18 janvier 2009

Les soldes malgré tout…


En tant qu’élu niçois, j’ai estimé que mon rôle était, ce samedi, d’être dans les rues du centre ville aux côtés de nos concitoyens commerçants et promeneurs du week-end, victimes d’une situation particulièrement explosive depuis une semaine.

C’est ainsi qu’après la manif des enseignants - forcément confidentielle - à laquelle j’ai participé en tant que professionnel de l’éducation, accompagné de Gérard et Jean-Pierre, mes deux compères de Gauche Autrement, j’ai longuement sillonné l’avenue Jean Médecin de la Gare Thiers à la place Masséna (au moins trois allers-retours).

Témoin privilégié, je peux donc, en toute objectivité, livrer à chaud quelques réflexions concernant cette journée particulière.

Les jeunes – très jeunes et très nombreux – étaient, au moins dans un premier temps, complètement déconnectés du contexte politique. On pouvait notamment constater la présence de jeunes filles pas vraiment équipées pour la guérilla urbaine… Ce n’est que plus tard, organisés et encouragés par des adultes manifestement experts en provocation, que les cris « Israël assassin » et quelques drapeaux palestiniens apparaissent. Il est à noter que les incidents éclateront après cette prise en main. A ce moment, j’ai pu constater l’effet multiplicateur obtenu par les caméras et les appareils photos des médias.

Les forces de police, en nombre important, ont plutôt bien géré la situation, au moins dans un premier temps, accompagnant les manifestants sans jamais vraiment entrer en contact avec eux. Par la suite, le blocage de l’avenue Jean Médecin a facilité la dispersion de groupes isolés dans les rues adjacentes où voitures et commerces ont été vandalisés.

Si la présence du Maire sur le terrain a créé un petit accès de fixation et une mini bronca, la portée de celle-ci était forcément réduite étant donné l’apolitisme des manifestants.

L’attractivité des soldes est telle que le centre de Nice a vécu pendant cette après-midi une forme de schizophrénie particulièrement aiguë, avec des centaines de jeunes battant le pavé à côté d’une foule d’acheteurs les bras chargés de paquets… Les McDo eux-mêmes étaient restés ouverts : on pouvait donc se rassurer en se disant que la civilisation occidentale n’était pas totalement menacée… !

Cela étant, on ne peut pas ne pas se sentir inquiet pour l’avenir (samedi prochain ?). Dans une situation aussi insaisissable, un dérapage est toujours possible avec ses conséquences incalculables. Si on veut éviter des troubles encore plus graves, voire un drame, il faudra faire montre, quelles que soient les causes que l’on souhaite défendre dans la rue, de responsabilité. Ceux qui ne feront pas preuve de cet état d’esprit seront des apprentis sorciers. Peut-être d’ailleurs pas aussi apprentis que cela…

17 janvier 2009

Au milieu du gué…

A la lecture de l’interview accordée par Eric Ciotti, nouveau Président du Conseil général, à Nice-Matin, on a le sentiment que celui-ci a du mal à tirer les conséquences de la crise financière départementale qui se profile : « (…) je ne crois pas à un krach immobilier dans les Alpes-Maritimes (…) après le choc psychologique le marché va repartir (…) il est exclu que les Alpes-Maritimes entrent dans une période de rigueur… ».

En donnant l’impression d’attendre une improbable rémission, un impossible miracle, il reste au milieu du gué… Cela dit, au milieu, c’est toujours un progrès par rapport à son prédécesseur, Christian Estrosi, qui m’avait sévèrement taclé lorsque j’évoquais les conséquences inévitables de la crise dès le mois de novembre.

En réalité, les faits sont têtus : la conjonction de la chute des droits de mutation combinée à la montée en puissance des dépenses de solidarité obligatoires liée à la crise va fortement impacter le budget départemental. Or, l’augmentation des impôts en cette période de diminution du pouvoir d’achat pour les plus modestes et les classes moyennes ne peut pas être une réponse mécanique à ce déficit.

Rationalisation et mutualisation des moyens (dans les transports, par exemple) des différentes collectivités publiques sont des réponses utiles mais insuffisantes. Il va donc falloir hiérarchiser les priorités et faire des choix. Gauche Autrement, par ses élus et son association, s’est déjà exprimée depuis plusieurs semaines sur la nature de ces choix.

Priorité absolue au financement du noyau dur des compétences du département comme le social (personnes âgées ou en situation de handicap, petite enfance), la solidarité (RSA) et l’éducation (collèges).

Poursuite des actions dans les autres domaines quand ces actions ont de fortes incidences sociales. Nous pensons tout particulièrement au domaine du logement où nous préconisons - ce n'est pas nouveau - une aide prioritaire au locatif (organismes et particuliers) de préférence à une aide à la propriété, nouveau cheval de bataille de Paul Cuturello et du groupe socialiste (Cf. l’article de Nice-Matin du 17/01/2009).

Poursuite du rééquilibrage en faveur de la zone littorale car, là aussi, il s’agit de solidarité.

Limitation des dépenses somptuaires comme certaines dépenses de communication (pas forcément toutes).

Loin des polémiques politiciennes, parce qu’ils ont le sentiment qu’en période de crise il faut être très attentif à la justice sociale, les élus de Gauche Autrement seront donc très vigilants pour que ces priorités soient inscrites dans le prochain budget de notre département.

Voir notre communiqué et l'article de Nice-Matin sur le site de Gauche Autrement.

15 janvier 2009

Bonjour chez vous ! (der)

Triste nouvelle : on apprend de Los Angeles la mort de l’acteur britannique Patrick McGoohan, le fameux Numéro 6 du « Prisonnier », la plus métaphysique de toutes les séries TV.

En hommage à cet « homme libre », j’avais rédigé un post sur la série, il y a presque deux ans.

En complément, voici le célèbre générique.



Bonjour chez toi, cher Numéro 6 !

12 janvier 2009

Amuser la galerie

Paul Cuturello, qui côtoie Patrick Allemand au Conseil municipal, à la Communauté urbaine, au Conseil général et à la Fédération du Parti socialiste, a décidé de communiquer… par lettre avec son patron.

Pourquoi pas ?

Il s’agit, en l’occurrence et bien tardivement, d’après Nice-Matin du 12 janvier 2009, d’exprimer son profond désaccord après que Sophie Duez a accepté la mission que lui avait confiée le maire de Nice, de conduire le projet d’aménagement des abattoirs et son refus de cautionner « cette situation anormale qui ne pourra que se détériorer encore » (…). Celle-ci « prend des libertés avec le mandat que lui ont confié les électeurs de gauche de notre ville. Je m’interroge sur la possibilité de travailler à une opposition résolue et efficace à Christian Estrosi dans ce contexte rendu difficile par la démarche de Sophie Duez ».

Certes !

Il est vrai que la Demoiselle a fait fort. Six mois après avoir voulu me donner des leçons de « gauche » devant les caméras de France 3 le soir des élections (elle n’avait pas été déçue par ma réponse, je crois…), elle accepte de Christian Estrosi une mission à haut risque sans informer quiconque et surtout pas P. Allemand.

Mais, tout de même, Paul Cuturello (également donneur de leçons le même soir sur le même plateau de la chaîne régionale) ne manque pas de culot. En effet, il n’était pas le dernier à cautionner la fausse bonne idée électoraliste de son chef de file lorsque celui-ci a décidé de faire de l’actrice
Pendant la campagne municipale (site de P. Cuturello) l’icône de sa liste. Et ce bon Paul, d’une nature plutôt placide, et dont l’univers mental est plus proche de Léon (Trotski) que de Chantal (Goya), ne fut pas le dernier à se dandiner sur les estrades de Changer d’ère, persuadé que ce bling-bling de sous-préfecture allait subjuguer les Niçois.

Que l’opération ait tourné au fiasco électoral – dans un contexte national pourtant ultra favorable à la gauche – et aujourd’hui au fiasco politique n’était certainement pas prévu au programme par ce responsable politique pourtant expérimenté.

Qu’il souhaite dès lors prendre ses distances avec une tête de liste, Premier secrétaire à l’électoralisme aveugle, qui transforme la Fédé 06 du PS en Vendée Globe (un naufrage par jour), n’est pas anormal. L’avant-dernier naufrage étant l'appel aux manifestations du samedi au côté d’associations extrémistes contre l’avis de Solférino (voir les billets du 6 et du 11 janvier sur le site du Biscarra enchaîné). Le dernier étant les accords secrets entre son bras droit Marc Concas et le nouveau sénateur UMP René Vestri au Conseil général (en réalité, un secret de Polichinelle !!) révélé aujourd’hui par la presse.

Mais cette rédemption tardive aurait été plus crédible il y a quelques semaines, au moment du Congrès. A un moment où l’affaire Duez était déjà publique, il aurait dû avoir tout simplement le courage de se présenter contre Allemand. Malgré les sollicitations de ses amis, il a refusé de le faire. Il est vrai que si Paris vaut bien une messe, une place à la Communauté urbaine vaut bien une génuflexion devant celui qui instrumentalise la Fédération PS grâce à ses fonctions régionales.

Conclusion : Paul Cuturello prend les militants qui lui ont fait confiance pour des imbéciles. Il s’agit simplement d’amuser la galerie pour éviter que ces derniers ne posent les vraies questions…

Vieille politique, quand tu nous tiens !

11 janvier 2009

De la Prom’classic au marathon…



1’ 11’’ de bonheur !

Non, ce n’est pas un remake version courte de l’immortelle chanson de Sylvie Vartan, mais les poussières de temps que j’ai gagnées sur les 10 kilomètres de la Prom’classic par rapport à la mythique édition de 2008.

Pourtant, l’affaire était loin d’être dans le sac : une bronchite tenace avait transformé mes poumons en moteur de Trabant et la solitude était mon lot. C’est que les effets conjugués d’une inscription tardive (Tom), de la gastro (Jean-Claude), des petites bulles d’un anniversaire trop arrosé (Irène) et l’ordinateur défaillant d’un avion (celui qui ramenait de Tananarive une Clotilde qui ratera ainsi le départ d’une petite demi-heure…) ont réduit à ma seul personne légèrement expectorante la représentation de Gauche Autrement. La vérité m’oblige à dire toutefois que, n’écoutant que son courage, Richard s’est engagé dans une expérience « no limit » en m’accompagnant pendant 500 mètres du côté du Négresco !

Cela dit, le coaching physique de Dominique, la présence en course des blogueurs amis (au fait Claudio, 1 à 1… la Belle en 2010 ?) et le fan club de GA à l’arrivée permettront de relativiser la solitude du coureur de fond.

Mais au delà de la minute onze, il y avait surtout l’incroyable sensualité de la courbe de la Baie, la transparence hivernale du ciel d’azur, le rococo bienveillant des façades d’hôtels et, au retour, la neige miraculeusement déposée sur la ligne d’horizon. Malgré l’effort physique, je suis persuadé qu’ils étaient nombreux ceux qui pensaient comme moi, dans leur for intérieur : « Qu’ai-je fait pour mériter autant de beauté ? »

Cela dit, à partir de lundi, il va falloir quitter le monde enchanté de la Prom’classic pour entamer un marathon… Un marathon non pas sportif mais universitaire. En effet, mes chers étudiants, ont produit à peu près 650 copies correspondant aux examens du premier semestre, 650 petits chefs-d’œuvre, je n’en doute pas, mais qu’il va falloir corriger… Heureusement, le café ne fait pas partie de la liste des produits dopants arrêtée par le CIO…

08 janvier 2009

Flash back


Début d’année cinématographique plutôt actif avec déjà trois films au compteur. Des films français d’intérêt inégal, mais, peu importe car, comme disait le grand réalisateur Georges Cukor (cité par l’association niçoise « Regard indépendant ») : « Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même ».

Agathe Cléry, d’Etienne Chatiliez

Une « working girl » un brin raciste (Valérie Lemercier) est atteinte d’une maladie rarissime qui fait noircir sa peau. Sur la base de cette idée poussive, le réalisateur ne fait pas de miracles et le film se contente d’enfoncer des portes largement ouvertes. Malgré quelques joies scènes de comédie musicale, Agathe Cléry est un vrai ratage. Mais où est donc le Chatiliez chroniqueur féroce de l’enfer familial (La vie est un long fleuve tranquille, Tatie Danielle, Tanguy) ?

Louise Michel, de Benoît Delépine et Gustave Kerven

Une ouvrière illettrée (Yolande Moreau) et un tueur à gages nullissime poursuivent un insaisissable patron voyou pour le tuer. De bout en bout, ce film est un festival d’humour noir très politiquement incorrect mais tout à fait réjouissant en ces temps de crise.

Largo Winch, de Jérôme Salle

Cette adaptation de la BD est une vraie bonne surprise. Enfin un grand film d’action français qui n’est pas une pâle copie d’Hollywood. Un vrai scénario (merci Van Damme), une réalisation convaincante, un casting crédible, pour un film qui, tout en lorgnant du côté d’Hitchcock et de l’Homme de Rio, renouvelle profondément le genre.


Par ailleurs, la découverte du DVD adéquat dans une FNAC de rencontre, m’a enfin permis de visionner La ligne verte, le film de Frank Darabont, d’après Stefen King et avec Tom Hanks, qui était sorti en tête du sondage que j’avais fait en début d’année auprès de mes étudiants. Un long, très long (trois heures) film fantastique qui a pour cadre un improbable pénitencier du sud des Etats-Unis, et pour héros un géant condamné à mort et faiseur de miracles, un maton humaniste et un salaud chimiquement pur. Disons que le film se regarde sans ennui avec, en prime, un super plaidoyer contre la peine de mort.


Mais, quelle que soit la richesse de l’actualité, avant de s’engager plus profondément dans la nouvelle année, il est normal de faire, comme en 2007, un petit flash back sur les 37 films vus en 2008 et qui ont tous été commentés sur ce blog. Vilà donc mon petit classement de l’année, subjectivement revendiqué.

1- Vicky Cristina Barcelona (Woody Allen, USA)
2- Rendez-vous à Palerme (Wim Wenders, All)
3- Le silence de Lorna (les frères Dardenne, Belg)
4- Into the wild (Sean Penn, USA)
5- Burn after reading (les frères Coen, USA)
6- Entre les murs (Laurent Cantet, Fr)
7- L’année où mes parents sont partis en vacances (Caõ Hamberger, Brés)
8- Léonora (Pablo Trapero, Argentine)
9- Two lovers (James Gray, USA)
10- Linha de passe (Walter Salles, Brés)

Et vous, quel est votre classement ?

05 janvier 2009

danslerétroviseur.blogspot.com

Avant de s’engager franchement dans l’aventure 2009, il n’est pas inutile, comme chaque année, de faire le bilan quantitatif et qualitatif de ce blog.

Avec plus de 75 000 visites et une hausse de plus de 10% par rapport à l’année précédente (et de plus de 60% par rapport à 2006), la fréquentation globale poursuit sa progression. Ce résultat est d’autant plus positif qu’il est complété par une augmentation de la durée moyenne des visites (8’30 environ).

Géographiquement, la très grande majorité des visites est niçoise. Mais ce blog a quand même reçu durant l’année des visites de 97 pays différents et de très nombreuses régions.

Pour les pays : Allemagne (1210 visites), Belgique (649), Suisse (563), Canada (416), Royaume-Uni (407), Monaco (404), Maroc (301), Etats-Unis (293), Italie (148), Australie (bonjour John et Robin !) et Algérie (97).

Pour les régions : Ile de France (3165 visites), Rhône-Alpes (1628), Midi-Pyrénées (1267), Languedoc-Roussillon (784), Aquitaine (650)… La première région étrangère étant le Québec avec 266 visites.

Le nombre de commentaires a lui aussi progressé : 1800 environ contre 1700 et 2007 et 1200 en 2006, avec un nombre de posts pourtant inférieurs (155 contre 165 en 2007 et 221 en 2006).

S’il est impossible d’avoir l’identité des visiteurs, on peut quand même faire un classement des commentateurs les plus assidus.

Cette année, c’est Irène qui arrive en tête (107 commentaires) après nous avoir habitués à la « ILH touch » : interventions courtes, très réactives et souvent pleines d’humour. En deuxième position, on retrouve, comme l’an dernier, Claudio (93 commentaires) qui me semble, sur ce blog, en voie de « poulidorisation » (il va adorer cette qualification le bougre !). Accaparée par la Recherche, les Municipales, Juju… et surtout la course à pied, Clotilde n’est que troisième. Mais le maillot jaune qu’elle porte depuis le prologue de ce blog reste solidement accroché sur ses épaules (décidément, en 2009, j’ai la métaphore sportive !!).

Ensuite, on trouve un peloton d’habitués : Laurent Weppe (76), Bernard Gaignier (73), Roxan (71 approximativement car le décryptage des pseudos est parfois compliqué), Antonin (63 commentaires plein de poésie), Richard (55 commentaires à l’humour parfois distancié), Sami (52), Sylvie (40), Alain (39), Marion (18), Pénélope et Laurent F (14), Henri Cottalorda 13… Non, cette année, pas de petite blague sur l’oral et l’écrit !) et le bougon et inénarrable Commandant Dromard (12). Au fait, petit quizz au passage : quel personnage célèbre du cinéma français s’appelle effectivement le Commandant Dromard ?

Puis, avec aux alentours d’une demi-douzaine d’interventions, on retrouve André-Louis, Ricciardelli, Paul Vautel, Zineb, Valérie Salvetti, Ange, FB, Nico Knecht, Nemo, Zoulika, Robert, Jean-François, Marc, Sylvia, Fabrice, JRV, René, Karine, Anne-Marie K, Anthony, Livio, Jean-Paul Audoli, Max, Jacques Barralis, Rose, Phil, Christian.

En tout, ce sont 160 intervenants identifiés qui ont fait au moins un commentaire sur ce blog en 2008. Sans oublier bien sûr votre serviteur (70 commentaires) et deux intervenants au statut très particulier : Dominique (66 commentaires) et le très mystérieux Monsieur Anonyme (322 commentaires). En fait, celui-ci est assez discret sur mon blog, ce qui me satisfait pleinement.

Au final, un bilan plutôt positif et aucune, mais vraiment aucune raison d’arrêter… Donc, rendez-vous tout au long de 2009 !

03 janvier 2009

« Les portes du bonheur »




En pays catalan, les rifles sont une institution. En fin d’année, de Perpignan à Banyuls, de Collioure à Céret, se multiplient des séances de loto collectives organisées par et au profit d’associations locales. De la fin décembre à la première semaine de janvier, des milliers de Catalans se rejoignent dans des gymnases ou des salles polyvalentes pour d’interminables parties qui leur permettront, si la chance leur sourit, de gagner jambons, filets garnis, bouteilles de vin ou un prosaïque bon d’achat.

Le public est populaire et, ce qui est très sympathique, intergénérationnel. Ados, adultes, troisième âge, les rifles sont l’affaire de tous et chacun vibre à l’unisson en plaçant jetons ou grains de maïs sur les petits cartons verts et blancs.

Traditionnellement, nous « riflons » au moins une fois par an, et, le sort ayant été souvent favorable, nous sommes plus d’une fois rentrés avec un ou plusieurs jambons sous le bras.

Mais le clou du spectacle est, pour nous, le numéro de l’animateur qui, accent rocailleux en prime, accompagne le tirage des numéros de petits jeux de mots qui, assez curieusement, varient assez peu dans le temps et dans l’espace.

Le qualificatif est souvent lié à la structure du chiffre : « il a la queue en l’air : 6 » (et évidemment le 9 a la queue en bas…), « les deux tordus, les deux mal foutus : 55 », « les gambettes à Jeannot : 11 »…

Il peut être départemental : « bienvenue chez les Ch’tis : 59 », « Claude Nougaro : 31 », « Bernadette, priez pour nous : 65 ».

Le clin d’œil est aussi souvent sportif : « allez l’OM : 13 », « Umaga : 83 », « l’USAP : 15 ».

Le 22 a le privilège d’avoir plusieurs versions policières : « la petite camionnette bleue » ou « quand ils sifflent c’est foutu ! »

Le 51 se prend évidemment avec quelques glaçons… et sans eau, le 20 est meilleur…

Mais l’allusion peut aussi être coquine : « les portes du bonheur : 68 », voire franchement licencieuse : « le feu d’artifice : 69 » ou même carrément porno : « … : 70 » (ne voulant pas que ce blog soit classé X, je ne donnerai la définition qu’oralement et sur présentation d’une carte d’identité).

Quand le tirage s’éternise et que plusieurs joueurs sont en attente du bon numéro pour l'emporter, les cris fusent dans la salle : « amène-le ! », ce à quoi l’animateur répond invariablement : « je te l’amène, il arrive ! ». Avec l’accent, c’est impayable.

Si vous gagnez, que ce soit « à la quine » (une ligne du carton) ou « à carton plein », il est de bon ton de ne pas oublier « le camionnage », c’est-à-dire de donner un pourboire au bénévole qui vous apporte les lots.

Cette année, à la salle polyvalente d’Argelès-sur-mer, nous n’avons pas gagné. Nous sommes loin du triomphe de l’année dernière où à Elne nous avions eu l’un des plus gros prix sous la forme d’un sobre mais substantiel bon d’achat.

Nous sommes fort déçus car, le premier prix cette année étant un agneau vivant, Gauche Autrement aurait pu avoir une mascotte coulant des jours heureux dans le jardin de Paul Vautel ou le vallon de Christian Jambou… avec les ânes !

31 décembre 2008

Bonne année 2009


31/12/2008, 11 h, Villeneuve de la Raho (66), dernier jogging de l'année


Une très belle année 2009 pour tous les lecteurs et les lectrices de ce blog… En espérant vous retrouver au moins aussi nombreux pendant les douze prochains mois.

Mon vœu pour 2009 : que les Européens gagnent les Européennes !

Et vous ? (en évitant SVP les vœux consensuels du type avènement de la Paix universelle ou le départ de Raymond Domenech !!!)

29 décembre 2008

Le Castillet et le Jaurès



C’est au Castillet de Perpignan, honorable cinéma en activité… depuis 1911 et récemment rénové dans son style art moderne d’origine, et au Jaurès d’Argelès sur mer, sympathique cinéma municipal géré par l’association locale Cinémaginaire, que s’achève mon année cinématographique avec deux films américains plutôt réussis.

Burn after reading, de Joel et Ethan Coen

Dans la lignée de Fargo et de The big Lewinsky, les frères Coen démontrent, une fois de plus, à leur façon que quelques crétins irresponsables peuvent dérégler les systèmes les plus sophistiqués, en l’occurrence, ici, la CIA.

Dans le rôle des crétins, Georges Clooney et Brad Pitt s’en donnent à cœur joie, n’hésitant pas à écorner leur image de séducteurs patentés du cinéma mondial pour s’amuser, pour nous amuser. C’est tout simplement hilarant… et rafraîchissant.

Australia, de Baz Luhrmann

Après le western spaghetti, voilà le « western vegemite » (*). L’Australien Luhrmann, utilisant la géographie (somptueuse) et l’histoire (méconnue) de son pays, nous propose une vaste fresque mettant en scène quelques stars locales comme Nicole Kidman.

Nous sommes au début de la 2e guerre mondiale. Une riche veuve anglaise prend la succession de son mari à la tête d’un ranch perdu au milieu du bush australien. Avec l’aide d’un beau cow-boy du coin, elle va lutter et triompher des méchants qui veulent imposer en ces temps de guerre un monopole sur le commerce de la viande.

L’occasion aussi pour Luhrmann, de reconstituer le Pearl Harbour australien (l’attaque de Darwin par l’aviation japonaise) et de rappeler cette infamie qu’a constitué l’enlèvement à leurs familles des petits métis aborigènes pour les confier à des institutions religieuses jusque dans les années soixante-dix.

Et comment, en admirant les magnifiques paysages de l’Outback, ne pas penser avec nostalgie à nos trois inoubliables voyages à travers le continent australien entre 1984 et 2000.

(*) Du nom de l’infâme pâte à tartiner très salée à base de levure de bière dont sont inexplicablement friands les Aussies.

25 décembre 2008

The last Val


Depuis quelques années, c’est avec une certaine complicité intellectuelle et politique que je lis les éditos et essais du directeur de Charlie Hebdo : Philippe Val.

Sa dernière livraison « Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous » (Ed. Grasset) ne risque pas d’inverser la tendance. En effet, dès la page 1, Val enfonce le clou et j’aime bien ce clou-là. « Quand j’ai pris position publiquement pour une intervention au Kosovo en 1995, quand je me suis révolté contre la forme ambiguë que prenait, chez certains, l’adhésion à la cause palestinienne, quand je me suis engagé pour l’adoption de la Constitution Européenne, ces choix ont rencontré la réprobation d’une partie du milieu intellectuel et politique dont j’étais plutôt proche… Pourtant, la démocratie a toujours été mon échelle de valeur. Ma lutte n’a pas changé. »

Ayant fait les mêmes choix et ayant eu à affronter les mêmes résistances, je me suis trouvé d’emblée et une fois de plus en phase avec l’auteur.

Pour l’essentiel, le livre relate principalement l’affaire dite « des caricatures ». Une affaire emblématique où une étrange coalition allant de l’Elysée de Jacques Chirac à l’UOIF, du MRAP aux amis du Monde Diplomatique, a fait cause commune pour réduire au silence une presse libre qui ose encore dire que la religion musulmane ne peut pas se réduire à l’islamisme. Ce dernier est en effet une perversion de la première et, comme le stalinisme en son temps, une idéologie de combat contre les valeurs républicaines. Dans ce Munich de la liberté de la presse, dans cette Berezina de l’Etat de Droit, il est navrant de constater à quel point la presse de gauche a été timide et même parfois lâche.

Pour ma part, je suis rétrospectivement fier d’avoir punaisé sur la porte de mon bureau en mairie la fameuse « Une » de Charlie Hebdo pendant presque une année. En attendant le procès où François Hollande témoignera d’ailleurs courageusement.

Au-delà de « l’affaire des caricatures », Val met en perspective la véritable visage du monde dont on a hérité à la chute du Mur de Berlin, « un monde où, au nom des crimes qu’elle a commis, l’Europe s’interdit de les dénoncer chez les autres. »

Et en conclusion, l’auteur nous offre sa version – convaincante – de « l’affaire Siné ».

Au final, une lecture stimulante, loin du prêt-à-penser de certaines bonnes consciences de gauche pour qui le fanatisme religieux est souvent le passage obligé de l’émancipation des peuples. Une lecture qui vous permettra, en prime, d’identifier le (les) point(s) commun(s) entre Marguerite Duras… et l’ayatollah Khomeiny.

22 décembre 2008

Un an au « 10 »



Foule des grands jours pour « l’apéro de Noël », pourtant organisé « à la bonne franquette » vendredi à notre permanence du 10 avenue Cyrille Besset.

L’occasion de retrouver notre altermondialiste « autrement », Florence Jambou, ou encore de souhaiter l’anniversaire de Jurek Juszczak. L’occasion de nous rappeler que cela fait bientôt un an que nous avons investi ce lieu, délaissant avec un pincement au cœur le « 3 » devenu trop inconfortable même s’il était chargé de souvenirs et d’émotions.

Très vite, ce local spacieux, moderne et « customisé » par Bernard Clérico est devenu la nouvelle halte incontournable pour les militants et les habitants du quartier. C’est que, sous la houlette de Gérard Blaise, Jean-Claude et Edith, mais aussi Lucien, Marie-Louise, Renée, Odette, Eugène et bien d’autres ont fait vivre ce lieu jour après jour.

Au-delà des réunions de l’association Gauche Autrement, de la préparation collective des réunions du CG, des permanences d’élus et des débats en tout genre, l’apéro du vendredi, institution vieille déjà… de sept années, reste le lieu privilégié du compte-rendu hebdomadaire des deux élus du 5e et du 7e cantons.

Mais on passe aussi « à la perm » en dehors de ces rendez-vous collectifs pour soumettre un dossier, apporter une information, emprunter un livre, demander un conseil ou, pour les plus courageux, soutenir… un débat passionné avec Henri Cottalorda !

Mais ce que je préfère par-dessus tout, c’est lorsque, travaillant à mon bureau (ou squattant celui de Dominique plus spacieux…), je vois un habitant du quartier ou un sympathisant pousser la porte du local pour rien, simplement pour le plaisir de me saluer. De nous saluer.

C’est dans ces moments-là que je me dis que notre petite République du « 10 » est bien la digne héritière de celle du « 3 ».

18 décembre 2008

Dominique autrement

France 3, 19/20, Côte d'Azur, 18 décembre 2008


Aujourd’hui, séance exceptionnelle du Conseil général puisqu’il s’agissait d’élire un nouveau Président, suite à la démission dominicale et nocturne de Christian Estrosi.

Estimant que ce réaménagement technico-politique concernait avant tout la majorité, les trois groupes d’opposition avaient finalement décidé –sans se concerter – de ne pas présenter de candidat.

Malgré les bruits de pronunciamiento, les rumeurs de putsch et les promesses de coup d’Etat qui avaient déferlés ces dernières semaines sur le microcosme du CADAM, c’est à un scrutin sans surprise auquel nous avons assisté. En fait, et ce n’est pas tout à fait un scoop, la majorité a voté… pour le candidat de la majorité.

Mais cette apparente normalité ne devait pas nous faire oublier l’incongruité démocratique de la situation, ce que ne manqua pas de relever Dominique qui était ce jour-là la porte-parole de Gauche Autrement.

« La présente passation de pouvoir s’effectue sur fond de cumul des mandats et de chaises musicales. Ce n’est pas tout à fait notre philosophie à Gauche Autrement : chacun l’aura bien compris. Mais nous constatons deux choses : ces « anomalies » (euphémisme…) démocratiques sont assez fréquentes et concernent aussi bien la droite que la gauche ; cependant, malgré une condamnation de principe, l’électorat ne les sanctionne pas vraiment. (...) Reste le fait que, si le député-maire a en quelque sorte devancé l’appel pour la Présidence (il n’est jamais trop tard pour bien faire), il n’est pas vraiment allé au bout de sa logique puisqu’il fait toujours partie de notre assemblée. Vous me direz qu’il n’est pas le seul, ici, à attendre la fin d’un interminable feuilleton judiciaire et à ainsi profiter des opportunités légales au détriment de la clarté politique. »

Une fois élu, le nouveau Président, Eric Ciotti, se plaça sur le terrain de la continuité par rapport à une gestion à la définition de laquelle il avait été étroitement associé comme directeur de Cabinet.

Renvoyant les questions de fond au débat budgétaire, il ne fit que reprendre à grands traits le programme développé il y a quelques semaines par Christian Estrosi lors du DOB.

Il tint à rendre hommage à Jean-François Knecht, et, de façon plus inattendue, à Michel Vauzelle louangé par trois fois pour sa coopération considérée comme exemplaire avec le CG 06 à majorité UMP…

Enfin, il ne peut s’empêcher d’opposer aux « tartarinesques » envolées verbales de Paul Cuturello le bilan, il est vrai désastreux, du PS lors du dernier week-end électoral dans les Alpes-Maritimes. En effet, aucun candidat n’est arrivé ne serait-ce qu’au second tour des cantonales partielles.

Loin de ces polémiques politiciennes, Dominique continuait, elle, à tracer le sillon de Gauche Autrement en parlant du fond.

« Nous en sommes tous conscients, ces prochaines années seront marquées par la crise, une crise qui, je ne cesserai jamais de le rappeler, a remis en avant le rôle de l’Etat, le sens du collectif, la nécessité de la solidarité. C’est dire si notre institution, que la République a calé justement sur le créneau du social et de la solidarité, a un rôle extrêmement important pour amortir les effets de la crise, notamment vis-à-vis des plus faibles. Nous le savons, notre département risque de voir diminuer sensiblement ses ressources en provenance des droits de mutations compte tenu de l’évolution du marché immobilier. (…) La nature même du financement de notre institution fait que vous pourriez avoir la tentation de compenser presque automatiquement la baisse des droits de mutation par l’augmentation des impôts directs. (…) Or, ces deux impôts n’ont pas la même « clientèle » contribuable. (…)
Il faudra donc beaucoup de doigté, d’imagination mais aussi surtout de générosité et de courage pour hiérarchiser les besoins à financer. Pour notre part, nous ne serons jamais dans le toujours contre. Nous ne serons jamais dans le toujours plus. Mais nous serons dans le toujours mieux et le toujours plus solidaire.

(…) Parce que pour nous certaines dépenses sont incompressibles : ce sont celles qui permettent à nos concitoyens de mieux vivre, de vivre décemment et parfois même, de vivre tout court. Nous l’avons déjà dit, notre collectivité doit être exemplaire sur ses compétences obligatoires, surtout quand elles touchent au social et à l’éducation. Dans ce dernier domaine, à l’heure où l’Etat multiplie les agressions contre le service public de l’Education nationale et aussi – on en parle moins, mais c’est malheureusement une réalité – contre l’éducation populaire, (…) nous devons veiller non seulement à maintenir mais aussi à accentuer les efforts de notre collectivité. Sur les dossiers sociaux, le désengagement de l’Etat met les départements dans une situation délicate. (…)

Se concentrer sur nos compétences sera donc une nécessité. (…) L’action sociale est moins spectaculaire que les grands travaux, mais j’ai la faiblesse de penser qu’elle est indispensable et pas seulement utile pour venir en aide aux plus faibles. »

Le ton est mesuré, les explications pédagogiques et la conviction forte. Le « Président » du groupe ne peut être que satisfait d’une porte-parole capable d’exprimer avec autant de fermeté que de générosité cette politique Autrement que nous appelons de nos vœux.

Vous pouvez lire l'intégralité de l'intervention de Dominique Boy-Mottard sur le site de Gauche Autrement.

17 décembre 2008

5.13 Gorbella

"Le Rio Grande familial"


Après une double incursion dans le sud avec les 5.02 et le 5.03, revenons au nord avec le 5.13, voisin du 5.12 qui fut, il y a déjà quelques mois, le point de départ de nos ballades dans le 5e canton.

Le 5.13 est groupé, comme son nom l’indique, autour du boulevard Gorbella (plus précisément sa partie haute du n° 37 au n° 69, du n° 38 au n° 70), ce boulevard qui, en quelques années a perdu ses arbres pour gagner… le tramway.

En fait, cette portion de Gorbella concentre les lieux les plus connus du quartier.

La Tour de l’ex-CACEL d’abord, qui fut construite dans les années quatre-vingt sur fond de polémique. Avec de nombreux pétionnaires du quartier, ma section du PS, dirigée en ce temps-là par Gérard Corboli, ne voulait pas de cette construction qui allait défigurer Nice Nord en le transformant en métropole américaine. Aujourd’hui, avec le recul, force est de constater que nous avions à l’époque la tête près du bonnet, car si, au final, la Tour n’est pas la Giralda, elle s’intègre relativement bien au paysage urbain.

Depuis la disparition du CACEL et de son folklorique directeur Jean-Claude Pastorelli qui, négligeant les chocolats, distribuait en fin d’année des… Louis d’or, la Tour est le siège d’un petit théâtre où j’aime bien aller le dimanche après-midi assister à un spectacle du Cercle Molière ou d’une autre troupe niçoise.

Un peu plus bas en face, l’école Ray-Gorbella abrite trois bureaux de vote les jours d’élection. Comme je l’explique dans « Fragments de Nice », c’est ici que j’ai compris, vers 21 heures, le soir du deuxième tour des Municipales de 2001, que nous allions perdre, de peu, mais perdre…

C’est aussi dans cette école qu’à la demande de la directrice de l’époque, Natura Auvergne, j’ai donné pour la première fois de ma vie des cours (sur l’Europe et le Président de la République) à des enfants du primaire. Je conserve un souvenir ému de cette expérience restée à ce jour unique.



Enfin, il y a quelques jours, c’est cette même école que nous avons un moment occupée avec Dominique, Clotilde et quelques autres pour la bonne cause.


Au 40 bis se trouvait la permanence d’Henri Fiszbin dirigée par Lucien Fouques entre 1986 et 1988. Par la suite, Lucien, devenu notre chargé de mission au Conseil général, m’aida beaucoup dans la lutte que j’avais entreprise pour soutenir les petits commerçants de la modeste cité Ray-Gorbella (à l’intersection des deux avenues) contre les grandes surfaces du quartier qui voulaient ouvrir… le dimanche matin.

Le 5.13, c’est aussi le côté impair de l’avenue du Ray. De la place Alexandre Médecin à la place Fontaine du temple, l’avenue est même une sorte de Rio Grande familial, la frontière entre le 5e et le 7e canton.

Au nord, l’avenue du Ray passe devant l’entrée du « 54 », la cité (résidence de Falicon) où, il y a quelques décennies, j’ai enlevé celle qui allait devenir la conseillère générale du 7e canton à sa famille. Thérèse, ma belle-mère, y habite toujours le bâtiment 8, et si mes rapports avec elle sont excellents, ils sont aussi parfaitement désintéressés car le 54 a son emprise, en fait, dans le 11e canton.

Les rues Alexandre Dumas, Aristide Briand et Georges Bidault, pourtant incrustées dans le 5.12 complètent le bureau de vote « Gorbella ». A noter que Georges Bidault fut le signataire du traité franco-italien de 1947 qui restitua Tende et La Brigue à la France… et au comté de Nice. De quoi électriser les supporters de la Brigade Sud dont la tribune surplombe précisément la rue Georges Bidault !

14 décembre 2008

Eric déborde Juninho



Dimanche 22 heures. Un œil sur l’écran de l’ordinateur, je suis paresseusement l’évolution du match Lyon-Marseille tout en préparant l’emploi du temps de la semaine, quand un tourbillon d’informations vient troubler la quiétude du foyer. Messages téléphoniques multiples, mails et portage à domicile : la nouvelle est brutale à défaut d’être inattendue. Nous aurons dès jeudi un nouveau Président du CG 06 et ce sera Eric Ciotti. Notre Noël de conseillers en quelque sorte.

Immédiatement, j’abandonne Juninho et Ben Arfa à leur triste 0-0 pour réviser ma géopolitique du 06. C’est bien plus rigolo : Christian, qui était président, député et maire, ne veut plus être président et va peut-être redevenir ministre, Eric, qui était 1er adjoint, député et, depuis dimanche, conseiller général, ne veut plus être 1er adjoint pour devenir président.

Bon, finalement, ce n’est pas si compliqué le jeu des chaises musicales… Reste simplement à savoir ce que va faire dans tout ça le 1er vice président, conseiller général, conseiller municipal, conseiller communautaire et premier secrétaire fédéral… A Gauche Autrement, on prend les paris. Quel suspense haletant !

12 décembre 2008

L’amertume d’avoir raison autrement

Extrait de mon communiqué dans Nice-Matin du 13/12/08

L’audit financier de la ville de Nice publié le 11 décembre correspond point par point au rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) de juin 2006. Mais en réalité, la coûteuse étude privée et l’analyse de la prestigieuse institution publique ne font que confirmer les conclusions du petit groupe de réflexion que j’avais constitué pour préparer ces dernières années mes interventions budgétaires au Conseil municipal (un groupe d’amis dont je dois taire le nom pour des raisons de discrétion professionnelle).

Ces conclusions tournent autour d’un triple constat :
- croissance injustifiée des effectifs,
- chute des capacités d’autofinancement,
- retour à l’endettement.

Sur cette base, mes trois adversaires à l’élection municipale auront beaucoup à se faire pardonner par les électeurs/contribuables. Qu’on en juge.

Jacques Peyrat

Depuis 2003, à chaque DOB (débat d’orientation budgétaire), chaque BP (budget primitif), chaque CA (compte administratif), j’ai développé l’essentiel des critiques que l’on retrouve dans l’audit et le rapport de la CRC. Bien avant l’audit et la CRC Pourtant, le maire a poursuivi sa politique à la fois chaotique et coûteuse. L’embellissement (relatif mais réel) de la ville aurait pu être obtenu à un moindre coût s’il avait entendu nos mises en garde (voir le lien vers ces interventions sur le site de Gauche Autrement).

Christian Estrosi

En tant que responsable national de la formation politique du maire Jacques Peyrat, je l’ai interpellé plusieurs fois au nom de « Nice plurielle » pour qu’il mette un peu d’ordre à la maison. A chaque fois, j’ai essuyé une fin de non-recevoir. En fait, ce refus allait au-delà de la solidarité partisane puisque son programme électoral aux conséquences financières mal maîtrisées montre qu’il n’avait pas vraiment pris la mesure de la gravité de la situation.

Patrick Allemand

On se souvient, il y a deux ans, de la déclaration tonitruante sur « le bon deuxième mandat de Jacques Peyrat ». Un bel exemple de déclaration au doigt mouillé quand on sait que l’audit affirme que les difficultés actuelles de la municipalité ont débuté… au début du deuxième mandat ! Et si on consulte l’incroyable catalogue de la Redoute qui lui a servi de programme électoral, on comprend que lui aussi n’avait pas pris la mesure d’une situation financière qu’il n’avait d'ailleurs pas pris la peine d’étudier.

Au final, seule la liste « Nice Autrement » ne peut être accusée de démagogie. Nous avons élaboré un programme qui tenait compte de la situation réelle. Nous avons été les seuls, par exemple, à proposer des solutions alternatives à la construction immédiate de la ligne 2 du tramway.

En résumé, nous avons eu raison : nous seuls avons dit la vérité aux Niçois. Mais ce constat est amer. Il coûtera très cher aux habitants de notre ville et singulièrement aux plus modestes, ceux qui sont les plus touchés par la crise.

Depuis les élections, c’est avec le même souci de réalisme que nous avons préconisé la prudence aussi bien au nouveau maire qu’à une opposition qui se décrédibilise petit à petit en sombrant dans le « toujours contre » et le « toujours plus ».

Et c’est précisément parce que nous ne pouvons plus faire confiance à cette opposition – que plus personne ne prend au sérieux – que nous demandons la réunion du Conseil Communal Consultatif, afin que, au-delà des querelles stériles, l’ensemble des forces vives de la Cité se mobilise pour prendre les décisions graves qui devront être prises, pour faire les choix capitaux qui devront être tranchés.

Nous sommes prêts, à Gauche Autrement, à participer à toute réflexion et à toute action qui contribuera à sortir notre ville de cette nouvelle épreuve avec les honneurs.

Sur le même sujet, avec des liens supplémentaires, voir mon communiqué du 12 décembre 2008, à propos de l'augmentation des impôts locaux, sur le site de Gauche Autrement.

10 décembre 2008

Henri Fiszbin

Samedi après-midi, à la recherche d’une animation Téléthon, je passe un peu par hasard devant le 40 bis du boulevard Gorbella. Et comme cela m’arrive parfois sans vraiment savoir pourquoi, une bouffée de nostalgie m’envahit. C’est que, précisément à cette adresse, se trouvait la permanence d’Henri Fiszbin, député des Alpes-Maritimes de 1986 à 1988. Une permanence que dirigeait, avec son éternel enthousiasme militant, Lucien Fouques… notre Lucien !

Ancien Secrétaire général de la Fédération du PC de Paris, Henri avait été exclu pour avoir dénoncé les pratiques staliniennes de son partir. Du coup, l’ancien tête de liste aux municipales de 1977, l’ex-député de Paris, s’était rapproché du PS. Communiste reconstructeur, il avait donc été présenté par les socialistes en deuxième position sur la liste des Alpes-Maritimes pour le législatives de 1986. En effet, cette année-là, les élections se déroulaient au scrutin de liste départementale à la proportionnelle et Solférino avait offert un parachute aléatoire à son nouvel allié.

Jeune Premier secrétaire fédéral, j’ai rapidement sympathisé avec le nouveau venu, l’accompagnant aux quatre coins du département, trop heureux de bénéficier de son immense expérience politique.

Ancien ouvrier, Henri était un homme très cultivé et plein d’humour. Il n’hésitait pas, par exemple, à truffer ses discours de private jokes simplement pour m’amuser au cours des longues journées de campagne. Il faut dire que nous étions peu autour de lui, les courtisans préférant accompagner la tête de liste, Jean-Hugues Colonna, forcément plus médiatique.

Elu de justesse, il allait réunir, avec l’aide de Lucien, une petite équipe de syndicalistes et de militants de l’éducation populaire d’une redoutable efficacité, quand il s’agissait de coller au terrain des luttes sociales ou de participer au travail législatif.

Infatigable, il était toujours partant pour une action, une réunion ou un débat improvisé. Mais jamais il ne négligeait militants et amis pour lesquels il était toujours d’une exquise délicatesse.

Un grand bonhomme que le PS enverra en 1988 se faire battre dans une obscure circonscription de Meurthe-et-Moselle. De ce jour, je ne revis Henri qu’une seule fois, quelques jours avant sa mort. C’était au cours du funeste congrès de Rennes. Malgré le climat ambiant et une santé chancelante, il avait toujours au cœur et aux lèvres l’optimisme des grands humanistes.

Il me manque toujours. Heureusement, il y a Lucien.

07 décembre 2008

Les compagnons de la marguerite


Les deux « stars » Gauche Autrement de la course à pied, Laurent P. et Laurent F. n’étant pas disponibles, c’est une équipe réduite (Clotilde, Irène, Patrick) qui se présente au départ du Cross des Iles sur l’île Sainte Marguerite, petit paradis terrestre… Mais l’association est solidaire car les trois volontaires étaient assistés par pas moins de douze accompagnateurs : un taux d’encadrement à faire pâlir un champion olympique !

L’épreuve, organisée par l’AC Cannes, est magnifique : elle a gardé la dimension sportive et humaine qu’on a un peu perdue avec les grandes machines événementielles. Cela dit, le « team » fera honneur à ses couleurs puisqu’on retrouvera à l’arrivée les trois concurrents entre les 300e et 400e places sur plus de six cents partants. Cerise sur le gâteau : les trois sont classés devant (de peu, certes…) un responsable politique départemental ami mais concurrent, radicalement concurrent.

C’est donc le cœur léger que chacun put assister à la suite du spectacle sportif avec un 400 m 4 nages de folie réalisé en pleine mer (un 7 décembre quand même…) par Richard, notre Alain Bernard à nous. Puis ce fut l’anniversaire de Rose et un joyeux pique-nique dans la tradition de Gauche Autrement.

En trente ans de PS, je ne me souviens pas avoir vécu de tels moments de convivialité avec ceux dont je partageais pourtant en principe les valeurs. A la réflexion, c’est quand même triste.

Photo Carolyne

05 décembre 2008

SOS éduc pop


Quelques dizaines d’enfants, des éducateurs, des gendarmes, des enseignants, un thème (« La sécurité routière », des sourires mais aussi beaucoup de sérieux : cela donne une bien belle journée d’éducation populaire au CLAJ de Nice sous les auspices des Francas, association dirigée avec humanité et professionnalisme par notre ami Pierre Benallah.

A Gauche Autrement, nous apprécions beaucoup l’éducation populaire. Conscientisés par Sami Cheniti, Lucien Fouques et Henri Cottalorda, tous trois cadres dans le secteur, nous avions prévu, dans notre programme municipal, d’avoir recours très souvent à ces militants expérimentés et, selon nous, sous-employés.

L’école fait ce qu’elle peut – et avec les réformes en cours, elle risque de pouvoir de moins en moins, n’est-ce pas, Enzo ? – mais elle est loin de corriger toutes les inégalités. Aussi, quand l’éducation populaire prend le relais, elle introduit un peu plus de justice dans notre société.

Ma présence au CLAJ ce jour-là allait bien au-delà de l’amitié, elle avait valeur de témoignage et d’engagement. C’est que, début octobre, déjà sérieusement malmenée depuis deux ans, l’éducation populaire a subi un très mauvais coup. Brusquement, brutalement, les associations du secteur travaillant avec l’Education Nationale ont vu leurs subventions pour 2008 amputées de 25%... alors même que les programmes de l’année étaient lancés.

Les Francas, mais aussi l’APEP, les CEMEA, la Ligue de l’Enseignement et bien d’autres associations sont concernées par cette décision inique justifiée, comme toujours (on nous refait le coup pour l’audiovisuel), par l’amélioration du service public…

Lorsque l’éducation populaire sera définitivement remplacée par la console de jeux et le goûter d’anniversaire chez Mc Do, le déterminisme social sera plus fort que jamais.

C’est pour cette raison que je proposerai, à la prochaine assemblée générale de Gauche Autrement, qu’au cours du premier trimestre 2009, notre association s’engage fortement pour l’éducation populaire. Aux côtés de l’éducation populaire.

02 décembre 2008

On n’est jamais si bien trahi que par les siens…

Le Tuyo, 26 novembre 2008, article de Jérôme Guidi

Si ce blog n’a jamais eu, à l’instar de celui de la Conseillère générale du 7e canton, les honneurs de la presse nationale, il est parfois repris par la presse régionale. Les sites et les blogs utilisent encore plus fréquemment mes posts, en fonction de l’actualité.

Par conséquent, la reprise de mon billet, « Sa petite entreprise ne connaît pas la crise » - commentaire libre sur la nouvelle élection de Patrick Allemand à la tête de la Fédération du PS 06 – par le nouveau site d’informations niçois Le Tuyo n’était pas un événement en soi. Et cela, même si l’article, qui reprenait de larges extraits de mon post, était publié à la une avec un titre fracassant : « Le retour cinglant de Mottard, l’anti-Allemand »… Bigre !

Par contre, ce qui est beaucoup plus surprenant, c’est que cet article, somme toute relativement confidentiel (car Le Tuyo est un site récent), s’est retrouvé en première page… de la Revue de presse du Conseil régional.

Quand je vous le disais : Patrick Allemand ne compte que des amis à la Région…