
En tant qu’élu niçois, j’ai estimé que mon rôle était, ce samedi, d’être dans les rues du centre ville aux côtés de nos concitoyens commerçants et promeneurs du week-end, victimes d’une situation particulièrement explosive depuis une semaine.
C’est ainsi qu’après la manif des enseignants - forcément confidentielle - à laquelle j’ai participé en tant que professionnel de l’éducation, accompagné de Gérard et Jean-Pierre, mes deux compères de Gauche Autrement, j’ai longuement sillonné l’avenue Jean Médecin de la Gare Thiers à la place Masséna (au moins trois allers-retours).
Témoin privilégié, je peux donc, en toute objectivité, livrer à chaud quelques réflexions concernant cette journée particulière.
Les jeunes – très jeunes et très nombreux – étaient, au moins dans un premier temps, complètement déconnectés du contexte politique. On pouvait notamment constater la présence de jeunes filles pas vraiment équipées pour la guérilla urbaine… Ce n’est que plus tard, organisés et encouragés par des adultes manifestement experts en provocation, que les cris « Israël assassin » et quelques drapeaux palestiniens apparaissent. Il est à noter que les incidents éclateront après cette prise en main. A ce moment, j’ai pu constater l’effet multiplicateur obtenu par les caméras et les appareils photos des médias.
Les forces de police, en nombre important, ont plutôt bien géré la situation, au moins dans un premier temps, accompagnant les manifestants sans jamais vraiment entrer en contact avec eux. Par la suite, le blocage de l’avenue Jean Médecin a facilité la dispersion de groupes isolés dans les rues adjacentes où voitures et commerces ont été vandalisés.
Si la présence du Maire sur le terrain a créé un petit accès de fixation et une mini bronca, la portée de celle-ci était forcément réduite étant donné l’apolitisme des manifestants.
L’attractivité des soldes est telle que le centre de Nice a vécu pendant cette après-midi une forme de schizophrénie particulièrement aiguë, avec des centaines de jeunes battant le pavé à côté d’une foule d’acheteurs les bras chargés de paquets… Les McDo eux-mêmes étaient restés ouverts : on pouvait donc se rassurer en se disant que la civilisation occidentale n’était pas totalement menacée… !
Cela étant, on ne peut pas ne pas se sentir inquiet pour l’avenir (samedi prochain ?). Dans une situation aussi insaisissable, un dérapage est toujours possible avec ses conséquences incalculables. Si on veut éviter des troubles encore plus graves, voire un drame, il faudra faire montre, quelles que soient les causes que l’on souhaite défendre dans la rue, de responsabilité. Ceux qui ne feront pas preuve de cet état d’esprit seront des apprentis sorciers. Peut-être d’ailleurs pas aussi apprentis que cela…


























