19 mars 2006

Douze hommes en colère

Dimanche. Théâtre de la Cité, reprise de la célèbre pièce « Douze hommes en colère » dans une mise en scène précise, simple, presque janséniste de Meyer Cohen, l’infatigable animateur du théâtre de la rue Paganini.

En cette période post-Outreau, on se replonge avec intérêt dans cette histoire de justice où, n’en déplaise à Patrick Mac Goohan (Le prisonnier), l’homme libre n’est pas le numéro 6. Au fil du long délibéré, on en apprend beaucoup sur la fragilité des témoignages humains et sur les préjugés sociaux. Sans oublier les comptes qu’on règle sur le dos des autres pour ne pas avoir à se regarder en face.

Mais au-delà de l’intérêt de la pièce, il y a le plaisir du théâtre, la distribution est de grande qualité et, ce qui est rare dans le théâtre non professionnel, particulièrement homogène (avec toutefois une mention particulière pour Philippe Testori, magnifiquement inquiétant puis pathétique dans le rôle du douzième homme en colère, très en colère…).

J’ai suivi avec une particulière attention la performance de deux des acteurs : mon ami Philippe Nikel, ex-curé dans « Lou Village », dont la composition en Président de jury est particulièrement élégante et sobre, et Daniel Aberdam, chercheur niçois réputé (vous pouvez lire son intervention sur Nice Alpha Canal n°2 consacré à la recherche), que j’ai croisé autrefois dans le Comité « Itzhak Rabin pour la paix ».

Le spectacle n’est pas un pur divertissement. Pourtant, à la sortie, acteurs, public, familles, tout le monde est heureux. Ce qui prouve qu’à l’époque de la rigolade obligatoire (« Venez voir mon spectacle, on rit beaucoup…), un spectacle peut donner du plaisir tout en faisant réfléchir.

Pour voir en vidéo quelques extraits de la pièce, rendez-vous sur Nice Alpha Canal rubrique "Culture".

1 commentaire:

Bernard Gaignier a dit…

Le théatre est une grande chose, professionnel ou non. Tout dépend le coeur qu'y mettent ceux qui y sont dedans.
Les non professionnels ont un plus, ils le font par amour par passion sans aucun autre intérêt que leur passion.
Les professionnels ont un plus: c'est leur vie qui y est dedans.
Le théatre est beau car c'est la fragilité, c'est la vie; aucun spectacle n'est le même.
Modestement je joue l'Avare depuis 15 ans, et c'est à chaque fois une autre chose, une autre aventure!!
En juin je vais faire la 3 ème reprise de textes d'un grand auteur contemporain dont je ne citerai pas le nom ici pour ne pas faire rougir sa modestie, et je m'en réjouis par avance;
en attendant douze hommes en colère est une très belle pièce; si tu te souviens Patrick nous en avions vu une très belle interprétation à Menton il y a de nombreuses années mis en scène par un autre amoureux du théatre qui nous a hélas quitté; je regrette d'avoir raté celle-là et de ne pas avoir vu Philippe; je doute que ma reprise de l'avare m'en donne le temps, mais je vais voir!
En attendant il faut rendre hommage à des gens comme Meyer Cohen ou Henri Legendre qui chacun de leur côté at avec leur style permettent au théâtre et à la culture de vivre en dehors des circuits officiels.