30 juin 2008

Spanish bombs et turkish délices


Dimanche 22 h 45 : l’Euro 2008 s’achève par la victoire de l’Espagne, meilleure équipe du tournoi, contre une faible équipe allemande. Qu’il est loin le slogan des années 70 qui prétendait que «le football est un sport qui se pratique à 11 et où a la fin ce sont les Allemands qui gagnent».

« Mon » Euro s’est en fait déroulé en deux temps.

- Dans un premier temps, je me suis contenté de suivre le parcours erratique de l’équipe de France dans les brasseries du quartier avec les voisins, Sami, Richard, Clotilde et sa famille (des traîtres ceux-là : ils étaient pour la Hollande…). Résumé : la bière était fraîche, l’ambiance conviviale, et l’équipe de France transparente comme une tranche de jambon dans un sandwich SNCF !

- La deuxième phase fut humainement plus solitaire mais sportivement plus riche puisque, devant ma télévision, je n’ai rien manqué des quarts, des demis et de la finale.

Deux clins d’œil.

- Le premier pour la Hollande et ses milliers de supporters oranges. Grâce à eux, j’ai eu l’impression que Bayrou avait gagné les présidentielles et que, dans la foulée, il se prenait pour Fidel Castro en organisant des mégas meetings dans les stades de foot…

- Le deuxième pour M6, qui m'a donné l’impression de revivre des scènes d’une vie antérieure avec le retour de Thierry Rolland flanqué du prometteur Frank Leboeuf (le beauf et le bœuf ). Loin des commentaires pseudo techniques bodybuildés aux statistiques façon Canal+, ce fut un pur bonheur de retrouver cette petite musique si délicieusement politiquement incorrecte : «Quelle patate !», «Y’a plus grand-chose dans les chaussettes», «Le Russe est fier», «Quand ça rigole, ça rigole jusqu’au bout» , «On ne s’attendait pas à une trempe pareille», «Entre hier et aujourd’hui on ne couche pas au même étage», «Là, y’a une grosse mimine…», «l’Italie est capable de faire Fort Knox, l’Espagne je sais pas…», ect… ect…

Sportivement, si le meilleur match fut Allemagne-Portugal, les deux meilleures équipes furent la Turquie et l’Espagne.

- La Turquie qui, avec des moyens limités, nous a fait vibrer en gagnant trois matchs dans les dernières minutes (contre la Suisse, les Tchèques et la Croatie) et en perdant le quatrième dans les mêmes conditions et contre le cours du jeu ( Allemagne). Ces quatre derniers quarts d’heures furent de véritables turkishs délices…

- L’Espagne qui fut la seule équipe à bien jouer pendant tout le tournoi (avec un seul passage à vide contre l’énervante Italie). Ses douze buts furent les Spanish bombs qui réveillèrent quelque peu une compétition de bon niveau mais manquant de folie.

Encore qu’en la matière, la demande en mariage de Domenech sur fond de déculottée fut un grand moment !

26 juin 2008

Etre né quelque part…

« … pour celui qui est né c’est toujours un hasard
(…) nom’inqwando yes qxag iqwahasa
(*)
je suis né quelque part

laissez-moi ce repère
ou je perds la mémoire
nom’inqwando yes qxag iqwahasa ».


Aliena est Moldave, Delcy vient du Cap Vert, Florentina de Roumanie, Juliana est Brésilienne, Claudia arrive de Pologne, Besnik est Albanais, Byron vient de Saint-Domingue, Charles des Philippines. Farm, Assia, Amir, Bassem et Hafedh sont tous les cinq originaires de Tunisie. Et c’est du Portugal qu’arrivent Juliana, Miranda, Flipa, Sofia et José. Ils ont entre 11 et 16 ans. Il y a quelques mois aucun d’entre eux ne connaissait le moindre mot de français. Aujourd’hui, ils partent en vacances, insouciants et joyeux, avec la certitude d’intégrer à la rentrée de septembre une classe « normale » et une scolarité classique. Et l’espoir de faire aussi bien que leurs prédécesseurs qui comptent parmi les meilleurs élèves de l’établissement.

Entre-temps, il y a eu, comme tous les ans, le petit miracle de la classe F.L.S. (français langue seconde) du collège Vernier. Sous la houlette de Jean-Claude Roy – physique d’aventurier, grande gueule et cœur d’or -, ces enfants ont pu, en une année scolaire, s’intégrer dans nos quartiers en apprenant notre langue et notre culture, tout en offrant leur différence aux autres « pour ne pas perdre la mémoire ». Cette aventure est matérialisée chaque année par un petit livre où chacun raconte son pays, son histoire personnelle, ses rêves… Un exemplaire est rituellement offert au Conseiller général (voir la photo ci-dessus). J’en conserve pieusement la collection.

Au-delà du travail de l’infatigable Jean-Claude, c’est l’ensemble de la communauté éducative et administrative du collège qu’il faut féliciter pour porter si haut le flambeau émancipateur de l’école républicaine.

C’est qu’à Vernier, chacun sait que « nom’inqwando yes qxag iqwahasa »
… et inversement !

(*) Petit quizz: en quelle langue est cette phrase et que veut-elle dire ?

23 juin 2008

Patrick Mottard sur Radio bleu

Invité de la Rédaction le 23 juin, interviewé par Laurent Vareille : l'occasion de faire le point au lendemain de la création de l'association "Gauche Autrement".





Et aussi, la conférence de presse de Gauche Autrement sur Nice-Premium.

Le retour d’Angelo, le tableau de Claudio


Après le dimanche à la campagne (sans ratons laveurs) chez Paul Vautel fin mars, c’est à Contes, chez notre ami Christian Jambou, que s’est déroulé,pour une quarantaine de membres de l'association, le deuxième pique-nique « Gauche Autrement ».

Au delà des « classiques » : la « CLAJ connection » sous la baguette culinaire de la tsarine Pewee, Henri qui perd, Irène qui gagne…, deux événements marquent cette journée.

- Le retour d’Angelo, le copain italien qui, en compagnie de Cristina, l’Espagnole, avait présidé notre première conférence de presse thématique consacrée à l’Europe. Angelo n’est pas seul puisque aujourd’hui il est venu en compagnie de Dominique, sa jolie et brillante épouse qui vient de réussir le concours européen qui va lui permetre désormais de travailler à la Cour de justice de Luxembourg.

- La présentation du très beau tableau de Claudio, intitulé « Nice Autrement », une œuvre très applaudie qui deviendra dès demain l’icône de notre association au siège de l’avenue Cyrille Besset.

Enfin – j’allais oublier – une mention spéciale pour Lola et sa fille : discrètes et amicales, les deux ânesses de Christian suivent de loin les libations de cet étrange village gaulois qu’est « Gauche Autrement ». Au fait, qui était Assurancetourix ?

20 juin 2008

Le bricolage existentiel

Si la recherche de soi-même est aléatoire et probablement illusoire, la fabrication d’un bon petit bricolage existentiel est tout à fait nécessaire pour cadrer sa vie. Ce bricolage est forcément impressionniste, nécessairement évolutif, et comporte obligatoirement de nombreuses zones d’ombres. Mais il a le mérite d’exister.

C’est ainsi que mon petit bricolage à moi revêt la forme (provisoire) suivante :

« Le rapport à l’autre, qu’il soit direct ou médiatisé par la culture est (le seul ?) constitutif du moi. Aussi, j’use de ma liberté pour le développer en le conscientisant et en le diversifiant. Ainsi, le moi social va donner naissance à un moi personne qui est à la fois synthèse et dépassement (quelles proportions ?). C’est ce moi personne que je dois protéger pour l’offrir en retour aux autres et à la société afin de contribuer à une fusion universelle où la fraternité transcende la mort ».

D’aucuns pourraient considérer ce bric-à-brac comme étant du Theilhard de Chardin laïc-light… Tant pis, j’assume !

Et vous, quel est votre bricolage existentiel ?

19 juin 2008

Après les ratons laveurs, ... les moulins à vent !

L’opposition municipale vient de faire un recours devant le Tribunal administratif pour annuler le budget de la ville de Nice. L’action, de l’aveu même de ses auteurs, est largement symbolique et ses motifs sont formels et de pure procédure (le débat sur le DOB, quelques semaines auparavant, aurait été exactement le même que celui qui a précédé le vote du budget).

Aussi, je suis persuadé que cette initiative ne sera pas particulièrement appréciée par les Niçois qui verront là une politique de moulins à vent destinée à faire oublier que cette même gauche a accepté de cogérer la ville avec la droite.

Avec Jean-François Knecht, nous avons souvent joué, après avoir épuisé tous les arguments politiques, la carte de la justice contre la municipalité précédente. Mais ce n’était jamais pour des raisons politiciennes. Il s’agissait, bien au contraire, de protéger les contribuables niçois, quand flottait sur la ville le parfum délétère de la corruption (Vialatte, Monleau…), ou de stopper un projet qui nous paraissait contraire à l’intérêt général (port, grande mairie, terrain Sulzer…). Et si certaines actions se faisaient contre l’avis du 1er fédéral du PS (la Région et son 1er Vice président ont longtemps soutenu le projet de port de la CCI, et notre recours dans l’affaire Monleau nous avait valu un blâme du Bureau fédéral du PS), elles étaient toujours largement comprises et soutenues par la population. Rien de tel avec cette action un peu dérisoire, même si, curieusement, elle a été bien relayée par la presse.

Et, tant qu’à faire dans le symbole, « Changer d’ère » aurait mieux fait, en début de mandat, de refuser la Présidence de la Commission des finances… celle-là même qui a la responsabilité de présenter le budget. Comprenne qui pourra.


Sur un autre sujet : Gauche Autrement prend son envol.

16 juin 2008

Etre soi-même ?

Individus perdus dans le siècle, nous éprouvons toujours, à un moment ou un autre, le désir de partir à la recherche de nous-mêmes. Conscients d’accomplir chaque jours mille gestes et mille raisonnements conditionnés par l’histoire des hommes ou les idées du monde, nous voulons être tel le Phénix d’Apollinaire, « ce bûcher qui soi-même s’engendre », et réduire en cendres la gangue opaque de notre conditionnement afin d’atteindre le diamant noir de notre moi ultime.

Si, à l’instar de Jean-Paul Sartre, nous estimons que nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation allemande, nous pouvons rapidement nous affranchir des obstacles extérieurs à notre liberté individuelle. Il sera plus difficile de se défaire de la tyrannie douce de l’idéologie. Notre aliénation peut changer de nature et d’intensité, elle sera toujours là pour nous empêcher d’accéder à nous-mêmes. Pour la réduire, il faut l’identifier, la reconnaître, ce qui est beaucoup plus difficile à provoquer qu’une simple réaction à la brutalité de la contrainte externe. Je peux isoler la notion de péché, je peux la réfuter intellectuellement, mais mon conditionnement judéo-chrétien l’intègrera à mon comportement. L’expulser n’est pas impossible, mais volontarisme et vigilance seront de mise pour un résultat souvent décevant.

Il ne fait pas de doute que le noyau dur de mon conditionnement provient des motivations inconscientes résultant de ma propre vie. Par la psychologie, voire la psychanalyse, je peux traverser le miroir afin de débarrasser mon « moi-même » de ses chaînes intimes que j’espère ultimes. Physiquement libre, idéologiquement désaliéné, psychologiquement traité, je peux enfin être moi-même. Mais pour protéger ce moi en principe chimiquement pur, pour fuir l’enfer des autres, je vais devoir m’enfermer dans un espace stérile, une bulle de silence. Sinon, tout sera à recommencer.

Pourquoi dois-je parcourir un si long chemin, souffrir une si grande peine, si c’est pour avoir le silence comme ultime récompense ? Si l’on ne peut être soi-même qu’en refusant le regard potentiellement aliénateur de l’autre, on n’est plus qu’une bulle de savon glissant sur l’air du temps. On n’est plus rien.

C’est peut-être que la recherche de soi-même n’a pas grand sens. La vraie liberté passe par la connaissance de soi et non par la recherche d’un hypothétique soi-même.

Individu perdu au milieu du siècle, ballotté entre la société de consommation, la civilisation judéo-chrétienne et mon histoire personnelle, je suis toutes mes contradictions, toutes mes faiblesses, toutes mes influences. Je dois les assumer pour les connaître, les connaître pour les assumer. Et me servir de ces fondations fragiles et dépareillées pour construire mon destin. Ou en tout cas, essayer.

13 juin 2008

Sisyphe, l'Européen


Il faut imaginer Sisyphe heureux...

11 juin 2008

La malédiction du tunnel


Conseiller général consciencieux, je me rends souvent au CADAM ; professeur assidu, je vais régulièrement sur le site de Sophia Antipolis. C’est dire si l’autoroute de Nice Nord a peu de secrets pour moi.

Mais cette fidélité est mal récompensée car, dès que j’emprunte cette voie et sa succession de tunnels (Las Planas, Pessicart, Saint Pierre de Féric, Canta Gallet…), j’ai le sentiment d’être victime d’une malédiction.

Evidemment, je n’évoque pas ici le radar honni qui rêve d’effeuiller nos permis de conduire avec la frénésie d’un amoureux transi. Ce radar n’est pas mon copain mais, dura lex sed lex, l’élu républicain et fier de l’être, ne dira pas un mot – surtout lorsqu’il s’agit de la sécurité de tous – contre cet instrument un peu aveugle de la loi commune.

Quand je parle de malédiction, je fais allusion à un tout autre désagrément lié aux tunnels : l’intermittence radiophonique.

On peut aisément le vérifier à chaque fois : après avoir roulé moins d’une centaine de mètres sous ces longs tunnels, mon autoradio devient aussi silencieux qu’un poisson rouge neurasthénique. Or, ce que j’écoute à ce moment précis est TOUJOURS passionnant : l’arrivée d’une étape du Tour de France, la chanson nostalgie enfin retrouvée, l’analyse politique qui décoiffe, la prévision météo indispensable et, pire que tout, l’histoire drôle dont je vais manquer la chute !

Dès que le capot de ma voiture retrouve l’air libre, se réalise alors la deuxième partie de la malédiction. Ce que je peux à nouveau écouter est toujours naze : pub stupide, dernier tube de Lara Fabian, cours de la Bourse… ou les rires qui accompagnent la fin de l’histoire que j’ai manquée.

L’automaticité de cette double malédiction est telle qu’on peut pratiquement parler d’une loi physique.

Aussi, Mesdames et Messieurs de la radio, il ne faut pas vous étonner si, de guerre lasse, je ressors mon vieux CD de Lennon ou le dernier Winterhouse pour franchir le cap de Canta Gallet.

10 juin 2008

Shalom Arshav avec Hagit Ofran


C’est dans le décor chaleureux et apaisant de la galerie de notre ami Christian Depardieu que la section locale de « La paix maintenant », présidée par Maurice Winnykamen, un autre de nos colistiers, a organisé ce soir une conférence débat sur la question des implantations israéliennes en territoire palestinien.

L’invitée est Hagit Ofran, une jeune femme israélienne (elle est née en 1975) qui, après avoir été l’assistante de Yossi Belin (l’un des initiateurs de l’accord officieux de Genève que j’avais eu le privilège de rencontrer en entretien privé en 1986 à Jérusalem), est désormais responsable de l’Observatoire de la colonisation pour Shalom Arshav (La paix Maintenant).

Avec l’aide de quelques cartes, elle fait le point sur l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie. Une expansion qui a entraîné la création de plus de cent unités nouvelles depuis 1996, date officielle du gel de l’installation des implantations. En fait, nous explique-t-elle, ces colonies ne sont utiles en rien à la sécurité d’Israël. Bien au contraire.

Du coup, les 470 points de contrôle et les 90 checkpoints implantés dans les territoires ne sont utiles qu’à proportion d’un tiers pour protéger les frontières extérieures d’Israël. Le reste sert à protéger… les colonies. Comme le fameux mur qui s’éloigne souvent de la ligne verte pour mieux protéger les implantations et les « blocs » de colonies.

Or, face aux colons organisés, déterminés et bien souvent instrumentalisés par l’extrême droite et les ultras religieux, le pouvoir civil et l’armée s’inclinent de peur de créer une situation de guerre civile.

Pourtant, Hagit Ofran propose justement l’abandon de la plupart des colonies afin de donner au compromis de Genève une chance d’être appliqué un jour. Restent à trouver les hommes d’Etat qui auront le courage d’engager le processus. Mandela et Gandhi nous l’ont démontré sous d’autres latitudes : seule la Politique permet de concrétiser les plus belles utopies. Ce n’est pas le moindre mérite d’Hagit, pur produit du système démocratique israélien, de nous l’avoir rappelé ce soir.

08 juin 2008

Toutes les soeurs dans le même panier


Le feuilleton quotidien « Les cinq sœurs », tourné à Nice pour France 2, va s’arrêter quatre mois après son lancement en grande pompe fin janvier. La dictature de l’audimat est impitoyable : 8,6% de part d’audience à 18 heures 30 équivalent à une condamnation à mort. Pourtant, professionnels, institutionnels et politiques étaient d’accord : les cinq frangines made in service public devaient devenir le « Plus belle la vie » niçois, assurer le renouveau des studios Riviera (ex Victorine) et permettre à elles seules un nouvel âge d’or du cinéma à Nice.

Ramant à contre courant de l’euphorie ambiante, j’ai exprimé, dès le 22 janvier, lors de la présentation de « Nicecitta », le programme pour le cinéma de Nice Autrement, un avis nettement plus nuancé (proposition numéro 2 des dix propositions). Mettre tous ses œufs – pardon, ses sœurs – dans le même panier pouvait être dangereux.

Il me semblait naturel de mettre en garde la profession contre les risques de la monoproduction. En effet, on pouvait se poser la question du devenir des studios au bout de cinq années de tournage alors même que tout effort de prospection aurait été stoppé pendant cette période. Mais, ce qui était selon nous le plus inquiétant, c’était l’inconstance de la production télévisuelle ou, en tout cas, son extrême sensibilité à l’audimat : en clair, la série pouvait être stoppée dès réception des premières audiences médiocres.

C’est malheureusement ce qui vient de se passer. Si l’on veut faire (ou refaire) de Nice une ville cinéma, il ne faut pas attendre un miracle. Loin des emballements médiatiques et des opportunités piégeuses du PAF, il faut un plan généraliste à la fois réaliste et volontariste : « Nicecitta » reste celui-là.

Une fois de plus, les événements donnent raison à Nice Autrement. Et, là aussi, on peut le vérifier puisqu’on peut suivre l'interview que m’avait accordée à l’époque à mon ami Philippe Coll au Virgin café.

05 juin 2008

McCarthy à Biscara



Les militants socialistes des sections centre et nord de la ville de Nice (environ sept cents), non encore exclus du PS, car ne figurant pas sur la liste municipale que je conduisais, ont reçu la texte suivant du premier secrétaire fédéral du PS :




Clarification politique (sic)
à l'attention des militants des sections sous tutelle Nice Centre et Nice Mangion

Je soussigné, ........................................., militant(e) de la section ..............................., confirme mon souhait de continuer à adhérer au Parti Socialiste et à y militer avec fidélité et loyauté (re-sic).


Je condamne la démarche politique initiée par Patrick Mottard au moment des élections municipales de mars 2008 qui a conduit à son exclusion et à celle des militants socialistes qui ont suivi cette dissidence.


Je reconnais comme représentants du Parti Socialiste au Conseil municipal Patrick Allemand et les cinq colistiers socialistes désormais élus au Conseil municipal et je m'engage à soutenir leur action.


Date et signature :


Demande unanime du Bureau Fédéral réuni le 19 mai 2008

Condamnation des dissidents, allégeance au chef tout-puissant, tout y est...

Une seule question : et si ces gens-là avaient vraiment le pouvoir, que se passerait-il ?


Nice-Matin du 5 juin 2008


Sur le même sujet (parce que leur section est également concernée), on peut lire les billets des camarades de La Trinité sur leurs blogs : Jaky Delahaye et Jean-Paul Audoli.

Et, dans un style plus fleuri, le billet hilarant de Sijavessu (rajouté le 6 juin)

04 juin 2008

Des droits d’auteur pour Nice Autrement

Les 110 propositions de Nice Autrement : désormais un classique…

A l’évidence, le programme de Nice Autrement est furieusement tendance. Après la réorganisation du service de nettoiement sur le modèle de ce que nous avions préconisé pendant la campagne, après le réaménagement du quartier Libération dans le cadre que nous avions fixé (l’abandon de la construction de la médiathèque par le conseil municipal en étant la dernière démonstration), voilà que le maire annonce la destruction « de la plus grande erreur d’urbanisme de ces 40 dernières années » (Ciotti dixit), à savoir la promenade du Paillon que nous avions qualifié de « mur de la honte » dans ce blog dès le 9 Août 2007 à un moment où Christian Estrosi n’était pas encore candidat.

Le contenu de ce billet deviendra d’ailleurs la 37ème proposition de notre programme. « L’opposition » Changer d’ère cherchant à dire quelque chose a même complété les propos du maire en insistant sur la seule disposition de notre programme que celui-ci n’avait pas repris : l’obligation de régler la question du remplacement du parking Shell si utile pour les habitants du Vieux Nice.

C’est donc en un duo touchant digne de la Star’Ac que Majorité et « opposition » ont décliné les propositions de Nice Autrement. De quoi demander des droits d’auteurs… En réalité, ces droits nous les toucherons quand nous pourrons apprécier la bonheur de nos concitoyens devant le spectacle d’une ville réconciliée avec elle même.

Tout ce qui est affirmé dans ce post peut être vérifié sur l’excellent site de « Gauche Autrement ».

01 juin 2008

Le D-day de la « Gauche Autrement »

Photo Carolyne Simon

La deuxième assemblée générale de Nice Autrement a permis à un grand nombre de colistiers de se retrouver à la permanence de Cyrille Besset pour acter toute une série de décisions constituant les bases de notre avenir commun.

Dans un premier temps, il s’agissait de présenter officiellement l’équipe du Conseil général composée de Rose Colon et Sami Cheniti, un duo enthousiaste, compétent et très complémentaire.

Puis, nous avons porté sur les fonts baptismaux l’association « Gauche Autrement » dont Rose assurera le secrétariat et Gérard Blaise la trésorerie.

Cette association, dont l’objet a été synthétisé par Céline Lacroix, à pour but de « définir un espace démocratique et citoyen de réflexion, d’échange et d’action dans la ville de Nice et le département des Alpes-Maritimes, dans la continuité de la campagne municipale menée en mars 2008 par la liste conduite par Patrick Mottard et pour la promotion des thèmes qui y ont été développés ». Les statuts seront déposés dans les jours qui viennent et les adhésions pourront être immédiatement enregistrées (10 €), l’objectif essentiel étant de réunir plusieurs centaines d’adhérents dans les semaines qui viennent.

Deux rendez-vous ont d’ores et déjà été pris. Une réunion-débat sur « L’antiracisme en question » autour du livre de notre ami Maurice Winnykamen et, plus ludique, le deuxième pique-nique de Gauche Autrement, chez Christian Jambou, dans un magnifique vallon digne de Manon des sources, sur les hauteurs de Contes.

Quant aux séances de préparation des réunions du Conseil général, elles commencent cette semaine (mercredi 4 juin à 19 h à la permanence), puisqu’il y a une Commission Permanente ce vendredi. Enfin, entre deux exploits sportifs « autrement » (golf avec Jacqueline, tennis avec Irène), Richard nous a présenté son dernier bébé : le site qui permettra à Gauche Autrement d’informer largement sur ses activités tout en publiant débats et réflexions. L’accès à ce site est possible… dès maintenant (mais l’adresse est provisoire). N’hésitez donc pas à cliquer ici.

Plus rien n’étant à l’ordre du jour, l’heure du désormais traditionnel repas à la « Pétanque niçoise » avait sonné. L’occasion de faire le point sur les santés respectives de Christian, Christophe et Jean-Louis qui nous donnent quelques soucis en ce moment, même si la tendance générale est à l’amélioration.

Un repas à la fois cantonal (nous sommes au cœur du 5e canton), international (puisque Cristina, l’Espagnole, et Tom, l’Anglais, se sont gentiment joints à nous) et joyeux. Forcément joyeux.

29 mai 2008

Milou en mai


Le mois de mai 2008 s’achève.

L’anniversaire des « événements » a permis de célébrer, de débattre, de dénoncer, de mettre en perspective ces quelques semaines d’il y a quarante ans.

Mais le plus beau témoignage de cette parenthèse enchantée et jamais tout à fait refermée de notre histoire commune reste, pour moi, le film tourné par Louis Malle en 1990, « Milou en mai ».

Milou est un quinquagénaire hédoniste qui vit isolé à la campagne, avec sa mère, dans une belle et grande propriété familiale. Il partage son temps entre la pêche aux écrevisses, sa cave à vin, et l'apaisante sensualité de sa jeune gouvernante. Comme il le dit à ses rares visiteurs : il a décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé...

Nous sommes en mai 1968, le printemps est magnifique, et l'écho de la révolte parisienne n'arrive que très assourdi aux oreilles de Milou. Pourtant ce matin-là, tout bascule : la vieille mère meurt et la tribu familiale pourtant très dispersée rapplique pour les obsèques, des calculs d'héritage plein la tête.

Avec la famille, c'est aussi la bourrasque sociale de Mai qui s'engouffre dans la paisible demeure. De la fille coincée au neveu qui compte avec délectation ses cicatrices made in Quartier Latin, du frère journaliste d'une gauche officielle dépassée et timorée à la nièce homophobe et faussement libre, ce n'est plus une famille mais un échantillon de la société française qui apprend Mai 68 à un Milou bienveillant et amusé.

La crise s'aggrave dans ce petit coin de France, au point que même les pompes funèbres s'arrêtent de fonctionner. La famille se retrouve bloquée dans une maison au rez-de-chaussée de laquelle repose, toujours impérial et encombrant, le cadavre de la vieille dame.

Mais l'esprit de Mai 68 va peu à peu transformer ce qui était un face-à-face sordide sur fond de partage des dépouilles de la morte, en une sorte de communion païenne, un "Huis clos" libérateur où les autres ne sont plus l'enfer...

On se regarde, on se parle, on s'écoute.

Le temps d'un déjeuner sur l'herbe, on échange un joint, on parle de l'avenir, on rêve à un monde de partage.

Les couples se font et se défont.

Sous les pavés la plage, sous l'héritage l'amour.

Milou séduit sa belle-soeur, organise une folle farandole autour du lit de sa mère et, par-dessus tout, arrive à sauver la maison familiale du dépeçage et de la vente souhaités par les héritiers charognards.

Milou et Mai.

Milou en Mai.

Tout devient possible. Tout est possible.

Tout est possible mais rien ne se fera : De Gaulle revient de Baden-Baden, Debré défile avec le parti de la peur sur les Champs-Elysées, les ouvriers rendent leurs usines et les étudiants leurs rêves. Après une fuite paranoïaque dans les collines avoisinantes, les héritiers se partagent vaisselle et meubles d'une maison qui sera vendue.

Tout est dit.

Peut-être pas tout.

Pendant ces quelques heures, Milou a beaucoup appris. Désormais seul et en sursis dans la grande propriété, il va violemment prendre à parti un voisin industriel qui, profitant de la pagaille ambiante, a pollué la rivière à écrevisses.

Etre en bonne santé n'est plus suffisant pour Milou. Il sait désormais qu'un monde nouveau est à portée de main. Grâce à Mai 68.

Coup de gueule partagé sur le blog de Dominique.

28 mai 2008

Sous les pavés, Trimages


C’est effectivement dans la salle digne de Cinéma Paradisio du théâtre Trimages que l’association ALED (association laïque pour les élèves en difficultés) de notre ami Paul Vautel organisait un débat sur le thème « Mai 68 : qui veut liquider l’héritage ». Certainement pas Robert Charvin, mon ancien prof de droit public, Clément Stora, prof de philo et moi-même qui avions été sollicités pour lancer le débat.

Je n’ai pas connu Mai 68 car, adolescent, j’étais hospitalisé au centre Lacassagne pendant les semaines les plus chaudes des événements. Ce qui ne m’empêchait pas le soir, sous les draps, d’écouter sur Europe n°1 la progression des barricades rue Gay-Lussac ou sur le Boul’Mich.

Devant une salle où je reconnais beaucoup de visages amis, la prise de parole va me permettre de mettre au clair – au moins pour moi – ce que je pense de ces événements si loin, si proches.

Tout d’abord en rappelant que c’est Sarkozy, à Bercy, le 29 avril 2007 qui a exhorté les Français à expier Mai 68… en l’élisant à la Présidence de la République. Ensuite, en citant Wolinski, car un peu d’autodérision ne peut pas faire de mal : « Nous avons fait 68 pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus ». Enfin, en soulignant que Mai 68 n’est pas une rupture mais une réflexion, une pause dans une société en pleine mutation : une société qui s’ennuie (édito de Pierre Viansson-Pontet dans le Monde), une société qui s’interroge (« Sommes-nous heureux ? »).

Mai 68, c’est, au milieu des trente Glorieuses, un moment d’intense communion, la fusion entre l’intime et le social et, par-dessus tout, le sentiment que tout est possible… Ce qui est, par définition, parfaitement impossible puisque personne ne veut la même chose.

Les conséquences de ces quelques semaines de « fraternisation généralisée » (Morin) sont plus nuancées.

Ainsi, c’est Mai 68 qui est à l’origine de la rupture entre la gauche officielle (notamment le PS), investie par les soixante-huitards, et les ouvriers, considérés par les premiers comme traîtres à la Révolution depuis Grenelle. Une attitude qui fera le lit du FN et de Sarkozy (à bas 68, vive Jaurès, Blum, Môquet, les vrais défenseurs de la classe ouvrière, c’est nous…).

Peut-être est-ce aussi le Mai 68 de l’individualisme libertaire – « Jouissez sans entraves » - qui a accéléré l’évolution libérale de nos sociétés ? Mais cette collusion « entre l’individualisme jouissif et le capitalisme fondé sur la consommation effrénée… » (Régis Debray) est loin d’être établie. Ou infirmée. La question reste largement ouverte.

C’est Mai 68 qui nous a aussi appris à critiquer le progrès ou du moins une certaine forme de progrès, à l’initiative même du camp progressiste. Et qui a permis, par exemple, l’avènement d’une conscience écologiste.

Mais, quelles que soient les conséquences, quel que soit le bilan, comment ne pas être en symbiose avec cette période de notre histoire commune où l’on affirmait : « Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui » ?

25 mai 2008

La classe de Sean Penn

François Bégaudeau et ses élèves, dans "Entre les murs"

A l’évidence, Sean Penn aime un cinéma en prise avec le réel. Le palmarès de son jury est donc logique. Il a sa cohérence et honore des films de grande qualité (prix du scénario : Le silence de Lorna ; prix du jury : Il divo ; interprétation féminine : Linhea de passe). Même Gomorra, Grand prix du Jury, et Les trois singes, qui ne figuraient pas dans mes premiers choix, ont tout à fait leur place dans le palmarès.

La Palme d’or à « Entre les murs » de Laurent Cantet, est une vraie surprise qui est aussi une bonne surprise, car ce film est beau, ce film est humain, et en plus, n’en doutons pas, ce film sera aussi utile.

Pourtant, l’audace de ce choix n’arrive pas à me faire oublier celui qui aurait été ma Palme d’or, le magnifique « Palermo shooting » de Wim Wenders. Mais je n’étais pas Président du jury. Cela dit, je veux bien l’être l’année prochaine !

Dennis Hopper et Campino dans "Palermo shooting"

600 marches pour Wim Wenders

Wim Wenders et l'équipe de "Palermo shooting", à l'issue de la projection (Photo DBM)


En franchissant la 600e marche (25 fois 24 marches, le compte y est), nous ressentons une petite morsure au cœur en constatant que l’aventure 2008 du Festival s’achève pour nous avec la projection officielle du film de Wim Wenders.

En réalité, deux heures après, ce sentiment sera largement compensé par le bonheur d’applaudir pendant près d’un quart d’heure, avec l’ensemble de la salle enthousiaste, le plus beau film de la compétition.

En fait, la journée avait commencé bien plus tôt, dès la matinée, avec la projection de deux films.


Entre les murs, de Laurent Cantet (France)

Un peu lassé par les films de « quartiers » (qui ont tendance à devenir un genre à part dans le cinéma français), c’est presque à reculons que je me suis rendu au Palais dès potron-minet pour voir le film de Cantet. Eh bien, je l’avoue, j’avais tort. Cette histoire simple de prof face à sa classe dans un collège des quartiers populaires de Paris est un film rare. Sans paternalisme, sans démagogie, en évitant les pièges de la caricature et du politiquement correct, ce film est, à travers le portrait de François ( François Begaudeau), jeune prof de français, une formidable réhabilitation du métier d’enseignant si souvent critiqué.

On y voit un homme passionné mais lucide qui expérimente, qui tâtonne, qui essaie de faire au mieux, face à des élèves fragiles à la personnalité beaucoup plus complexe que pourrait le laisser supposer leur arrogance de façade. C’est souvent drôle, parfois poignant, jamais facile. Et, en ce qui me concerne, comment ne pas penser pendant toute la séance aux enseignants de « mon » collège Vernier…


Le bon, la brute et le cinglé, de Kim Jee-Woon (Corée du Sud)

Ce film hors compétition est un remake improbable du film de Sergio Leone dans les plaines de… Mandchourie. Les paysages sont magnifiques, les poursuites infernales et, à la fin, on peut dénombrer environ trois mille morts. Exotique.



Et puis, après une après-midi niçoise pour cause de correction de copies, ce fut le grand soir.

Rendez-vous à Palerme (Palermo shooting), de Wim Wenders (Allemagne)

Photographe de renommée mondiale, Finn n’aime plus sa vie. Pour en changer, il s’envole vers Palerme. Dans cette ville si belle dont il essaie de percer les secrets en la photographiant, une nouvelle vie s’offre à lui grâce à Flavia, une jeune artiste peintre dont la simplicité est à des années lumières de la sophistication des modèles qu’il fréquente habituellement. Mais, paradoxalement, il ne pourra goûter à cette nouvelle vie qu’après s’être confronté à la Mort dont Palerme est la ville matrice. Ce face-à-face singulier lui permettra de comprendre, après quelques péripéties, que la grande faucheuse (qui d’ailleurs se révèle être un homme : fabuleux Dennis Hopper) n’est pas celle que l’on croit et qu’au lieu de la craindre, on ferait bien de l’aimer car c’est elle qui donne son vrai sens à la vie.

Avec Palermo shooting, Wenders retrouve la grâce des « Ailes du désir », en évoquant, avec cette poésie qu’on lui connaît, ces questions si graves qui pèsent si lourdement sur nos consciences et dans nos cœurs.

Emotion personnelle supplémentaire : une partie de la musique originale du film a été composée et jouée (à l’accordéon) par mon ami Serge Ferrara. C’est donc tout naturellement à lui qu’après la standing ovation à Wenders, Hopper, Campino et Milla Jovovich, je téléphonerai mon dernier message cannois de l’année. Un message d’amitié et de félicitations bien sûr.


MES PRÉFÉRENCES


Avec le dernier générique vient aussi l’heure du bilan. Si on met de côté quatre films hors compétition, ce sont 21 des 22 films de la sélection officielle que nous avons visionnés. Seul manque à l’appel « Che » de Steven Soderbergh. Sur ces 21 films, histoire de me « mouiller » avant le verdict du jury, je propose aux lecteurs de ce blog une liste préférentielle de cinq titres :

1 – Palermo shooting, évidemment…

2 – Le silence de Lorna, même si une troisième palme pour les frères Dardenne, c’est peut-être beaucoup pour le jury…

3 – Entre les murs, même si le système franco-français risque d’être un peu abscon pour un jury international.

4 – Two lovers, au risque d’être en froid avec la conseillère générale du 7e canton…

5 – Leonora (même remarque que précédemment).

Voir notre album photos du Festival ici.

23 mai 2008

Il divo

Photo PM

A l’amorce de la dernière ligne droite, il se confirme, de film en film, que 2008 ne sera probablement pas un très grand festival.


La frontière de l’aube, de Philippe Garrel (France)

Le premier film français fut une déception, le second est un naufrage. Cette histoire d’amour qui se transforme en histoire de fantôme est d’une prétention absolue. Seul le copinage peut expliquer la sélection d’un film aussi vain. A oublier.


Adoration, d’Atom Egoyan (Canada)

Un adolescent orphelin réinvente sa vie pour solder quelques comptes avec son passé. C’est avec plaisir qu’on retrouve avec « Adoration » l’Atom Egoyan des années 90, celui des histoires complexes où le miroir d’Alice est remplacé par les NTIC.


Synecdoche New York, de Charlie Kaufman (USA)

La première demi-heure est jouissive : le portrait de Caden Cotard (Philip Seymour Hoffman), homme de théâtre atrabilaire en pleine déroute sentimentale et physique est hilarant et rire pendant ce festival, c’est toujours bon à prendre. Puis, pendant l’heure et demie qui suit, les choses se gâtent avec un embrouillamini sur le théâtre, reflet de la vie, à moins que ce ne soit le contraire. On peut donc conseiller à Kaufman, dont c’est le premier film, de s’essayer au court-métrage ! (Synecdoche, en français « synecdoque » est une figure rhétorique qui consiste à désigner un tout en nommant une partie).


Il divo, de Paolo Sorrentino

Un très beau portrait psychologique – encore qu’à la limite de la caricature – du « pape » de la démocratie chrétienne, Giulio Andreotti. Une belle méditation sur le pouvoir pour le pouvoir. Au milieu des certitudes et de la morgue, quelques fêlures qui sont autant de paillettes d’humanité. Et la confirmation qu’avec la présence du Vatican et de la mafia, la démocratie italienne ne sera jamais tout à fait semblable à ses voisines européennes.

« A l’exception des guerres Puniques, j’ai été accusé de tout ce qui s’est passé en Italie… Mais je n’ai jamais porté plainte. Et ce, pour une simple raison, j’ai le sens de l’humour. J’ai aussi autre chose : de nombreuses archives vu que je n’ai guère d’imagination. Et chaque fois que je parle de ces archives, ceux qui doivent se taire, comme par enchantement, se taisent » (Giulio Andreotti).


My magic, d’Eric Khoo (Singapour)

Hector Malot à Singapour. Abandonné par sa mère, un jeune enfant de dix ans est devenu le père de son père alcoolique et obèse. Mais, miné par le remord, ce dernier décide de renouer, par amour pour son fils, avec son ancien métier : magicien… Encore un beau film pour la Quinzaine des Réalisateurs. A noter qu’à l’issue de la projection, le gargantuesque acteur Francis Bosco, s’est livré à quelques tours de magie (enflammant tour à tour ses mains et son portefeuille) pour le plus grand plaisir du public bon enfant de l’amphithéâtre Lumière.

22 mai 2008

Donnons une chance à la réforme

C’est sous ce titre que dix-sept députés socialistes dont Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis (Arnaud, où es-tu ?) ont publié un texte expliquant pourquoi il faut, selon eux, que le PS adopte la révision constitutionnelle présentée par le gouvernement.

Ils ont raison. Ils réalisent en fait le « coming out » institutionnel que j’appelais de mes vœux dès le 26 avril dans ce blog.

Si le texte proposé est largement perfectible, il n’en demeure pas moins un compromis acceptable et même souhaitable.

Je pense notamment à cette réforme fondamentale qui permettrait à n’importe quel justiciable-citoyen de saisir le Conseil constitutionnel, réforme si importante que je n’avais pas hésité à la qualifier de porte ouverte vers une VIe République.

Si l'on ajoute à ce progrès indéniable quelques avancées en matière de rééquilibrage des institutions en faveur du Parlement (même si sur ce thème je suis moins optimiste que les dix-sept) et l’esquisse d’un statut de l’opposition, il n’y a pas de raison de s’opposer à cette révision. A moins de renouveler l’erreur du non à la Constitution européenne où, pour dénoncer un texte qui n’allait pas assez loin, on a permis l’adoption, dans l’indifférence générale, d’un teste beaucoup plus édulcoré après trois ans de blocage.

Parlementaire, c’est avec enthousiasme que j’aurais ajouté une dix-huitième signature au texte de ceux qui veulent « donner une chance à la réforme ».