04 janvier 2012

Big brother aime le goulash


Budapest, avenue Andrassy, août 2010

Pour les manifestants de l’avenue Andrássy, les Champs Elysées de Budapest (qui m’ont servi, il y a deux ans, de piste… d’entraînement, voir, sur ce blog, « A Budapest, le beau Danube est bleu »), le vote et la promulgation de la nouvelle constitution hongroise font basculer le pays dans un monde qui s’apparente à l’univers de George Orwell.

Sous la houlette de l’ex-dissident Viktor Orban – qui a mal vieilli – le parti majoritaire FIDESZ a profité de son succès électoral de 2010 pour profondément modifier la Constitution de ce qui n’est plus officiellement la République hongroise mais la Hongrie (éternelle et chrétienne !).

Désormais, l’Exécutif peut tout contrôler : la presse, la justice, les médias, la Banque centrale, la Cour constitutionnelle et même le Parlement grâce à un article 49 local qui permet désormais l’adoption de lois sans débat.

Les privilégiés vont être avantagés par un système fiscal gravé dans le marbre de la Constitution (impôt sur le revenu à taux unique de 16% pour tous), texte où l’on considère, entre autres, que l’embryon est un être humain dès la conception.

Encore plus dangereux, les Hongrois de souche à l’étranger (notamment ceux appartenant à des minorités des pays voisins comme la Slovaquie, la Serbie ou la Roumanie) pourront voter en Hongrie, ce qui ne manquera pas de les isoler dans leur pays.

Face à une agression aussi caractérisée contre les valeurs démocratiques qui en principe cimentent l’Europe, on pouvait attendre une vigoureuse réaction de Bruxelles. Il n’en a rien été. L’Union Européenne si donneuse de leçons quand il s’agit d’économie est restée coite quand il aurait fallu défendre les libertés fondamentales et la démocratie.

Je suis de ceux qui pensent que l’Europe institutionnelle, malgré sa faiblesse et ses contradictions, a probablement accéléré le processus de démocratisation dans le Sud du continent et bien sûr dans l’Est communiste, tout en empêchant quelques guerres civiles (à la dramatique exception de la Yougoslavie).

Ne pas réagir aujourd’hui à l’agression d’Orban, ce serait tout simplement un reniement pour l’Union Européenne. Economiquement inefficace et socialement aléatoire, on peut se demander à quoi servirait le modèle européen s’il ne défendait pas l’Etat de Droit et les libertés.

Il faut exclure la Hongrie de l’Europe pour mieux préparer le retour de la République hongroise dans l’Union Européenne. Les manifestants de l’avenue Andrassy ne demandent pas autre chose. Ecoutons-les.

Voir aussi sur le blog de Dominique Boy Mottard, Syndrome de Budapest : piqûre de rappel.

02 janvier 2012

Retroblog 2011

83 830 visites en douze mois pour 152 billets engendrent 1192 commentaires : à l’évidence, auteur et lecteurs de ce blog ont bien travaillé en 2011.

Quelques éléments statistiques :

- Chaque billet a eu 551lecteurs et 8 commentaires en moyenne.

- Près de 15% du lectorat est originaires d’Ile-de-France et de Paris (on peut supposer que la diaspora niçoise y est particulièrement active…).

- Les vingt commentateurs les plus prolixes sont :

1. Emmanuel, 198 commentaires (ce qui constitue un record annuel)
2. Cléo/Véro, 134
3. Bernard Gaignier, 90
4. Alain D, 43
5. Les brouillons de Cendrillon,40
6. Dominique Boy Mottard, 36
7. @@, 32
8. Claudio, 30
    Helyette, 30
10. Antoine, 25
11. Sami, 20
12. Le mouton enragé, 15
13 : Richard, 14
14. Jean-Pierre LM, 13
      Clotilde, 13
16. Alexandre, 12
17. Antonin, 11
      Segurano, 11
19. Pénélope, 10
      Sylvie, 10

- Il y a eu seulement 168 commentaires anonymes sur les 1190 soit environ 14%. 90 contributeurs, par contre, ont refusé l’anonymat.

- Les cinq billets les plus discutés sont révélateurs de la diversité que j’ai voulu pour ce blog (sport, politique nationale, culture, politique locale, voyages,politique internationale,cinéma) :



1. Master Federer (27/11) : 36 commentaires
    Mon hat trick (28/03) : 29 commentaires
    Des vœux comme s’il en pleuvait (25/12) : 29 commentaires

Ce billet-bilan n’est qu’un hors-d’œuvre car, aux alentours du 15 janvier, j’aurai le plaisir de publier le 1000e billet de ce blog, ce qui me donnera l’occasion de faire une étude quantitative et qualitative portant sur ses six années d’existence dont la création remonte au 10 janvier 2006.

Par conséquent, je vous donne rendez-vous pour ce millième.

A bientôt.

31 décembre 2011

Pace é salute, que vive 2012 !



Haute-Corse. Ciel bleu et soleil d'hiver, entre Rutali et le col Santu  Stefanu, en plein maquis, sur le promontoire en pierre où l'ami Bernard aime à méditer le reste de l'année, nous pouvons apercevoir le golfe de Saint-Florenl, l'étang de Bigluglia, l'île d'Elbe et, un peu comme un cadeau inattendu, sur la ligne d'horizon, la côte italienne.

Un rapace brun survole ce lieu chargé d'Histoire et d'aventures humaines. Il est 11  heures 30 et 2011 n'en a plus que pour quelques heures.

Pace é salute pour tous les lecteurs de ce blog. Et que vive 2012  !

25 décembre 2011

Des vœux comme s’il en pleuvait



Pendant cette période intermédiaire un peu mollassonne entre les « miracles »  de Noël et la fête obligatoire du Nouvel An, rien ne nous empêche de nous occuper en faisant des vœux pour l’année prochaine. Je me suis effectivement livré à cet exercice. Voilà le résultat de mon top 10 + 1.

Je souhaite :

1. que le Conseil d’Etat confirme l’annulation de l’élection dans le 7e canton de Nice et que Dominique gagne la partielle qui suivra, ce qui permettrait de réparer une grande injustice ;

2. que la sublimissime andouillette du Pantaï conserve son quintuple A ;

3. que Roger Fédérer gagne à nouveau Wimbledon et redevienne dans la foulée n° 1 ;

4. que dans les élections organisées en 2012 dans les pays du Printemps arabe, les islamistes soient partout en recul ;

5. que, convaincu par les arguments du conseiller général du 5e canton, le maire de Nice utilise les terrains libérés par le stade du Ray pour réaliser un petit Central Park à la niçoise ;

6. que l’Olympique Lyonnais redevienne champion de France et que le Gym, au prix d’un sprint effréné, réussisse à se qualifier pour la Coupe d’Europe (Mouloungui étant sacré meilleur joueur de l’année) ;

7. qu’Almodovar gagne enfin une Palme d’or, remise par Woody Allen annonçant le tournage de son prochain film à Nice Nord ;

8. que François Hollande gagne la Présidentielle et nomme dans la foulée Benoît Hamon ambassadeur en Ossétie du Sud ;

9. que l’ancienne Gare du Sud soit finalement dédiée à la culture, la riveraine Ultra Violet acceptant d’en faire un lieu de reputation mondiale consacré au Pop Art et à Andy Warhol ;

10. qu’Obama soir à nouveau Président avec un programme qui supprime définitivement la peine de mort sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis.

Et, en supplément, un petit onzième : que le dénommé Bernard Gaignier arrête de faire des jeux de mots tout pourris sur ce blog qui a quand même une certaine tenue. !

J’ai joué le jeu. Et vous, quels sont vos vœux ?

21 décembre 2011

KKF : Connectif Keskon Fabrique


L’adjointe en titre étant aux abonnés absents et les projets phares repoussés aux calendes grecques (mais où est donc passée Sophie Duez ?), la politique culturelle de la municipalité semble sommeiller. Pour autant, la culture à Nice est bien vivante grâce aux multiples initiatives individuelles ou associatives qui en font la richesse.

C’est ainsi, par exemple, que notre ami « autrement » Christian Depardieu multiplie les expositions « Hors les murs » (en clair…dans son appartement et c’est remarquable) en attendant de retrouver un lieu digne de la mythique galerie du Boulevard Risso.

Avec une autre démarche, on peut saluer le travail du collectif South Art dont les principaux responsables habitent, comme la plasticienne Cynthia Lemesle, dans le 5ème canton. Ils proposent un ambitieux programme d’expositions à l’atelier Soardi.

Mais aujourd’hui, c’est d’une toute nouvelle association et d’un tout nouveau lieu dont j’ai envie de parler. Le collectif (Heu… ! excusez-moi plutôt le « connectif » puisqu’il s’agit de jouer la carte de l’interactivité avec le public ) KKF a créé un atelier, plate-forme de diffusion, galerie, « Keskon Fabrique » au 3,rue Molière ,à trois pas de la permanence. Aux commandes, deux artistes, David Galimant et Nicolas Pennaneac’h, et une professionnelle de la culture (qui fut dans une autre vie mon étudiante), Marie Nicola.

Le lieu est convivial et décalé (visite incontournable des toilettes !) tout en restant clean et pro. Les trois séries d’expositions que j’ai eu le plaisir de visiter étaient plus ludiques que conceptuelles ce qui, en matière d’art contemporain, me convient parfaitement.
Un des responsables étant par ailleurs éducateur spécialisé, certaines activités de Keskon Fabrique ont une finalité sociale à travers notamment un partenariat avec ACTES.

Il est donc impératif de faire vivre ce nouveau lieu. Nous avons d’ailleurs donné l’exemple lors de notre dernier passage avec Emmanuel en devenant les 26 et 27èmes adhérents de KKF.


18 décembre 2011

Merci Vaclav


Milan Kundera avait dit que ta vie était une oeuvre d'art... En fait, elle fut beaucoup plus que cela.

Petite flamme humaniste dans les petits matins sales de Prague, tu as fait en sorte que Jan Palach ne soit pas mort en vain.

Pour les femmes et les hommes de ma génération, tu es celui qui, du manifeste de la Charte 77 au divorce de Velours, nous a appris qu'il fallait combattre les systèmes pour ne pas trop désespérer de la nature humaine.

Pour cela, merci Vaclav.

Ce soir, on a le  cœur gros sur la place Vencenslas.

Ce soir, nous sommes tous sur la place Vencenslas.

Le Gym gagne à chaque fois





Pour la troisième fois de la saison, je me suis rendu au Ray où, avec José et Sami, j’ai assisté une nouvelle fois à la victoire du Gym (2-0). Accompagné de Dominique, j’avais, il y a quinze jours, vu le triomphe des Rouges et Noirs sur Rennes (2-0). Plus tôt dans la saison, c’est avec l’ami Emmanuel que je fus le témoin heureux du net succès des aiglons sur les girondins de Bordeaux (3-0). Du coup, le bilan (trois victoires, sept buts marqués, zéro encaissé) est plutôt flatteur. Il est erroné.

Le Gym en effet se trouve dans les profondeurs du classement et n’a gagné que… quatre fois ! Je ne peux donc pas m’empêcher de penser que, quelque part, je porte bonheur à cette équipe.

C’est normal car, contrairement  à l’opinion commune, je suis persuadé que Nice va éviter la ligue 2 tout en réalisant un beau parcours dans une des Coupes.

Cela dit, par prudence,j’essaierai quand même d’être présent dans les tribunes du Ray pour le prochain match du Gym, sinon le Président José est capable de me poursuivre pour désertion… 

16 décembre 2011

Un parfum de présidentielles




 Encore sous le charme de la soirée Gauche Autrement (voir le blog de Dominique), je me retrouve ce matin en séance plénière au conseil général, assis entre le débonnaire premier magistrat de Carros, Antoine Damiani, et le mythique ex-pilote de formule 1 (Ferrari, excusez du peu…), Patrick Tambay. Il s’agit de débattre et de voter le budget 2012 de notre institution bien malmenée à la fois par l’Etat et la crise.

Avec une autonomie fiscale réduite à néant, le département doit en effet financer toujours plus de compétences sans compensations financières. Si on ajoute à cela les effets dévastateurs de la crise, on comprendra aisément que le financement des missions du département est en grande difficulté. C’est donc sans surprise que notre groupe a voté contre ce BP (budget primitif) 2012.

Plus étonnante fut la réponse du Président à ce vote. A la fois élu national, comptable des effets de la politique départementale, et président d’une collectivité locale qui souffre de cette politique, Eric Ciotti échappe généralement à la crise de schizophrénie par une pratique consommée du grand écart. Pourtant, ce matin, le Président était fébrile : il lui faudra plus de trois quarts d’heure pour argumenter, justifier, béatifier la politique nationale. Et c’est un peu comme si un parfum entêtant de présidentielle avait envahi l’hémicycle.

Pour ce qui me concerne, mes interventions se sont concentrées sur les politiques de la famille et de l’enfance (abstention), des personnes âgées (abstention) et des handicapés (vote favorable). Le débat sur la politique culturelle m’a permis quant à lui de plaider pour une augmentation substantielle du Fonds de soutien au programme cinématographique et audiovisuel pour que notre département soit à la hauteur de son histoire et de son potentiel en matière de septième art (le Président s’est engagé à revoir le budget en cours d’année).

Les débats autour de la Métropole (voir sur ce blog « Metropolis ») et de l’OIN furent les autres points forts de la séance. Deux sujets majeurs sur lesquels bien sûr nous reviendrons au cours de nos rendez-vous du vendredi à la permanence. Mais là encore, n’en doutons pas, ces deux projets seront impactés par les présidentielles. Encore les présidentielles.

14 décembre 2011

Il y a tout juste un mois…



 Liège, l'Archéoforum

Nous sommes d’autant plus touchés par le drame qui vient de frapper Liège qu’il y a tout juste un mois nous étions sur cette place Saint-Lambert, au milieu des matériaux qui devaient permettre de monter ce marché de Noël qui aurait dû être inauguré aujourd’hui. Nous nous sommes également retrouvés très vite sous la place car le sous-sol du centre de la ville historique est un curieux et mystérieux patchwork de vestiges préhistoriques, gallo-romains  et médiévaux regroupés dans le plus grand « archéoforum » d’Europe.

Silence en dessous, calme au-dessus : rien ne laissait supposer un tel déchaînement de violence avec une place si paisible. Si ce n’est que depuis la tragédie norvégienne du début de l’été, nous avons compris que notre monde est fragile et comme à la merci d’un terrorisme sans cause d’autant plus implacable que son évanescence même décourage toute tentative sérieuse de résistance.

11 décembre 2011

Le glögg n’est pas un produit dopant



Redescendu des hauteurs du Baou (voir sur ce blog « La rédemption par le Baou »), j’ai pu reprendre doucement l’entraînement. Ce qui s’est concrétisé ce week-end par ma participation à deux épreuves sportives.

Samedi, avec l’aide de la famille Delansay presque au complet, j’ai participé à la traditionnelle procession nocturne de la Sainte Lucie organisée par l’association Colline Saint Barthélemy - Le Prieuré : départ tranquille square Boyer, montée en puissance tout au long de l’avenue Saint Barthélemy, ravitaillement au Prieuré avec distribution de lumignons (Renaud sera notre champion), virage en épingle plutôt délicat avant d’aborder la rude montée en direction de l’avenue Lorenzi, enfin la dernière ligne droite en longeant le cimetière avant le sprint final sur le parvis de l’église.

Comme pour nous récompenser d’avoir surmonté avec courage l’épreuve, les organisateurs nous avaient réservé deux surprises : un concert de la chorale suédoise qui nous accompagnait depuis le début de la soirée et, dans les jardins du cloître, un verre de glögg, le vin chaud suédois aux épices. D’ailleurs, tant quà faire dans le Noël exotique, je suggère au président Lépine d’accompagner l’année prochaine le glögg de quelques « doubitchous roulés sous aisselles » d’un célèbre Père Noël !

Dimanche, c’est, accompagné d’une partie du clan d’Antoine que je me suis élancé pour les 11 kilomètres du cross d’Amnesty International à Valbonne : l’occasion de retrouver en compétition de nombreux copains dont la marathon woman Clotilde, le plaisir d’apprécier le sérieux de l’organisation par les militants d’A.I., et le bonheur de parcourir le scenic railway de l’épreuve à travers les bois de Sophia si apaisant pour les coureurs citadins que nous sommes. Et, rééditant presque mon temps de l’an dernier (voir sur ce blog « Sophia Antipolis stories »), je suis évidemment très satisfait des résultats de cette deuxième épreuve du week-end.

Un bémol toutefois : si samedi j’ai réussi à devancer légèrement Emmanuel grâce à un cassé de corps devant le portail de l’église, dimanche, Antoine et sa progéniture sont arrivés avant moi. J’ai donc la certitude que le glögg n’est pas un produit dopant…


09 décembre 2011

14 mai 2011 : le black Saturday d’une certaine droite

Les révélations de Libération démontrent que, quelques heures avant l’arrestation de DSK, le 14 mai 2011 à New York, deux hauts fonctionnaires français (un du Quai d’Orsay, l’autre du ministère de la Justice) ont téléphoné au procureur américain pour lui fourguer l’affaire du Carlton (pourtant en instruction) et l’histoire de Tristane Banon (au réfrigérateur depuis des années).

Ainsi, on peut avoir une idée assez précise du scénario imaginé par certaines officines liées à la droite française dans la perspective des prochaines présidentielles. Il s’agissait d’attendre bien sagement que DSK soit investi triomphalement dans le cadre des primaires de la gauche pour faire éclater un certain nombre d’affaires (comme les deux susnommées) qui auraient discrédité le candidat que la gauche s’était choisi. Malheureusement pour ces stratèges de l’ombre, l’affaire du Sofitel a bouleversé la donne.

DSK piégé, le choix a probablement été fait dans la hâte de l’éliminer définitivement, d’où les coups de téléphone. Mais il était bien trop tôt et du coup la gauche a eu le temps de se remettre de ce traumatisme, d’organiser les primaires, et de se choisir un candidat qu’il sera beaucoup plus difficile de déstabiliser que l’ancien directeur du FMI.

Et si Nicolas Sarkozy est battu, la droite française (je serais tenté de dire une certaine droite car il me répugne de mettre tout le monde dans le même sac…) pourra considérer le 14 mai 2011 comme un Samedi noir…

Voir, sur le blog de Dominique Boy Mottard, à propos de la fédération socialiste du Pas-de-Calais, "Solder les comptes".

08 décembre 2011

L’OL est éternel


C’était plié : pour la première fois depuis neuf ans, l’OL n’allait pas se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Dans le groupe D, derrière l’intouchable Real de Madrid, le deuxième qualifié devait être l’Ajax d’Amsterdam qui bénéficiait d’un goal-average de 7 buts. Du coup, la télé avait délaissé le match de l’OL contre Zagreb. Moi-même, j’ai préféré à la Champions league  une soirée dans un restaurant du quartier (Lou Pantaï… excellent !).

A la mi-temps, je jette quand même un petit coup d’œil sur Internet pour avoir confirmation de l’élimination programmée, le score de 1 à 1 est en effet peu encourageant. Par acquis de conscience, je reviens à la charge dix minutes plus tard et là, je crois avoir la berlue : en menant 5 buts à 1, Lyon a transpercé la défense croate. Puis c’est 6-1 et 7-1 : quatre buts de Gomis (j’aime ce joueur qui fait comme moi des crises vagales de temps en temps), un de Gonalons, un de Lissandro, un de Briand.

Et comme parallèlement, à Amsterdam, les galactiques du Real ont terrassé l’Ajax 3-0, la qualification est acquise.

L’exploit est phé-no-mé-nal. N’en déplaise à la presse spécialisée qui a une préférence marquée pour le PSG et l’OM, Lyon est de retour. L’OL est éternel !

04 décembre 2011

Vive Le petit journal !



Je m’amuse de moins en moins en regardant Les Guignols de l’Info, je zappe Canteloup et je ne suis pas un grand fan de Laurent Gerra ou d’Anne Roumanoff. Vous l’avez compris, je suis plutôt exigeant en matière de comique satirique politique. Au mieux, ces émissions ne me font pas rire, au pire, elles m’exaspèrent, par exemple quand elles s’en prennent au physique des personnes. Mais surtout, la plupart du temps, j’estime qu’à l’instar du Bébête show de sinistre mémoire, elles alimentent un fond de démagogie ambiante qui profite à qui vous savez.

C’est pour cela que non seulement j’apprécie mais je trouve utile Le petit journal présenté par Yann Barthès chaque soir à 20 h 05 sur Canal +. Là, il s’agit de dénoncer les artifices de la communication politique, les ridicules de la langue de bois et le foutage de gueule généralisé des médias lorsqu’il s’agit de vie publique.

Le trait n’est jamais appuyé, il n’en est que plus efficace. Le petit journal, c’est de la légitime défense démocratique. Et c’est souvent désopilant. En démasquant les faux-semblants, le bling-bling et les petites escroqueries morales des puissants et des médiatiques, l’émission est d’intérêt public.

C’est ainsi que cette semaine la supercherie des journées thématiques de débat entre élus et société civile de l’UMP a été démontée avec précision par Yann Barthès. Les questions, les réponses, les intervenants : tout avait été scénarisé pour impressionner ces gogos d’électeurs. Du coup, après avoir vu la séquence, on avait l’impression d’avoir pris le grand parti du Président les doigts dans le pot de confiture. Ça ne changera pas la face du monde, mais il faut reconnaître que ça fait du bien. Merci, Le petit journal !

01 décembre 2011

E=mc2

Il en est des lois de l'appareil comme des lois mathématiques : elles sont immuables et donnent invariablement les mêmes résultats.

C'est donc tout à fait normalement que les candidats du PS aux législatives choisis par l'appareil et les courants (voir mon billet "Les courants et la peau de l'ours") ont été désignés ce soir par le vote dit "militant". C'est toujours comme cela.

C'est ce que je rappelle régulièrement aux nombreux sympathisants de gauche qui me demandent encore pourquoi je ne suis pas allé au vote avant les municipales de 2008...

30 novembre 2011

Ana Sofia, Anastasia, Anna et Hobi se sont engagées



 Il y a quelques semaines, Hobi, étudiante malgache en L3 - LEA (3e année de licence, Langues étrangères appliquées), a une idée : installer un stand de l’UNICEF dans le hall de la Faculté des Lettres pour sensibiliser les étudiants à la condition des enfants dans le monde tout en recueillant des fonds pour l’organisation internationale en profitant des fêtes de fin d’année. Ana Sofia, niçoise de Nice Nord, va vite être convaincue par le projet de sa copine d’amphi et devenir la porte-parole du groupe en sensibilisant avec pédagogie les amphis. Puis Anna, la Slovaque de Kosice (voir mon billet « Le beau Danube est bleu ») et Anastasia, originaire d’une petite ville à l’est de Moscou, ont rapidement complété l’équipe.

Les quatre sont mes étudiantes et je suis très fier d’elles. En effet, j’en ai plus qu’assez des « contes de Noël » frelatés que les médias nous vendent en période des fêtes (voir le billet de Dominique « Je ne crois plus au Père Noël »). Une démagogie destinée à donner bonne conscience sur la base de cas individuels et isolés instrumentalisés pour l’occasion.

Je préfère de loin la démarche des ces étudiantes qui, en apportant leur concours à l’action d’une agence de l’ONU, ont préféré privilégier la solidarité à la charité.

Bien sûr, elles ne verront jamais le sourire des enfants qui seront aidés grâce à leurs actions et aux multiples ventes qu’elles vont réaliser d’ici Noël. Et pourtant, ce sont elles qui ont raison en faisant le choix de l’humanisme contre celui de la pleurnicherie médiatisée.

Et même, si le mot n’est plus trop en odeur de sainteté chez les clercs qui font l’opinion, elles méritent notre respect car elles sont engagées. Bravo les filles !


27 novembre 2011

Master Federer


Yes ! Il est 21 h 05 et Roger Federer vient de réussir sa balle de match. Il remporte pour la sixième fois les Masters et je suis littéralement fou de joie.
 Roger Federer, après la victoire, sur W9

Moi qui n’ai jamais joué un seul set de tennis, moi qui n’ai assisté qu’à deux matchs à la télévision avant 2004 (la finale victorieuse de Noah à Rolland Garros et la partie survitaminée de « L’inconnue du Nord Express » d’Hitchcock), je suis devenu un supporter inconditionnel de Federer.

Toute l’année, je suis match par match, set par set, les exploits du plus grand joueur de tous les temps. Je peux me lever en pleine nuit pour suivre en direct sur Internet un match qui se déroule à Dubaï ou à San Francisco, je peux me passionner pour une partie à Pékin ou à Melbourne grâce à mon téléphone portable pendant une réunion pourtant sérieuse… Bref, quand Roger joue, je suis intenable..

C’est que le sportif est phénoménal, son style n’est pas bodybuildé comme celui de la plupart des athlètes professionnels. En plus, l’homme est sympa, son entourage aussi. Mais, par dessus tout, quand la plupart des sportifs et des artistes (n’est-ce pas Bernard ?) français se domicilient en Suisse pour ne pas payer d’impôt, Roger Federer a le bénéfice du doute : il est Suisse !!!

26 novembre 2011

Elles te feront un blanc manteau…



Depuis dix jours, nombreux étaient les amis ou connaissances qui me recommandaient d’aller voir le dernier film de Robert Guédiguian, Les neiges du Kilimandjaro, que nous avions manqué lors du dernier festival de Cannes où il était présenté dans le cadre de la sélection « Un certain regard ». C’est fait depuis ce samedi, et ils avaient bougrement raison.

Ce nouveau drame social du réalisateur marseillais est effectivement un très beau film, je dirais même plus : deux très beaux films ! En effet à la lumineuse aventure du couple Marie-Claire/Michel (Ascaride/Darroussin), se juxtapose un documentaire crépusculaire sur la fin d’un monde, celui de la civilisation industrielle, de la mémoire ouvrière et des vertus républicaines.

Si l’histoire qui sert de fil rouge au film est un véritable conte de fées (où la fée serait membre de la CGT) librement inspiré du poème « Les pauvres gens » de Victor Hugo, l’environnement dans lequel elle se déroule est d’une tristesse infinie avec des personnages sans espoir parce que sans avenir comme ce jeune ouvrier qui sombre dans la délinquance après un licenciement pour subvenir aux besoins de ses deux jeunes frères ou cette mère qui largue amarres et enfants pour vivre sa pauvre vie…

Du coup on a envie de pleurer deux fois. La première comme à la fin d’un film de Frank Capra, la deuxième comme devant un plan de licenciements après délocalisation.
Dans la scène-clé du film, l’héroïne proteste avec tendresse quand sa famille reprend en cœur et en son honneur Les neiges du Kilimandjaro, sa chanson fétiche, en disant « Ce n’est pas un peu triste, non ? ». Peut-être, mais tellement dans le ton du film où Guédiguian nous dit qu’il faut s’accrocher à de belles histoires parce que tout fout le camp. Inexorablement.

24 novembre 2011

Les phrases que j’ai aimé dire…



De 1995 à 2008, j’ai eu le bonheur de célébrer plus de cent cinquante mariages en mairie de Nice. Autant de mariages, autant de discours pour lesquels il m’est arrivé de citer quelques auteurs lorsque l’ambiance ou l’histoire familiale s’y prêtait.

Voilà quelques-unes de celles que j’ai préférées. A vous de deviner les raisons pour lesquelles précisément je les avais choisies. Répondre à la question revient en fait à découvrir la personnalité des mariés à qui la citation était adressée.

« Dans la vie, l’instant qui prend couleur d’éternité nous enivre mais cela est sans valeur au prix de l’éternité revêtant l’aspect d’un instant. » Yukio Mishima, Le Pavillon d’or.

« Je suis arrivé à un âge où il faut prendre parti, décider une fois pour toutes qui on veut aimer et qui on veut dédaigner, se tenir à ceux qu’on aime et, pour réparer le temps qu’on a gâché avec les autres, ne plus les quitter jusqu’à la mort. » Marcel Proust, A la recherche du temps perdu.

« Rien n’est pire que l’impérialisme d’une mémoire commune, si ce n’est le chantage des mémoires éclatées. » Gérard Slama.

« Le prêtre du Dieu des choses comme elles sont perd du terrain par rapport au prêtre des choses telles qu’elles devraient être. » Rudyard Kipling.

« Le soleil n’est jamais aussi beau que le jour où l’on se met en route. » Jean Giono.

« Lui faisait-on remarquer qu’il était originaire d’Emilie, il répondait qu’on appartenait au pays qu’on habitait. Il ajoutait que depuis les Vedianti, première peuplade occupant la région, Grecs, Phocéens, Romains, Barbares, Wisigoths du bas Danube, Ostrogoths de Ravenne, Francs, Saxons, Lombards avaient fait souche à Nice.
On avait même fait appel à des Génois pour repeupler les environs quand les populations furent décimées par la peste. Ce brassage l’autorisait à se considérer Niçois comme s’il l’était de longue date et, patriote rétrospectif, à s’insurger contre les attaques dont les habitants furent victimes. « Aucune région du monde, affirmait-il, n’a eu à subir autant de guerres, parce qu’aucune région du monde n’est plus belle et que tous l’ont convoitée. » Sa bonne foi ne faisait aucun doute. Louis Nucéra, L’avenue des Diables-Bleus.

21 novembre 2011

Les courants et la peau de l’ours




Le journal Nice-Matin a dévoilé dimanche les candidatures socialistes pour les prochaines élections législatives dans le département des Alpes-Maritimes. Une lecture un peu informée de cette liste prouve que la logique d’appareil a une fois de plus prévalu sur l’efficacité politique.

C’est un peu comme si, au lieu de chercher circonscription par circonscription les meilleurs candidats pour faire gagner la gauche dans un département où la compétition sera de toute façon très difficile, on avait cherché à panser les plaies du dernier congrès et des primaires.

En effet, si on examine la liste dans le détail, on frise la caricature : une candidature Hollande, une candidature Hamon-Emmanuelli, une candidature Royal, une candidature Aubry et une candidature Delanoé.

La candidature incongrue de Ségolène Royal à la présidence de l’Assemblée Nationale nous avait mis la puce à l’oreille. Les socialistes considérant la victoire acquise commencent à se répartir les postes et les responsabilités en fonction des équilibres d’appareil. Ce n’est ni très républicain, ni très démocratique. C’est surtout, au vu des derniers sondages, une manière de vendre la peau de l’ours d’une façon tout à fait indécente vis-à-vis d’une majorité de Français qui veulent tourner la page Sarkozy.

20 novembre 2011

La rédemption par le Baou




Quand, après plus de deux mois de préparation scrupuleuse, vous êtes obligé de renoncer à votre marathon annuel à cause d’un pépin physique (bénin mais rédhibitoire), vous avez le moral qui descend dans vos chaussettes.

Comme il aurait été trop douloureux d’assister à l’événement en spectateur, j’ai décidé d’aller chercher une forme de rédemption sur les hauteurs du Baou de Saint Jeannet en compagnie de ma coache habituelle qui se trouvait pour le coup en chômage technique.

Et il est vrai qu’en contemplant la plaine du Var enveloppée dans son nuage léger de brume automnale et le plateau lunaire parsemé de blancs rochers qui prolonge le baou, je me suis dit que tout cela n’était pas bien grave et que très vite je serai de retour sur le circuit où je retrouverai avec plaisir et entre autres : Antoine, Bérangère, Cathy, Claudio, Clotilde, Franck, Laurent, Véro…

Juste un petit pincement au cœur en apercevant dans le lointain la vague bétonnée de Marina où je sais que, comme chaque année, le fidèle Gérard Corboli attendait mon passage. En vain.