30 octobre 2010

Christian est devenu jospiniste…

 Depuis plusieurs mois, j’exprime mon scepticisme sur l’efficacité d’une politique de sécurité centrée sur le « tout caméra » (voir à ce propos : Caméras cachées, Caméras cachées suite et Caméras cachées suite hélas). Je le fais sans a priori idéologiques, je crois même être le seul élu d’opposition à avoir visité le fameux central de télésurveillance de la place de la Libération.

Mais il faut bien constater que l’installation (généreuse) de ces fameuses caméras dans mon canton a correspondu à une inquiétante montée en puissance de la délinquance : bagarres entre bandes, trafics divers, squats agressifs, viols à la descente du tramway, vols à main armée dont deux véritables hold-up dans le quartier de la Libé, au nez et à la barbe, si j’ose dire, du centre de télésurveillance.

C’est donc logiquement en étant fidèle aux propositions que nous avions faites aux Niçois lors des élections municipales que je n’ai cessé de demander au Maire et au Premier adjoint en charge de la sécurité, de remettre du personnel de police dans la rue et de reconstituer la plus vite possible une véritable police de proximité.

En fait, ces propositions, nous ne les avions pas inventées : elles s’inspiraient directement de la police de proximité créée en 1998 par un gouvernement de gauche et brutalement supprimée en 2003 par un ministre de l’Intérieur nommé Nicolas Sarkozy. Pourtant, les résultats de cette expérience limitée dans le temps continuent à être considérés comme probants par les policiers que j’ai l’occasion de rencontrer.

Apparemment, Christian Estrosi a été sensible à nos arguments, après avoir probablement acté que le « tout caméra » sera surtout utile pour les contraventions : il vient de créer des patrouilles d’îlotiers dans un certain nombre de quartiers dont Nice Nord.

En « bon » opposant, je pourrais chipoter sur le nombre de patrouilles, la qualification des fonctionnaires ou la proximité des élections. Mais, fidèle au principe d’opposition constructive de Gauche Autrement, je préfère me féliciter de ce changement de cap qui voit le plus sarkoziste des ministres mettre en place cette police de proximité voulue en son temps par un certain Lionel Jospin.

27 octobre 2010

Au centre du Ray


Entre conférences de presse et réunions multiples au Conseil général, je me suis offert un bol d'air au stade du Ray pour le traditionnel entraînement des pros du Gym ouvert aux enfants organisé par le Club des supporters. L'occasion aussi d'une cliché "historique" (j'allais dire mythique, mais il ne faut pas exagérer) au centre du terrain.

Après avoir assisté à tant et tant de matchs dans des tribunes pleines à craquer, se retrouver tout seul comme un grand au milieu du vieux stade en sursis était émouvant. Forcément émouvant.

Pour plus de détails sur cette séance et des photos, voir le blog de Dominique.

26 octobre 2010

Des fonds de réserve aux fonds de tiroirs

La situation financière des collectivités locales fragilisées par la crise, aggravée par la réforme de la fiscalité locale et de la décentralisation et celle de la décentralisation, amène celles-ci à recourir des expédients.

Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise, avec mes collègues de la Commission Education, de voir que la dotation annuelle des collèges par le Conseil général serait amputée, pour un certain nombre d’entre eux, d’une partie des fonds de réserve de l’établissement. Ces fonds ont pour vocation de permettre aux collèges de parer aux dépenses inattendues mais aussi de promouvoir un certain nombre de projets originaux. Il est certes évident que ces fonds ne doivent pas dépasser un certain volume, mais leur constitution est un élément de bonne gestion garantissant une petite autonomie à l’établissement.

Aussi, jusqu’à présent, jamais un tel prélèvement n’avait été effectué. Circonstance aggravante, l’opération a été menée par les services du Conseil général sans aucune consultation des intéressés.

Enfin, notons que cette mesure ne concerne pas les collèges privés pourtant également subventionnés par notre collectivité.

Cette étonnante razzia sur les fonds de réserve des collèges montre que la politique de l’Etat, qui consiste à confier de plus en plus de responsabilités aux collectivités locales sans pour autant compenser financièrement ces transferts, conduit ces dernières à faire les fonds de tiroirs.

25 octobre 2010

Le bon sens près de chez nous...

C’est effectivement près de chez nous, au cœur du 5e canton, à la Brasserie de l’Union, que la gauche a retrouvé un peu de ce bon sens que j’appelle de mes vœux depuis plusieurs mois.

Ainsi, pour les prochaines cantonales, il n’y aura pas de candidat PS dans les 5e et 7e cantons et, symétriquement, pas de candidat Gauche Autrement dans le 14e canton.

Evoqué depuis quelques semaines, cet accord était une nécessité. Parce que, à un moment où la moitié de la France défile, on ne pouvait pas se payer le luxe de stratégies électorales sophistiquées. Parce que les deux élus UMP majeurs du département ont un rôle national important, ce qui donne une responsabilité particulière à la gauche locale. Parce que l’ultime tripatouillage électoral de la majorité (augmentation du seuil de participation pour le deuxième tour de 10 à 12,5% des électeurs inscrits) risquait de condamner une gauche divisée à assister en spectatrice à des duels UMP-Front National.

Pour autant, cet accord n’est pas une simple stratégie électorale. Il traduit, sans que personne ne renie le passé (en tout cas, pour ma part, je persiste et signe), une volonté politique. Le symbole en est Faouzia Maali, l’excellente candidate que nous voulions présenter dans le 14e canton où, compte tenu de son engagement associatif, elle avait la possibilité de réaliser un très beau résultat, et qui devient la suppléante de Paul Cuturello qui aura fort à faire contre Dominique Estrosi et Jacques Peyrat.

Cette volonté politique n’est pas de circonstance, elle a vocation à se développer après les cantonales pour les échéances suivantes. Désormais membres du Parti radical de gauche (un parti sans courant… ça repose !), c’est avec loyauté que nous participerons, dans le cadre ordonné de l’opposition niçoise, à la définition d’une stratégie d’alternance sur la base d’un rassemblement que le PS aura l’énorme responsabilité de conduire à terme. Mais ceci est déjà une autre histoire…

21 octobre 2010

La crise existentielle de la démocratie participative niçoise

Mardi, la réunion de coordination des Conseils de quartiers 14 et 15 a failli tourner au psychodrame. En fait, les participants ne faisaient qu’exprimer la frustration d’une grande majorité de ceux qui ont accepté de travailler dans le cadre de la démocratie participative avec la nouvelle municipalité. « Les réunions se préparent sans nous… On nous impose un discours officiel… Nos propositions ne sont jamais prises en compte… ». Et surtout, « On sert à quoi ? ». Du coup, la soirée ne fut pas très confortable pour les élus majoritaires et les membres du cabinet.

Pour ma part, seul opposant présent, je me suis gardé de jeter de l’huile sur le feu, mais il va de soi que je partage absolument cette frustration. Avec Dominique, nous avons en effet décidé, dès le départ, de jouer le jeu de cette démocratie participative dont j’avais fait un axe central de mon propre programme de tête de liste aussi bien aux municipales de 2001 qu’à celles de 2008.

C’est ainsi qu’après avoir attendu plus d’un an la mise en place des Conseils de quartier et du Conseil communal consultatif (CCC), nous avons participé à ces instances sans arrière-pensée et dans un esprit d’ouverture.

Mais force est de constater que le dispositif n’a jamais vraiment décollé, malgré – je peux en témoigner – une forte implication de la société civile et des bénévoles. Que ce soit les responsables des comités de quartier dans les Conseils (double casquette, double travail) ou la vice-présidente Marie-Dominique Ramel et la plupart des présidents de commissions comme Amina Benyelles-Louhibi au CCC, ils font souvent preuve d’initiative et de dynamisme.

D’où vient cette sinistrose que traduisent la participation squelettique de la population aux AG des Conseils de quartier et un absentéisme qui devient endémique au sein du CCC ? D’où vient ce désenchantement que m’expriment, jour après jour, les acteurs de cette démocratie participative à la niçoise, qui a parfois pour conséquence leur départ de ces structures ?

Tout d’abord, sans même évoquer des techniques pourtant indispensables comme les budgets participatifs, il y a un manque évident de moyens. Ainsi, les Conseils 14 et 15, qui correspondent pourtant au centre ville, n’ont toujours pas de locaux et c’est au… Théâtre de la photographie que nous nous sommes réunis (même chose pour les Conseils de quartier 4 et 5 réunis au Musée d’archéologie à Cimiez, ou les Conseils 6, 7 et 8 réunis au Collège Nucéra). Les responsables du CCC ne disposent, quant à eux, que d’un seul malheureux bureau en mairie.

Malgré cela, les bénévoles travaillent et obtiennent de temps à autre quelques résultats. Mais leur bonne volonté est vite bridée. Ainsi, on a laissé travailler pendant des semaines deux Conseils sur l’avenir des terrains du stade du Ray pour finalement tourner le dos à leurs propositions dans le PLU. Ou encore, Dominique me parlait de ce « référent environnement » (chaque conseil a le sien) qui avait fait un travail remarquable, dont elle se demandait ce que la municipalité allait in fine en sortir.

En fait, derrière tout cela, on ne sent pas une forte volonté politique, c’est le moins que l’on puisse dire. Il y a même souvent une appropriation par les élus et les fonctionnaires de la mairie, répétant à l’envi que « le maire veut ceci… le maire pense cela… », réduisant les autres participants au rôle de spectateurs.

Du coup, chaque bénévole se demande si son engagement a une raison d’être et une véritable crise existentielle parcourt les institutions de la démocratie participative niçoise. Et on en arrive à des situations un peu surréalistes comme celle à laquelle j’ai assisté mardi au sein du comité de coordination. Une élue de la majorité municipale a dit, en fin de séance, « Mais finalement, pourquoi existent-ils ces Conseils de quartier ? ». Réponse particulièrement mollassonne des élus en charge de ces Conseils : « Bof ! C’est un truc qui a été voté par la gauche, et maintenant la loi nous oblige à les faire fonctionner… ».

Le maire a, semble-t-il la volonté de donner un nouveau (?) souffle à ces institutions. Suggérons que la première mesure soit un voyage d’étude par les élus de sa propre majorité : comme ça, ils pourront vérifier, de Lyon à Bordeaux, de Nantes à Toulouse, que les Conseils de quartier et la démocratie participative, pour peu qu’on fasse confiance à la société civile et aux citoyens, ça marche.

19 octobre 2010

Les pages que j'aurais aimé écrire (5)



Il existe des pages qu’on aimerait avoir écrites sans pour autant en partager le sens profond. Quoique tout cela doit être plus compliqué… puisque ces pages, on a quand même envie de les avoir écrites…

Ainsi la tirade d’un personnage de Dostoievski dans Les frères Karamazov :

« C’est exactement, répliqua celui-ci, ce que me racontait, il y a longtemps du reste, un médecin de mes amis, homme d’âge mûr et de belle intelligence ; il s’exprimait aussi ouvertement que vous, bien qu’en plaisantant, mais avec tristesse. « J’aime, me disait-il, l’humanité, mais à ma grande surprise, plus j’aime l’humanité en général, moins j’aime les gens en particulier, comme individus. J’ai plus d’une fois rêvé passionnément de servir l’humanité, et peut-être fussé-je vraiment monté au calvaire pour mes semblables, s’il l’avait fallu, alors que je ne puis vivre avec personne deux jours de suite dans la même chambre, je le sais par expérience. Dès que je sens quelqu’un près de moi, sa personnalité opprime mon amour-propre et gêne ma liberté. En vingt-quatre heures je puis même prendre en grippe les meilleurs gens : l’un parce qu’il reste longtemps à table, un autre parce qu’il est enrhumé et ne fait qu’éternuer. Je deviens l’ennemi des hommes dès que je suis en contact avec eux. En revanche, invariablement, plus je déteste les gens en particulier, plus je brûle d’amour pour l’humanité en général. »

15 octobre 2010

Radical-mement

C’est en toute sérénité, dans le cadre de notre permanence, qu’avec Dominique, nous avons adhéré au Parti radical de gauche. Affronter les prochaines échéances électorales sans étiquette était en effet compliqué et rendait l’adhésion à une formation politique – si modeste soit-elle – inéluctable. Car, même si on nous dit souvent qu’en politique seul l’homme (ou la femme) compte, nous sommes bien obligés de constater qu’il y a toujours en France une sorte de monopole du vote partisan.

Comme il n’était pas dans nos intentions de retourner au Parti socialiste, le PRG (le plus vieux parti de France créé à la fin du XIXe siècle par la jonction des comités électoraux locaux avec un groupe parlementaire) était une sorte d’évidence. Solidement arrimé à gauche, porteur de ces valeurs républicaines aujourd’hui tellement chahutées, résolument laïc et européen, le PRG sera donc notre deuxième formation politique après trente années au PS.

Par ailleurs, l’accueil chaleureux du Président 06, Jean-Christophe Picard, constitue une réponse préventive aux nombreuses questions malveillantes des traditionnels stratèges de sous-préfecture qui voudraient voir dans cette adhésion je ne sais quelle opération politicienne à trois sous.

Enfin, cette démarche n’est pas contradictoire avec l’accord en cours de finalisation de soutien mutuel des sortants de gauche pour les prochaines cantonales. Au contraire, elle le renforce.

Il va de soi que notre adhésion est purement individuelle et qu’elle n’engage en aucune façon l’association Gauche Autrement qui regroupe des socialistes (avec ou sans carte), des verts, des modem, et des citoyens sans partis. En son sein, on trouvera désormais aussi des radicaux, heureux d’appartenir à un parti qui, après avoir inspiré la IIIe République, se trouve aujourd’hui aux premières loges pour préparer la VIe.

 Nice-Matin 17/10/2010
Le petit niçois, 22/10/2010

Par ailleurs, voir sur le blog de Dominique un commentaire du rapport de la Commission d'enquête sur le PLU à propos du Ray.

12 octobre 2010

Le Master 2 Sami

Il y a quelques mois, Sami Cheniti, notre chargé de mission au Conseil général, encouragé par son père malheureusement décédé aujourd’hui, m’annonçait son intention de s’inscrire en Master 2 « Politique de la Ville » à la fac de Droit… ma fac de Droit.

Spontanément, le prof que je suis avant tout fut ravi de voir l’ancien éducateur spécialisé relever un nouveau défi. Le « patron » du groupe par contre était – in petto - plus circonspect… Je me disais tout simplement que le boulot considérable régulièrement abattu par Sami en serait probablement affecté (comme quoi, on prend vite une mentalité de « patron »…). La suite me donnera tort.

En effet, il s’est débrouillé pour suivre cours et séminaires tout en assurant comme dab les nombreuses missions que nous lui confions. Jamais son activité universitaire ne déborda sur son emploi du temps. Plus fort encore, jamais il ne sollicita mon aide ou celle de Dominique alors que, profs de droit tous les deux, la tentation pouvait être grande…

A l’arrivée, le résultat est plus que positif : Sami vient d’être reçu avec mention et une kyrielle de notes significatives comme ce 17/20 en Evaluation d’une politique publique ou ce 16 en Prévention de la délinquance. Mais le bouquet final de ce feu d’artifice est incontestablement le 17 pour un mémoire intitulé « Les dispositifs de prévention de la délinquance juvénile dans les quartiers sensibles », un sujet taillé sur mesure pour l’ancien directeur de la jeunesse d’une commune de la périphérie de Nice. Mais encore fallait-il avoir les capacités et le talent de théoriser sur un sujet de terrain, beaucoup de praticiens échouant en pareille circonstance. Pas Sami.

Du coup, à Gauche Autrement, on est tous très fiers et une petite fête s’impose. Elle aura lieu à la permanence à l’heure de l’apéro du vendredi cette semaine.

Les lecteurs de ce blog sont, bien entendu, invités pour fêter le héros du jour !

10 octobre 2010

De la coupe aux lèvres

 A l'arrivée, avec Antoine

Pour la troisième année consécutive, la course de côte de Gairaut était ma course de rentrée. Une épreuve exigeante qui se décompose en montée, descente, plat, montée, descente, plat, montée (petite mais vicieuse)… Ouf !

Disons-le tout net : ce fut parfait.

Tout d’abord, parce que j’ai eu le sentiment de courir « juste » pendant les presque treize kilomètres, sans indolence coupable ni surrégime.

Ensuite, pour ce record battu de… 48 précieuses secondes en terminant sur les talons de Clotilde qui – je balance – bénéficie désormais d’un lièvre de luxe, un certain Juju, jeune et prometteur, qui aurait un lien de parenté avec elle !

L’ambiance entre participants et la ferveur des supporters étaient également au rendez-vous de l’édition 2010. Avec une mention particulière aux deux éclopés du peloton : Antoine (dont on peut aller lire l’intéressant blog qui sera désormais référencé ici), qui avait tenu à faire la course sur une jambe, et Véronique, forfait, qui nous a permis de mieux supporter les solitude du coureur de fond sur le canal.

Ajoutons, pour compléter le tableau, que les bénévoles chargés de l’organisation furent adorables, comme chaque année.

Mais l’image du jour sera pour moi celle de la conseillère générale du 7e canton remettant des coupes à nos deux championnes, Bérengère et Clotilde, présentes sur les podiums de leurs catégories. Il me semble toutefois avoir remarqué sur les lèvres de Laurent un petit air goguenard… Il est vrai qu’avec moins d’une heure et cinq minutes, il avait fait le meilleur temps de nous tous, même si les hasards du règlement et de l’état civil ne lui permirent pas d’avoir sa coupe.

Pour la course, côté supporters, voir le blog de Dominique.

09 octobre 2010

Caméras cachées (suite, hélas !)

 Centre de vidéo-surveillance de la Libé

Cinq jours seulement après le braquage du « Gambetta » à l’angle Joseph Garnier–Libération, c’est une bijouterie qui a été attaquée en plein jour hier matin avec une violence qui a choqué les nombreux témoins. Là encore, le commerce était situé à quelques dizaines de mètres du super centre de télésurveillance qui devait entre autre sécuriser le quartier.

Ironie du sort : c’est un passant qui a filmé la scène avec son téléphone portable et les images sont passées au JT de France 2 le soir même.

Et que voit-on à la une de Nice-Matin de ce jour : « La guerre vidéo contre… la double file ». Le coûteux dispositif de caméras servirait donc à faire un travail de contractuelle !

De plus en plus nombreux sont les Niçois que je rencontre et qui partagent ma conviction : les caméras ne servent pas à grand-chose, c’est d’une véritable police de proximité dont nous avons besoin. Hier matin la simple présence d’un îlotier aurait peut être dissuadé les malfrats…

07 octobre 2010

La déclaration d’amour











Quand je suis seule et que je peux rêver
Je rêve que je suis dans tes bras
Je rêve que je te fais tout bas
Une déclaration, ma déclaration
(…)
Juste deux ou trois mots d’amour
Pour te parler de nous
Deux ou trois mots de tous les jours
C’est tout »

Il arrive souvent que les chansons populaires s’inspirent de la vie, parfois c’est l’inverse.

C’était il y a quelques mois (du coup, il y a prescription !). Je surveillais à la fac un examen de 1ère année de licence, cette période des études où l’on a vingt ans. A la fin de l’épreuve, je reçois comme prévu les cent cinquante copies. Au milieu d’elles, je trouve une feuille jaune. Cela arrive parfois : un étudiant distrait rend en même temps que sa copie une feuille de brouillon et ça ne prête pas à conséquence. Mais, si l’incident est banal, le contenu de la missive jaune l’était beaucoup moins.

« Mon amour,
Je suis censée passer un examen mais c’est beaucoup trop compliqué, j’en profite donc pour t’écrire.
Avant que tu arrives dans ma vie, je vivais une période un peu compliquée mais surtout difficile. Grâce à toi j’ai enfin pu retrouver le sourire, la paix, la quiétude.
Comme on l’entend si souvent dire, l’amour nous tombe dessus vraiment à un moment où l’on s’y attend pas du tout. Ça fait trois mois que tu m’apportes du bonheur mon amour, je t’aime plus que tout.
Aujourd’hui je ne veux plus être qu’avec toi, je ne vis ma vie qu’à travers tes sourires. Je t’aime bien au-delà de ce que tu peux imaginer, je ne te quitterai plus jamais. Je mourrais à petit feu si tu étais loin de moi. Tu es ma moitié, la moitié avec laquelle je fais un tout à présent. »

Par pudeur plus que par éthique, je me suis abstenu de toute recherche graphologique pour retrouver l’auteur de la déclaration. Je suppose simplement que cette jeune fille n’a pas dû avoir une très bonne note. Mais était-ce si important ?

04 octobre 2010

Caméras cachés (suite)

Le 4 juin, j’expliquais ici même, en dehors de toute considération idéologique, que, dans mon quartier, les caméras de vidéo-surveillance pourtant nombreuses n’avaient pas empêché la montée en puissance des incivilités et même de l’insécurité (le « Schlecker » situé à côté de ma permanence en sait quelque chose…).

Aujourd’hui, l’actualité me permet malheureusement d’enfoncer le clou. Hier soir, à l’angle du boulevard Joseph Garnier et de la place De Gaulle, la brasserie-tabac « Le Gambetta » a été braquée. Menaçant le commerçant avec une arme de poing, l’agresseur s’est fait remettre plusieurs milliers d’euros. Hélas ! Rien que de très banal me direz-vous ? Oui, à ceci près que le lieu du vol à main armée est situé à trente mètres du centre high tech de supervision de toutes les caméras de Nice, inauguré en grand pompe il y a quelque temps, juste avant les élections régionales. Or, l’installation de ce centre dans le quartier est régulièrement présenté par les élus de la majorité municipale comme un atout en faveur de la sécurité du secteur de la Libé.

Cette agression est une preuve supplémentaire de la très relative efficacité du coûteux dispositif de vidéo-surveillance mis en place à Nice. En fait, les matériels les plus sophistiqués ne remplaceront jamais les hommes. La police municipale est dirigée par des professionnels reconnus et de bonne volonté (l’adjoint Benoît Kandel, la commissaire Casanova…), mais, hélas, ils n’ont pas les effectifs de leur politique et, du coup, la police, qu’elle soit d’ailleurs locale ou nationale est souvent aux abonnés absents par manque de moyens.

Aussi, je suggère de revendre une partie du stock de caméras à la Principauté de Monaco qui en est si friande et d’utiliser les économies ainsi réalisées pour engager une vraie police de proximité.

03 octobre 2010

Etats d’urgences à Mouans-Sartoux

Avec Susan George, présidente honoraire d'Attac

Le Festival du livre de Mouans-Sartoux, je ne cesse de le répéter à mes étudiants, n’est pas une foire mais un véritable événement culturel producteur de sens.

Cette année, la Commissaire de la manifestation – notre collègue au Conseil général – Marie-Louise Gourdon, le maire André Aschiéri et son équipe municipale ainsi que les… 280 bénévoles-citoyens, nous ont invité à nous mobiliser, à travers la littérature, pour la planète mais aussi contre les atteintes aux libertés et les injustices faites aux femmes.

Mes voisines immédiates dans le stand A du gymnase de la Chênaie incarnaient tout à fait ces « Etats d’urgences », thème officiel de l’édition 2010 : Susan George, présidente honoraire d’Attac, Mémona Hinterman, grand reporter à France télévision, et Sabatina Jones, jeune Pakistanaise condamnée à mort par les siens pour avoir refusé un mariage forcé. Pouvoir parler et échanger avec elles pendant les pauses et les temps morts fut pour moi une expérience émouvante et un grand privilège.

Avec Mémona Hintermann, grand reporter

La manifestation fut aussi l’occasion de faire le point avec Franck, mon éditeur, présent en tant qu’auteur avec une enquête étonnante sur les mystères symboliques de la cathédrale de Pise (Les portes de l’initiation). Parallèlement, j’ai pu aussi évoquer avec Eric et Valérie, l’édition prochaine (avant la fin de l’année) par leur maison « Les enfants du paradis », de ma pièce Sur un air de Cithare.

Mais ce nouveau salon (c’était mon quatrième) me permit aussi de retrouver ces auteurs poètes, romanciers ou essayistes que je croise de manifestation en manifestation et qui finissent par constituer une petite famille, un peu comparable – toutes proportions gardées – à celle de la course à pied que je vais retrouver dès dimanche pour l’épreuve de côte de Gairaut.

Enfin, du très accueillant stand de la Librairie Masséna à celui de l’Université de Nice Sophia Antipolis, chaleureusement animé par le trio Jean-François, Rémy et Snéjana, j’ai retrouvé le plaisir de la dédicace et du contact direct avec des dizaines et des dizaines de lecteurs. De quoi me donner envie d’offrir un petit frère à Fragments de Nice et à Cinq de cœur.

Avec l'équipe du service culturel de l'UNSA

29 septembre 2010

Le Président des riches

Depuis vingt-cinq ans, les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon étudient au sein de la société française une bien étrange tribu : les riches. Là où beaucoup de leurs confrères s’intéressent aux exclus et autres damnés de la terre, ils ont choisi d’étudier ceux qui organisent la ségrégation sociale et en profitent.

Leur dernier ouvrage, « Le Président des riches », reprend les principales conclusions de ces travaux en insistant tout particulièrement sur les liens entre l’économique et le politique en terre sarkozienne. Ils voient d’ailleurs dans la célèbre soirée du Fouquet’s, où se sont précipitées toutes les composantes de la classe dominante – patrons du CAC 40, politiques et show-biz – l’acte fondateur du quinquennat.

Il résultait de leurs travaux antérieurs que les familles fortunées défendent bec et ongles leurs espaces en exerçant un contrôle vigilant sur leurs institutions, leurs cercles et leurs clubs. A l’école, elles veillent notamment à ce que leurs enfants fréquentent le moins possible les autres jeunes. Ainsi, la bourgeoisie s’affirme comme classe consciente d’elle-même et de ses intérêts. A un moment historique où la conscience de classe s’effrite dans les classes populaires, on serait tenté de dire, en suivant le raisonnement du couple Pinçon, que les riches sont les derniers marxistes !

Mais, la particularité du sarkozisme est que cette classe, riche entre autres de son capital social (ses réseaux, son système de relations) n’a jamais été autant en connivence avec le monde politique. Les liens entre Monsieur de Maistre et le ministre Woerth illustrent parfaitement cette proximité qui s’affiche presque sans complexes. Du coup, on comprend mieux l’entêtement du pouvoir à maintenir le bouclier fiscal ou alléger les droits de succession.

Le seul problème, précisément, est que l’actuel Président est tellement décomplexé par rapport à ce concubinage entre le monde des affaires et la politique qu’il en devient dangereux pour l’oligarchie qui pourrait choisir assez vite un représentant moins voyant.

Au final, le portrait de la République qui se dessine en pointillés derrière la démonstration de Monique et Michel Pinçon est plutôt inquiétant pour la démocratie. Alors, comment résister ? Les auteurs donnent une réponse inattendue : suivons l’exemple des riches. « Voilà des gens qui ont une éminente conscience de leur classe, qui sont solidaires quand la mode est à l’individualisme, qui sont organisés et mobilisés, qui défendent énergiquement leurs intérêts. Faisons comme eux. Battons-nous ».

26 septembre 2010

L'œuf de Colomb cantonal

Le 26 juin 2010, dans un billet intitulé « Evidences cantonales », j’évoquais l’impérative nécessité d’un rassemblement de la gauche niçoise au premier tour des cantonales si elle voulait conserver ses quatre cantons renouvelables (Nice 3 Jacques Victor, Nice 5 Patrick Mottard, Nice 7 Dominique Boy Mottard, Nice 14 Paul Cuturello) et nourrir des ambitions dans quelques autres.

En se déclarant favorable à cette proposition au cours de l’émission « La voix est libre » sur France 3 Côte d’Azur, Patrick Allemand, le premier secrétaire du PS 06, approuve une démarche, il faut bien le dire, plébicitée par les militants et les électeurs de gauche (on a pu le constater lors de la dernière manifestation), voire au-delà tant la déception et parfois la colère sont grandes contre les Pouvoirs en place.

Reste donc à finaliser cette démarche de bon sens, véritable œuf de Colomb cantonal. Et, sans sous-estimer d’éventuelles difficultés, on peut d’ores et déjà envisager une issue favorable permettant au PS et à Gauche Autrement d’enclencher une dynamique gagnante pour la gauche niçoise et, au-delà, pour tous ceux qui veulent rompre avec la politique actuelle, qu’elle soit nationale ou locale.

22 septembre 2010

Les pages que j’aurais aimé écrire (4)


Les morts est une nouvelle de James Joyce qui, sous le titre Les gens de Dublin, sera porté à l’écran par John Huston qui signera là sa dernière réalisation avant de mourir avec un film bouleversant d’humanité.

Nous sommes à Dublin au tout début du siècle dernier, un soir de Noël où la neige tombe en abondance. Chez les vieilles demoiselles Morhan, Gabriel passe une agréable soirée, convenue mais joyeuse et bien arrosée, avec sa femme Gretta et une vingtaine de convives, petits notables pour la plupart. A l’issue de la soirée, Gretta, profondément bouleversée par un chant traditionnel, va confier à son mari que jadis un jeune homme est littéralement mort d’amour pour elle. Gravement malade, Michael Furey – c’était son nom – avait chanté un soir de tempête sous sa fenêtre pour revoir une dernière fois la jeune Gretta qui allait quitter la région.

Cette révélation va provoquer chez Gabriel une douloureuse remise en question : comme la neige, la vie se dissout trop vite… ne vaut-il pas mieux vivre une passion destructrice, quitte à en mourir, plutôt que d’étouffer ses sentiments sous la grisaille d’une vie paisible ?

« L’air de la pièce lui glaçait les épaules. Il s’allongea avec précaution sous les draps et se coucha près de sa femme. Un par un, ils devenaient tous des ombres. Mieux valait passer hardiment en cet autre monde, dans la pleine gloire de quelque passion, que de s’effacer et se dessécher lamentablement au fil des années. Il songea à la façon dont celle qui reposait à ses côtés avait enfermé dans son cœur pendant tant d’années cette image des yeux de son amant à l’instant où il lui avait dit qu’il ne souhaitait pas vivre.

Des larmes généreuses emplissaient les yeux de Gabriel. Il n’avait jamais lui-même rien éprouvé de tel pour une femme, mais il savait qu’un tel sentiment devait être l’amour. Les larmes se pressèrent plus drues, et dans la demi-obscurité il crut voir la forme d’un adolescent debout sous un arbre dégoulinant de pluie. D’autres formes étaient à proximité. Son âme s’était approchée de cette région où demeurent les vastes cohortes des morts. Il avait conscience de leur existence capricieuse et vacillante, sans pouvoir l’appréhender. Sa propre identité s’effaçait et se perdait dans la grisaille d’un monde impalpable : ce monde bien matériel que ces morts avaient un temps édifié et dans lequel ils avaient vécu était en train de se dissoudre et de s’amenuiser.

Quelques petits coups légers sur la vitre le firent se tourner vers la fenêtre. Il avait recommencé à neiger. Il suivit d’un œil ensommeillé les flocons argentés et sombres qui tombaient obliquement dans la lumière du réverbère. Le temps était venu pour lui d’entreprendre son voyage vers l’Ouest. Oui, les journaux avaient raison : la neige était générale sur toute l’Irlande. La neige tombait sur chaque partie de la plaine centrale, sur les collines sans arbres, tombait doucement sur le marais d’Allen, et, plus loin vers l’ouest, doucement tombait sur les sombres vagues rebelles du Shannon. Elle tombait, aussi, en chaque point du cimetière solitaire perché sur la colline où Michael Furey était enterré. Elle s’amoncelait drue sur les croix des pierres tombales tout de travers, sur les fers de lance du petit portail, sur les épines dépouillées. Son âme défaillait lentement tandis qu’il entendait la neige tomber, évanescente, à travers tout l’univers, et, telle la descente de leur fin dernière, tomber, évanescente, sur tous les vivants et les morts. »

19 septembre 2010

Le pique-nique autrement


Pour la troisième année consécutive, Mireille et Paul Vautel ont accueilli, dans leur agréable propriété familiale de Saint-Antoine-Ginestière, Gauche Autrement pour un pique-nique fraternel.

Comme à chaque fois, il y avait les anciens et les nouveaux, les jeunes et les moins jeunes, les maîtres de la dialectique et les virtuoses de la grillade. Cette année, nous avons même eu droit en prime à une belle délégation radicale (de gauche of course) et à l’équipe dirigeante de l’Amica.

Bien sûr, cette rentrée est un peu particulière, je n’ai pas manqué de le rappeler en préliminaire. Elle va nous conduire au printemps à la campagne de renouvellement des deux élus de l’association. Mais comme la sagesse semble l’emporter au sein de la gauche niçoise, rien ne pouvait altérer la bonne humeur des participants à qui j’ai d’ailleurs proposé une « feel good campagne ».

Mais nous n’en étions pas encore là. Et chacun de partager nourriture, boisson et éclats de rire avec cette innocence qui est la marque de fabrique des dimanches à la campagne chez les Vautel.

D'autres photos sur le blog de Dominique.

17 septembre 2010

Deux questions simples

Sans entrer dans le débat (q’ailleurs quel débat ?), je constate, effaré, les dégâts de l’offensive anti-Roms du Pouvoir :
- stigmatisation d’un groupe humain,
- réveil des sentiments xénophobes d’une partie de la population,
- la patrie des Droits de l’Homme montrée du doigt par l’Europe et le Monde,
- le mensonge d’Etat devenu méthode de gouvernement.

Et je me pose deux questions très simples :
1) Quel pourcentage de la population française est en contact direct avec une communauté Rom ?
2) Que ce serait-il passé si l’UMP avait gagné les élections régionales ?




15 septembre 2010

La geôle suédoise

« Une Française emprisonnée… » : l’article occupe la quasi totalité de la page 15 de l’édition de mardi d’un quotidien national.

Il s’agit de l’histoire de Caroline, une jeune Française de 26 ans, jetée dans un cul-de-basse-fosse avec une accusation de maltraitance envers son jeune fils de six mois.

Si ce fait-divers tragique mais banal s’était déroulé en France, il aurait probablement été relaté en deux lignes par le même journal. Mais voilà, il a eu lieu dans un pays à l’Etat de droit incertain et aux geôles particulièrement inhospitalières : la Suède ! De surcroît, nous apprend le journal, la jeune femme souffre d’une maladie de la tyroïde et sa vie est donc en danger dans ce pays notoirement sous-équipé sur le plan médical !

Dire que cet article m’a irrité est un doux euphémisme : il est tout simplement la caricature de ce tropisme hexagonal qui consiste à considérer nos compatriotes arrêtés à l’étranger comme forcément innocents (il est possible que Caroline soit innocente, rien ne permet de dire que c’est probable…), les systèmes juridiques des autres pays comme quasiment moyenâgeux et leurs prisons forcément inhumaines (si vous pensez cela, je vous invite à visiter la prison… de Nice !).

C’est avec ce type de raisonnement qu’il y a quelques années, le transfert de Bernard Cantat de Vilnius à Paris était presque apparu comme une opération humanitaire et l’emprisonnement de la compagne d’un caïd mexicain comme le supplice de Sainte Blandine !

Du coup, pour des affaires qui se seraient passées en France dans l’anonymat de la moulinette judiciaire, on voit se mobiliser à la fois les médias et les plus hautes autorités de la République. Le Président – qui décidément n’en rate pas une – adore ce genre de situation qui le conduit à plaider pour un compatriote en marge d’une visite d’Etat tout en accueillant, trémolos dans la voix et regard humide, les familles éplorées à L’Elysée. C’est qu’il faut, selon une formule « compassionnellement » correcte, tout faire pour que le malheureux – ou la malheureuse – puisse passer les fêtes de Noël en famille dans ce pays de cocagne où l’erreur judiciaire est bannie qu’est la France…

A un moment où notre pays est montré du doigt précisément sur la question des droits de l’homme, cette nouvelle manifestation de l’arrogance française m’est insupportable, même si, trop souvent, elle est validée par l’opinion publique.

13 septembre 2010

Rendez-vous dans dix ans

Il y a dix ans, le quotidien local m'avait demandé de répondre au questionnaire de Proust version longue. Ce que je fis consciencieusement. Tellement consciencieusement qu’en tombant par hasard sur la coupure de presse, je me dis qu’aujourd’hui je ne changerais pas une virgule aux réponses. Il ne me reste donc plus qu’à me donner rendez-vous dans dix ans pour une nouvelle vérification. Ce qui, pour un Patrick, peut apparaître comme assez normal…

Cela dit, rien ne vous empêche de vous y coller…

Quel est pour vous le comble de la misère ?
- Voir des gens humiliés.

Votre idéal de bonheur terrestre ?
- Les festivals de l’île de Wight et de Woodstock : ma jeunesse.

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?
- La naïveté.

Les héros de roman que vous préférez ?
- Le lieutenant Drogo, dans « Le Désert des tartares » de Buzzati.

Votre personnage historique préféré ?
- Cincinnatus, ce Romain qui sauva la République avant de retourner cultiver ses champs avec sa charrue.

Vos héroïnes préférées dans la vie réelle ?
- Simone Veil. Elle a imposé sa loi sur l’IVG à ses propres amis. Une personne au-dessus des partis, le symbole de l’émancipation de la femme.

Vos héroïnes dans la fiction ?
- J’ai une tendresse particulière pour Madame Bovary : victime de la condition féminine, elle se cogne à tous les coins.

Votre peintre préféré ?
- Botticelli.

Votre qualité préférée chez l’homme ?
- La tolérance.

Votre qualité préférée chez la femme ?
- La tolérance.

Votre vertu préférée ?
- L’humanisme, mettre l’homme au-dessus de tout.

Votre occupation préférée ?
- Ecrire.

Qui auriez-vous aimé être ?
- Un écrivain. Emile Zola, par exemple.

Le principal trait de votre caractère ?
- L’ouverture aux autres.

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?
- Paradoxalement, qu’ils ne soient pas exclusifs.

Votre principal défaut ?
- Affronter avec difficulté les situations conflictuelles.

Quel serait votre plus grand malheur ?
- Perdre l’espoir de changer le monde tel qu’il est.

Votre couleur préférée ?
- Le bleu.

Quelle fleur aimez-vous
- La fleur de laurier.

Votre oiseau préféré ?
- Le phénix.

Vos auteurs favoris en prose ?
- Proust.

Vos poètes préférés ?
- René Char.

Vos héros dans la vie réelle ?
- Les opposants et les résistants dans les dictatures, au quotidien.

Que détestez-vous par-dessus tout ?
- Les mondanités.

Quels caractères historiques méprisez-vous le plus ?
- Ceux qui fabriquent des responsabilités collectives.

La réforme que vous admirez le plus ?
- L’abolition de la peine de mort.

Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
- Etre un grand écrivain. Pour passer des professions de foi à la grande littérature…

Comment aimeriez-vous mourir ?
- Serein. Avec la certitude de survivre à travers ceux que j’aime…

Votre devise ?
- « Chaque pas qui mène au but est un but en lui-même ».