Ce matin, le Tribunal administratif a annulé l’élection du 7e canton de Nice. En ces temps de conquête sénatoriale et de primaires présidentielles, la nouvelle peut sembler modeste. Elle représente pourtant un nouveau rebondissement d’une incroyable saga. Qu’on en juge !
- Janvier 2004. Après trente ans de militantisme discret au service des autres, Dominique Boy Mottard souhaite être candidate sur la liste PS des régionales. Une coalition d’intérêts personnels et de stratégies de courants va l’éliminer. Sans hésiter, elle décide, de son propre chef d’être candidate dans le 7e canton. Là, elle ne risque pas d’être contestée puisqu’il s’agit du fief historique du médecinisme, le secteur le plus à droite de la ville.
- Mars 2004. Avec ses proches, Henri Cottalorda et Gérard Blaise, elle réunit une petite équipe et mène une campagne extrêmement dynamique qui lui permet de défier au second tour l’adjoint au maire chargé de la sécurité, Jean Hanot. Il faudra, au cours d’une soirée électorale éprouvante, attendre la dernière minute et les résultats du dernier bureau de vote pour constater qu’elle est battue de… 19 voix.
- Printemps 2004 - Printemps 2005. En fait, elle va rapidement constater en consultant les listes d’émargement de très nombreuses irrégularités. Avec des amis, à la tête desquels on retrouve l’efficace et regretté Bernard Paquin, elle boucle un dossier très solide démontrant l’absence de sincérité du scrutin, plaidant elle-même sa cause devant le Tribunal administratif de Nice qui lui donne raison (octobre 2004). Quelques mois après, elle va à Paris pour assister à la séance du Conseil d’Etat qui confirmera la décision (Avril 2005).
- Juin 2005. Nouvelle campagne électorale : elle restera dans les annales. Soutenue par de nombreux amis, celle qu’on appelle désormais DBM marche, court, vole de collines en vallons, multipliant les réunions publiques dans les lieux les plus emblématiques du canton. Au final, elle bat sèchement au second tour Jean Hanot et sa police municipale omniprésente pendant toute la campagne. Cette élection partielle lui donne une notoriété qui dépasse largement l’agglomération niçoise.
- 2005 - 2011. Arrivée au sein de l’assemblée départementale, DBM va rapidement faire son trou et s’impose dans différentes institutions où elle représente la collectivité. Elue de proximité, sa silhouette devient familière aux habitants du canton qu’ils soient des quartiers populaires ou des « beaux quartiers ».
- Mars 2011. A l’approche des élections cantonales, elle apprend qu’elle est la seule candidate sortante de gauche du département à se trouver en concurrence avec un candidat Front de Gauche et un candidat d’Europe Ecologie. Elle relève pourtant le défi et, avec l’aide de son suppléant José Boetto, elle réalise l’un des meilleurs scores relatifs des candidats PS-PRG (plus de 26%) si ce n’est le meilleur. Hélas, elle est battue de 16 voix par le candidat UMP qui, heureux de l’aubaine de cette gauche divisée, gagne au deuxième tour contre le FN.
- Printemps - Eté 2011. Par acquis de conscience, DBM vérifie avec José, Sami et quelques autres les listes d’émargement du scrutin. A sa grande stupéfaction, elle relève à nouveau des irrégularités : les mêmes que six ans auparavant. L’expérience aidant, c’est seule qu’elle monte son dossier.
- Septembre 2011. Elle plaide à nouveau elle-même sa cause devant le Tribunal administratif et le rapporteur public conclut à l’annulation du scrutin. Il sera suivi par le tribunal qui a rendu son jugement aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de cas en France où un scrutin a été annulé deux fois de suite pour les mêmes raisons…
L’euphorie devant les dizaines et les dizaines de témoignages d’amitié étant dissipée, il restera à surmonter les deux prochaines épreuves : l’appel devant le Conseil d’Etat, que le candidat UMP ne va pas manquer de faire, et une nouvelle élection partielle… A cœur vaillant, rien d’impossible !
Eh bien, chers lecteurs de ce blog, je vous le dis (ne le répétez surtout pas : je compte sur vous), je n’aurais pas eu la moitié du quart de l’énergie que Dominique brûle depuis 2004…
Pas de doute : c’est une guerrière. Portée par ses valeurs, son indignation face à l’injustice et… sa petite équipe, elle est la guerrière du 7e canton.