11 novembre 2006

Blogspot au CM

En arrivant dès huit heures pour le troisième Conseil municipal depuis la rentrée, j’étais loin de penser que la vedette de la journée serait… mon blog !

Première manifestation : sur mon pupitre, une main bienveillante du service Communication avait déposé un exemplaire du dernier numéro du « Point » consacré à Nice. Le titre du chapitre « Economie » et une partie de son contenu reprend Nicecittà, le post que j’avais consacré à Nice, ville du cinéma.

Deuxième manifestation : alors que Paul Cuturello va prendre la parole sur le PLU, Jacques Peyrat se met à lire in extenso mon post de lundi, Paul plie le PLU. L’assemblée, majorité et opposition confondues, semble médusée devant cette publicité gratuite offerte par le maire à son opposant.

Au delà de ces intermèdes « blogspot », le Conseil nous a permis, Paul sur le PLU, moi sur le DOB (texte de mon intervention sur mon site, à partir de demain), de démontrer que Nice plurielle a une vraie vision de la ville là où la majorité patauge dans une gestion zigzagante sans imagination et sans perspectives.

Le Conseil sera aussi pour moi, l’occasion de demander, au nom de mon ami Rossini et d’un certain nombre d’associations dont la FSGT, les raisons pour lesquelles le maire s’entête à vouloir faire payer les dites associations pour l’occupation du domaine public y compris pour des manifestations d’intérêt général. En réponse, le maire exhibe piteusement une réponse ministérielle peu convaincante et confirme que les associations paieront (à la tête du client ?). Pas étonnant de la part d’une équipe qui rêve de regrouper tout le monde dans des maisons des associations sous contrôle municipal.


RETRANSMISSION DU CONSEIL MUNICIPAL SUR NICE TÉLÉVISION
SAMEDI 11 NOVEMBRE DE 10 H À 14 H ET DE 21 H 30 À 01 H 30
DIMANCHE 12 NOVEMBRE DE 13 H À 17 H

09 novembre 2006

Faut-il recevoir Ahmadinejad ?

« Non », a répondu Laurent Fabius.

Instantanément, j’ai retrouvé le jeune Premier Ministre qui n’avait pas hésité à stigmatiser l’apartheid en Afrique du Sud à une époque où ce n’était pas tellement à la mode dans les chancelleries occidentales. Celui aussi qui avait exprimé son désaccord quand François Mitterrand avait reçu le général Jaruzelski (on se souvient du célèbre « lui c’est lui, moi c’est moi »).

Il est évident que les relations internationales conduisent les responsables politiques à rencontrer des dirigeants pas toujours très recommandables. Mais il est utile de bousculer de temps en temps les règles du « diplomatiquement correct » lorsqu’il s’agit de faire passer un message. Refuser de recevoir celui qui proclame qu’il veut la destruction d’Israël serait un signe fort qui aurait au moins le mérite de dire au monde que la France condamne l’aventurisme des ayatollahs sans ambiguïté, même si elle a de gros intérêts économiques en Iran. Un geste certainement plus efficace que des sanctions économiques qui ne touchent que les populations civiles.

Et qu’on ne nous dise pas qu’Ahmadinejad a été régulièrement élu par son peuple. Hitler aussi. Fallait-il pour autant aller à Munich ?

07 novembre 2006

Paul plie le PLU

Deux semaines après le remarquable séminaire sur la démocratie participative, les militants socialistes, communistes, verts et alternatifs de Nice plurielle se retrouvent au CLAJ pour préparer un Conseil municipal particulièrement important puisqu’il y sera question et du DOB (débat d’orientation budgétaire) et du PLU (plan local d’urbanisme), et donc de l’avenir à court, moyen et long terme de notre cité.

Le DOB est le document explicatif censé éclairer les choix politiques qui arbitreront le budget 2007 (discussion prévue en décembre). Le PLU est le document de planification urbaine qui remplacera le POS dans quelques mois.

La présentation du DOB, c’est un peu l’équipe Peyrat au pays des Merveilles. En fait, la réalité est beaucoup moins poétique et je préviens les copains qu’une fois de plus, vendredi 10, je dénoncerai un document insincère (quid par exemple de la CANCA financée par les contribuables niçois ?) qui masque une gestion courante coûteuse et clientéliste (les « affaires » sont là pour nous le rappeler) et un recours à l’emprunt qui s’avèrera de plus en plus difficile à supporter pour la Ville au fur et à mesure que les grands travaux devront être payés. C’est-à-dire à un moment où Jacques Peyrat sera probablement en retraite.

Mais la star du prochain Conseil municipal s’est incontestablement le projet de PLU. Pédagogue, comme il sait l’être sur les sujets qu’il connaît bien, Paul Cuturello dissèque devant nous un document, rappelant sa genèse (il a suivi toute la phase préparatoire avec Simone Monticelli), relevant, presque avec gourmandise, les incohérences, les oublis, les contradictions.

Incohérences, quand on sait que le PLU va être arrêté avant le SCOT (schéma de cohérence territoriale) qui, lui, fera un travail de planification de l’agglo.

Oublis, quand on s’aperçoit que la question du logement, priorité des priorités, est réduite à la portion congrue. Celle des déplacements aussi.

Contradictions, quand on envisage un avenir municipal à la Plaine du Var (pas celui de Nice plurielle…) tout en se félicitant que celle-ci vienne d’être proclamée territoire à « enjeu national ».

Mais le plus affligeant est que ce document n’offre aucune perspective d’ensemble, aucune vision de l’avenir de notre cité.

La démonstration est impeccable, le réquisitoire sans appel. N’en doutons pas, Paul renouvellera sa performance vendredi au Conseil municipal pour expliquer le vote négatif de Nice plurielle à ce projet de PLU passif et sans imagination.

05 novembre 2006

Clint et Woody



Quelques jours en terre catalane nous permettent en général de mettre à jour notre actualité cinématographique (Good night and good luck).

Ainsi, ces derniers jours, nous avons pu vérifier – entre autres – la bonne forme des sexagénaires Clint Eastwood et Woody Allen. Il est vrai qu’il est difficile d’être déçu par ces deux-là car il ne s’agit pas, pour eux, de réaliser une succession de films mais bien de construire une œuvre qui nous ouvre les portes d’un monde à la fois personnel et universel. Universel parce que personnel.

Mémoires de nos pères (Clint Eastwood)

La photo montrant six marines hissant la bannière étoilée au sommet de la falaise qui domine l’île d’Iwo Jima, dans le Pacifique, a fait le tour du monde. Clint, dans la grande tradition du cinéma humaniste hollywoodien, nous propose d’aller voir au delà et en deçà de la photo et même du cliché, au sens littéral.

C’est ainsi que nous découvrons que les héros du Pacifique sont fatigués. Ils participent à reculons à la grande tournée de propagande organisée en leur honneur. Ils ont fait la guerre car ils y étaient contraints et se sont contentés de survivre. Leur énergie patriotique s’est limitée à aider leurs copains victimes de la même tragédie. Point final.

Et nous partageons avec Clint une immense tendresse pour ces gamins qui n’ont pas eu le temps d’être jeunes car l’Histoire en avait décidé autrement.


Scoop (Woody Allen)

Pour la deuxième fois consécutive, Woody Allen s’éloigne de son cher Manhattan pour explorer la vieille Angleterre. Cela donne « Scoop », une comédie policière, hitchcockienne en diable, avec un vrai-faux-vrai méchant (à moins que ce ne soit un faux-vrai-faux… suspense oblige). Mais ne comptez pas sur Woody Allen pour filmer « à la manière de ». C’est ainsi que maître Alfred est revisité avec cette touche de fantastique artisanal et poétique qui et devenue une des caractéristiques de l’univers allenien depuis « La rose pourpre du Caire ».

Et que ce soit en magicien fatigué ou en conducteur de Smart halluciné, quel plaisir de retrouver Woody Allen acteur…


A voir aussi :

The Queen (Stephen Frears), une plongée fascinante dans le monde impitoyable de Buckingham. La reine (Helen Miren, prix d’interprétation à Venise), stoïque puis pragmatique essuie la tempête médiatique déclenchée par la mort de Lady Di. A un moment, nous avons l’impression que les médias organisent, influencent, orchestrent la fameuse démocratie d’opinion et l’on ne peut s’empêcher d’avoir de la sympathie pour cette femme d’un autre monde, d’une autre époque.

Petit cocorico : sur le même thème, le cinéma français avait un an d’avance ave l’honorable "Palais royal" de Valérie Lemercier. Il est vrai qu’il est plus facile d’être caustique et courageux en parlant de la famille royale d’Angleterre que de la guerre d’Algérie…

Ô Jérusalem (Elie Chouraqui) raconte la création d’Israël et la première guerre israélo-arabe à travers quelques destins individuels. Le film a donc les qualités (dramatiques) et les défauts (historiques) de ce type de parti pris. Au final, reste un film pédagogique et assez équilibré.

Une occasion aussi de constater la faiblesse du fait religieux à l’origine du conflit. En 1948, on voit surtout des Juifs cherchant à se fixer après la Shoah et des Arabes nationalistes qui défendent leur terre. A un moment où les gouvernements israéliens sont souvent les otages des partis religieux et où les islamistes dirigent l’Autorité palestinienne, on se dit que la donne a bien changé.

Prête-moi ta main (Eric Lartigau) : un scénario un peu bancal au service d’une histoire peu crédible, mais le duo Alain Chabat – Charlotte Gainsbourg forme un joli couple de comédie à l’américaine. Improbable, comme il se doit.

03 novembre 2006

La Catalogne est loin des Balkans

De passage dans le nord de la Catalogne espagnole, plus précisément Cadaquès, le village de Salvador Dali, nous avons la surprise, en ce jour de Toussaint, de nous retrouver en pleine joute électorale, affiches et bannières sont là pour nous le rappeler.

A la suite de dissensions dans la majorité de gauche, des élections étaient organisées pour clarifier la situation et élire un nouveau Parlement régional. Il s’agissait donc de choisir, principalement entre les deux forces dominantes de la Generalitat : le PSC (le parti des socialistes locaux) et la CIU (nationaliste modéré, de centre droit). Heureuse région où la droite locale est réduite à la portion congrue (10%) ! En fait, la journée s’achèvera sur… un quasi match nul.

Mais quelle que soit la solution retenue (renouvellement de la majorité sortante ou grande coalition), la Catalogne restera fidèle à la voie qu’elle s’est choisie à la fin du franquisme : l’autonomie maîtrisée au sein de l’Etat espagnol membre à part entière de l’Union Européenne. Région puissante avec un budget supérieur à ceux de l’Ukraine, du Chili ou de la Croatie, la Catalogne, loin du drame basque a fait, malgré un nationalisme vivace attisé par la guerre civile, le choix de la sagesse. Les Catalans cultivent leur différence, protègent leur culture, organisent un certain protectionnisme économique, sans pour autant revendiquer une indépendance de plus.

C’est qu’une indépendance de plus est souvent une chance de moins pour la paix : on peut le vérifier tous les jours dans les Balkans. En effet, dans cette région du monde, l’Europe assiste, impuissante, à la multiplication d’Etats confettis (hier le Montenegro, aujourd’hui le Kosovo), qui aggrave les difficultés du présent tout en cristallisant les drames du passé. Puisse un jour cette région de l’Europe s’inspirer de l’exemple catalan et de Barcelone, la cité des prodiges, capitale de l’autonomie maîtrisée.

Так ! Ющенко

Un début de réponse inattendu et réconfortant à nos interrogations estivales : le Président Iouchtchtenko a soumis au Parlement ukrainien un projet de loi reconnaissant la grande famine des années 1932-1933 qui a fait des millions de morts comme un génocide organisé par l’URSS contre la nation ukrainienne. C’est une bonne nouvelle : à chaque fois que la vérité s’impose, l’humanité progresse.

01 novembre 2006

Un autre monde avec Lula

La victoire, la très large victoire de Lula au Brésil est une bonne nouvelle pour tous ceux qui pensent que la construction d'un monde nouveau ne passe plus par Porto Allegre et certainement pas par Caracas.

Plus par Porto Allegre : le mouvement altermondialiste est désormais dans une impasse. Si chez ceux qui veulent un autre monde l'imagination est souvent au pouvoir, le pouvoir est bien souvent loin de leur imagination. D'où l'absence de perspective politique réelle.

Pas par Caracas : après avoir suscité quelques espoirs, Chavez s'enfonce de plus en plus dans le national populisme et n'hésite pas à s'allier aux ayatollahs iraniens. Avec eux, assurément un autre monde est possible, mais il sera, au moins pour les laïques et les démocrates bien pire que l'actuel.

Au delà de cette impasse et de ces dérives, reste donc la voie social démocrate incarnée par Lula. Un Lula qui peut faire du Brésil une puissance régionale susceptible d'entraîner l'ensemble du sous continent sur la voie d'une plus grande justice, tout en contribuant à multilatéraliser la conduite des affaires du monde.

Celui qui a dit : " Je gouverne pour tous, mais les pauvres ont ma préférence", a compris qu'au delà de la justice sociale il fallait aussi régler le problème de la pauvreté pour des raisons économiques. En effet, dans les pays à forte inégalités sociales, la misère n'est pas seulement un scandale, elle est aussi un frein à la croissance.

Laissons donc travailler Lula.

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, saluons aussi la victoire du pro européen Gueorgui Parvanov en Bulgarie, qui a littéralement atomisé le candidat de l'extrême droite en réunissant près de 75% des suffrages. En renforçant l'Europe, là aussi on donne ses chances à un véritable multilatéralisme.

29 octobre 2006

C’est du brutal : opus 4

A la demande (presque) générale, poursuivons notre exploration du petit monde de Michel Audiard à travers quelques films vus, quinzaine après quinzaine, grâce à la collection actuellement diffusée dans les points de presse.

Passons sur Un drôle de caïd, un nanar signé Jacques Poitrenaud (1964) et dialogué assez paresseusement par Audiard (A tous les trois, on peut faire un beau tandem), pour pointer cinq films tous très intéressants à un titre ou un autre et avant tout pour les dialogues de note auteur favori.


ARCHIMÈDE LE CLOCHARD (Gilles Grangier, 1959).

Le portrait truculent d’un clochard à une époque où ceux-ci étaient supposés mener une vie choisie. Archimède n’est pas exclus de la société, il se contente d’évoluer à sa périphérie. Il utilise la prison comme une résidence secondaire et les cités en construction du gaullisme immobilier (décidément très présent dans les films des années soixante) comme dortoir. Vaguement anar, il a sa dignité et son code d’honneur : un vrai personnage audiardesque.

- Vous avez la gueule de travers et la mentalité biscornue. Vous êtes synchrone.
Ou encore :
- N’oublie pas ce qu’a dit le médecin : cinq gouttes. La posologie ça s’appelle. Et de la posologie au veuvage, c’est une question de gouttes.
Et, sacrilège :
- Je préfère Cannes à Nice, car il y a moins d’Anglais...


RUE DES PRAIRIES (Denys de la Patellière, 1959).

Une jolie petite comédie dramatique, avec un Gabin qui retrouve la vulnérabilité de ses débuts, dans le rôle d’un ouvrier veuf trouvant auprès de son fils adultérin l’amour que lui refusent par cupidité et par lâcheté ses enfants légitimes.

- Si tu me ramènes un gosse de ce type-là, je te préviens, je l’empaille et je le mets sous globe. Je veux que les Martiens voient ça.


LE BARON DE L'ÉCLUSE (Jean Delannoy, 1960).

Jérôme-Antoine, baron désargenté, ne peut pas s’empêcher de mener un train de vie luxueux et, malgré son âge mûr, il ne renonce pas non plus à la séduction. Sur un thème proche du gentleman d’Epsom, Le baron de l’ecluse est un film touchant, parfois même un peu crépusculaire, sur le thème du déclin. Ce sera d’ailleurs le dernier film de Gabin séducteur.

- Je parlais du retour Toni… Le retour… Avec toi, on prend toujours des allers simples et des retours compliqués .
- Oh, je t’en prie ! Je t’ai déjà vu emprunter.
- Oui, mais jamais des petites sommes et surtout jamais à des petites gens. Quand on prête à Jérôme-Antoine , on passe un ordre à son banquier, on casse pas sa tirelire. Détrousser les petits épargnants est le fait d’adolescents crapuleux ou de ministres chevronnés ce que je n’ai jamais été, ni ne serais.


L’AFFAIRE ST FIACRE (Jean Delannoy, 1959).

Un Maigret tout à fait honorable : l’univers du célèbre commissaire est bien rendu par Delannoy et, contre toute attente, les dialogues d’Audiard ne jurent pas trop avec l’atmosphère feutrée de Simenon.

- Vous avez dit de saintes paroles en tapant du pied. On peut avoir l’esprit chrétien et le mollet nerveux.


LA MÉTAMORPHOSE DES CLOPORTES (Pierre Granier-Deferre, 1965).

Une série noire bien quelconque qui vaut surtout par son hallucinant double générique (début du film : des cloportes insectes envahissent l’écran, fin du film : même plan mais les insectes sont devenus… des hommes).

- C’est autrement plus coton d’écouler de la marchandise que de la faucher. Il faut des connaissances, des relations. Voler… c’est juste un réflexe…
- En parlant de réflexe, tu veux mon poing dans la gueule ?
Et aussi :
- Sur le plan de l’arnaque, les coups les plus tordus ne sont rien, vous entendez, rien – à côté de la peinture abstraite.


Et pour terminer ce post, comme d’habitude, le tonton flingueur du jour :
« J’dis pas que Louis était toujours très social – non – il avait l’esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t’aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité. »

Question : mais pour qui Louis va-t-il voter à la Présidentielle ?


C’est du brutal !
C’est du brutal : le retour !
C’est du brutal : one more

Les moines soldats de la loi de 1901

Dans notre ville peut être plus qu’ailleurs, compte tenu des défaillances de la politique locale, nous avons besoin d’un mouvement associatif fort. Pour l’animer, le militantisme tiède ou l’engagement à éclipse sont insuffisants. Pour subsister, pour fonctionner, pour progresser, les associations ont besoin d’être encadrées par des dirigeants qui doivent se transformer en véritables moines soldats de la loi de 1901. Ils ne peuvent le faire qu’en étant entièrement dévoués à leur cause, souvent au détriment de leur vie professionnelle et personnelle.

Illustration ce samedi.

Quartiers est de la ville.
L’association « Entraide et partage » fête à Don Bosco son 40e anniversaire. L’association, c’est, bien sûr, une équipe dévouée autour du père Didier, mais aussi et surtout Philippe Rossini, sa rigueur, son enthousiasme et son humanité. Devant une salle pleine et reconnaissante, une brochette d’élus (je représente la gauche avec le seul Jacques Victor) est unanime à le reconnaître. Et pour une fois, avec un ton et des termes qui n’ont rien à voir avec la traditionnelle brosse à reluire qui fonctionne généralement en pareille circonstance.

Quartiers ouest de la ville.
Dans la salle des sports du collège Raoul Dufy, c’est au Jubilé d’Oleg Ionikoff que j’assiste, en compagnie de la conseillère générale du 7e canton. Pendant quarante ans, Oleg s’est dévoué à la cause de la jeunesse. Depuis vingt ans, il travaille à la promotion du tennis de table, en assurant l’ascension sportive du CPC Nice (Le défi de Dufy). Lui aussi n’a pas ménagé son temps.

Philippe, Oleg, notre ville n’est probablement pas un modèle de solidarité. Le lien social y est souvent distendu. Mais franchement, sans vous, ce serait bien pire. Merci.

27 octobre 2006

L’Ariane blues

Déambuler l’après-midi à travers L’Ariane avec L, M et R sans se faire annoncer est certainement plus instructif pour connaître l’état d’esprit du quartier que la traditionnelle diffusion sur le marché du vendredi ou l’assemblée associative utile mais toujours un peu formatée.

De snacks en appartements, de commerces en cafés, on peut ainsi rencontrer beaucoup de ces hommes jeunes, désoeuvrés et parfois désabusés qui attendent le travail parfois promis, toujours espéré.

Parce que j’ai marié certains d’entre eux, parce que j’ai leurs petites sœurs ou leurs petits frères à la fac, parce qu’ils savent, grâce à Nice Télévision, comment Nice plurielle défend L’Ariane au Conseil municipal, ils me font spontanément confiance.

Mais, face au discours agressif du ministre de l’Intérieur, la colère est palpable, face à l’absence de perspectives professionnelles, le fatalisme a droit de cité.

Pourtant, en dialoguant, l’énergie de la jeunesse, la volonté de réussir refont vite surface. Pour soi, pour la famille, pour les enfants. Quelquefois même, un rayon de soleil perce la brume ambiante, comme les propos de ce chef d’entreprise qui me confiait qu’il est ravi de travailler dans ce quartier, avec des gens du quartier… car son chiffre d’affaires a augmenté significativement (alors que son précédent établissement était au centre-ville).

Mais dans un environnement si hostile – mépris du maire, mépris de l’Etat, mépris de l’OPAM, mépris des entrepreneurs « boîtes aux lettres » de la zone franche – l’éclaircie est forcément fragile.

Bref, le quartier est loin d’être en ébullition, mais il a le blues. Et si d’aventure, dans les semaines qui viennent, nous passions au hard rock, il ne sera pas difficile d’établir les responsabilités et d’identifier, une fois de plus, les pompiers pyromanes.

26 octobre 2006

On verra, on verra…

Réunion du comité des commerçants de Malausséna.
Une fois de plus, je suis témoin de la désinvolture avec laquelle élus de la majorité et hauts fonctionnaires de la majorité Peyrat traitent leurs concitoyens. Qu’on en juge.

- Les rues sont sales ?
- Avec le chantier les entreprises sont responsables de la propreté. On ne peut pas faire grand-chose, mais… on verra !

- Y aura-t-il enfin des illuminations dans le quartier à Noël ?
- Très difficile avec les travaux, mais… on verra !

- Peut-on avoir des passages piétonniers supplémentaires pour nos clients ?
- Avec les aménagements du tram il y en aura plus. En attendant… on verra !

- L’éclairage est défaillant ?
- La tâche est difficile avec l’installation des caténaires, alors… on verra !

- Que faire contre l’insécurité de plus en plus insupportable dans un quartier abandonné par la police ?
- Nous avons de gros problèmes d’effectifs, mais… on verra !

En fin de séance, le bouquet final :

- Avec le chantier, il n’y a plus de parking. Comment faire pour garer nos voitures ?
- Franchement, pas grand-chose. Surtout, si nous considérons que la réhabilitation de l’immeuble 5-7 de la place de la Libération va nous conduire à accueillir deux cents fonctionnaires tout en supprimant quarante places sur le parking Thieuriet. Quant au grand parking souterrain prévu sous la Gare du Sud dans le projet « Nouvelle mairie », nous ne pouvons pas l’envisager avant 2010, si tout va bien.
- Alors, que faire en attendant ?
- Euh… on verra, on verra !

25 octobre 2006

Le joyau des joyaux

Le joyau des joyaux pour Laurent Fabius, c’est la laïcité, et il a bien raison. L’évocation du thème de la laïcité fut certainement le moment le plus intéressant du deuxième débat à l’investiture PS, débat que j’ai suivi au milieu d’une assistance clairsemée dans la grande salle de la fédération. Les trois candidats ont fait preuve d’un volontarisme réconfortant sur le sujet. Ségolène Royal, en rappelant les résultats probants de la loi sur le voile en milieu scolaire, DSK (en grande forme ce soir) en affirmant son attachement à la loi de 1905.

Pour le reste, le débat fut assez décevant car les grands sujets de société (démocratie, éducation, sécurité…) furent passés par le filtre réducteur des questions évoquées dans la presse ces dernières semaines par la seule Ségolène Royal (les jurys, la carte scolaire, l’encadrement militaire…). Comme pour les 35 heures, la Présidente de Charentes-Poitou s’est efforcée chaque fois de recentrer ses propos en les rendant compatibles avec le petit livre rouge du projet socialiste. On ne peut donc pas dire que le débat y ait gagné en clarté.

Sur l’immigration, sur la famille (« la droite aime la famille, la gauche aide les familles »), sur les banlieues, Laurent Fabius a eu les propos à la fois généreux et réalistes que j’attends d’un Président socialiste sur des sujets électoralement peu porteurs. Il fallait oser.

Quant aux questions institutionnelles, il en a été hélas peu question, même si paradoxalement les propositions de Ségolène Royal et de Laurent Fabius semblaient plus conformes à la VIe République parlementaire souhaitée par les socialistes que le curieux mutant proposé par Dominique Strass-Kahn (un Président-Premier ministre tout puissant).

Mais heureusement, chacun s’est accordé pour dire qu’il fallait d’urgence adosser à la Constitution une charte de la laïcité. Le joyau des joyaux.

22 octobre 2006

La DP n’est pas un long fleuve tranquille…



C’est au lendemain d’une soirée pleine d’émotion, où j’ai repris le chemin du théâtre de l’Alphabet, quatre mois après la dernière représentation de ma pièce « Fragments de Nice » (Merci Bernard), pour voir un Bernard Gaignier en grande forme (dans le rôle complexe du policier-curé-juge de « Dieu aboie-t-il ? »), que je me retrouve au CLAJ, pour le deuxième séminaire de l’année organisé par Nice plurielle (SRU au CLAJ) et consacré cette fois à la démocratie participative (Retour vers le futur).

Cette question a été, depuis 2001, au centre des réflexions de Nice Plurielle, face à une majorité municipale particulièrement défaillante en la matière. En début de journée, Paul Cuturello illustre d’ailleurs cette incapacité à travers la mise en place plutôt erratique du PLU de notre ville.

Respectivement maire d’une petite commune de 1 200 habitants (Le Broc), maire-adjoint d’une commune moyenne de 12 000 habitants (Valbonne Sophia Antipolis) et maire-adjoint d’un arrondissement parisien de 170 000 habitants (Paris 13e), Emile Tornatore (PCF), Christophe Etore (PS) et Jean-François Pelissier (Alternatifs) nous expliquent, sans langue de bois, leurs expériences d’élus majoritaires en matière de démocratie participative.

A partir de ces témoignages, c’est un débat particulièrement nourri qui s’engage entre militants socialistes, communistes, verts, alternatifs et associatifs, dans la grande tradition des débats de Nice plurielle.

Chacun est d’accord pour rappeler, avec Simone Monticelli, que la démocratie participative, réponse nécessaire à la crise de l’Etat Providence et de la représentation politique et aux insuffisances de la décentralisation à la française, exige un fort volontarisme politique.

Unanimité aussi pour considérer, avec Mari-Luz Nicaise que la question de la formation des citoyens… et des élus est centrale si on veut réussir à développer des institutions représentatives. Peut-être une occasion d’utiliser les compétences des associations d’éducation populaire (Bruno Della Sudda) ?

La question de la représentativité, notamment au sein des Conseils de quartier, est également essentielle pour éviter manipulation et instrumentalisation. Quelques pistes en la matière sont évoquées par Jean-François Pélissier (comme par exemple le tirage au sort).

Pour ma part, j’estime que l’intégration des services et de l’administration dans le processus de démocratie participative est indispensable. Je pense bien entendu aux sept mille fonctionnaires de la Ville de Nice, actuellement sans réelle perspective.

Le budget fait aussi l’objet d’un certain nombre de réflexions, chacun considérant, a minima, qu’il doit avoir pour objectif de permettre aux instances de DP un fonctionnement autonome. La question du budget participatif fait partie intégrante de cette prise en compte.

Reste enfin à considérer le contexte nouveau créé par l’intercommunalité et les usines à gaz souvent peu démocratiques qu’elle a générées (la CANCA étant, de ce point de vue, un exemple significatif).

De dix à dix-sept heures, ce sont des dizaines de militants et d’élus – auxquels se sont joints, en fin de séance, Gérard Corboli, maire-adjoint de Biot – qui se sont exprimés. Au final, chacun aura fait sienne la formule d’un des intervenants : la DP, assurément, n’est pas un long fleuve tranquille… Et alors ? Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’une nécessité. La réussite de toute politique municipale en général et à Nice en particulier, exige de relever ce défi. Aussi, nous le relèverons.

20 octobre 2006

Cold case

Sans être HBO, « Cold case » (troisième saison, sur Canal + le jeudi soir, après les inénarrables « Desperate housewives ») est une série policière singulière et – ce qui est rare – émouvante.

Il s’agit, pour Lilly Rush (Kathryn Morris) et son équipe de la police de Philadelphie, d’enquêter sur des affaires criminelles non résolues depuis parfois dix, vingt ou cinquante ans.

Sur la forme, la première scène de chaque épisode est une séquence nostalgie (sixties, seventies, eighties…) très réussie mettant en scène le crime à l’époque de celui-ci. Mais c’est après que l’originalité de la série s’impose. Certaines scènes sont en effet proprement vertigineuses : grâce à des effets spéciaux discrets et efficaces, elles nous permettent de suivre les interrogatoires des témoins du crime qui auront, selon les séquences, leur physique d’aujourd’hui ou celui d’avant. L’effet est saisissant et quelque peu déstabilisant, provoquant chez le téléspectateur un malaise dont il a du mal à fixer la raison. Sur le fond, cette plongée dans la petite boutique aux horreurs d’une décennie nous en apprend plus sur l’évolution de notre société et des mentalités qu’un documentaire savant.

Mais l’essentiel se concentre dans la scène finale, à chaque fois répétée. Le coupable menotté déambule sous les yeux des témoins de l’époque. A un moment donné, son regard croise celui de la victime. Celle-ci, invariablement, apparaît grave mais apaisée. Une nouvelle preuve de la vertu libératrice de la Vérité. Au delà de la vengeance et de l’oubli (Sarajevo, ma vérité).

17 octobre 2006

L’horizon du forestier

Un premier débat plutôt honorable. Austère mais pédagogique. Compte tenu du formatage excessif de l’émission, on ne pouvait pas espérer mieux.

Ségolène Royal s’est exprimée sur un ton et dans un registre – proximité et compétence – qui mettait en valeur des qualités directement héritées des fonctions qu’elle a occupées ou qu’elle occupe (ministères sociaux, ministère de l’environnement, présidence de région). A son crédit aussi, une réponse tardive mais finalement rassurante sur les trente-cinq heures.

Citant Hubert Curien, le père vosgien de la fusée Ariane, Laurent Fabius a rappelé que le Président de la République devait avoir pour horizon celui du forestier. C’est-à-dire une vision qui, sans négliger le présent, se projette bien au-delà même de la durée du mandat. Cet horizon du forestier est incontestablement celui de Laurent Fabius, mais aussi celui de DSK. Chacun à sa façon.

Pour Dominique Strauss-Kahn, un projet social-démocrate nourri par la croissance retrouvée et vivifié par un dialogue social réinventé. Pour Laurent Fabius, un projet plus proche quant à la méthode et à la stratégie de la tradition socialiste française, mais s’appuyant sur un fort volontarisme en matière d’éducation, de recherche et de développement durable.

A les écouter ce soir, j’ai parfois eu le sentiment de retrouver – en plus apaisé – le débat Mitterrand-Rocard d’avant 1981… Qu’ils en soient flattés : il y a de pires comparaisons !

16 octobre 2006

Retour vers le futur

A l’occasion du séminaire de Nice plurielle organisé samedi au CLAJ sur le thème de la démocratie participative (en présence d’élus municipaux majoritaires de Paris, Valbonne et des Coteaux d’Azur), il ne sera pas inutile de revenir sur notre programme de 2001. Ne serait-ce que pour constater la cohérence de notre démarche d’alors sur la question.

Qu’on en juge.

« A Nice, le projet de démocratie locale et participative permettra de rompre avec les pratiques monarchiques du pouvoir municipal. Ce projet sera mis en débat à l'occasion des Etats Généraux de la Démocratie Locale et Participative qui se dérouleront avant la fin de l’année 2001. Les Etats Généraux engageront une concertation avec l’ensemble des comités de quartier, des associations et des structures professionnelles qui innervent notre ville, pour définir ce que seront les mesures et le dispositif à construire progressivement :

→ Mise en place d’une structure de concertation permanente qui rassemblera des délégués de :
- la coordination des Comités de quartier
- des Conseils consultatifs thématiques et notamment :
. le Colloque permanent pour la culture et l'art
. le Conseil consultatif des résidents étrangers
. le Conseil "jeunes"

→ Mise en place d’une structure de concertation permanente qui rassemblera dans le Conseil Economique et Social Municipal des représentants des milieux professionnels, syndicaux et sociaux et qui sera installé durant la mandature.

→ Mise en place d’un budget participatif :
- information de la population et transparence dans l’élaboration du budget général.
- réservation d’une partie du budget pour une élaboration participative et un suivi de la mise en oeuvre par les Comités de quartiers et les Conseils consultatifs thématiques.

Nous prenons l’engagement que ce projet, axe prioritaire de notre future gestion municipale, se développera sur l’ensemble du mandat.

D’ici la fin de l’année 2001, nous proposons :

- une dynamisation des Comités de quartiers, notamment par l’élaboration d’une Charte qui définira leurs compétences, leurs fonctions et les moyens nécessaires à leur fonctionnement ;
- une affectation de chaque élu de la majorité municipale à un quartier de Nice afin de favoriser le dialogue par une meilleure connaissance mutuelle ;
- une concertation pour définir la meilleure sectorisation d’une partie des services municipaux,
- la transformation des organes chargés de la propagande du Maire sortant en de véritables outils pour l’information de tous et le débat démocratique ;
- la nomination d’un Médiateur Municipal chargé de rapprocher les habitants et les services municipaux ;
- dès le mois de Juin 2001, des consultations pour avancer dans la définition participative du Budget Municipal 2002.

Nous garantirons l'indépendance du mouvement associatif; nous nous engageons, en outre, à la réalisation :
- de Maisons de quartier, à disposition des associations des quartiers,
- d'une Maison des Services Publics qui rapprochera les administrations des usagers.

Un Observatoire de la Vie Citoyenne sera installé et chargé de suivre l’avancement et le développement du projet. »


Bien sûr, le contexte juridique a évolué et une partie du texte est désormais obsolète. La loi Vaillant (sectorisation et conseils de quartiers) et la loi Chevènement (intercommunalité) sont passées par là. Reste l’esprit. Même si nos réflexions sur l’équilibre nécessaire entre démocratie participative et démocratie représentative doivent se poursuivre, même si nos recherches sur la « démocratie d’amendements » chère à Antonin sont nécessaires… Nous verrons cela samedi.

Mais en tout état de cause, il n’est pas inutile de relire notre copie de 2001, ne serait-ce que pour constater que nous n’avons pas à en rougir.

14 octobre 2006

Stade terminal

M6, Les six minutes

Après une première partie de Conseil ronronnante marquée par la présence très offensive d’un Jean-François Knecht rasséréné par les nombreux témoignages de solidarité et d’encouragement reçus au cours de ces dernières quarante-huit heures, il faut attendre le début de l’après-midi pour que l’explication générale sur le dossier du grand stade ait enfin lieu. Il était temps : les nombreux journalistes (dont une équipe de Canal +) commençaient à s’impatienter.

Profitant d’un dossier technique sur le Ray, j’interpelle le maire sur les deux aspects de l’affaire : l’administratif et le pénal. Je lui fais notamment remarquer que la ligne de défense qu’il a adoptée depuis plusieurs jours dans la presse est surprenante. Au lieu de chercher avec la justice si l’opération est effectivement entachée d’un délit de favoritisme, il préfère dénoncer un vaste complot regroupant le Préfet, l’Etat, la Justice, la Direction de la Concurrence… et Nice plurielle. Je lui rappelle que nous avons très vite pris nos distances avec ce dossier à la procédure pittoresque et au montage financier dangereux pour les finances de la ville.

Pour conclure ce propos liminaire – que je croyais liminaire – j’avance au moins deux certitudes : la première est la réaffirmation que Nice a bien besoin d’un grand stade, la deuxième est que ce grand stade ne sera pas fait par Peyrat et l’équipe actuelle.

Après un long monologue laudateur de l’opposant officiel de sa majorité, l’ineffable De Gubernatis, le sénateur-maire nous inflige une véritable plaidoirie, décalée sur la forme (effets oratoires d’un autre temps) et décousue sur le fond. Mais si le propos n’est pas toujours très clair, on comprend au moins une chose : les responsables de la situation ne sont pas les juristes new age qui ont concocté le contrat, ce ne sont pas non plus le éventuels et probables corrompus… Les responsables s’appellent Patrick Mottard et Jean-François Knecht. Quant au Préfet, aux juges, au Procureur, aux fonctionnaires de la Concurrence, il s’agit ni plus ni moins que d’une bande de malveillants comme aurait dit Michel Audiard !

Ultime provocation, le maire refuse de donner la parole à Bob Injey. Bon débatteur formé dans les assemblées étudiantes, notre camarade ne se laisse pas faire et c’est dans la confusion générale que nous quittons la salle en signe de protestation. Et nous laissons la majorité décider de l’importante question de la composition de la commission qui aura l’écrasante responsabilité de réfléchir aux festivités qui doivent accompagner la célébration du bicentenaire de la naissance de Napoléon III… !

Dans la salle des pas perdus, nous improvisons une conférence de presse pour nous interroger publiquement sur l’étrange stratégie du maire. Est-elle un rideau de fumée dérisoire pour cacher ou retoucher la vérité ? Est-elle la marque d’un véritable désarroi ?

L’avenir nous le dira. En attendant, une seul certitude : après le Port et la Mairie, Jacques Peyrat ne construira pas le stade.

Pour les autres conseils municipaux, voir :
Acropolis, adieu
Le Conseil vu de l’intérieur
Tout va très bien, Madame la Marquise
Du rififi à la mairie
Hare Krishna

RETRANSMISSION DU CONSEIL MUNICIPAL SUR NICE-TÉLÉVISION
Samedi 14 octobre de 10 h à 14 h
Dimanche 15 octobre de 13 h à 17 h
(et dans la nuit de samedi à dimanche à 2 h 30)

12 octobre 2006

Avec JFK

Déstabilisé par des menaces inadmissibles, déçu par l'absence de solidarité du premier fédéral de son parti, épuisé par tant de combats au service de l'intérêt général, Jean-François a le blues. Au point même de se poser la question de son retrait de la vie politique. Je peux le comprendre mais je ne peux pas le suivre.

Non, Jean-François, il n'est pas question que tu capitules devant les imbéciles et les médiocres, cela ne te ressemblerait pas. Fort du soutien de tes amis de Nice plurielle, de tes camarades - les vrais - , de tes électeurs, tu dois poursuivre ta tâche. Au service de la cité.

Voir JFK et Les premiers qui disent la vérité...

10 octobre 2006

Sarajevo, ma vérité

Dans une de ces nombreuses salles d’art et d’essai qui, désormais, de petites villes en grandes banlieues, quadrillent l’hexagone (merci Jack Lang), j’ai assisté ce week-end dans le 9.3 (cinéma « Le 104 » à Pantin) à la projection du film qui a reçu en 2006 l’Ours d’Or au festival de Berlin : « Sarajevo, mon amour ».

Le film de Jasmila Zbanic se passe effectivement dans la capitale bosniaque et raconte l’histoire toute simple d’Esma, jeune veuve musulmane, qui élève sa fille Sara, adolescente difficile, dans le culte d’un père mort en héros pendant la guerre civile. Pourtant, certains indices laissent penser à Sara que sa mère ne lui a pas dit toute la vérité sur son père. A force d’insistance et de provocations, elle fait craquer Esma qui lui annonce qu’elle est en fait le fruit d’un viol perpétré par la soldatesque serbe. Comme pour se punir, la jeune fille se rase à la façon des collaboratrices et tombe dans une forme de prostration. Puis la vie reprend le dessus et la scène finale laisse supposer que Sara s’est à la fois réconciliée avec sa mère… et surtout avec elle-même.

Ce film austère et pudique nous permet de retrouver Sarajevo où nous avons passé une partie de l’été 2004. Des immeubles éventrés de « Sniper Avenue » aux pigeons de la place Barcasija, nous replongeons dans l’atmosphère inimitable de cette étrange et belle ville.

Mais nous sommes surtout émus par les personnages de Sara et Esma. Leur histoire nous démontre une fois de plus que ni la vengeance, ni l’oubli, ne peuvent guérir. Seule la vérité permet de trouver l’apaisement et de se reconstruire.

… Et de nous souvenir de ces images entraperçues, soir après soir, à la télévision sud-africaine, lors de notre premier voyage dans le pays de Mandela. Il s’agissait de séances des fameuses commissions de la Vérité, où les bourreaux de l’apartheid devaient avouer leurs crimes pour permettre aux victimes de pardonner. Pretoria et Sarajevo, après Madrid ou Bucarest, la vérité est toujours une étape nécessaire sur le chemin de l’avenir.

Du passé, il ne faut jamais faire table rase.


Sur la Yougoslavie :
Podgorica mon amour !
Nettoyage ethnique à la Haye : 1 mort
Rugova est en voyage d'affaire...
ČESKÉ BUDÉJOVICE

08 octobre 2006

Le vrai respect

Je n’ai pas lu l’article de Redeker dans Le Figaro et je ne le lirai pas. Il y a menace de mort contre un homme et cela seul m’importe.

Parler du fond, c’est justifier.

Justifier à décharge comme ceux (dont le directeur du Figaro) qui affirment assez discrètement que cette fatwa est intolérable tout en rappelant invariablement leur hostilité au texte.

Justifier à charge comme Alain Filkenkraut, quand il affirme que la menace de mort justifie le contenu de l’article.

Il s’agit plus simplement du respect d’un principe, celui de la liberté d’expression. Nous sommes dans un Etat de droit : si on estime qu’un écrit est une incitation à la haine raciale, nous avons des tribunaux et des juges pour caractériser le délit conformément à la loi républicaine. Point final.

C’est pour cela que je suis troublé par le silence assourdissant des politiques sur ce sujet. Je ne vois que Dominique Voynet, qui a signé la pétition, et Laurent Fabius, très offensif sur cette question comme j’ai pu le constater à Pantin en direct ce dimanche (voir le blog de Laurent Fabius) pour sauver l’honneur. L’honneur d’une classe politique qui ne se rend pas compte, dans son aveuglement, qu’électoralisme et communautarisme sont les deux mâchoires du même piège à tuer la République.

En fait, cette attitude est particulièrement insultante pour nos compatriotes musulmans. Elle tend à accréditer l’idée qu’ils seraient moins choqués que d’autres par cette fatwa au nom de je ne sais quelle fidélité culturelle et religieuse. Etre tiède dans la réaction serait une façon de les ménager… et de ne pas injurier l’avenir électoral...

Dénoncer avec énergie cette chasse à l’homme est pour moi, qui ai probablement plus d’amis musulmans pratiquants que catholiques pratiquants, la marque du vrai respect.