La dernière réunion du Bureau National du PS a accouché d'une tartufferie d'une ampleur inégalée pour un parti qui est pourtant passé maître en la matière. Les socialistes pro-Frêche figurant sur la liste du Président sortant en Languedoc-Roussillon sont exclus. Mais, dès le lendemain de l'élection, une "Mission de réconciliation" les réintègrera.
Ayant le souvenir d'une exclusion collective effectuée avec moins de mansuétude à Nice, je me dis que le PS, seul parti français pratiquant encore l'exclusion, vient d'inventer le stalinisme à géométrie variable. A vrai dire, je ne suis pas surpris par une telle décision car, la semaine dernière, le Président du Conseil général des Pyrénées Orientales et Vice-Président frêchien à la Région, nous affirmait qu'il n'envisageait aucunement l'exclusion car, disait-il, "le PS, ici, c'est nous !" (voir à ce sujet, sur le blog de Dominique, Jean-Claude Gayssot soutient Frêche).
En réalité, le scénario de cette "affaire Frêche" a été rendu possible grâce à un incroyable casting de faux-culs :
- Martine Aubry, tout d'abord en prétendant replacer les valeurs au centre du combat socialiste alors que sa propre élection à la tête du parti est le fruit d'une tricherie avérée (voir sur ce blog, Les Bongo du PS) ;
- Rebsamen, Collomb, Hollande, quand ils prétendent défendre la démocratie militante en soutenant Frêche sans s'être vraiment opposé à Aubry au début de l'affaire ;
- tous les autres apparatchiks comme Hamon qui, après avoir armé d'un glaive vengeur le bras d'Aubry, regardent avec inquiétude le vent tourner et, du coup, prêchent la modération.
En fait, l'encombrant Frêche n'était qu'un leurre dans toute cette histoire. Aubry a vu là une occasion de s'affirmer comme présidentiable, en rassemblant le parti sur le dos d'une personnalité contestée qu'elle pensait isolée (c'était plus facile que sur la réforme des retraites, par exemple). Rebsamen et Collomb ne veut pas que les ambitions de Martine contredisent celles de leur propre présidentiable et Hollande protége sa candidature. Quant aux autres, n'ayant pas encore choisi de peur de ne pas enfourcher le bon cheval, ils travaillent au doigt mouillé.
C'est donc maintenant aux électeurs de gauche de jouer, s'ils veulent en finir avec ces navrantes manoeuvres politiciennes. La droite étant définitivement hors course pour ces régionales - il faut dire qu'elle y a mis du sien -, l'occasion est belle à gauche de jouer la carte de la rénovation en se débarrassant du syndrome étouffant du vote utile. Si on veut battre en brèche le désespérant monopole du PS sur la gauche, il suffit simplement de voter au premier tour pour les autres listes progressistes. Ainsi, la définition d'un nouveau rapport de forces obligera les socialistes à rénover malgré eux.
Dans les Alpes-Maritimes, un beau score de la liste d'Europe Ecologie conduite par André Aschiéri obligerait Michel Vauzelle à abandonner certaines dérives clientélistes et à donner des responsabilités importantes à des élus porteurs de nouvelles pratiques politiques. Franchement, qui s'en plaindrait ? Sûrement pas Gauche Autrement.
On a la démocratie qu'on mérite, on a la gauche qu'on mérite, on a les élus qu'on mérite. Si à une époque on affirmait que la révolution était au bout du fusil, aujourd'hui, plus modestement, pour ces régionales, constatons que la rénovation est au bout du bulletin de vote...
28 février 2010
24 février 2010
Vanbiencouver
Il y a quelques jours, sur ce blog, j'étais persuadé que la narration de mon aventure dans la tempête de neige du Grand (Nice) Nord ferait hurler de rire mes amis québécois...
Eh bien, la réponse est arrivée ce matin par colis postal: loin de prendre à la légère les intempéries niçoises, un expat ami nous a envoyé du Canada les équipements complets des participants aux JO de Vancouver.
Que cette photo soit à la fois une façon de remercier cet ami et un hommage à Nelson Montfort, le Malraux du short track, et à son égérie Ha-ri-ko!
19 février 2010
L’anse de Paulilles
La Montagne
Jusqu’en1984, l’usine employant plusieurs centaines de personnes va fonctionner comme une petite république avec son village, ses fêtes et ses drames. Malgré une discipline de fer, les maladies professionnelles et les accidents sont nombreux. Mais entre des logements plutôt confortables et la plage forcément privée, on vit plutôt bien aux Paulilles, enclave de prospérité dans ce pays pauvre d’agriculteurs et de pêcheurs. Aussi, la fermeture sera vécue comme un petit drame dans la région.
C’est un peu plus tard qu’interviendront Conservatoire du littoral et Conseil Général pour sauver un site que les vautours de la spéculation immobilière veulent transformer en marina… Une de plus !
Paysage préservé et mémoire des hommes honorée, un beau travail sera réalisé par les deux institutions publiques. L’anse, ses plages, sa pinède, ses eaux turquoises ont été rendues aux familles, aux amoureux et aux promeneurs solitaires. Suffisamment de bâtiments et de lieux ont été préservés pour que le visiteur puisse reconstituer un siècle de mémoire ouvrière. Des scènes de la vie quotidienne ont été peintes sur la façade des bâtiments, les dangereuses installations de la chaîne de fabrication des explosifs sont encore visibles sur la mystérieuse Montagne du cap nord, le jardin du directeur fleure toujours le paternalisme bienveillant et anti-syndical de ce huis clos industriel.

L’Histoire, ce n’est pas seulement les champs de bataille et les monuments grandiloquents, c’est aussi la vie simple des gens simples. Comme cette dame entre deux âges croisée par hasard et interpellée par Dominique : « Oui, j’ai vécu ici, bien sûr beaucoup de choses ont changé mais je retrouve ma vie d’avant et je viens la faire partager à mes amis ». A ce moment précis son sourire semblait dire : « Voyez vous, je ne suis pas un grain de poussière dans le tourbillon du siècle, ma vie était là et elle a compté… » .
13 février 2010
Le Village pour éviter la Jungle
Pour la troisième fois en trente-quatre jours, j’ai rendu visite au Village, rue Clément Roassal, à Bernard Neuville et à Térésa Maffeis ainsi qu’aux autres bénévoles qui se battent depuis des semaines pour obtenir un logement provisoire à la cinquantaine de demandeurs d’asile présent sur les lieux.
Comme l’avait rappelé Dominique à la suite d’une de ses visites (voir sur son blog « Droit d’asile au village »), il ne s’agit pas de disserter sur les phénomènes migratoires en France mais tout simplement de respecter la loi républicaine et le droit international.
Des hommes sont menacés dans leurs pays (comment peut-on en douter ? ils viennent de Tchétchénie, du Darfour, d’Erythrée, du Soudan…), ils demandent asile à la République Française, les tribunaux de celle-ci vont tout à fait normalement vérifier l’authenticité de leur démarche. Mais chacun sait – et on le regrette – que la procédure est longue, très longue. Il est donc normal qu’en attendant la réponse ces demandeurs d’asile, nos invités, soient hébergés dignement.
Ils ne demandent rien d’autre. Et pourtant la préfecture souffle le chaud et le froid et traîne…traîne…traîne… J’espère simplement, au nom de l’idée de neutralité du service public que j’enseigne à mes étudiants, que la proximité des élections n’est pour rien dans cette indolence.
En attendant, Bernard et son équipe ne veulent pas que nos amis soient renvoyés sur les parkings où ils dormaient avant d’être accueillis au Village. Il faut donc les aider avec de l’argent, de la nourriture et du temps, un peu de temps… Merci pour eux.
11 février 2010
« Into the wild » dans le 5e canton
Mes amis québécois vont sûrement hurler de rire, mes étudiants russes sourire et ma famille bourguignonne lever les yeux au ciel, mais je n’ai pas pu m’en empêcher… Dès que la neige a recouvert les premiers toits, j’ai abandonné l’écriture du livre que je dois pourtant rendre en fin de semaine (puisse mon éditeur ne pas lire ce post…) pour me précipiter dehors tel un gamin surexcité.
Un peu gêné aux entournures par une attitude que d’aucuns pourraient qualifier de puérile, je suis vite rassuré par l’interpellation joyeuse d’un président de comité de quartier d’ordinaire plutôt sérieux et qui manifestement faisait la même chose que moi en zigzaguant sans but précis sous la tempête. Tel un Jack London de Nice Nord, je m'aventure dans le quartier Bellevue, le temps de vérifier qu’aujourd’hui la rue Cavendish ressemblait vraiment à une piste de saut à skis (message personnel pour Claudio).Un peu plus loin, je tombe sur mon ami Pierre Fiori, lui aussi manifestement en goguette. Et, tandis que nous immortalisons cette rencontre par une photographie, il me rappelle que la dernière fois que nous avons pris la pause ensemble c’était à… Istambul !
En passant devant une devanture, je remarque que j’ai un curieux petit tas de neige sur mon improbable bonnet de laine vert, aux couleurs de la firme Skoda, achetée il y a quelques années sur la route du rallye de Monte Carlo.
La tempête se met à redoubler, mon équipement aléatoire commence à prendre l’eau, … et le travail m’attend. Autant de raisons pour rentrer et retrouver Dominique qui – suppression des cours oblige – avait fait la même chose, dans le 7e canton.
10 février 2010
L’a volé, l’orange…
Kiev, place de l'Indépendance, août 2006
Au départ tout était simple. Un certain Ianoukovitch sponsorisé par Poutine et les oligarques russophones avait triché massivement pour gagner les élections présidentielles. On soupçonnait même son entourage d’avoir tenté d’empoisonner son principal rival Victor Iouchtchenko qui restera d’ailleurs défiguré à vie. Du coup, le peuple était descendu dans la rue pour renvoyer le tricheur dans les poubelles de l’histoire tout en plébiscitant Iouchtchenko comme Président d’une Ukraine qui devait s’ouvrir à la démocratie et à l’Europe.
Il y a quatre étés, nous étions sur la place de L’indépendance de Kiev pour humer le parfum de la Révolution. En réalité, la situation était déjà plus complexe qu’on ne le pensait en France (Cf. « Orange givrée » sur mon blog). Mais de là à imaginer que le 7 février 2010, Ianoukovitch serait élu, sans contestation cette fois, Président, il y avait une marge impossible à franchir.
Bien sûr, Iouchtchenko a fait des erreurs, bien sûr, le camp « orange » s’est divisé et même déchiré, bien sûr, l’Europe n’a peut-être pas fait les gestes nécessaires, bien sûr, il y a la crise… Bien sûr !... Bien sûr !
Mais tout de même, si on veut bien se débarrasser de la langue de bois de l’innocence démocratique, il y a des circonstances où on a bien du mal à se dire que le peuple a toujours raison.
07 février 2010
Le juste combat de GF2A
Néné Badji, pendant son intervention
Le film du réalisateur sénégalais raconte l’histoire d’une femme, Collé Ando (jouée par l’actrice Fatoumata Coulibaly, elle-même excisée) qui se bat seule ou presque dans son village contre ce rite ancestral et barbare.
L’occasion de rappeler que cette pratique touche 150 millions de femmes à travers le monde, 30 à 50 000 en France, y compris à Nice… sous nos yeux !
Une pratique qui, chaque année, tue des milliers de fillettes, traumatise des millions de femmes en provoquant perte de plaisir sexuel, incontinence urinaire et déchirement au moment des accouchements.
J’ai été alerté sur cette question il y a plusieurs années grâce à une étudiante, Nene Badji, qui m’avait demandé de diriger son mémoire consacré à l’excision au Sénégal (voir « J’avais sept ans lorsque j’ai été excisée… » sur ce blog). Aussi, c’est avec émotion que j’ai retrouvé Néné parmi les organisatrices de cette soirée. Pour ma part, je me suis contenté d’écouter avec respect une salle composée majoritairement de femmes africaines (quel contraste avec ces colloques où les principales intéressées ne sont jamais consultées…).
Au-delà de l’émotion, la détermination était au rendez-vous et cela suffisait à faire passer sur la salle Linné un petit souffle d’espoir. C’est dans cet esprit que j’ai suggéré à l’assistance de s’emparer du 8 mars pour faire avancer la cause.
Longue vie à GF2A (contact@generation-femmes-afrique.org)
04 février 2010
Vichnievsky-Aschiéri : pour une PACA autrement
Ce matin, nos agendas le permettant enfin, j’ai rencontré pour la première fois Laurence Vichnievsky, tête de liste d’Europe Ecologie en PACA.
Le moins qu’on puisse dire est que le préjugé favorable que j’avais eu d’emblée à l’annonce de sa candidature s’est trouvé renforcé. Cette femme d’allure sportive a l’humilité des grandes, au physique comme au moral. Elle est tout simplement à des années-lumière de l’image d’ange exterminateur dont certains de ses adversaires ont voulu l’affubler.
Certes Laurence veut – avec ses amis – réformer certaines pratiques qui déshonorent la démocratie, lutter contre cette démagogie qui pourrit l’idéal républicain, mais pour autant elle ne poursuit pas un destin vengeur. Elle n’a rien d’une idéologue, ce n’est pas une donneuse de leçons, on la sent accessible au doute.
Ceux qui l’ont accusée d’être une parachutée en seront pour leurs frais, elle connaît très bien la région qu’elle veut désormais servir. Société civile, elle a un regard neuf tout en faisant preuve d’un indéniable sens politique.
Il émane de son équipe rapprochée un enthousiasme qui me rappelle celui qui était le nôtre au sein du PS… dans les années 80, quand nous étions à la veille de réaliser de grandes choses. Cerise sur le gâteau : Sébastien, son jeune directeur de campagne, est un de mes anciens étudiants (déjà apprécié à l’époque).
Si on rappelle que la tête de liste pour les Alpes-Maritimes n’est autre que notre ami André Aschiéri, on se dit que c’est désormais aux électeurs de jouer. Ceux-ci n’ont jamais de mots assez durs pour stigmatiser les affaires et le clientélisme du PS dans les fédérations du sud. Ils ont là, avec le ticket Vichnievsky-Aschiéri, l’occasion de donner un bon coup dans la fourmilière. Comme je l’écrivais ici même en novembre : plus de divorce entre l’efficacité et la morale. Le vote utile va changer de camp… et en plus il sera éthique.
C’est une occasion unique – et sans risque pour la gauche – que les électeurs doivent saisir. Ou alors, à l’instar de ceux de Beausoleil, ils auront gagné le droit de se taire pendant tout un mandat…
01 février 2010
La culture en danger
A l’initiative de Claude Bartolone et du Conseil général du 9.3 circule une pétition intitulée « La culture en danger ». Non seulement j’ai signé cette pétition mais j’ai décidé de la faire connaître et de l’expliquer.
De quoi s’agit-il ? La réforme – programmée par le gouvernement – des collectivités territoriales devrait supprimer la clause dite « de compétence générale » des départements et des régions. Cette formule un peu énigmatique signifie que les deux collectivités en question pouvaient, jusqu’à présent, développer des politiques qui n’appartenaient pas à la liste de leur compétences légales stricto sensu. Ce ne sera donc plus le cas. Or, la culture est probablement l’activité la plus exposée dans ce cas de figure car le quart du financement public local de celle-ci est assuré par les départements et les régions. Supprimer brutalement cet apport reviendrait à asphyxier irrémédiablement un nombre incalculable d’associations, de compagnies, de lieux et de manifestations culturelles.
Certes, ces politiques ne sont pas toujours parfaites, je regrette de les voir, à l’instar de celle du ministère, s’intéresser plus à l’offre qu’à la demande, à la diffusion qu’à la médiation, et aux paillettes plus qu’à l’éducation, laissant souvent de nombreux publics sur le bord du chemin.
Mais malgré leurs défauts, ces politiques existent. Les supprimer provoquerait une crise sans précédent dans un secteur à l’équilibre si fragile.
La clarification des compétences en matière de décentralisation est certainement une nécessité, mais, dans ce cas précis tout au moins, elle ne doit pas s’appliquer avec brutalité car le remède serait pire que le mal.
Il est donc important d’organiser en la matière une période de transition et de réfléchir à des politiques culturelles de substitution, qui viendraient en complément des compétences légales du département et de la région, avec les collèges, les lycées et la formation professionnelle. Une telle volonté aurait de plus le mérite d’ouvrir la politique culturelle vers cette médiation si souvent oubliée.
En l’absence de telles garanties, je ne peux que souscrire au texte de Claude Bartolone signé à ce jour par plus de vingt-trois mille internautes. A « Gauche Autrement », on a toujours considéré que la culture n’était pas une cerise sur le gâteau ou un supplément d’âme mais un facteur d’émancipation et donc de liberté pour les citoyens. Tous les citoyens.
30 janvier 2010
Le vote d’Antoine Damiani
Ce vendredi, Antoine Damiani, maire PS de Carros, et les deux autres représentants de sa commune (dont Christine Charles, candidate sur la liste socialiste pour les prochaines régionales) ont voté le budget de Christian Estrosi à la Communauté Urbaine. Dans un premier temps, on pourrait voir là un nouvel épisode de la déliquescence d’un PS local après les mésaventures niçoises du groupe Changer d’ère.
Mais, voir dans ce vote un simple geste d’opportunisme serait désobligeant pour Antoine Damiani, mon collègue du Conseil général, homme de convictions qui est devenu maire sans l’aide de l’appareil du Parti socialiste.
Ce vote, en réalité, pose la question du rôle de l’opposant national détenteur d’un mandat local. Celui-ci doit-il, au nom de son engagement partisan, refuser de voter localement un budget qu’il estime favorable aux intérêts de la population qu’il représente ? Antoine a répondu non, rompant non sans courage avec la tradition des votes automatiques.
Dans une démocratie moderne, on devrait pouvoir voter au niveau local – et quel que soit le cas de figure – pour un budget quand il nous semble bon et contre dans le cas contraire.
Il faut être bien peu sûr de ses valeurs et de ses convictions s’il faut sans cesse les protéger par des votes pavloviens…
Si Antoine et ses amis ont eu l’intime conviction que le budget de la Communauté Urbaine était favorable à l’accomplissement de leur propre programme à Carros, ils ont eu raison de faire ce choix.
Avec la liberté et le positionnement « autrement » qui est désormais le nôtre, nous avons, avec Dominique, la certitude que c’est ce type de comportement et d’engagement qu’attendent les citoyens de ce pays.

Article de Nice-Matin du 30 janvier 2010
Avec la liberté et le positionnement « autrement » qui est désormais le nôtre, nous avons, avec Dominique, la certitude que c’est ce type de comportement et d’engagement qu’attendent les citoyens de ce pays.

Article de Nice-Matin du 30 janvier 2010
29 janvier 2010
5.10 - Patrimoine
Avec un peu d’imagination, on pourrait baptiser ce secteur le petit Manhattan de Nice Nord. Rompant avec le parallélisme presque parfait de l’avenue Borriglione et des boulevards Gorbella et de Cessole, l’avenue Cyrille Besset, axe principal du 5.10, traverse en diagonale Nice Nord sur presque deux kilomètres à l’instar du célèbre Broadway balafrant le cœur de NYC. Comparaison osée je vous l’accorde mais qu’on peut compléter avec le modeste immeuble en étrave de bateau à l’intersection avec la rue du Soleil et que j’ai surnommé in peto le… Flatiron Building du 5e canton.
Quant au sieur Cyrille Besset, modeste peintre paysagiste originaire de ma Saône-et-Loire natale, il bénéficie d’un incroyable privilège posthume. De sa tombe au beau milieu du cimetière Saint Barthélemy, il peut en effet surveiller en contrebas – au niveau de la dent creuse située en face du n°75 – l’avenue à laquelle on a donné son nom.Mais Cyrille Besset, c’est avant tout l’adresse de mes permanences successives. De 1998 à 2006, au n°3, dans les locaux de l’ancien commerce de cycle Panara bien connu dans le quartier et même au delà, et, à partir de 2007, au n°10, dans l’immeuble Alphonse Daudet. Après sa brillante victoire dans le 7e canton, Dominique est devenue naturellement ma coloc.
Perpétuellement menacée par des projets de réaménagements urbains, la partie basse de l’avenue est désormais celle d’une grande diversité sociale : étudiants africains, travailleurs de l’est (la Maison de la Russie s’est installée au 3), retraités modestes, se mêlent aux classes moyennes. La colonie roumaine notamment est relativement importante et il m’arrive parfois, au retour d’un voyage, d’évoquer les places de Bucarest ou les couchers de soleil sur le Danube dans les cafés du quartier. Parmi ceux-ci, assez nombreux, je citerai le pittoresque « Guet’s » , véritable annexe de ma première permanence et où, dans les années 90, je me souviens avoir, pendant quelques campagnes électorales, petit déjeuner avec de succulents sandwichs au fromage de tête qui avaient le mérite de vous tenir au corps toute la matinée.
Plus haut on retrouve Royal Confort qui a équipé la moitié du quartier en appareils ménagers – ma cuisine peut en témoigner –, juste en face, la poste Saint Barthélemy et son architecture bunker devant laquelle nous avons signé tant de pétitions en faveur du service public, et la carrosserie Viale où Hélène, plus souriante et moins énigmatique que son homonyme troyenne, veille à la qualité des opérations de chirurgie esthétique réalisées par son atelier sur nos voitures malmenées par la circulation niçoise.
Le secteur est complété par l’avenue Bardi où habite depuis 1995 un conseiller général qui a vu le modeste cul-de-sac initial devenir une vraie rue à sens unique puis une voie de passage à circulation double. Mais peu importe, du bar des Roses au garage Boccanera, on vit heureux dans l’avenue Bardi, je peux en témoigner.
Du coup, je suis logiquement électeur dans ce bureau 5.10 curieusement dénommé « Patrimoine ». C’est ici, dans les locaux de l’école Saint Barthélemy que j’ai eu l’occasion et quelque part un peu le privilège de voter de nombreuses fois… pour moi même ! Ce vote était-il judicieux ? Cela est une autre histoire et je ne pense pas être idéalement placé pour y répondre…
26 janvier 2010
Cette année "A"...
Pour 2009-2010, mon service universitaire comprend des cours magistraux dispensés aux Premières années LEA et Infocom, soit plus de quatre cents étudiants qui se trouvent être aux trois-quarts des étudiantes nées en 1990. Cette année-là, les parents furent apparemment saisis par la fièvre du "A" puisque la première lettre de l'alphabet est très souvent la dernière lettre du prénom de leur fille.
Résultat des courses, j'enseigne le droit constitutionnel et l'histoire des médias à 8 Laura, 7 Jessica, 5 Alexandra, 4 Maeva et Andréa, 3 Mélissa et Priscilla, 2 Sandra et Laetitia, sans oublier Anouchka, Alina, Alyssia, Ana, Aïda, Amina, Asma, Angelica, Clara, Carina, Cecilia, Cynthia, Divia, Delia, Donaïa, Eolia, Emma, Floria, Fiona, Francesca, Graziella, Gloria, Hoda, Isaora, Julia, Lisa, Lolita, Loubna, Léa, Louisa, Lamia, Lilia, Lara, Marissa, Manuella, Mona, Marina, Nadia, Nouria, Ophélia, Olivia, Paola, Rebecca, Rita, Sabina, Sabrina, Serena, Soumia, Silvia, Soumana, Samia, Sonia, Sanaa, Tara, Tatiana, Tamara, Vanessa, Victoria et Violetta.
A ce bataillon déjà bien fourni, on peut rajouter la quasi totalité des étudiantes slaves, dont les prénoms, comme Ekatarina ou Tsvetonka, se terminent presque toujours par "A".
1990 : cette année-là fut bien, même sans grippe, une année "A" !
Résultat des courses, j'enseigne le droit constitutionnel et l'histoire des médias à 8 Laura, 7 Jessica, 5 Alexandra, 4 Maeva et Andréa, 3 Mélissa et Priscilla, 2 Sandra et Laetitia, sans oublier Anouchka, Alina, Alyssia, Ana, Aïda, Amina, Asma, Angelica, Clara, Carina, Cecilia, Cynthia, Divia, Delia, Donaïa, Eolia, Emma, Floria, Fiona, Francesca, Graziella, Gloria, Hoda, Isaora, Julia, Lisa, Lolita, Loubna, Léa, Louisa, Lamia, Lilia, Lara, Marissa, Manuella, Mona, Marina, Nadia, Nouria, Ophélia, Olivia, Paola, Rebecca, Rita, Sabina, Sabrina, Serena, Soumia, Silvia, Soumana, Samia, Sonia, Sanaa, Tara, Tatiana, Tamara, Vanessa, Victoria et Violetta.
A ce bataillon déjà bien fourni, on peut rajouter la quasi totalité des étudiantes slaves, dont les prénoms, comme Ekatarina ou Tsvetonka, se terminent presque toujours par "A".
1990 : cette année-là fut bien, même sans grippe, une année "A" !
24 janvier 2010
5.14 - Béatrix
Le bureau a pris curieusement le nom de la minuscule impasse Béatrix – du nom de la fille d’un roi du Portugal qui épousa en 1521 le Duc de Savoie – îlot de tranquillité entre Borriglione et Théodore de Banville.
Le 5.14 regroupe notamment la rue Cavendish si pentue qu’elle ressemble à un tremplin de saut à ski, la rue Xavier et Joseph De Maistre, deux frères écrivains et voyageurs niçois de la fin du XVIIIe siècle et la malheureuse rue Theuriet martyrisée au fil des ans par les urbanistes de la ville qui l’ont découpé en quatre tronçons en mal d’alignements. Mais le secteur comprend les parties basses du boulevard Auguste Raynaud et de l’avenue Borriglione. En ce qui concerne le premier, je me souviens avec une certaine tendresse – au 5 et au 15 – de deux restaurants aujourd’hui fermés et que j’ai assidûment fréquenté : La torche et La calèche.
Renée, la patronne du second était, par le plus grand des hasards, originaire du même village de Saône et Loire que moi : Cruzille, dans le Mâconnais. Aussi, elle ne manquait jamais une occasion de rappeler qu’elle m’avait connu en culottes courtes… ce qui était à la fois l’exacte vérité et une révélation plus ou moins incongrue en fonction du degré de proximité qui me liait aux personnes qui m’accompagnaient.
La Torche, quant à elle, est associée à un épisode émouvant de ma vie. C’est ici, qu’autour d’une pizza, un jour de printemps en 1999, j’ai demandé à Michèle Mangion de m’accompagner dans l’aventure des municipales. Elle avait fini par accepter, plus par amitié que par ambition, et devint pendant cinq ans une conseillère municipale disponible et enthousiaste avant d’être emportée par une de ces maladies que l’on dit terrible qui ne lui permettra pas de terminer son mandat.
Quant à la partie basse de Borriglione, elle a bien failli m’offrir un aller direct pour le paradis ou l’enfer (en la matière on n’a jamais de certitude…). Une belle matinée d’été, au début des années 2000, sac sur l’épaule et ritournelle aux lèvres, j’allais gaiement à la plage quand, en passant devant l’immeuble qui fait le coin Libération-Borriglione, le fameux « 6-8 » à dômes, un morceau du balcon se détacha de la façade particulièrement délabrée à l’époque, pour me frôler avant de s’écraser à mes pieds. La pierre, de la taille d’un gros pavé, aurait pu, à quelques dizaines de centimètres près, provoquer une élection cantonale partielle…
Un promeneur victime d’une telle négligence aurait probablement porté plainte contre la municipalité propriétaire de l’immeuble en question. Et, même si j’avais fait de nombreuses interventions au conseil municipal, j’ai estimé qu’il aurait été déplacé d’avoir une telle réaction. Je me suis donc contenté de prévenir le cabinet du maire pour que la façade soit purgée. Ce qui fut fait. Restera une belle émotion, quelques considérations métaphysiques sur la fragilité de la condition humaine et un bel article de Philippe Fiametti dans Nice-Matin me présentant comme un miraculé !
21 janvier 2010
Ce matin, il fallait manifester...
Quelques centaines, place Garibaldi, un peu plus à l’arrivée du cortège, place Masséna : la mobilisation en faveur du service public était modeste ce matin. Les absents ont eu tort.
Même si je ne suis pas très favorable à ces journées de grève isolées et aux manifs sans lendemain, je pense qu’il est important aujourd’hui de résister à cette vaste entreprise gouvernementale visant à affaiblir les services publics et les collectivités territoriales.
Si on peut souhaiter une réforme de l’administration – y compris de ses effectifs – en fonction des fluctuations de la demande sociale, il est démagogique de vendre à l’opinion publique des solutions simplistes comme le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Le faire, c’est accréditer l’idée que les services publics seraient une sorte de luxe que la société s’offre en période de croissance et qu’il faut obligatoirement délester en période de crise. Au moment précisément où la solidarité doit jouer à plein à travers les politiques publiques.
Même constat en matière de décentralisation : effectuer des transferts de compétences sans donner aux collectivités les vrais moyens d’assurer ces nouvelles responsabilités revient à surcharger les administrations locales et à réduire le service rendu à la population et singulièrement – c’est le cas au conseil général – aux plus faibles. A l’initiative d’Arnaud Montebourg, le Conseil d’Etat, qui n’est pas vraiment un Soviet, a fait ce constat en condamnant l’Etat pour transfert non compensé.
C’est pour cela que la mobilisation de ce matin était tout sauf rituelle, elle devait être un signe fort envoyé par les citoyens à un gouvernement affaibli mais sans opposition politique véritable.
Sur ce plan, disons que la démonstration n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. Pourtant la mobilisation sociale est indispensable. Tabler sur une probable victoire de l’opposition aux régionales est illusoire : on a pu le constater la dernière fois. Le pouvoir central continuera tranquillement son travail d’affaiblissement des services publics et s’accommodera de Régions gérées par la gauche auxquelles il transférera toujours plus de charges.
Il ne reste plus qu’à espérer que, sur cette question cruciale, les citoyens se réveilleront et que chaud sera le printemps…
P.S. Suite à l'arrestation de militants pacifiques et aux violences qui ont suivi, notamment contre des élus de la République, de la part des forces de police, les élus de Gauche Autrement protestent énergiquement et exigent la sanction de telles pratiques et les excuses de la hiérarchie.
Si on peut souhaiter une réforme de l’administration – y compris de ses effectifs – en fonction des fluctuations de la demande sociale, il est démagogique de vendre à l’opinion publique des solutions simplistes comme le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Le faire, c’est accréditer l’idée que les services publics seraient une sorte de luxe que la société s’offre en période de croissance et qu’il faut obligatoirement délester en période de crise. Au moment précisément où la solidarité doit jouer à plein à travers les politiques publiques.
Même constat en matière de décentralisation : effectuer des transferts de compétences sans donner aux collectivités les vrais moyens d’assurer ces nouvelles responsabilités revient à surcharger les administrations locales et à réduire le service rendu à la population et singulièrement – c’est le cas au conseil général – aux plus faibles. A l’initiative d’Arnaud Montebourg, le Conseil d’Etat, qui n’est pas vraiment un Soviet, a fait ce constat en condamnant l’Etat pour transfert non compensé.
C’est pour cela que la mobilisation de ce matin était tout sauf rituelle, elle devait être un signe fort envoyé par les citoyens à un gouvernement affaibli mais sans opposition politique véritable.
Sur ce plan, disons que la démonstration n’a pas été à la hauteur de l’enjeu. Pourtant la mobilisation sociale est indispensable. Tabler sur une probable victoire de l’opposition aux régionales est illusoire : on a pu le constater la dernière fois. Le pouvoir central continuera tranquillement son travail d’affaiblissement des services publics et s’accommodera de Régions gérées par la gauche auxquelles il transférera toujours plus de charges.
Il ne reste plus qu’à espérer que, sur cette question cruciale, les citoyens se réveilleront et que chaud sera le printemps…
P.S. Suite à l'arrestation de militants pacifiques et aux violences qui ont suivi, notamment contre des élus de la République, de la part des forces de police, les élus de Gauche Autrement protestent énergiquement et exigent la sanction de telles pratiques et les excuses de la hiérarchie.
5.19 - Santa Fior
Lou Souleou
Au-delà de la modeste avenue Santa Fior, le secteur 5.19 est d'abord celui de la famille Bounin. Pas moins de trois rues portent le nom d'un membre de cette dynastie de notables niçois, fabricants d'huile et élus locaux : Claude, Paul et Jacques. Je me souviens du dernier, grand résistant, croisé ici ou là à la fin de sa vie quand il démissionna avec fracas du Conseil municipal en 1977. La plus importante des trois est la rue Paul Bounin qui traverse le quartier de la place Saint-Maurice à l'avenue Saint-Barthélemy. A son extrémité Est, on peut remarquer les volets bleu ciel si caractéristiques du Palais du parc fleuri, un des plus beaux immeubles du canton.Un peu plus loin, au numéro 32, se trouve le Palais Maurice où nous avons failli habiter avant de choisir, in extremis, l’avenue Bardi. Enfin, au 37, Lou Souleou se fait remarquer par une double montée d’escaliers extérieurs très « art moderne » et, il faut bien le dire, un peu étrange.
Au croisement avec le boulevard Gorbella, se trouve le Clos de boules Le Ligouban. Partager pastis, pissaladières, blagues en niçois et anecdotes politiques – de source sûre – dans le « club house » du Ligouban, c’est s’immerger dans cette convivialité à la fois bon enfant et un peu rugueuse si caractéristique de notre ville. Attenant au Clos, quelques courts de tennis font du quartier – avec ceux de Gorbella et du Ray – une sorte de petit Rolland Garros urbain. En face du tennis se trouve le magasin Philips qui a équipé le quartier en téléviseurs et autres home cinéma.
Imbriquées dans le « dispositif Bounin », se trouvent deux paires de voies jumelles : Emilie, rue et avenue, et Patrimoine, avenue et… petite avenue. Ces dernières, du nom d’une compagnie d’assurances qui fut propriétaire du terrain correspondant.
Reste la discrète rue Walkanaer. En me promenant dans cette petite rue, il me plaît d’imaginer que je croise une enfant. Elle a neuf ans, parle une drôle de langue et séjourne avec sa famille dans la villa Rozenn, là-bas, au bout de la rue. Nous sommes en 1882 et, sous le soleil d’hiver, avec ses frères et sœurs, elle se saoule de jeux et de courses folles au milieu des orangers si nombreux dans le quartier. Le papa d’Hélène – c’est son prénom – est en fait Nicolas 1er, prince puis roi du Monténégro. A l’instar des grands souverains européens, celui-ci avait décidé de rejoindre pour quelques mois de villégiature la baie des Anges, quitte à faire quelques infidélités aux si belles Bouches de Kotor, la fierté de son tout petit pays.Quatorze ans plus tard, l’enfant espiègle épouse Victor Emmanuel III et devient reine d’Italie. Les conquêtes mussoliniennes vont même faire de la jeune Monténégrine une reine d’Albanie doublée d’une impératrice d’Ethiopie. Tout cela n’aura qu’un temps et, très vite, après l’abdication de l’époux, viendra l’heure amère de l’exil et la mort en terre étrangère, du côté de Montpellier.
18 janvier 2010
Le "top ten" des films de 2009
Avec un léger retard voilà le top ten des films vus en 2009.
39 films : la moisson est supérieure de 2 unités par rapport à celle de 2008 (12 films français, 10 films américains, 3 anglais, 3 chinois, 2 espagnols, 1suédois, 1 autrichien, 1 palestinien, 1 bulgare, 1 danois, 1 australien, 1coréen et 1 roumain).
Et un podium partagé par Clint Eastwood avec sa nouvelle variation sur le thème de la rédemption, Haneke et sa version du Village des damnés, les maîtres Pedro Almodovar et Woody Allen pour des films qui, tout en étant pas leurs meilleurs, enrichissent deux œuvres majeures du cinéma mondial.
1- Gran torino, Clint Eastwood, USA
2 - Le ruban blanc, Michael Haneke, Autriche
3 - Etreintes brisées, Pedro Almodovar, Espagne
Whatever works, Woody Allen, USA
5 - Looking for Eric, Ken Loach, Grande Bretagne
6 - Thirst, ceci est mon sang, Park Chan Wook, Corée
7 - Fish tank, Andréa Arnold, Grande-Bretagne
8 - Contes de l’âge d’or, Christian Mungiu, Roumanie
9 - Un prophète, Jacques Audiard, France
10 - Carte des sons à Tokyo, Isabel Coixet, Espagne
39 films : la moisson est supérieure de 2 unités par rapport à celle de 2008 (12 films français, 10 films américains, 3 anglais, 3 chinois, 2 espagnols, 1suédois, 1 autrichien, 1 palestinien, 1 bulgare, 1 danois, 1 australien, 1coréen et 1 roumain).
Et un podium partagé par Clint Eastwood avec sa nouvelle variation sur le thème de la rédemption, Haneke et sa version du Village des damnés, les maîtres Pedro Almodovar et Woody Allen pour des films qui, tout en étant pas leurs meilleurs, enrichissent deux œuvres majeures du cinéma mondial.
1- Gran torino, Clint Eastwood, USA
2 - Le ruban blanc, Michael Haneke, Autriche
3 - Etreintes brisées, Pedro Almodovar, Espagne
Whatever works, Woody Allen, USA
5 - Looking for Eric, Ken Loach, Grande Bretagne
6 - Thirst, ceci est mon sang, Park Chan Wook, Corée
7 - Fish tank, Andréa Arnold, Grande-Bretagne
8 - Contes de l’âge d’or, Christian Mungiu, Roumanie
9 - Un prophète, Jacques Audiard, France
10 - Carte des sons à Tokyo, Isabel Coixet, Espagne
16 janvier 2010
5.09 – Sévigné
Le secteur regroupe à la fois la partie haute du Boulevard Auguste Raynaud (encore un maire de Nice…) et le quadrilatère bordé par les rues Castellane, Chantal, Montclar, Sévigné et Symiane, sous la bienveillante protection de l’Évêché qui domine l’ensemble au sommet d’une toute petite colline. En réalité, cet espace correspond à l’ancienne propriété des comtes de Cessole et chaque nom de rue est en fait celui d’une famille apparentée. Et si Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, fait partie de la distribution, c’est que sa fille, celle avec laquelle elle correspondait avec tant d’assiduité, était tout simplement l’épouse du marquis de Grignan, parent des Cessole et gouverneur de Provence. A ce titre, il eut d’ailleurs sous sa juridiction le Comté de Nice pendant l’occupation des troupes de Louis XIV.
Ces rues paisibles regroupent une quantité surprenante de villas toutes plus étonnantes les unes que les autres : pâtisseries roses, castels ocres, pavillons mauves ou vert tendre, faux manoirs à la silhouette hitchcockienne. Les balcons peuvent avoir des pilastres bleu turquoise ou des encadrements jaune pâle. Les frises, comme souvent à Nice-Nord, sont d’une grande richesse et les charpentes sont incroyablement sophistiquées. Au 28 de la rue Castelane, une rotonde épouse une pyramide aztèque, un peu plus loin, dans le repli d’une façade tourmentée, on peut apercevoir le buste d’une jeune personne qui tente de nous raconter une histoire que l’on devine chargée d’émotion. Entre les deux, une villa « Le désir » alimente tous les fantasmes.
Le Boulevard Auguste Raynaud, lui, me rappelle la bataille homérique que j’avais engagée lors du premier mandat de Jacques Peyrat pour réduire le nombre de panneaux publicitaires qui pullulaient sur cet axe, aveuglant parfois des façades entières. Intervention musclée au conseil municipal, multiples réunions d’une commission ad hoc, négociations tous azimuts avec les professionnels et les propriétaires, nouveau règlement de publicité… Tout ça pour un résultat décevant : seuls quelques panneaux disparurent. Il est vrai – particularisme très niçois – que, membre de la commission chargée de négocier avec les affichistes au nom de la Mairie, j’avais retrouvé avec stupeur… un adjoint au maire, lui-même affichiste, dans la délégation des professionnels…
Auguste Raynaud est aussi le boulevard des entreprises de pompes funèbres. Ce qui complique un peu mes tournées électorales dans le secteur. Souhaiter, comme aux autres commerçants, aux responsables de ces entreprises, des affaires prospères et beaucoup de clientèle est en effet un peu difficile. Avec mes amis, nous nous en sortons généralement avec un sourire un peu forcé , quelques considérations juridiques sur le monopole et une ou deux de ces approximations météorologiques qui nous sauvent souvent de tant de situations gênantes.
Enfin, c’est tout au nord du boulevard, pas loin d’un des rares endroits où un panneau publicitaire fut supprimé, que se trouve la maison de Gérard Gastinel. Compositeur reconnu, cuisinier hors pair et voisin particulièrement sympathique, il fut aussi l’éphémère directeur du Conservatoire national de région de Nice. Subissant le sort que l’on réserve parfois dans notre ville aux talents extérieurs, il fut écarté sans ménagement pour d’obscures raisons liées à la géopolitique locale. Il n’en demeure pas moins qu’on lui devrait l’essentiel de la réussite que constitue le nouveau bâtiment du Conservatoire qu’il avait largement inspiré grâce à son expérience, son talent… et sa disponibilité de placardisé.
Enfin, c’est tout au nord du boulevard, pas loin d’un des rares endroits où un panneau publicitaire fut supprimé, que se trouve la maison de Gérard Gastinel. Compositeur reconnu, cuisinier hors pair et voisin particulièrement sympathique, il fut aussi l’éphémère directeur du Conservatoire national de région de Nice. Subissant le sort que l’on réserve parfois dans notre ville aux talents extérieurs, il fut écarté sans ménagement pour d’obscures raisons liées à la géopolitique locale. Il n’en demeure pas moins qu’on lui devrait l’essentiel de la réussite que constitue le nouveau bâtiment du Conservatoire qu’il avait largement inspiré grâce à son expérience, son talent… et sa disponibilité de placardisé.
Sur la situation des demandeurs d'asile du 51 avenue Clément Roassal à Nice, voir le blog de Dominique Boy-Mottard.
14 janvier 2010
Disparition à la galerie Depardieu
Christian est un (vrai) agitateur d’idées. Expositions, performances et événements se succèdent à un rythme effrené dans sa galerie du boulevard Risso où nous avions célébré, il n’y a pas si longtemps, l’Europe et la victoire d’Obama.
L’exposition du jour a pour auteur Jean-Pierre Giovanelli et s’intitule La disparition : au milieu de la salle, une demi-douzaine de burqas bleues et quelques keffiehs noirs suspendus semblent flotter dans les airs. Une ombre blanche habitée se faufile entre les pièces exposées et les spectateurs, et la musique orientale du groupe « Ronde du Monde » accompagne cet étrange assemblage.
En ces temps de polémiques sur la burqa, l’exposition aurait pu se résumer en une provocation un peu vaine et un tantinet opportuniste. L’ambition de Giovanelli est tout autre, il s’agit de prendre le vêtement-prison comme une métaphore de la disparition en essayant de répondre à trois questions : peut-on représenter la disparition ? peut-on la montrer dans une œuvre d’art ? que représente-t-elle, la disparition ?
Pour lui, « la disparition n’est pas simplement la fin où la mort de ce qui apparaît et permet de voir mais une essentielle plissure, quasiment un double spectral… » (Simone Regazzoni).
Frôler le temps de quelques allers-retours ces spectres bleus vous fait prendre conscience que ce vêtement n’est pas contrainte mais négation. Disparition.
Et c’est ainsi que vous passez de la colère et de la révolte a une infinie tristesse… Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Sous le coup de l’émotion, j’avoue que je n’en sais rien. Mais savoir est-ce si important ?
L’exposition du jour a pour auteur Jean-Pierre Giovanelli et s’intitule La disparition : au milieu de la salle, une demi-douzaine de burqas bleues et quelques keffiehs noirs suspendus semblent flotter dans les airs. Une ombre blanche habitée se faufile entre les pièces exposées et les spectateurs, et la musique orientale du groupe « Ronde du Monde » accompagne cet étrange assemblage.
En ces temps de polémiques sur la burqa, l’exposition aurait pu se résumer en une provocation un peu vaine et un tantinet opportuniste. L’ambition de Giovanelli est tout autre, il s’agit de prendre le vêtement-prison comme une métaphore de la disparition en essayant de répondre à trois questions : peut-on représenter la disparition ? peut-on la montrer dans une œuvre d’art ? que représente-t-elle, la disparition ?
Pour lui, « la disparition n’est pas simplement la fin où la mort de ce qui apparaît et permet de voir mais une essentielle plissure, quasiment un double spectral… » (Simone Regazzoni).
Frôler le temps de quelques allers-retours ces spectres bleus vous fait prendre conscience que ce vêtement n’est pas contrainte mais négation. Disparition.
Et c’est ainsi que vous passez de la colère et de la révolte a une infinie tristesse… Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Sous le coup de l’émotion, j’avoue que je n’en sais rien. Mais savoir est-ce si important ?
Le galeriste et l'artiste
12 janvier 2010
Maud, Louise et Delphine sont orphelines

Eric Rohmer va nous manquer, lui l’éternel jeune vieil homme d’un cinéma français saturé par tant de vieux jeunes hommes.
Le hasard (?) a voulu que sa mort intervienne au cours d’une période où je revisitais l’ensemble de son œuvre, une filmographie à la fois simple et sophistiquée, située et universelle, cérébrale et sensuelle…
Le hasard (?) a voulu que sa mort intervienne au cours d’une période où je revisitais l’ensemble de son œuvre, une filmographie à la fois simple et sophistiquée, située et universelle, cérébrale et sensuelle…
Avec lui, des histoires de tous les jours, des amours ordinaires, devenaient par surprise, sans que l’on sache vraiment pourquoi, de subtiles et émouvantes variations sur le sentiment amoureux.
Et si, au lieu de m’embarquer dans de savantes analyses esthético-philosophiques largement développées par d’autres (et avec talent ! bravo pour les dix pages, dont la Une, de Libération), je laisse parler mon cœur, c’est à trois de ces personnages de jeunes femmes qui illuminent le cinéma de Rohmer que je pense.
Maud (Françoise Fabian) dans Ma nuit chez Maud, Louise (Pascale Ogier) dans Les nuits de la pleine lune et Delphine (Marie Rivière) dans Le rayon vert.
Belles même quand elles ne sont pas jolies, pétries de contradictions, souvent exaspérantes, parfois manipulatrices, on les aime car, obstinées et exigeantes, elles ne renoncent jamais à cette liberté sans laquelle il n’y a pas d’amour possible.
Désormais, elles seront orphelines…
10 janvier 2010
Et une ! Et deux ! Et trois Prom'classic !

La course à pied est une école d’humilité. Au départ de ma troisième Prom’Classic, j’étais persuadé de battre facilement mes performances de 2008 et 2009. En réalité, j’ai dû batailler ferme pour améliorer mon record de seulement… 26 secondes (54’06 en temps officiel et 53’37 en temps réel). L’honneur est sauf mais de justesse.
Cela dit une fois de plus la fête fut réussie.
A commencer par les retrouvailles avec l’équipe du CG à la Maison du Département avec Cathy (et son inaltérable bonne humeur), Bertrand, Benoît (nous terminerons tous les trois dans un mouchoir de poche) et les autres.
Au départ, je n’ai pas eu le temps de regretter l’absence de Laurent et de Clotilde pas encore rentrés de Madagascar que j’avais déjà le plaisir de retrouver Gilles, un autre globe-trotter, de retour du Brésil la veille au soir.
Peu de chose à dire sur la course elle-même qui, sous un ciel plombé, se déroula trop rapidement pour me permettre d’emmagasiner rencontres et anecdotes. Juste une petite contrariété : un peu avant la mi-course un concurrent me demande avec l’assurance de ceux qui savent si j’avais « un polar »… Interloqué je me suis longuement interrogé sur le fait de savoir si ce jeune homme était un amateur de romans policiers en manque ou un apprenti alpiniste frôlant l’hypothermie avant de découvrir à l’arrivée que je n’étais pas encore un vrai pro de la course de fond.
Pour conclure un mot sur deux perfs. Celle de Claudio (51’) qui désormais partage ses loisirs entre deux activités : la semaine il bougonne sur son blog et le dimanche il explose les chronos… Bravo aussi à l’autre concurrent « autrement », Laurent Flipo et à son stratosphérique 46’09. Si une méchante langue vous glisse au creux de l’oreille que son jeune fils encore cadet a fait mieux(43’) surtout de l’écoutez pas… Parce que c’est vrai !
Cela dit une fois de plus la fête fut réussie.
A commencer par les retrouvailles avec l’équipe du CG à la Maison du Département avec Cathy (et son inaltérable bonne humeur), Bertrand, Benoît (nous terminerons tous les trois dans un mouchoir de poche) et les autres.
Au départ, je n’ai pas eu le temps de regretter l’absence de Laurent et de Clotilde pas encore rentrés de Madagascar que j’avais déjà le plaisir de retrouver Gilles, un autre globe-trotter, de retour du Brésil la veille au soir.
Peu de chose à dire sur la course elle-même qui, sous un ciel plombé, se déroula trop rapidement pour me permettre d’emmagasiner rencontres et anecdotes. Juste une petite contrariété : un peu avant la mi-course un concurrent me demande avec l’assurance de ceux qui savent si j’avais « un polar »… Interloqué je me suis longuement interrogé sur le fait de savoir si ce jeune homme était un amateur de romans policiers en manque ou un apprenti alpiniste frôlant l’hypothermie avant de découvrir à l’arrivée que je n’étais pas encore un vrai pro de la course de fond.
Pour conclure un mot sur deux perfs. Celle de Claudio (51’) qui désormais partage ses loisirs entre deux activités : la semaine il bougonne sur son blog et le dimanche il explose les chronos… Bravo aussi à l’autre concurrent « autrement », Laurent Flipo et à son stratosphérique 46’09. Si une méchante langue vous glisse au creux de l’oreille que son jeune fils encore cadet a fait mieux(43’) surtout de l’écoutez pas… Parce que c’est vrai !
Concentré... (photo DBM) ou dubitatif... (photo Jalila)
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