûches est si fragile qu’une simple poussée des jambes et du dos peut provoquer l’effondrement fatal…


     « Je me mis en position.
     Puis je me rappelai que j’avais dans ma poche un morceau de gâteau au pavot que j’avais volé le matin dans l’arrière-boutique d’une pâtisserie située dans l’immeuble, et que le pâtissier laissait sans surveillance lorsqu’il avait des clients. Je mangeai le gâteau. Je me remis ensuite en position et, avec un gros soupir, me préparai à pousser.
      Je fus sauvé par un chat.
     Son museau apparut brusquement devant moi entre les bûches, et nous nous regardâmes un instant avec étonnement. C’était un incroyable matou pelé, galeux, couleur de marmelade d’oranges, aux oreilles en lambeaux et avec une de ces mines moustachues, patibulaires et renseignées que les vieux matous finissent par acquérir à force d’expériences riches et variées.
     Il me regarda attentivement, après quoi, sans hésiter, il se mit à me lécher la figure.Je n’avais aucune illusion sur les mobiles de cette soudaine affection. J’avais encore des parcelles de gâteau au pavot répandues sur mes joues et mon menton, collées par mes larmes. Ces caresses étaient strictement intéressées. Mais cela m’était égal. La sensation de cette langue râpeuse et chaude sur mon visage me fit sourire de délice – je fermai les yeux et me laissai faire – pas plus à ce moment-là que plus tard, au cours de mon existence, je n’ai cherché à savoir ce qu’il y avait, exactement, derrière les marques d’affection qu’on me prodiguait. Ce qui comptait, c’est qu’il y avait là un museau amical et une langue chaude et appliquée qui allait et venait sur ma figure avec toutes les apparences de la tendresse et de la compassion. Il ne m’en faut pas davantage pour être heureux.
     Lorsque le matou eut fini ses épanchements, je me sentis beaucoup mieux. (…)
     J’ai toujours pensé depuis qu’il vaut mieux avoir quelques miettes de gâteau sur soi, dans la vie, si on veut être aimé d’une manière vraiment désintéressée. » 

27 septembre 2011

La guerrière du 7e canton




Ce matin, le Tribunal administratif a annulé l’élection du 7e canton de Nice. En ces temps de conquête sénatoriale et de primaires présidentielles, la nouvelle peut sembler modeste. Elle représente pourtant un nouveau rebondissement d’une incroyable saga. Qu’on en juge !

- Janvier 2004. Après trente ans de militantisme discret au service des autres, Dominique Boy Mottard souhaite être candidate sur la liste PS des régionales. Une coalition d’intérêts personnels et de stratégies de courants va l’éliminer. Sans hésiter, elle décide, de son propre chef d’être candidate dans le 7e canton. Là, elle ne risque pas d’être contestée puisqu’il s’agit du fief historique du médecinisme, le secteur le plus à droite de la ville.

- Mars 2004. Avec ses proches, Henri Cottalorda et Gérard Blaise, elle réunit une petite équipe et mène une campagne extrêmement dynamique qui lui permet de défier au second tour l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Jean Hanot. Il faudra, au cours d’une soirée électorale éprouvante, attendre la dernière minute et les résultats du dernier bureau de vote pour constater qu’elle est battue de… 19 voix.

- Printemps 2004 - Printemps 2005. En fait, elle va rapidement constater en consultant les listes d’émargement de très nombreuses irrégularités. Avec des amis, à la tête desquels on retrouve l’efficace et regretté Bernard Paquin, elle boucle un dossier très solide démontrant l’absence de sincérité du scrutin, plaidant elle-même sa cause devant le Tribunal administratif de Nice qui lui donne raison (octobre 2004). Quelques mois après, elle va à Paris pour assister à la séance du Conseil d’Etat qui confirmera la décision (Avril 2005).

- Juin 2005. Nouvelle campagne électorale : elle restera dans les annales. Soutenue par de nombreux amis, celle qu’on appelle désormais DBM marche, court, vole de collines en vallons, multipliant les réunions publiques dans les lieux les plus emblématiques du canton. Au final, elle bat sèchement au second tour Jean Hanot et sa police municipale omniprésente pendant toute la campagne. Cette élection partielle lui donne une notoriété qui dépasse largement l’agglomération niçoise.

- 2005 - 2011. Arrivée au sein de l’assemblée départementale, DBM va rapidement faire son trou et s’impose dans différentes institutions où elle représente la collectivité. Elue de proximité, sa silhouette devient familière aux habitants du canton qu’ils soient des quartiers populaires ou des « beaux quartiers ».

- Mars 2011. A l’approche des élections cantonales, elle apprend qu’elle est la seule candidate sortante de gauche du département à se trouver en concurrence avec un candidat Front de Gauche et un candidat d’Europe Ecologie. Elle relève pourtant le défi et, avec l’aide de son suppléant José Boetto, elle réalise l’un des meilleurs scores relatifs des candidats PS-PRG (plus de 26%) si ce n’est le meilleur. Hélas, elle est battue de 16 voix par le candidat UMP qui, heureux de l’aubaine de cette gauche divisée, gagne au deuxième tour contre le FN.

- Printemps - Eté 2011. Par acquis de conscience, DBM vérifie avec José, Sami et quelques autres les listes d’émargement du scrutin. A sa grande stupéfaction, elle relève à nouveau des irrégularités : les mêmes que six ans auparavant. L’expérience aidant, c’est seule qu’elle monte son dossier.

- Septembre 2011. Elle plaide à nouveau elle-même sa cause devant le Tribunal administratif et le rapporteur public conclut à l’annulation du scrutin. Il sera suivi par le tribunal qui a rendu son jugement aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de cas en France où un scrutin a été annulé deux fois de suite pour les mêmes raisons…

L’euphorie devant les dizaines et les dizaines de témoignages d’amitié étant dissipée, il restera à surmonter les deux prochaines épreuves : l’appel devant le Conseil d’Etat, que le candidat UMP ne va pas manquer de faire, et une nouvelle élection partielle… A cœur vaillant, rien d’impossible !

Eh bien, chers lecteurs de ce blog, je vous le dis (ne le répétez surtout pas : je compte sur vous), je n’aurais pas eu la moitié du quart de l’énergie que Dominique brûle depuis 2004…

Pas de doute : c’est une guerrière. Portée par ses valeurs, son indignation face à l’injustice et… sa petite équipe, elle est la guerrière du 7e canton.

26 septembre 2011

Usain Bolt gagne le marathon

La gauche gagnant au Sénat, c’est un peu comme si Usain Bolt avait gagné le marathon des JO. Pendant cinquante ans, c’était juste pas possible… Le mode de scrutin indirect, qui avantage outrageusement les zones rurales conservatrices, devait arrimer la chambre « du seigle et de la châtaigne » à droite pour l’éternité. Les victoires répétées de la gauche aux élections locales, la division de la droite et une réforme des collectivités territoriales honnie des élus locaux, ont pourtant transformé le mirage en réalité.

Faut-il que ce régime soit rejeté à un niveau rarement atteint pour en arriver à cette situation qui va faire, dès la fin de la semaine, d’un socialiste peu connu du grand public, un possible Président de la République intérimaire !

24 septembre 2011

La voie est libre pour les primaires

Sympathique petit débat à France 3 ce matin dans le cadre de l'émission "La voix est libre" entre les représentants des représentants locaux des candidats aux Primaires citoyennes.

Je ne sais pas si nous avons fait avancer le "schmilblick", mais l'ensemble me  paraît plutôt honorable en ces temps où les affaires empoisonnent la vie politique française.

Débat autour des primaires socialistes - La voix... par La-Voix-est-libre-F3-CA

21 septembre 2011

Qui va financer le mini Bercy du Ray ?



Le quartier rêvait d’un mini Central Park, il risque de devoir se contenter d’un mini Bercy… Après quelques mois de silence et en attendant la concertation qu’il m’a promise par courrier (voir « Contre la résignation citoyenne » sur ce blog), Christian Estrosi s’est prononcé pour la construction d’une grande salle omnisport sur les terrains qui seront bientôt libérés par le stade du Ray.

Je n’ai aucune objection de principe vis-à-vis d’une proposition qui semble faire reculer le spectre de la spéculation foncière rendue possible par le PLU voté en décembre par la majorité municipale.

Pour autant, des équipements sportifs légers et diversifiés, disséminés sur les 7 hectares de terrain et dédiés en priorité à la pratique amateur, ainsi que des équipements de loisirs continuent à avoir ma préférence.

Tout d’abord, parce que c’est la formule qui était plébiscitée par les habitants de Nice Nord. Ensuite et surtout parce que j’ai comme un doute : ce énième grand projet va devoir être financé dans un contexte plutôt difficile car les caisses de la ville sont vides. Il faudra donc faire appel, comme cela a été le cas pour le projet de la Gare du Sud, à un partenariat public-privé. Et, comme en la matière la philanthropie et le mécénat n’existent pas, il faudra bien donner des compensations immobilières et commerciales au partenaire privé (là encore comme pour le complexe de la Libération).

Du coup, j’ai bien peur que la spéculation foncière, chassée par la porte grâce à l’opiniâtreté des riverains, rentre par la fenêtre sous la forme d’un programme qui bétonnera un peu plus nos quartiers.

Cela dit, restons positifs : le maire est sensible au dialogue surtout quand il est sous-tendu par un rapport de force. Mettons la consultation promise pour la fin de l’année à profit pour faire évoluer le projet dans le bon sens. Celui qui – pour reprendre un terme à la mode – conduira à transformer ce vaste espace en éco-quartier.

18 septembre 2011

Rendez-nous le Prieuré du Vieux Logis



Bien sûr, ce n’est pas l’Hermitage. Ce n’est qu’un petit musée, un petit musée de province sans bornes interactives. Lové au cœur du 5e canton, il s’appelle le Prieuré du Vieux Logis. Malheureusement, depuis quelques années, il est presque toujours fermé.

Pour la journée du Patrimoine, la Mairie, propriétaire des lieux, a daigné entrouvrir la porte du Prieuré en organisant une série de visites guidées (instantanément « bookées ») sous la houlette du passionné Philippe Frey du Palais Lascaris.

Dans les années 1930, un dominicain, le père Alfred Lemerre, a remodelé de son propre chef une villa niçoise du quartier Saint-Barthélemy pour en faire la reconstitution d’un prieuré, en accumulant mobilier, objets usuels et collection d’arts religieux. Le résultat est à la fois étonnant et émouvant.

On plonge avec bonheur dans cette modeste faille temporelle où l’on peut zigzaguer du 14e au 17e siècle. Les pièces de la villa sont exiguës, mais recèlent bien des trésors : une collection de meubles du gothique flamboyant, une Pietà franc-comtoise, une cuisine Henri II, un lutrin Phoenix, une vierge flamande tout en chevelure, d’improbables sirènes dénudées d’origine vénitienne, sans oublier, sculpté dans le bois de l’autel de la petite chapelle, le patron, le boss, Saint Barthélemy lui-même. La lumière de cet été qui n’en finit pas pénètre à travers les petites fenêtres, réveille les pièces endormies et donne à l’ensemble un air presque joyeux.

Alors, pourquoi priver les Niçois et les visiteurs de cette promenade inattendue sortie de l’imagination du père Lemerre ? A un moment où l’association Colline Saint-Barthélemy Le Prieuré multiplie les animations dans le jardin qui a désormais retrouvé sa roseraie, il serait logique d’ouvrir plus largement la villa-musée. Elle coûterait trois francs (euros) six sous à la municipalité à qui il arrive de dépenser parfois moins judicieusement les deniers publics.

Rendez-nous le Prieuré du Vieux Logis !