Au lendemain du deuxième tour des Municipales, j'avais lancé un
« J'accuse » qui avait eu un certain retentissement. Il s'agissait de dénoncer l'entreprise de démolition dont j'étais victime depuis quatre ans de la part de Patrick Allemand qui venait de perdre piteusement les élections.
Aujourd'hui, c'est Antoine Damiani, conseiller général et maire de la plus grande commune socialiste du département (Carros) qui dénonce la « machine à perdre » pilotée par Allemand et la Fédération 06 du PS, dans une lettre adressée à son secrétaire de section.
Avec l'autorisation de l'intéressé, j'en publie ici la plus grande partie.
LETTRE D'ANTOINE DAMIANI

Les adhérents de la section de Carros du Parti Socialiste sont convoqués à une réunion ce lundi 19 avril en présence de Patrick ALLEMAND, Premier Secrétaire Fédéral.
A cette occasion, nous sommes censés évoquer les raisons du malaise des Socialistes Carrossois. (…)
La principale pierre d’achoppement concerne nos relations avec la Fédération.
Depuis deux ans s’est installé un climat étrange, une sorte de rancœur sourde. Et, élément inquiétant, plutôt que de croiser le fer, nombre de militants optent pour la démission ou, pis encore, pour le non renouvellement de leur adhésion au Parti.
- A titre personnel, la déchirure remonte aux dernières municipales de Nice. J’ai très mal vécu l’éviction de Patrick MOTTARD comme tête de liste et par la suite son exclusion du Parti.
Sa candidature ? Je la considérais comme légitime.
Pour quelles raisons a-t-il été écarté aussi inélégamment ?
Mettions-nous en doute ses convictions politiques, sa probité ?
Avait-il à ce point démérité contre Jacques PEYRAT ? Et alors qu’il est parvenu à ancrer son canton à gauche, peut-on sérieusement évoquer sa faible implantation sur le terrain ? In fine, manque-t-il d’intelligence, de charisme ?
Quant à l’avenir proche le concernant – et concernant Dominique BOY-MOTTARD – je crains le pire. Il est fort à parier que la pratique de la terre brûlée s’érigera en logique politique. Leurs deux cantons sont renouvelables en 2011. Sans l’ombre d’un doute, la Fédération s’appliquera à présenter des candidatures contre eux. La machine à perdre va, ainsi, se mettre en branle, n’en doutons pas…
Mon pronostic ? Un gros fou rire de la Droite, heureuse de la providence, laquelle récupèrera les deux sièges.
Depuis, d’autres contentieux ont surgi.
- Les municipales et les cantonales à CARROS
Le P.C. voulait – à tout prix – conserver le canton de CARROS. Ma candidature a perturbé la donne.
Dès lors l’artillerie lourde a été sortie pour la contrer. (…)
Les résultats du 1er tour n’ont pas répondu à ses espérances [
celles du P.C.]. La liste que je conduisais a été élue sans coup férir et aux cantonales, j’ai largement distancé Emile TORNATORE.
Bravant la règle Républicaine usuelle à Gauche, ce dernier s’est maintenu au 2ème tour préparant ainsi un climat délétère au sein de la C.C.C.A. [
Communauté de Communes des Coteaux d’Azur].
La Fédération a-t-elle réagi face à cette attitude inamicale ? Non, au contraire, nous avons eu droit à un silence assourdissant (…). Mais sans doute ne fallait-il pas perturber le jeu niçois…
- Le conflit CARROS/C.C.C.A
L’épreuve fut très difficile. La volonté du P.C.F. était de faire payer cher la victoire du P.S. aux municipales comme aux cantonales. Pour cela, les élus de LE BROC et de GATTIÈRES se sont coalisés afin de mettre financièrement à genou notre ville. Notre retrait, soutenu du bout des lèvres – et j’utilise une litote – par la Fédération, a provoqué un déferlement de pressions, d’insultes, de diatribes de la part du P.C.F. dont « Le Patriote » s’est abondamment fait l’écho.
Là encore, aucune réaction de la Fédération, si ce n’est de nous inviter à nous expliquer devant ses instances.
- L’adhésion de CARROS à N.C.A. [
communauté urbaine Nice Côte d’Azur]
Elle a été contrainte, chacun le sait. Le refus de GATTIÈRES et de LE BROC d’accepter le retrait de droit commun de CARROS m’a conduit à demander au Préfet la mise en œuvre de la procédure dite du régime dérogatoire.
Notre accueil à N.C.A fut correct et depuis nous parvenons sans difficulté à peser sur les orientations majeures de cet E.P.C.I. Par ailleurs, CARROS obtient les moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre de ses projets.
Dans ces conditions, une opposition frontale à son Président, telle que la pratique le groupe « Changer d’Ere » n’aurait aucun sens.
La section de CARROS s’est clairement prononcée sur ce point : « les élus communautaires doivent conserver leur autonomie d’action et n’ont pas à intégrer ce groupe aujourd’hui comme demain » a-t-elle indiqué.
Au demeurant, cette position est conforme aux pratiques constatées ici ou là dans les intercommunalités : le consensus prévaut et les votes sont le plus souvent unanimes.
Il n’existe donc aucune raison objective pour que CARROS déroge à une règle usuelle.
Mais la Fédération ne l’entend pas de cette oreille.
François-Xavier NOAT, militant socialiste « historique », conseiller municipal, conseiller communautaire, m’a rapporté la teneur des débats avec certains membres du Conseil Fédéral, à ce sujet.
L’agression verbale dont il a été l’objet est intolérable comme le sont les menaces à peine voilées quant à son licenciement comme fonctionnaire à la Région, si d’aventure il ne rentrait pas dans le rang.
Depuis, François-Xavier a démissionné du Parti Socialiste et cette décision extrême a fortement ébranlé la section…
- Les élections régionales
Il y a eu là encore des arrangements, entre les deux tours, pour laisser une place confortable à des « amis » politiques qui n’ont de cesse d’insulter les socialistes Carrossois. Et notre ville, comme VALBONNE, ne dispose d’aucun représentant élu. A méditer…
Une anecdote pour terminer : j’ai assisté, à l’occasion de ces régionales, au grand meeting de Michel VAUZELLE qui s’est tenu à Nice. Dans son intervention, Patrick ALLEMAND a cité tous les élus présents sauf moi ce qui témoigne de sa gêne vis-à-vis de la position des élus Carrossois.
Quand on gêne, la tentation est grande de se retirer sur la pointe des pieds. Sur ce point, je suis dans l’expectative, je ne te le cache pas…
Voilà, en vrac, exprimé tout haut, le malaise que beaucoup d’entre nous ressentent.