25 octobre 2009

La candidature de Laurence Vichnievsky est-elle une bonne nouvelle pour PACA ?

Pour la démocratie, assurément.

Juge d’instruction dans les affaires de financement occulte de partis politiques, dans l’affaire Elf, actuellement avocat général dans le procès suite le naufrage de l’Erika, Laurence Vichnievsky, proche d’Eva Joly, a incontestablement fait preuve de courage et d’indépendance pendant sa déjà longue carrière de magistrat.

Qu’Europe Ecologie Provence en fasse sa tête de liste en région PACA me semble effectivement une chance pour la démocratie. En règle générale, je ne suis pas pour le mélange des genres ; mais il y a des circonstances où le système politique a besoin d’une aide extérieure pour stopper une dérive ou casser un système. On se souvient de la montée en puissance des juges anti-mafia dans la vie politique italienne. Certes, PACA n’est pas la Sicile, mais il faut bien reconnaître que le PS termine son deuxième mandat dans un climat de scandale et de suspicion.

Il est quand même incroyable qu’un ancien directeur de cabinet de Michel Vauzelle, un ancien directeur général des services, le secrétaire général du groupe PS soient mis en examen pour détournements de fonds publics sans que cela provoque dans la majorité sortante un électrochoc.

Il est encore plus surprenant qu’une élue majeure, Sylvie Andrieux, députée et surtout présidente du groupe PS à la région depuis 1998 (elle a été ma présidente de groupe pendant l’année où j’ai été conseiller régional), est pointée du doigt par la justice et par la presse à propos d’attribution de subventions de complaisance à des associations en vue de s’assurer paix sociale et investiture interne au sein du parti, sans que cela n’ait d’autre conséquence qu’une démission de l’élue… pour cumul des mandats.

Ici même, j’avais rappelé qu’une des conditions nécessaires à la réélection de Michel Vauzelle était une attitude dépourvue d’ambiguïté de sa part sur cette question. Prisonnier d’un rapport de forces interne qui fait que les élus clientélistes (pas seulement dans les Bouches-du-Rhône) verrouillent le système, il est désormais à peu près certain qu’il ne fera rien, se contentant de colmater les brèches.

Du coup, la candidature Vichnievsky apparaît comme une formidable opportunité pour nettoyer les écuries d’Augias et pour moraliser le système du « guichet » peu compatible avec les valeurs de gauche.

Le résultat de cette candidature est déjà positif. La campagne régionale qui n’arrivait pas à décoller est désormais dans l’actualité et, grâce à Vichnievsky, centrée sur la question numéro 1 en PACA : la corruption et le clientélisme.

Quant au résultat éventuel, c’est du gagnant-gagnant. Soit Europe Ecologie est en tête et l’opération mains propres peut se faire directement, soit elle est derrière, mais sera en position de négocier avec Michel Vauzelle, sur le fond, un changement radical des pratiques et mœurs locales.

Dernier avantage : une liste des Alpes-Maritimes avec, sous l’autorité de Laurence Vichniesky, des élus à l’intégrité et aux valeurs reconnues comme André Aschiéri, Mari-Luz Nicaise et Rémy Gaechter (je les ai côtoyés assez longtemps pour m’en porter garant) aurait de l’allure et serait un puissant remède contre l’abstention de gauche.

De nombreux militants de gauche pensent cela.

Et vous, qu’en pensez-vous ?



Pour enrichir le débat, un nouveau billet du Biscarra enchaîné.

22 octobre 2009

HBO & Co : le top ten



The West wing, enterrement du vétéran SDF à Arlington


Il m’arrive de m’enthousiasmer ici même pour certaines séries télévisées qui dans le sillage de la chaîne à péage américaine HBO ont créé un genre à part qui utilise la durée et la récurrence pour raconter la vie des hommes et des femmes. De tous les hommes, de toutes les femmes.

A la relecture, je me suis aperçu qu’au delà d’un double hommage au précurseur et légendaire Prisonnier de Patrick McGoohan je n’avais évoqué que cinq séries : les quatre HBO, Big love, Rome, Deadwood et Six feet under, ainsi que Cold case diffusé par le réseau CBS.

Assurément, ces cinq séries figurent parmi mes préférées. Mais il me semble naturel aujourd’hui d’évoquer leurs cinq sœurs pour compléter un top ten dont je m’empresse de dire qu’il est une sélection et non un classement car, dans mon esprit, ces dix chefs-d’œuvre sont littéralement incomparables.

Ally Mc Beal (112 épisodes de 42 mn, 1997-2002, réseau Fox, créateur David E. Kelley)

Ally est une avocate fantasque de Boston à l’imagination débridée et à la libido chaotique. Avec les collègues de son cabinet, elle partage les hauts et les bas de sa vie professionnelle et sentimentale. Truffée de scènes surréalistes (les toilettes mixtes du cabinet sont pleines de surprises…), cette série très drôle nous en apprend beaucoup sur la juridicisation excessive de la société américaine.

Le pub où, le soir, les avocats se détendent après le labeur, est le théâtre de séquences musicales dans lesquelles passent en invités de nombreuses vedettes de la scène américaine. C’est dans ce cadre que fut ressuscité Barry White et son célèbre « You are my first, my last, my everything », véritable fil rouge de la série, dont nous avions fait l’hymne de la campagne municipale en 2001.

Sex and the city (94 épisodes de 22mn, 1998-2004, HBO, créateur Darren Star)

Carrie Bradshow et ses copines Samantha, Charlotte, Miranda, sont des jeunes femmes new-yorkaises célibataires, friquées et un tantinet futiles… Elles recherchent frénétiquement le grand amour dans Big Apple. En fait, Sex and the city est la série qui a permis aux hommes de savoir ce qui se passe dans la tête des femmes, surtout quand elles pensent aux hommes. Pas sûr que tous se soient remis de ce choc culturel !

The west wing (155 épisodes de 42 mn, 1999-2006, réseau NBC, créateur Aaron Sorkin)

Pendant sept saisons, soit à peu près deux mandats en temps réel, nous vivons, dans l’intimité de l’aile Ouest de la Maison Blanche, le parcours d’un président démocrate américain (Martin Sheen, exceptionnel) comme on les aime : humaniste et accessible au doute.

A la fois documentaire sur la vie politique américaine (je le recommande régulièrement à mes étudiants), réflexion sur le pouvoir et attachante galerie de portraits, cette série parfois très spectaculaire est remarquablement filmée. The west wing a également su anticiper Obama (à découvrir dans la dernière saison).

A voir, de toute urgence, l’épisode du vétéran SDF enterré avec les honneurs à Arlington : si vous n’avez pas au moins la larme à l’œil, consultez, vous n’êtes pas normal…

Les Soprano (86 épisodes de 46 mn, 1999-2007, HBO, créateur David Chase)

Tony Soprano (James Gandolfini, génial en frère joufflu de Robert De Niro) est le parrain de la très artisanale mafia du New Jersey. Mais, mal dans sa peau, bousculé par une famille qu’il a du mal à maîtriser, il a recours aux services d’une psy (Lorraine Bracco). Le télescopage du monde formaté de la mafia et des impondérables de la vie quotidienne font des Soprano une chronique à la fois inattendue et quelque peu exotique de la condition humaine.

The shield (88 épisodes de 45 mn, 2002-2008,réseau FX, créateur Shawn Ryan)

Pour Vic Macky et son équipe de policiers peu scrupuleux, la fin justifie les moyens et les événements leur donnent souvent raison. La violence de cette série d’une incommensurable noirceur et d’un pessimisme extrême n’est jamais gratuite (comme elle peut l’être dans 24 heures chrono, par exemple) et révèle l’inhumaine humanité des protagonistes de cette histoire qui se déroule à Los Angeles.

Depuis quelques semaines, Braquo, sur Canal +, se veut un clone hexagonal de The shield. Le résultat est honoable mais infiniment moins subtil que l’original.

Cinq et cinq, le compte y est. Une injustice est réparée.

Bonjour chez vous !



Dans l'intimité des toilettes mixtes du cabinet d'Ally McBeal

18 octobre 2009

La promesse de Kars

Kars, Turquie

Nous sommes en juin 2003. Arrivés il y a quelques heures à Kars, petite ville frontière de cette Anatolie orientale qui, piédestal majestueux de l’Ararat, fut si longtemps Arménie Occidentale… Le ciel est encore plus bleu qu’à Istambul, quitté la veille, et l’air doux que nous respirons au pied de la citadelle confirme que l’été a fini par s’installer dans cette cité réputée pour être la plus froide de Turquie (5°C de moyenne annuelle).

Après avoir visité, un peu gênée, ce symbole des convulsions historiques qui ont affecté la région qu’est la cathédrale arménienne Saint Arak’elos transformée en mosquée (1998), notre délégation est reçue à l’Hôtel de Ville par le maire Naif Alibeyoglu. Une délégation d’ailleurs assez improbable qui a été pensée et patiemment construite par Sanson, Kirkor et Gaspard, les infatigables animateurs de la diaspora arménienne niçoise. Elle regroupe quelques jeunes responsables politiques de la toute nouvelle République d’Arménie, des universitaires et des acteurs économiques turcs, un de mes anciens étudiants devenu responsable du Caucase pour l’Union Européenne, plus quelques témoins niçois comme Pierre et Dikran qui deviendront des amis. Il y a aussi un certain Hrant Dink, journaliste de nationalité turque, directeur d’Agos, le seul journal de la petite communauté arménienne de Turquie rescapée du génocide.

D’emblée, sans langue de bois, le maire évoque le déclin de sa ville, le chômage et la désertification de la région depuis la fermeture de la frontière toute proche entre Turquie et Arménie à la suite de la guerre du Haut Karabagh, à l’initiative de son propre gouvernement. Lui qui est pourtant membre du parti au pouvoir à Ankara (islamiste « modéré ») est tout à fait favorable au dialogue avec les Arméniens de culture et d’histoire communes. Et d’affirmer que la réouverture de la route du Caucase Sud et du Caucase Nord était une nécessité non seulement pour sa ville mais pour l’Arménie et la Turquie.

A cet instant précis, nous qui étions là avec des idées de réconciliation sur fond de reconnaissance du génocide avons compris que la solution serait peut-être plus pragmatique. Les lignes – et les frontières – étaient prêtes à bouger pour des raisons économiques et géopolitiques.

Sans nous consulter, nous avions tous compris le message du maire de Kars. Un message en forme de promesse de paix. La réconciliation attendra plus tard.

Au fond de la salle, Hrant Dink semble approuver.

Aussi, quand le 10 octobre j’ai vu Ammet Davutoglu, ministre turc des Affaires étrangères, et son homologue arménien, Edouard Nalbandian, signer à Zurich, avec l’aide de la diplomatie américaine de Barack Obama, des accords qui, s’ils ne règlent pas tous les problèmes, normalisent spectaculairement les relations entre les deux pays, j’ai pensé à cette scène d’il y a six ans et à sa promesse de paix.

Hrant Dink, lui, n’aura pas pu assister à cet accord historique. En janvier 2007, il a été assassiné par des fanatiques de l’extrême droite turque. Pour lui, la promesse de Kars aura été trop longue à se concrétiser…

15 octobre 2009

Pyrrhus était place Masséna

Ils étaient une petite centaine place Masséna pour fêter l’abandon du projet de ligne 2 du tramway sur la Promenade des Anglais. Quantitativement modeste, le rassemblement est politiquement hétéroclite puisque seuls manquent à l’appel Gauche Autrement et le Parti communiste. Et pourtant, sans s’en rendre compte, tout ce petit monde célèbre en fait une victoire à la Pyrrhus.

En effet, aiguillonné par une opposition qui, pour une fois, avait fait preuve de subtilité, le maire de Nice avait décidé d’aller très au-delà de son programme électoral initial en décidant la mise en chantier d’une ligne de tram Est-Ouest. Une ligne a priori souhaitée par les Niçois qu’on n’avait bien entendu pas informés des conséquences financières d’une telle aventure.

La revendication d’une deuxième ligne étant satisfaite, l’opposition se porta sur le tracé proposé. Faire passer le tram sur la Prom’ parut vite insupportable aux hôteliers et aux professionnels. Leur courroux avant tout commercial fut relayé par un certain nombre de Niçois qui voulaient garder la Promenade telle qu’elle est. C’était bien leur droit.

Le PS, qui a l’habitude de pratiquer à Nice depuis les municipales une opposition un peu « bourrin » à connotation chauvine, s’engouffra dans la brèche en étant persuadé d’être le catalyseur des mécontentements.

En fait, ce rôle fut tenu par un Jacques Peyrat en grande forme qui, même s’il ne se fait plus d’illusions sur son avenir politique, adore pratiquer une opposition jubilatoire et goguenarde.

Après un peu de résistance pour la forme (on a sa fierté quand même !), Christian Estrosi a vite compris qu’il n’avait rien à gagner en s’entêtant. Par contre, le front du refus allait lui permettre de rebondir en se sortant du guêpier de la ligne 2. L’opposition de gauche lui avait planté une épine dans le pied, cette même opposition allait la lui retirer.

Faire la ligne 2 supposait deux à trois ans de travaux. Que ce soit avec le tracé Prom ou le tracé Centre-Californie, les riverains auraient manifesté un vif mécontentement. De plus, les travaux auraient de toute façon paralysé une bonne partie de la circulation urbaine, exaspérant les actifs. Enfin, le prix exorbitant de l’opération aurait plombé le budget, obligeant le maire à renoncer aux autres projets qui eux étaient des promesses électorales.

D’où le petit chef-d’œuvre de réalisme politique que constitue le nouveau projet de Christian Estrosi. Il renvoie la construction de la ligne 2 à l’après-crise, voire aux calendes grecques, avec un projet forcément consensuel puisqu’on enterre le tram, épargnant ainsi professionnels, riverains et automobilistes. Or, chacun sait qu’à chaque fois qu’il est question d’un projet urbain, il se trouve toujours des bonnes âmes pour proposer qu’on l’enterre (c’est ainsi que, par dérision, Henri Revel, maire de Saint-Laurent-du-Var, avait proposé qu’on enterre… l’aéroport pour limiter les nuisances sonores !).

Christian Estrosi a donc trouvé une façon assez élégante quoiqu’un peu cynique de botter en touche en effaçant le faux-pas accompli en début de mandat.

Les manifestants de Masséna ont sans doute, sans le savoir, fait d’une pierre deux coups : ils ont fêté leur victoire et, peut-être aussi, un probable deuxième mandat de Christian Estrosi.

13 octobre 2009

Ils ont tué Frank Vandenbroucke

Frank Vandenbroucke


Frank Vandenbroucke est mort lundi d’une embolie pulmonaire dans sa chambre d’hôtel de Saly, station balnéaire sénégalaise. Il avait 34 ans.

Frank était coureur cycliste professionnel. Un magnifique coureur qui, entre 1995 et 2000, avait laissé espérer qu’il pouvait lui,le wallon, être le digne successeur d’Eddy Merckx.

En mars 1999, j’ai eu la chance d’être le témoin direct d’un de ses exploits puisqu’il avait gagné à Valberg l’étape de Paris-Nice que j’avais suivie de bout en bout dans la voiture d’Eric Boyer.

Quelques semaines plus tard, j’assistais, médusé, devant mon téléviseur, à sa légendaire victoire dans Liège-Bastogne-Liège. Il avait attaqué à l’endroit même où il avait prévu de le faire… avant le départ.

Mais le système a rattrapé celui que ses supporters appelaient affectueusement « VDB » : contrôles positifs, tentative de suicide, cures de désintoxication, séjour en hôpital psychiatrique… Depuis quelque temps, on disait qu’il allait mieux. Pourtant, à côté de son lit de mort, on a retrouvé pêle-mêle insuline, somnifères, anxiolytiques…

Quand, sur ce blog, je dénonce assez régulièrement le dopage, ce n’est pas pour moi une simple question d’éthique sportive. Je pense bien sûr à Simpson ou à Pantani, mais aussi et surtout à tous ces jeunes gens – cœurs meurtris et personnalités en miettes – qui meurent en arrachant, dans le meilleur des cas, une ligne et demi à la rubrique des faits divers.

Aujourd’hui, c’était au tour de VDB. Ils l’ont tué. Au fait, qui « ils » ? Au choix : les éducateurs irresponsables, les soigneurs marrons,les directeurs sportifs impatients,les docteurs Mabuse, les sponsors Ponce Pilate et, avec une mention spéciale, les médias hypocrites : L’Equipe pour complaire à ASO ; le service public de la télévision et ses consultants mercenaires pour faire de l’audimat.

Mais peut-être aussi nous tous qui nous rendons si nombreux chaque année sur la route du Tour. Puisse le nouveau scandale Astana-Contador-Armstrong qui est en train de germer nous aider à dénoncer une fois pour toute ce cirque infernal. En mémoire de VDB.

10 octobre 2009

Tramway : la victoire de Gauche Autrement

Depuis les élections municipales, avec l’association Gauche Autrement, nous n’avons pas cessé de défendre les propositions de notre programme en matière de transports en commun pour la ville de Nice et l'agglomération. A ce propos, on peut par exemple relire le blog de Dominique en date du… 18 septembre. Pour nous, priorité devait être donnée à l’extension de la ligne 1 jusqu’à l’hôpital Pasteur puis jusqu’à La Trinité et à la mise en œuvre d’un tram-train Gare du Sud-Saint Isidore. Quant à la ligne 2 (Est-Ouest), elle ne devait pas selon nous faire partie de ces priorités pour des raisons financières (surtout si on considère que la crise est intervenue entre temps). Nous avions aussi le sentiment qu’après quatre ans de chaos, la population ne serait pas prête à subir trois nouvelles années de travaux.

Revenant sur son programme électoral, le maire trop sensible aux sondages politiquement corrects et à la démagogie, avait pourtant décidé la construction de cette fameuse ligne 2. Une polémique s’en était suivie sur la question du tracé. Sur ce point, nous avions décidé de nous tenir à l’écart de ce qui était pour nous un faux débat.

Depuis hier, le maire s’est singulièrement rapproché de nos positions. Quelle que soit la présentation du nouveau calendrier, il est clair que la réalisation de la ligne 2 est renvoyée à un éventuel second mandat (cela dit, il est vrai que, même si elle est coûteuse, la nouvelle option est très séduisante d’un point de vue environnemental… si elle est techniquement réalisable). La priorité revient donc à l’extension de la ligne 1, dans un premier temps jusqu’à Pasteur. La volonté d’accélérer la conception d’une ligne 3, couplée en partie avec le train des Pignes, est également affirmée.

Gauche Autrement ne peut qu’être en accord avec un tel calendrier qui permettra, entre autres, de dégager des fonds pour accélérer une politique de proximité qui a bien besoin d’être « boostée ».

Avec Dominique, avec les amis de Gauche Autrement, nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir une fois de plus fait de la politique autrement, en refusant de foncer tête baissée dans une polémique parfaitement subalterne et en défendant sur le fond les intérêts réels de la population niçoise.

09 octobre 2009

Patrick Mottard sur France Bleu Azur

Ce matin, avant de rejoindre mes étudiants à Carlone puis Serge Klarsfeld et les autorités civiles et militaires pour l'inauguration de la plaque de l'hôtel Excelsior en mémoire des juifs déportés de Nice (et où je serai, assez curieusement, le seul élu de gauche présent), j'étais l'invité de la rédaction de France Bleu Azur.

L'occasion de rappeler les positions de Gauche Autrement en matière de transports en commun, de commenter la politique du maire et le parcours du PS local, d'expliquer notre travail d'élus et d'évoquer l'échéance des Régionales, tout en recueillant une information précieuse : David Digiacomo, mon sympathique et très professionnel interviewer sera aussi au départ du marathon de Nice le 8 novembre. L'an dernier, il avait quand même réalisé 4 h 15'... tout en effectuant le reportage de l'épreuve avec un téléphone portable. Un héros du service public en quelque sorte !

07 octobre 2009

Ni de droite, ni de gauche, la connerie est universelle

Retour sur image : après vingt-cinq ans de militantisme politique, Dominique Boy-Mottard décide (seule) de se présenter à des élections pour servir autrement ses valeurs. Pas n’importe quelle élection… Pas un scrutin de liste avec quota féminin protecteur, mais un bon vieux scrutin de circonscription, au contact direct des électeurs, dans le canton de la ville à priori le plus difficile pour la gauche.

Après une courte défaite, une annulation (elle défendra elle-même celle-ci devant la justice administrative), elle l’emportera, avec sa propre équipe militante, contre l’un des principaux lieutenants du maire de l’époque.

Désormais, à côté de Patrick Mottard (excusez cette utilisation de la 3e personne…), il y avait une nouvelle conseillère générale qui ne devait sa victoire qu’à son travail et à la force de ses convictions.

L’événement fut alors largement salué par la presse. Au Conseil général, elle fut accueillie par la quasi-totalité des élus de tous les groupes avec respect. Ils voyaient en elle, et à juste titre, la gagnante d’un dur combat politique et en aucun cas « la femme de… ».

C’est du côté du PS, où nous étions encore à l’époque, que soufflèrent les premiers vents mauvais. Pas d’attaques frontales, rien de franc : ce n’est pas le genre de la maison. Des bruits, des ragots, beaucoup de méchanceté et, déjà, ce terme odieux de « Thénardier » qui nous est revenu aux oreilles plusieurs fois.

Mais le meilleur restait à venir. Quand, après avoir consommé notre rupture avec le PS, nous avons décidé – comme les élus communistes à la mairie viennent de le faire il y a quelques jours – de constituer notre groupe au Conseil général, Patrick Allemand nous attaqua violemment en séance publique, devant une assemblée médusée, en stigmatisant la constitution d’un « groupe familial ». Lui, le super cumulard, venait d’inventer le cumul familial…

Or, depuis peu, il n’est plus seul. Il vient de recevoir le soutien spectaculaire de l’ineffable Lionel Luca qui cumule d’ailleurs, en toute bonne conscience, son poste de député et sa vice-présidence du conseil général. En réunion publique, et avec le relais bienveillant de Nice-Matin, ce monsieur a cru bon de dire : « … il y a la nouvelle mode des monsieur madame qui « cumulent à deux » comme ça… il n’y a pas de cumul ! Les « Bompard » par exemple, ou les Mottard. Ce sont les Thénardier de la politique ».

Quelle belle symétrie ! Jusqu’à la reprise plus qu’étrange du terme « Thénardier »…

Et nous avons la surprise de trouver ainsi le représentant du PS et l’ancien lieutenant de Pasqua main dans la main pour promouvoir une bien étrange conception du rôle de la femme en politique. Probablement une bouffée de nostalgie pour l’époque où le Code civil organisait la soumission de l’épouse.

Plus sûrement la preuve qu’ils appartiennent à la catégorie de ceux qui – comme le disait en son temps Michel Audiard – osent tout… et que c’est même précisément à cause de ça qu’on les reconnaît…

05 octobre 2009

Le convoi des déportés tatoués

Edith, au camp de Royallieu

Ce week-end fut à la fois l’occasion d’honorer un rendez-vous avec mon histoire familiale et de résoudre un petit mystère grâce, il faut bien le dire, à un travail préparatoire de Dominique, historienne-internet hors pair.

Pour cela, il fallait rejoindre la lointaine Picardie. En effet, comme beaucoup de résistants arrêtés par les Allemands, mon grand-père, Edgard Ponthus, passa quelques semaines dans le camp de transit de Royallieu à Compiègne.

Il s’agissait donc d’investir quelques heures ces lieux où Edgard vécut avant de rejoindre l’enfer de la déportation.

Avec, d’emblée, un moment d’intense émotion quand Edith, sa fille, ma mère, débarqua en gare de Compiègne soixante-cinq ans après ce père qui avait à l’époque la moitié de son âge actuel et qu’elle ne revît jamais.

Mais le site du Mémorial de l’internement et de la déportation (inauguré en 2008… il était temps !) nous permit également de résoudre, au moins partiellement, une énigme. J’avais toujours été intrigué par le fait qu’Edgard, déporté résistant, soit envoyé après le transit directement à Auschwitz, le camp d’extermination généralement réservé aux déportés juifs voués aux chambres à gaz. Le parcours était d’autant plus insolite qu’un rapatriement en Allemagne fut promptement organisé dans les jours qui suivirent. Quand on connaît la précision tatillonne des fonctionnaires de la mort nazis, ce type d’anomalie est plutôt interpellant.

En fait, la réponse est collective et se trouve dans une des salles des baraquements aménagés du camp-mémorial. Edgard appartenait en fait au convoi du 27 avril 1944 que les historiens appellent « le convoi des déportés tatoués ». En effet, en parfaite contradiction avec la règle qui voulait qu’on n’envoyait pas les résistants dans des camps d’extermination mais dans des camps de « travail », mille six cent cinquante cinq pensionnaires de Compiègne furent expédiés à Auschwitz-Birkenau. Après quatre jours et trois nuits d’un hallucinant voyage, ils y arrivèrent le 30 avril et y furent tatoués des numéros 184 936 à 186 590 (186 255 pour Edgard), formalité odieusement caractéristique du camp polonais. Pourtant, quelques jours plus tard (le 12 mai), sans explication, ils furent rapatriés sur Buchenwald en Allemagne, puis, pour mille d’entre eux, à Flossenbürg, camp situé à la frontière tchèque, et où mon grand-père, affecté à un commando (le commando Janowitz), travailla dans une carrière quelques mois dans des conditions très difficiles pour un homme de quarante-cinq ans.

Les historiens se perdent en conjectures à propos de cette volte-face : erreur bureaucratique de l’administration SS des camps ? convoi refoulé d’Allemagne pour cause de surpopulation ? acte de représailles après l’assassinat du collaborateur Pucheu à Alger ? Aucune interprétation ne s’impose, faute de preuve.

Reste que les sept cent quatre-vingt-dix-huit survivants de cette dramatique aventure resteront solidaires après-guerre en créant une très active association : « Amicale des déportés tatoués du 27 avril 1944 ». Ignorant qu’Edgard avait fait partie de ce convoi, nous n’avons appris son existence que récemment.

Mon grand-père, décédé le 28 avril 1945, ne fera pas partie de ces rescapés. Robert Desnos, le poète surréaliste et compagnon d’infortune d’Edgard non plus. Ils mourront tous les deux du typhus. Mais le poète voit toujours plus loin que l’horizon et ses vers auront raison de la bête immonde en traversant nuit et brouillard, nacht und nebel, pour nous délivrer ce message d’amour :

(…) Sol de Compiègne !
Terre grasse et cependant stérile

Terre de silex et de craie

Dans ta chair

Nous marquons l’empreinte de nos semelles

Pour qu’un jour la pluie de printemps

S’y repose comme l’œil d’un oiseau

Et reflète le ciel, le ciel de Compiègne

Avec tes images et tes astres

Lourd de souvenirs et de rêves

(…)

Sol de Compiègne !

Un jour nous secouerons notre poussière

Sur ta poussière

Et nous partirons en chantant.


Nous partirons en chantant
En chantant vers nos amours
La vie est brève et bref le temps.


Rien n’est plus beau que nos amours.

Nous laisserons notre poussière
Dans la poussière de Compiègne

Et nous emporterons nos amours

Nos amours qu’il nous en souvienne

Qu’il nous en souvienne.

30 septembre 2009

Et si Babaorum était dans le 5e canton ?

A l’initiative du toujours dynamique comité de quartier « Colline Saint Barthélemy – Le Prieuré », une escapade quasiment champêtre était organisée dans le cadre de la journée du patrimoine avec l’historien niçois Jacques Dalmasso sur un petit tronçon de la voie romaine transversale qui reliait jadis la Via Julia Augusta au Nord et la Via Aurelia au Sud, les autoroutes de l’époque (pas écolos pour un sou, les Romains avaient construit leur… A8 bis !).

Or, cette petite voie presque anonyme – elle s’appelle officiellement Chemin du Collet –, qui joint la rue Calvino à l’avenue Frédéric Mistral, est située en plein cœur du 5e canton. Du coup, le conseiller général s’est senti concerné, de même que ses amis Henriette, Joëlle et Henri, retrouvés sur place inopinément.

Après quelques dizaines de mètres rue Lorenzi, notre guide nous fait grimper sur la droite et au pas de charge la rue Calvino, afin d’accéder à ce chemin pavé de galets et bordé de deux grands murs de pierre qui est la voie romaine de jadis.

Les murs surtout attirent notre attention. Composites, ils évoquent irrésistiblement l’œuvre du facteur Cheval. Au milieu de matériaux plus récents, Monsieur Dalmasso nous fait identifier ici et là d’authentiques tuiles romaines. Devant ce témoignage simple et incontestable des siècles qui passent et ne reviennent pas, l’émotion est forcément au rendez-vous.

Après un double virage, le chemin se rétrécit encore et la rude pente devient escalier. Notre guide confirme que nous sommes pratiquement sur la voie d’origine. Il ne reste plus au petit groupe d’amoureux du patrimoine qu’à faire travailler son imagination… Là, un couple de mulets avec des jarres d’huile d’olive, ici, un groupe de soldats en permission, bruyants et débraillés, plus loin, une belle Gallo-romaine avec ses bijoux de citadine…

Rien, toutefois, qui nous empêche de constater que la voie n’est pas située, en bonne logique romaine, sur la crête de la colline où se trouve à l’heure actuelle la Villa Arson, mais en contrebas, sur ce que les ingénieurs de l’époque appelaient la crête militaire. C’est qu’en fait, le sommet de la colline devait être occupé par un « castrum » qui montait la garde dans cette région stratégique tout en servant probablement de prison aux condamnés qui, par la suite, étaient envoyés aux arènes de Cimiez.

Ainsi, grâce à Jacques Dalmasso, j’ai appris, en ce dimanche d’automne, qu’un véritable camp de Babaorum (à moins que ce ne soit Petibonum ou Aquarium…) montait la garde sur le point culminant du 5e canton.

De là à penser que, quelques centaines de mètres en contrebas, du côté du 10 avenue Cyrille Besset, se trouve le village des irréductibles Gaulois, il n’y a qu’un pas à franchir. Je ne vous cacherai pas, qu’euphorisé par cette petite promenade historique, je l’ai gaillardement franchi.



Pour d'autres balades romaines, voir le blog de Dominique Boy-Mottard

26 septembre 2009

Patrick Mottard à RDV Télé

Pour suivre l'interview, rendez-vous sur le site de RDV Télé


RDV Télé a succédé à Nice Télé Web, mais le maître de cérémonie est toujours Jean-François Bosch.

Pour cette interview de rentrée, nous avons successivement évoqué les dernières élections au Conseil général et la politique globale (1ère partie), la politique niçoise et la circulation, les crèches, la répression et l'emploi à Nice (2e partie), et le mal être social, le PS, le MoDem, l'espérance politique et Gauche Autrement (3e partie).

Un premier tour d'horizon avant l'Assemblée générale de Gauche Autrement le 9 octobre.

Voir, sur le blog de Dominique Boy-Mottard, "Le référendum du PS est-il bidon ?"

24 septembre 2009

Irina Bokova… ouf !



C’est avec soulagement que j’ai appris, lundi soir, l’élection de la Bulgare Irina Bokova à la direction de l’UNESCO.

Cette victoire, qui a l’avantage de flatter ma bulgarophilie militante, marque surtout la défaite du favori, le très sulfureux Egyptien, Farouk Hosni. Ce dernier, ministre de la culture pendant vingt-deux ans, ne s’est pas contenté de réprimer la vie intellectuelle de son pays, contrôlant l’information, la presse et la blogosphère pour le compte du pouvoir en place. Il avait osé affirmer l’an dernier (ce n’est donc pas une erreur de jeunesse…) : «Je brûlerai moi-même les livres israéliens si j’en trouvais dans les bibliothèques égyptiennes…», tout en dénonçant «l’infiltration des juifs dans les médias internationaux».

Or, il faut savoir que cette étrange candidature pour une organisation universelle chargée de développer l’éducation, la science et la culture, était soutenue et même sponsorisée par la France. Si Paris vaut bien une messe, la flageolante Union pour la Méditerranée vaut bien un Hosni… Pour obtenir le soutien de l’Egypte dans sa besogneuse initiative diplomatique, le Président Sarkozy a accepté de promouvoir cette candidature nocive pour une organisation en pleine convalescence qui retrouve un certain équilibre après le mandat du sortant Koichiro Matsuura (avec, par exemple, la signature d’une courageuse Convention sur la diversité culturelle).

Et si Irina Bokova, issue de la nomenklatura communiste, n’est pas Vaclav Havel, son élection est symboliquement importante pour les nouvelles démocraties de l’Est. Aussi, à la réflexion, son élection mérite-t-elle mieux qu’un simple « ouf ! »…

19 septembre 2009

Michel Vauzelle peut-il garder la Région PACA ?

A quelque six mois de l’échéance, rien n’est joué, même si les observateurs sont plutôt dubitatifs quant aux chances de Michel Vauzelle d’entamer un troisième mandat.

Malgré une hausse très importante de la fiscalité (environ 60% de 2004 à 2006) due en grande partie – il faut le dire – à des transferts de compétence mal compensés, le bilan des deux premiers mandats est plutôt honorable (mais attention aux dépenses de personnel et de communication qui ont tendance à déraper), notamment dans des domaines comme les lycées, les transports (beau travail de Gérard Piel), la formation professionnelle, la culture régionale…

Pourtant, l’image globale est brouillée par les graves affaires marseillaises et la difficulté, pour les citoyens de PACA à identifier un projet alternatif à ce que propose la droite dans les départements et les grandes agglomérations de la Région.

J’ajoute que, pour les habitants des Alpes-Maritimes, le calamiteux parcours du Premier vice-président est un lourd handicap, même si, depuis plus de deux ans, Michel Vauzelle a décidé de gérer en direct en contournant son encombrant représentant local.

C’est dire que la victoire de la gauche en PACA est loin d’être assurée, alors même qu’elle est indispensable à la respiration démocratique de notre Région. Le monde associatif, par exemple, est très demandeur d’un contre-pouvoir à la droite toute puissante.

Cette victoire difficile est néanmoins possible malgré un contexte électoral (le FN s’étant – heureusement – affaibli) et politique (les convulsions nationales du PS) délicat. Pour cela, il est impératif que Michel Vauzelle satisfasse à quatre conditions.

1) Il doit tout d’abord vider l’abcès marseillais sans jouer la montre des lenteurs judiciaires et se séparer des élus et des collaborateurs qui ont, de près ou de loin, trempé dans ces affaires de clientélisme et de corruption. En s’appuyant sur son image personnelle d’intégrité et l’opinion publique, il devrait pouvoir se passer de ces soutiens sulfureux. Il en a même l’obligation.

2) Il doit bouleverser son dispositif dans les Alpes-Maritimes (c’est le seul département où la liste de gauche n’était pas arrivée en tête en 2004 alors que le FN était encore fort) et annoncer clairement son intention de tourner la page en renouvelant son équipe. Patrick Allemand, l’ancienne tête de liste, est responsable de la déroute municipale de Nice, de l’éclatement de la gauche locale et de défaites électorales à répétition dans les partielles. Il n’a plus aucune crédibilité, c’est le maillon faible de la Région. Une solution de remplacement est pourtant facile à trouver. Pascale Gérard, conseillère générale sortante, pourrait faire l’unanimité pour prendre la succession. Dotée d’une solide équipe, elle dirige avec compétence l’important secteur de la Formation professionnelle où, en tant qu’élu, j’ai pu tester sa réactivité. Peu concernée par les luttes intestines du PS et encore peu connue du grand public, elle peut prétendre incarner le renouveau si, bien sûr, la tête de liste est socialiste.

3) Michel Vauzelle doit aussi impérativement rassembler à gauche. Si l’accord se fera probablement sans trop de difficultés avec un PC qui a besoin de cadres élus, ce sera moins évident avec les Verts, boostés par le bon résultat des Européennes et le camouflet infligé par la fédération du PS 06 dans le 6e canton de Nice. Pour avoir un accord, il faudra en payer le prix. Pourquoi pas avec une tête de liste dans l’un des départements de la Région ? Dans les Alpes-Maritimes, ce serait loin d’être incongru au vu du résultat d’Europe Ecologie qui a devancé la liste PS de plus de six points (17,07% contre 10,72%). Ça pourrait être un rôle sur mesure pour André Aschiéri ou même pour les excellents élus niçois Rémy Gaechter ou Mari-Luz Nicaise. Au-delà de la gauche, un accord avec le MoDem semble également incontournable.

4) Enfin, Vauzelle et son équipe doivent à tout prix redéfinir un programme qui puisse cliver nettement avec celui de la droite. La co-gestion avec Christian Estrosi a certainement été une bonne chose en termes d’efficacité en cours de mandat, elle devient quelque peu encombrante en période électorale. Il faut que le candidat sortant explique à l’électorat en quoi un Président de région de gauche peut faire une autre gestion qu’un Président de droite. Cela dit, l’argument est réversible et sera également valable pour la tête de liste de l’UMP (dont on ignore, pour l’heure qui elle sera, avec le renoncement annoncé ce jour du maire de Toulon, Hubert Falco).

Nettoyer les écuries marseillaises, renouveler la représentation des Alpes-Maritimes, rassembler la gauche (et s’allier au MoDem) et promouvoir un projet clairement identifiable sont les conditions nécessaires – même si elles ne seront pas, à tout coup, suffisantes – pour une nouvelle victoire. Une victoire nécessaire à l’équilibre démocratique de notre région en général et de notre département en particulier.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

18 septembre 2009

Vive le BNB !

Alexandre le bienheureux

A propos d’un article de Pascal Lamy, le directeur de l’OMC, je me posais ici même la question des limites anthropologiques de l’économie de marché. Quelques semaines plus tard, nous pouvons considérer que le rapport de la Commission « sur la mesure de la performance économique et du progrès social », missionnée par le Président de la République et présidée par le prix Nobel d’économie américain Joseph Stiglitz, constitue un début de réponse prometteur.

Pour Stiglitz, secondé par le prix Nobel indien Armatya Sen et l’économiste français Jean-Paul Fitoussi, il faut changer de modèle statistique, sortir de la stricte logique (souvent illogique) financière et mesurer… le bien-être et le bonheur. En fait, tout ce que le marché ne peut pas calculer. Prendre en compte la qualité de la vie, la santé, l’environnement, les réseaux sociaux, permettrait de changer les instruments de mesure et nous conduirait ainsi à proposer une autre forme de développement économique plus respectueux des hommes et de l’environnement.

L’enjeu serait, ni plus ni moins, de faire émerger, à côté du PNB crispé sur la production économique et la rentabilité financière, un… BNB (bonheur national brut). En fait, un PNN (produit national net), qui permettrait de prendre en compte la dépréciation de toutes les catégories de capital ayant contribué à la production des richesses. Comme les hommes ou la Nature.

Les rapporteurs font, dans la foulée, une douzaine de recommandations pour modifier et compléter les statistiques internationales économiques, condition préalable à la création d’un système nouveau. Ainsi, « mettre en place une mesure synthétique de la qualité de la vie », « accorder plus d’importance à la répartition des revenus » ou encore « évaluer de manière exhaustive les inégalités ».

Le travail des rapporteurs, qui ont le courage de rappeler que l’économie est autant une science qu’une idéologie, est d’autant plus crédible que la réflexion initiale a été engagée avant la crise. Une réflexion qui, en faisant la part belle aux valeurs de solidarité (sociale, géographique, générationnelle), peut être considérée comme étant plutôt à gauche.

Aussi, n’est-il pas inintéressant de Stiglitz considère que la gouvernance du FMI par DSK va plutôt dans le bon sens : « Il en a changé en partie la philosophie ».

Dans un contexte où les petits camarades de DSK négocient indéfiniment avec Augias, pointer ce satisfecit est tout sauf anodin…

14 septembre 2009

La deuxième vie du bow-window



Pendant les sept années du deuxième mandat de Jacques Peyrat, c’était devenu un rituel à la limite du private joke. A chaque séance du Conseil municipal, je faisais remarquer mi-sévère, mi-goguenard, les deux ou trois avenants supplémentaires concernant le chantier incroyablement complexe de la rénovation du Musée Masséna qui ne manquaient jamais de s’inviter à l’ordre du jour. La réponse du maire ou de l’adjoint André Barthe était généralement minimaliste et traduisait un certain embarras face à ce dossier qui devenait un véritable tonneau des Danaïdes.

Je ne regrette pas mes interventions car l’opération fut extraordinairement budgétivore (9,8 millions d’euros) tout en reconnaissant que le résultat final est éblouissant.

La restauration de cette villa italienne de style Premier Empire est une vraie réussite. Le rez-de-chaussée, reconstitution des pièces où vivait la famille Masséna-d’Essling, est un enchantement pour l’œil. J’avoue avoir un faible pour l’immense salle à manger prolongée par un majestueux bow-window tamisant l’exubérante luminosité de la Méditerranée toute proche pour mieux la laisser caresser l’austérité massive du mobilier.

Après avoir ainsi déambuler, on peut rejoindre le premier étage où se trouve un véritable musée d’Histoire régionale. Cette appellation, souvent synonyme de pédagogie poussiéreuse, me fait généralement fuir. Rien de tel ici. Dans l’enfilade de salles, on trouve un joyeux mélange d’objets, d’affiches, de mobiliers, de peintures, de photos qui célèbrent, chacun à leur manière mais sans façon, l’identité niçoise : de quoi farfouiller sans contrainte dans la mémoire du Comté de Nice.

On y trouve aussi bien une harpe à pédales exposée triomphalement dans un vaste écrin de miroirs, qu’un photochrome de 1900 représentant une vue depuis le Mont Boron ou une maquette du Casino de la Jetée-Promenade. Ce dernier, véritable star du Musée, est présent un peu sous toutes les formes : peintures, dessins, affiches… ce qui ne fait que souligner l’absence contemporaine d’un véritable symbole identifiant la ville de Nice, n’en déplaise à Sosno (la Tête carrée) ou Venet (l’Arc).

Au hasard des salles, on trouve aussi des affiches officielles aux accents délicatement désuets. Ainsi l’arrêté du maire Malausséna du 27/06/1887 : « A l’avenir, le dépôt, le stationnement et l’entretien des lapins, poules, pigeons et autres animaux de basse-cour sont défendus dans l’intérieur de la ville… ». Ou bien encore, celui du maire Goiran du 28/11/1912 : « L’accès des tramways, voitures publiques, salles de spectacles et de réunions est interdit aux personnes portant un chapeau que fixent et ornent une ou plusieurs épingles à pointe apparente si cette pointe n’est pas munie d’un "cache pointe" constituant une protection suffisante… ».

Encore un petit effort, et, par l’escalier monumental, vous atteignez le deuxième étage et ses deux salles consacrées aux délicates aquarelles d’Alexis Mossa. Mont Boron, Cimiez, Carras, Albert 1er, Port, Paillon… : une quarantaine d’œuvres – dont deux superbes couchers de soleil sur le Casino de la Jetée-Promenade, encore lui – pour une balade qui vous fera pénétrer l’âme de la cité.

Pour sortir, il ne vous reste plus qu’à traverser le jardin – Empire lui aussi – ouvert au public. Et, presque sans transition, vous retrouvez la Promenade des Anglais et son tumulte. Heureusement qu’au-delà de la double voie de circulation, la courbe de la baie…

Vous pouvez aussi visiter le Musée des Beaux-Arts Jules Chéret.

12 septembre 2009

Summer movies 2009

Cinéma Le Jaurès à Argeles-sur-mer


L’été est une période propice aux escapades cinématographiques. 2009 restera quand même un cru quantitativement limité. En effet, entre juillet et août, nous n’avons pu picorer que quatre films au Méga Castillet de Perpignan, au Pathé Werper de la place Clichy à Paris et au Jaurès, le joli petit cinéma municipal d’Argelès-sur-mer. Mais, dans l’ensemble, la pioche était bonne.

« Whatever Works », Woody Allen (USA)

Après une petite tournée européenne, Woody est de retour à Manhattan. Boris (Larry David), un presque prix Nobel de physique, quinqua bougon et un brin misogyne (une sorte de Commandant Dromard, celui qui intervient parfois sur ce blog…) va se faire apprivoiser par une jeune écervelée blonde, Lolita du Deep South (Evan Rachel Wood). Sur ce scénario vieux comme le cinéma, Woody nous trousse une comédie new-yorkaise à la fois attendrissante et désopilante. Ce n’est quand même pas « Hannah et ses sœurs » (un vrai chef-d’œuvre revu il y a quelques jours en dvd), mais c’est du pur Woody Allen, celui qu’on avait un peu perdu de vue ces dernières années.

« Jeux de pouvoir », Kevin Mac Donald (USA)

Stephen Collins est une des valeurs montantes de son parti (Démocrate ?), spécialiste au Congrès des questions de Défense. Un jour, on retrouve assassinée sa jeune assistante. Des journalistes - dont un ami d’enfance - et la police vont mener l’enquête. De fausses pistes en coups tordus, on se promène dans la machinerie du Pouvoir avant de découvrir les bons et les méchants. A moins que ce ne soient les mêmes. Le film, haletant, est efficace et crédible. Mais était-il nécessaire ? Il est, en effet, la copie conforme d’une remarquable mini série de la BBC dont il est adapté : « State of Play », le héros du film étant le clone parfait de celui de la série, député travailliste « blairiste »…

« Very bad trip », Todd Phillips (USA)

Quatre copains se paient une virée à Las Vegas pour enterrer la vie de garçon de l’un d’eux. L’originalité du scénario repose sur le fait que les protagonistes se réveillent, au début du film, en ne se souvenant de rien car l’un d’entre eux avait glissé une drogue dans le premier cocktail du week-end. Du coup, ils doivent trouver et… trouveront une explication au bébé coincé dans leur armoire, au tigre qui déambule dans la salle de bain et au Chinois tout nu et tout furieux qui surgit du coffre de leur voiture. Sans parler de la dent qui manque au plus ahuri de la bande. Burlesque, souvent drôle, « Very bad trip » a été plébiscité par le public et baptisé « comédie de l’été ». Pourquoi pas ? Mais on attendra quand même l’automne avec une certaine impatience.

« Millenium », Niels Arden Oplev (SUE)

La lecture du best seller m’avait laissé froid (pour un polar scandinave, c’était peut-être normal…), mais la même histoire filmée avec rigueur est beaucoup plus intéressante. Les paysages (désolés), les acteurs (inconnus), le rythme de la mise en scène (nerveux) en font un film policier exotique et quelque peu vénéneux.

A l’été prochain…

09 septembre 2009

Les Bongo du PS

La mollesse gênée des responsables du PS est pratiquement un aveu : la fraude électorale lilloise au moment du vote pour la désignation de la Première secrétaire, décrite par deux journalistes, Antonin André et Karim Rissouli, dans leur ouvrage : « Hold-uPS, arnaques et trahisons », semble avérée. En réalité, ils ne font que porter sur la place publique ce qui était depuis longtemps un secret de Polichinelle dans les milieux dits bien informés. Selon une technique digne de l’Iran des ayatollahs ou du Gabon des Bongo, le vote des sections de la ville de Martine Aubry a servi de réservoir pour ajuster le résultat national du vote.

Cette nouvelle m’attriste parce que j’avais beaucoup d’estime pour Martine Aubry ministre et maire de Lille et que j’aurais probablement voté pour elle si j’avais été membre du PS à ce moment-là.

Mais si elle m’attriste, cette vraie-fausse révélation ne me surprend pas car elle me renvoie à une situation similaire dont j’avais été victime au sein de la Fédé 06 il y a déjà quelque temps.

Nous étions à la fin des années 90 et l’on votait pour désigner le premier secrétaire des Alpes-Maritimes. Candidat, je perdais de justesse fasse à un concurrent présenté pourtant comme largement favori et c’est tout à fait sereinement que j’acceptais le verdict des urnes militantes. Or, quelques mois plus tard, un responsable socialiste qui occupe aujourd’hui de très hautes fonctions à la Fédération m’annonça benoîtement avoir inversé les résultats du vote de « sa » section quand il avait vu que j’étais en position de gagner, au nom, bien sûr, des intérêts du Parti : « Tu comprends, ton élection aurait posé un problème politique » (traduction : je n’étais pas de la « bonne » tendance).

Trop bon soldat à l’époque, je n’avais pas réagi pour ne pas donner du grain à moudre « aux ennemis du Parti ». Aujourd’hui, je pense que j’ai eu tort, car tout est allé de mal en pis par la suite. Du coup, même si je ne suis pas – loin s’en faut – l’un de ses partisans, je conseille à Ségolène Royal de ne pas laisser passer. Même au nom des intérêts supérieurs de je-ne-sais-quoi. Il ne faut pas transiger avec les valeurs fondamentales qui fondent le pacte républicain.

Plus prosaïquement, j’espère aussi que cette pitoyable révélation rendra définitivement muets sur le sujet les militants qui, souvent de bonne foi, me disent : pourquoi en 2007 ne t’es-tu pas présenté aux investitures internes ? Ajoutant souvent : tu avais tes chances !

Je persiste et signe : j’avais raison d’être persuadé du contraire. Leader du PS sur Nice depuis 2001, je n’avais toujours pas réussi à obtenir la liste des adhérents socialistes de la ville… Aussi, c’est tout à fait légitimement que je pouvais imaginer, tapis dans l’ombre, une section et son vote « d’ajustement » prêts à jouer leur partition dans la chronique d’une défaite annoncée.

06 septembre 2009

Une nouvelle claque pour Biscarra


Election partielle du 6e canton de Nice :
NC-UMP : 40,54%
PS : 15,38%
VERTS : 8,18%
PC : 7,62%


Un PS atomisé par la majorité départementale, contesté par les Verts qui réalisent leur meilleur score sous leur propre bannière, titillé par les communistes tout ragaillardis depuis qu’ils ont repris leur liberté à la mairie : cette élection se révèle être une nouvelle déroute pour la Fédé PS 06 de la rue Biscarra.

Pour mémoire, candidat du seul PS sur ce canton en 1994 en pleine déprime socialiste nationale (Balladur était à la tête du gouvernement après les législatives catastrophiques pour la gauche de 1993) et avec une notoriété encore faible, j’avais tout de même fait 20,5% (en 2001, Pierre Laigle, avec 19,5% avait maintenu la position).

Mais les troupes de Patrick Allemand vont devoir boire le calice jusqu’à la lie car, comme me l’a confirmé un responsable des Verts croisé vers 21 heures à l’école Fuon Cauda, les écologistes n’appellent pas à voter PS au second tour. On peut les comprendre.

Municipales catastrophiques, 12e canton perdu, groupe municipal « dispersé façon puzzle », PC hostile, Verts furieux : si Michel Vauzelle veut garder la Région PACA, il sait ce qu’il lui reste à faire… au moins dans les Alpes-Maritimes.

Pour conclure, un petit mot pour Fabien Bénard : avec une droite conquérante et une gauche divisée en pleine concurrence, c’était pratiquement mission impossible. Reste une campagne citoyenne, pédagogique et digne. Pour le Républicain que je suis, c’est un beau reste.

Le détail des résultats sur le blog de Dominique Boy-Mottard.

03 septembre 2009

Le sirop Typhon des primaires...

« Buvons, buvons, buvons
Le sirop Typhon, Typhon, Typhon,
Universelle panacé-é-ée… »

On se souvient de « l’inoubliable » refrain de Richard Anthony. Avec le débat sur les primaires, on a effectivement l’impression que le PS a trouvé l’Universelle panacé-é-ée…

Alors qu’il ne me semble pas avoir entendu un seul commentaire pertinent des porte-parole du Parti sur des événements mineurs comme la victoire du centre-gauche au Japon ou sur l’accord en voie de finalisation entre la Turquie et l’Arménie, nous sommes sursaturés de petites phrases et de grandes gesticulations sur ces fameuses primaires.

Passons sur les détails d’organisation d’un tel happening (qui ? comment ? quand ? où ?) même si on a conscience que le diable adore se planquer parmi eux. Examinons plutôt les effets de la potion magique quand elle a été utilisée.

En Italie d’abord. La première fois, la primaire, techniquement réussie, n’a fait que confirmer le candidat qui était prévu de longue date. La victoire sur le fil du rasoir qui s’en est suivi fut génératrice de crise et la coalition des partis qui s’étaient mis d’accord sur la procédure éclata à la suite du désaccord sur la politique appliquée. Après la deuxième primaire, la crise n’eut pas le loisir d’éclater car une défaite humiliante contre la droite de Berlusconi était au rendez-vous.

Aux Etats-Unis, on est bien entendu fasciné par la réussite d’Obama. Mais qui peut nier la spécificité du système politique désidéologisé des USA ? Un système capable du meilleur comme du pire : n’oublions pas les investitures de démagogues analphabètes comme Reagan ou Bush.

En France même, on peut citer l’exemple de 2007. En effet, l’investiture PS avec les « adhérents à 20 € » ressemblait à s’y méprendre à une primaire. On a vu le résultat : Ségolène Royal battant DSK et Fabius. Sans commentaire. Circonstance aggravante : beaucoup ont voté Royal car, en tête des sondages, c’est elle qui avait le plus de chances de l’emporter. On touche là un autre effet pervers des primaires : on ne vote pas pour celui qui est le meilleur mais pour celui qui paraît avoir le plus de chances de gagner.

Une preuve de plus que primaires et sondages sont les deux mâchoires du même piège à cons.

Au lieu de chercher l’Universelle panacée à travers cette invention microcosmique des primaires, le PS ferait mieux de « profiter de la crise » pour ouvrir des perspectives, avec un projet crédible s’appuyant sur une critique anthropologique sans concession de l’économie financière et des propositions sur les grandes questions que sont l’avenir de la protection sociale, les retraites, l’éducation, la culture, les rapports Nord-Sud, l’Europe, le développement durable débarrassé des colifichets de la mode…

Et tant qu’à se focaliser sur la machinerie et le fonctionnement du système politique, le débat sur le cumul des mandats me semble cent fois plus signifiant que celui sur les primaires.

Oui, mais là, on touche aux intérêts des élus cumulards et de leurs commensaux. Gageons que sur cette question, pourtant courageusement posée par Martine Aubry, on se contentera brouiller les pistes avec de la poudre de Perlimpinpin…

01 septembre 2009

Nous sommes tous des Comoriens de la diaspora



« Nos frères… nos sœurs… ». L’émotion est palpable dans mon bureau du Conseil général quand Monsieur M., un des responsables nationaux de la diaspora comorienne, évoque les 153 personnes qui ont disparu, englouties par l’océan, lors de la catastrophe aérienne de la Yemenia au large des îles Comores, le 30 juin dernier.

Mais, derrière la détresse, la colère gronde car la fatalité n’est pas vraiment responsable de ce drame trop prévisible. Monsieur M. m’explique que, depuis des années, notamment à travers l’association « SOS Voyages aux Comores », ses compatriotes dénoncent la véritable prise d’otages ourdie par la compagnie Yemenia avec la complicité des autorités de leur propre pays.

Pour un voyage facturé au prix fort, les Comoriens de Nice ou de Marseille ont le droit de se taire. Ils subissent les horaires fantaisistes d’une compagnie qui n’hésite pas, à l’étape de Sanaa (Yemen) à échanger les appareils convenables utilisés dans l’espace aérien européen avec des avions poubelles « bout de ligne » tout en traitant les passagers de façon humiliante.

Or, sur les Comores, le monopole de Yemenia est quasiment garanti par les autorités dont on peut supposer qu’elles tirent quelques avantages de la situation. Inconscience mercantile et corruption aveugle mettent en péril la vie de milliers de Comoriens chaque année.

Aussi, le 30 juin est plus la conséquence de cette collusion insensée qu’un véritable accident. Et depuis, malgré quelques larmes de crocodile, rien n’a changé. Un haut responsable comorien, acculé par mon interlocuteur, a même proféré des menaces en public contre lui et par trois fois : « Toi, tu ne mets pas les pieds aux Comores ».

Sur le plan local, Monsieur M. se félicite de la réactivité du ministre Estrosi et de Gauche Autrement qui est le seul groupe d’opposition à avoir manifesté une solidarité active.

Au-delà de toute couleur politique et de toute chapelle, les Français ont le devoir moral d’aider la diaspora à mettre la compagnie aérienne, le pouvoir comorien et peut-être même aussi les autorités européennes en face de leurs responsabilités. Il me semble que cette obligation est encore plus forte pour nous les gens du Sud, ce Sud où la communauté comorienne est à la fois très présente et très intégrée.

Pour ma part, je n’oublierai jamais que c’est dans un foyer comorien de la rue Gutenberg que j’ai passé en 2004 ma dernière soirée avant ma réélection. C’est aussi en souvenir de ce beau moment que je confirme à mon interlocuteur notre volonté, avec Dominique, de nous engager fortement sur ce dossier.

Contre la Yemenia, contre le pouvoir de Moroni, nous sommes tous des Comoriens de la diaspora…