16 décembre 2009
Le choix de Sophie
13 décembre 2009
Lucie dans tous ses états
La fonction de conseiller général ne permet que très rarement la fréquentation de la poésie, a fortiori quand celle-ci a des accents surréalistes... Et pourtant !Nous sommes samedi, en début de soirée. L'orage gronde et la petite foule, invitée par l'Association de la colline Saint Barthélemy, pour fêter la Sainte Lucie, se presse dans la salle au plafond bas de l'entresol du Prieuré du Vieux Logis. Arrivé avec un peu de retard, je me faufile entre les fidèles dans l'étroit couloir et me retrouve, plutôt surpris, face à douze Vierges suédoises, toges immaculées et blondeur scandinave, chantant d'une voix cristalline les louanges de Lucie, cette sainte sicilienne qui préféra jadis - étrange entêtement - s'arracher les yeux plutôt que de perdre sa virginité. C'est que la Sainte Lucie, proche du solstice d'hiver, est fêtée en Suède à travers de nombreuses fêtes des lumières ( luce, lux, lumière).
D'où ce déploiement virginal, bougies en main ou... sur la tête, d'autant plus dépaysant que mon dernier contact avec la culture suédoise remonte à la lecture déjà lointaine du polar Millenium.
Tout en écoutant avec délectation les voix célestes, je me dis que l'engagement légendaire des scandinaves en faveur de la parité n'est pas un vain mot : deux des vierges sont... des hommes !
Le récital achevé, la procession aux lumières doit s'élancer à travers rues et ruelles du quartier. Au son de... la Java bleue (vous savez, celle qui ensorcelle...) jouée par un très jeune accordéoniste qui, à l'évidence, a déjà une pratique très affirmée du happening décalé, une petite troupe d'une soixantaine de personnes se met en branle. L'élu du canton se doit de donner l'exemple et je participe donc à l'aventure. Car aventure il y eut. La bourrasque se déchaîna, retournant les parapluies et fouettant les visages. Bien sûr, au bout de cent mètres, la pluie violente eut tôt fait d'éteindre les petites chandelles et de débaptiser ipso facto la procession aux lumières.
La montée d'un boulevard Gorbella désert et quelque peu lugubre sous l'ondée fut particulièrement épique et insolite. Notre petite troupe était précédée par de stoïques musiciennes provençales, fifres et tambourins, qui jouaient une musique joyeuse évoquant les cigales et le pastis bien frais. A la fin du cortège, une voiture de la police municipale veillait probablement à ce qu'il n'y ait pas de débordements en fin de manif... euh, je vous prie de m'excuser, de procession !
L'orage redoublant d'intensité, l'itinéraire devint de plus en plus incertain, le défilé se transformant en une sorte d'errance à la Théo Angelopoulos...
C'est à ce moment-là que je compris qu'on pouvait être très nombreux et vivre quand même un grand moment de solitude.
Une demi-heure plus tard, l'exode s'achève chez le père Didier dans l'atmosphère tiède de l'église
Saint Barthélemy où une surprise nous attendait : les Vierges - qui avaient été préservées de la tempête - peuvent à nouveau chanter la gloire de Lucie pour détendre nos corps grelottants et recroquevillés. Heureusement, le vin chaud servi dans le cloître du monastère après cet ultime spectacle va nous réconforter. Du coup, l'ambiance monte d'un cran et, si l'esprit de Lucie était toujours parmi nous, c'était moins celui de l'austère Sicilienne que celui de celle qui fait un tour in the sky with diamonds...Et c'est quelque peu euphorique que je redescend la colline pour retrouver cette autre Lucie qui m'attend à la maison.
11 décembre 2009
5.08 - Saint Barthélemy

Après avoir dépassé l’inattendu Gainz’bar, dès le n° 20, on se trouve face à un immeuble mythique : le Palais Stella. C’est ici que le 27 août 1944 le comité insurrectionnel de la Résistance niçoise décida, dans la soirée, de déclancher le lendemain à 6 heures le soulèvement pour libérer Nice.
Dès l’aube, deux mille Allemands à l’ardeur, il faut bien le dire, un peu défaillante (les Américains étaient arrivés jusqu’au Var tout proche) furent attaqués par trois à quatre cents résistants surmotivés et intelligemment coordonnés par le QG du Palais Stella. A minuit, les insurgés étaient maîtres de la ville, évitant ainsi destructions et représailles de la part de l’ennemi. Le surlendemain, les Américains incrédules pouvaient pénétrer dans une ville déjà libérée.
Au n°2 du boulevard, une plaque très sobre rappelle que cinq des vingt-sept résistants tués ce
jour-là le furent dans le quartier : René Barralis, Lucien Chervin, Auguste Gouirand, Jean Ballestra et Roger Boyer, qui donnera son nom au square de la Dominante. Chaque 28 août, à 18 heures, je fais partie de la (toute) petite foule qui rend hommage à ces héros dans l’indifférence un peu générale devant le 20, en compagnie des survivants toujours moins nombreux d’année en année. Après l’insouciance des vacances d’été, ce moment d’intense communion est un petit électrochoc qui me ramène chaque fois à l’ambivalence de nos destinées.Mais la partie basse du boulevard de Cessole, c’est aussi le jardin de l’Evêché, les Buttes-Chaumont niçoises… Tout en dénivelé, il nous offre chaque année, dans cette ville sans saisons,
avec ses beaux arbres à feuilles caduques, un petit échantillon d’automne. Il abrite aussi la Maison de l’Environnement dans un bâtiment qui fut celui de la sulfureuse Radio Baie des Anges, en son temps voix officielle du médecinisme. C’est du jardin de l’Evêché que démarre également le célèbre GR5, chemin de randonnée qui relie Nice à… Rotterdam, en passant par Aspremont, le Mont Cima, Utelle, Saint Etienne de Tinée…, le Luxembourg et la Belgique, soit plus de 1500 kilomètres. Un panneau en bois matérialise ce lieu symbolique depuis peu. Devant lui, je me dis que, peut-être, le conseiller général du canton se devrait de… bon… enfin… on verra !Enfin, c’est l’arrivée sur le square Barons de Berre, que les habitants du quartier, fidèles à la tradition du double nom des places de Nice nord, appellent « les trois horloges ». Précisément, parce que trois horloges, haut perchées et accolées, offrent un identifiant quelque peu insolite à ce lieu de passage. C’est au nord du square que se trouve le Bar des deux avenues (Cessole et Cyrille Besset) où nous avions l’habitude, avec Jean-François Knecht, conseiller général du 11e canton limitrophe, d’organiser des conférences de presse communes qui, au-delà de leur utilité directe, étaient un moyen d’authentifier notre travail pour Nice nord et – pourquoi ne pas le dire – notre amitié.

Enfin, le 5.08 s’achève par un décrochage en forme de rectangle opéré par les rues Charles Calais et Victorien Sardou : deux personnalités qui, par la force des choses, font rue commune mais qui, de leur vivant ne seraient certainement pas – selon l’immortelle formule de Thierry Rolland – partis en vacances ensemble. Qu’on en juge . Victorien Sardou, dramaturge parisien : « Les Niçois ont un mont, il est chauve, ils ont un château, il est démoli… ». Charles Calais, poète niçois : « Je suis fils du pays dont rêvent les pucelles… ».
09 décembre 2009
L’ALED a droit de Cité

06 décembre 2009
Nostalgym au Ray

02 décembre 2009
5.05 - Molière

Notons enfin, à l’intersection nord avec Bellevue, le superbe palais Molière où, pendant quelques semaines dans les années 70, nous avions sous-loué un studio sous les toits sans jamais l’habiter, probablement découragés par notre prédécesseur, admirateur de la famille Adams, qui avait peint tous les murs… en noir !
La rue Edouard Dalmas fait aussi partie du périmètre, avec ses deux superbes villas à fresques, fausses jumelles que nous avons sauvées, avec le soutien de la population, d’une destruction programmée par les urbanistes de la ville.
Reste encore, du 22 au 36, une petite partie de la rue Théodore de Banville, juste le temps de vérifier qu’à Nice Nord, existent les pistes cyclables les plus désertes de la ville et de rappeler que ce brave Théo, poète « aux rimes riches » comme le rapporte la chronique, né à Moulins (nul n’est parfait), était complètement frapadingue de notre cité : « Nice est une déesse vivante sortie des flots d’écume sous un baiser du soleil. On vient à Nice pour une semaine et on y reste toute sa vie… ».28 novembre 2009
5.07 - Cyrille Besset

- un théâtre (voir Les théâtres du 5e canton),
C’est que, par deux fois au moins, cet établissement m’a accueilli en compagnie de personnages illustres. En 1990, pour ma première campagne cantonale dans le 5e canton, Laurent Fabius, alors Président de l’Assemblée Nationale, m’avait fait l’amitié de venir à Nice me soutenir dans une modeste réunion de proximité. Sa venue avait d’ailleurs déclenché un afflux de curieux et une tempête médiatique dans un quartier qui restera incrédule jusqu’à l’arrivée de Laurent. Deux ans plus tard, les aléas de la vie politique m’avaient transformé pendant deux mois en responsable de campagne officieux de Léon Schwartzenberg, tête de liste dans notre département pour les régionales. Après un face à face plutôt tendu à La Libé avec l’actuel marie de Nice, nous avions animé de conserve avec Léon, politique un peu lunaire mais très humain, une réunion dans ce qui était devenu, depuis l’épisode Fabius, mon quartier général.
Au-delà, le 5.07, c’est aussi l’avenue Saint Barthélemy avec, au n°34, le curieux immeuble aux balcons en forme de soucoupes volantes, la Montée Claire Virenque, du nom d’une poétesse niçoise qui n’a jamais rien fait à l’insu de son plein gré, les rues Calvino et Andréani qui sillonnent cette colline Saint Barthélemy dont le Prieuré du Vieux Logis est le diamant ocre. Le tout, sous le regard de l’ange qui surmonte l’étrange clocher de l’église.
Les escaliers sont nombreux dans le quartier pour relier rues parallèles et superposées : Saint Barthélemy-Imbert, Besset-Virenque, et bien sûr celui du romain chemin du Collet. Le conseiller général s’est souvent battu avec les autorités pour leur assurer une propreté conforme à leur utilité et à leur poésie.22 novembre 2009
André Aschieri : le politique « autrement »

21 novembre 2009
La paix – pas tout à fait – maintenant

18 novembre 2009
Nice secret et insolite
« Nice secret et insolite » (Editions Les beaux jours) est un petit livre épatant pour tous ceux qui veulent faire le point sur leur histoire d’amour avec Nice. 16 novembre 2009
Je suis aussi un Ponthus

Après avoir « forrestgumpé » dès potron-minet une dizaine de kilomètres entre Saône (ma chère Saône!) et Rhône dans les rues de Lyon, j'avais rendez-vous ce dimanche, à la Part-Dieu, avec une assemblée de l'Association des Amis du Chevalier Ponthus.
Il faut dire que ma mère est née Ponthus et que, pour l’occasion, j’étais convié à présenter sous forme de conférence la vie du résistant Edgard Ponthus, mon grand-père.
Créée il y a vingt-cinq ans par l’entreprenant parisien Pierre Ponthus, cette association surfait, à l’époque, sur la passion toute nouvelle des Français pour la généalogie. Ponthus par ma mère, j’ai immédiatement adhéré au projet… et à l’association. Et depuis, à ma façon, j’ai toujours joué le jeu, visitant par exemple les cimetières de l’Ain qui regorgent de tombes estampillées Ponthus ou profitant de mon passage en 2003 à Salt Lake City pour extirper une trentaine d’ancêtres des limbes de la cave-bibliothèque des Mormons.
Cela dit, aujourd’hui, sous l’impulsion des généalogistes en chef de l’association, Paule Achard et Raymonde Malsert, l’arbre des Ponthus a fière allure avec, à son sommet, un certain Claude né, excusez du peu, en 1540.
Mais là n’est peut-être pas l’essentiel. En effet, les amis du Chevalier Ponthus ne constituent pas une association généalogique comme les autres. C’est que l’AACP est dépositaire de la très belle histoire du chevalier de Ponthus.
Un type épatant ce chevalier : qu’on en juge. Né en Galice à la fin du Ve siècle, il se sauve en Bretagne avec quelques copains pour échapper au sultan de Babylone. Dans la foulée, il séduit la belle Sidoine, fille du roi de Bretagne. Plus exactement, il entame, comme on dirait aujourd’hui, une relation compliquée du genre « je t’aime, moi non plus ». Du coup, il va se livrer aux pires excentricités pour éblouir la belle. Ainsi, il va guerroyer en Angleterre, réconcilier les Anglais et les Irlandais, fracasser le roi de Bourgogne, faire l’ermite dans la forêt de Brocéliande, mettre la pâté aux Sarrasins, devenir subrepticement roi de Galice, et surtout, réussir à pénétrer le cercle très fermé des chevaliers de la Table ronde. Le jour où j’ai appris ce dernier détail, j’avoue en être resté baba : avoir comme ancêtre un pote du roi Arthur, de Lancelot et consorts, annexer au patrimoine familial Excalibur et le Saint Graal, c’était vraiment trop classe… ! Du coup, là aussi, j’ai joué le jeu en me rendant, dès 2001, à Cedeira en Galice pour emprunter la rua del Caballero Ponthus, ou en passant une nuit entière, en 2002, dans la forêt de Brocéliande, histoire de mériter moi aussi une petite place autour de la Table ronde.
En fait, pour justifier vraiment cette invitation chevaleresque, j’ai conscience, comme tous les « cousins » de l’association, qu’il est impératif de faire la jonction généalogique entre notre cher Claude du XVe siècle et le ténébreux chevalier du Ve siècle.
Ce n’est pas gagné, mais ne dit-on pas qu’ à cœur Ponthus, rien d’impossible !
11 novembre 2009
Mur, murs…
Agnès Varda me pardonnera cet emprunt, mais le jeu de mots est parfait en ces temps de commémoration de la chute du Mur de Berlin pour évoquer mes deux face-à-face plutôt minimalistes avec le symbole-repoussoir de la guerre froide.
La première fois, nous étions au milieu des années soixante-dix. Arrivé à Berlin Est à la fin d’une journée pluvieuse, je n’avais pas résisté à la curiosité en nous offrant, dès la première soirée, une petite virée automobile le long du Mur. La nuit était opaque et brumeuse, mais je conduisais ma Renault 5 comme en plein jour grâce aux nombreux projecteurs qui balayaient la frontière. Miradors et barbelés, l’atmosphère était celle d’un roman d’espionnage. Soudain, un vopo, arme automatique en bandoulière, se dresse devant le capot de la voiture et me fait signe de stopper. Pendant quelques secondes le spectre de la STASI, du KGB aussi, peut-être même celui du Goulag se profilent à l’horizon. En fait, le soldat nous explique plutôt calmement, par gestes, qu’en RDA, la nuit, on roule... avec ses phares allumés, ce que, trompé par les projecteurs, je n’avais pas fait. Du coup, je me suis trouvé un peu ridicule : une infraction routière même pas verbalisée ne risquait pas de me transformer en héros de l’anti-stalinisme. Ce n’était pas encore ce soir-là que le grand vent de l’Histoire affolerait les anémomètres de mon imagination d’étudiant occidental en goguette.
Le deuxième face-à-face fut post mortem. Comme nul ne l’ignore – à part peut-être notre Président de la République – le Mur tomba le 9 novembre 1989. D’emblée, j’eus conscience que cet événement serait le plus important de ma vie d’homme. « Le siècle le plus tragique de l’humanité s’achève en effaçant le symbole le plus visible de son absurdité », écrivais-je à chaud non sans emphase, ajoutant quand même, ce qui traduisait un certain désarroi face au vide : « Berlin et son Mur étaient à l’image du monde et ce monde nous abritait. Borné et rassurant. Cette quiétude un peu honteuse ne sera plus jamais nôtre. Aux premières heures du jour d’après, j’entrevois un avenir âpre où le Mur ne sera plus là pour racheter nos fautes… ».
Pourtant, assez curieusement, le printemps qui suivit, nous ne prîmes pas la direction de Berlin pour nos premiers voyages dans l’Est libéré. Ce fut la Roumanie où nous arpentâmes les ruines encore tièdes de la Révolution au son de la lambada, ce fut la Bulgarie, où nous retrouvâmes amis anciens et acteurs politiques du monde nouveau. Ce n’est qu’au cours de l’été 1990 que nous nous retrouvâmes face au Mur ou plutôt de ce qu’il en restait. L’atmosphère était bien sûr infiniment plus gaie que quinze ans auparavant. Négligeant les marchands du Temple, qui déjà proposaient autour de la porte de Brandebourg des petits morceaux de l’ouvrage, nous nous sommes, avec Dominique, bravement attaqué à un pan de béton armé pour arracher en nous écorchant les mains trois petits éclats dont un joliment polychromé. Ces fragments sont toujours dans mon bureau et chaque matin, c’est sans « ostalgie » que je célèbre mentalement la chute du Mur.
Mur, murs… je vous l’avais bien dit !
08 novembre 2009
Marathon Nice-Cannes… C’est fait !

La foule est dense et joyeuse, c’est la dernière ligne droite. A deux cents mètres de l’arrivée, Dominique, qui me guettait, se met à courir à mes côtés, tout en me félicitant pour ma « mine superbe ». A cinquante mètres du portique, elle s’écarte, j’accélère en passant devant les marches du Palais et je termine comme un Kenyan en levant les bras au ciel… 4h 28'54", à une minute près, le temps que je m’étais fixé. Que du bonheur ! Je suis champion du monde… Heu... enfin presque ! (6413ème sur 10276 partants)
Quelle jolie matinée…
Maison du département et de la montagne
Dès 6 h 30, je retrouve l’équipe du Conseil général, tout de vert vêtue. A part Benoît Kandel, essentiellement des fonctionnaires, comme Jef (qui finira en moins de 4 heures), Isabelle, Cathy ou Bertrand, que je croise avec plaisir Entre deux photos de groupe, j’ai la surprise de voir arriver un supporter inattendu, Gérard Blaise. C’est en effet une belle marque d’amitié, on connaît les réticences de l’ami Gérard quand il s’agit de se lever tôt.Le départ
Le temps de saluer Bernard Paquin en aficionado débonnaire, je pénètre dans le sas pas plus
rassuré que cela : un marathon, c’est quand même une course à part. Je retrouve, bien sûr, Laurent et Clotilde. Laurent, sourire en coin, a déjà son idée derrière la tête (mon Dieu que ce garçon est sournois !). De fait, après avoir accompli ses obligations mondaines, il va disparaître et on ne le reverra pas jusqu’à l’arrivée où il signera un superbe 4 heures et sept minutes. Clotilde, elle, retrouve son gang de marathoniennes aguerries, véritables Calamity Jane aux sourires angéliques. Et puis Claudio arrive. Charmant, charmeur, un brin mutin, pas du tout le Claudiogène du blog qui souvent rouspète et engueule. Il est vrai qu’il y a peu de fumeurs au départ d’un marathon…La Prom’ classic
Mise en train un peu pépère, même si le rythme du gang de Clotilde, que je suis mine de rien, me semble un peu rapide. Dominique nous attend pour la désormais traditionnelle photo du Negresco. Je loupe malheureusement Antonin, présent m’a-t-on dit du côté de Magnan.Saint-Laurent-du-Var
Sur le pont du Var, le photographe du CG fend le peloton pour me shooter en plein effort. Du coup, mes voisins de course me regardent avec curiosité en me prenant peut-être pour Julien Lepers ou Albert de Monaco !
Cagnes-sur-mer
Le gang va décidément trop vite. Comme j’ai la trouille de ne pas arriver à Cannes, je lève le pied en passant devant l’église de Cagnes et contourne l’hippodrome seul comme un grand. A la sortie de la commune, je suis applaudie par Véro, la prof de philo, qui fréquente parfois le 10 avenue Cyrille Besset. Du coup, je ne résiste pas au plaisir de lui serrer la main au passage, ce qui me conduit à dévier de 2,50 mètres par rapport à la trajectoire idéale (notez-donc que mon marathon, en fait, fera 42,197 km et 50 centimètres).
Villeneuve-Loubet
A la sortie de Marina, je côtoie pendant quelques centaines de mètres Claudio. Toujours souriant, mais déjà un peu plus critique : « il y a moins d’ambiance que l’an dernier ». Ce manque d’ambiance ne l’empêchera pas de pulvériser son temps de 2008 de plus d’une demi-heure. Une descente – j’adore les descentes – me permet de revenir sur le gang.La ligne droite Marina-Fort carré
Sur la route du bord de mer, je retrouve comme prévu mon ami Gérard Corboli. Emu par une telle fidélité, je lui claque deux bises sonores au passage. Première séquence émotion : tout le long de la ligne droite, je me souviens qu’adolescent, un été, j’ai fait le vendeur ambulant de glaces sur les plages situées entre Marina et la Siesta.
Antibes
A la hauteur du Fort carré, je brûle un ravitaillement pour faire comme les régionaux de l’étape dans le Tour de France qui faussent compagnie au peloton pour saluer famille et amis sur le bord de la route. Je laisse le gang en arrière et retrouve dans un premier temps Dominique qui fera là sa première pige marathonienne de la matinée, en m’accompagnant une centaine de mètres. A l’approche des remparts de la vieille ville, c’est, avec Edith, Rose et Carolyne, trois générations qui me font fête. Semi-marathon en 2 h 04’ 45": c’est une bonne dizaine de minutes plus vite que prévu.Le cap d’Antibes
Je passe assez bien la redoutable côte de la Garoupe. Idem pour le soit-disant fatal trentième kilomètre : la sorcière aux dents vertes n’est pas au rendez-vous. En fait, je suis surpris de ne pas souffrir : aucune douleur, pas de coup de bambou. Par contre, probablement par manque d’entraînement foncier (certain(e)s vont ricaner !), mes jambes vont moins vite et je n’y peux rien. C’est la raison pour laquelle, après une « pause pipi », je perds définitivement le contact avec le gang (Clotilde va terminer avec un magnifique 4h 25’37", même si on peut être certain qu’elle peste car elle voulait faire encore mieux).
Vallauris-Golfe Juan
La plus belle foule du marathon. Les spectateurs scandent nos prénoms inscrits sur les dossards. Pour moi, évidemment, cela donne du « Patriiiiiick ! »), et j’ai soudain l’impression d’être une réincarnation marathonienne du beau Bruel. Plutôt valorisant. Au trente-cinquième kilomètre, deuxième séquence nostalgie. Le temps de passage de 3 h 39’ correspond à mon record marathon d’il y a… bien longtemps.
Cannes
La route en corniche, avec ses faux-plats est assez pénible, il faut dire que, quels qu’ils soient, les cinq derniers kilomètres d’un marathon sont toujours un peu longs. Heureusement, une voiture nous accompagne pendant quelques minutes, avec un morceau de Queen, I want to
break free. Du coup, je suis tout ragaillardi par Freddie Mercury, et je plonge avec entrain sur le Palm Beach. Reste la Croisette où, au mois de mai, j’aime déambuler entre deux films. Et quand, au loin, j’aperçois la silhouette familière du bunker, je me dis que c’est gagné. Je suis champion du monde… Heu... enfin presque !

Deux organes de presse évoquent la course du conseiller général du 5e canton de Nice
05 novembre 2009
Marathon Nice-Cannes : J – 4
Ça y est.Saint Sébastien du macadam, j’ai consenti à tous les sacrifices, j’ai couru à travers la Saône-et-Loire, les Balkans, sans oublier Paris. J’ai enchaîné les allers-retours au Canal de Gairaut, j’ai fractionné sous la pluie, j’ai marathoné de nuit, j’ai supprimé le whisky depuis un mois, le Juliénas il y a quinze jours.
J’ai bu des hectolitres d’eau d’Hépar et tété jusqu’à plus soif les bouteilles de blue lagoon vitaminé, j’ai englouti des régimes de bananes et des kilos de riz complet, plus quelques poudres conseillées d’origine incertaine, j’ai multiplié les étirements musculaires, même pendant le débat d’orientation budgétaire du CG…
J’ai joué à Orange mécanique chez mon cardio pour que 92 électrodes me disent : toc ! toc ! toc ! Votre cœur est parfait Monsieur Mottard…
J’ai acheté deux paires de chaussures de course profilées comme des Formules 1.
J’ai rallongé mes nuits d’une bonne heure et raccourci les rêves qui fatiguent.
J’ai médité chaque matin devant le portrait de Hailé GebréSélassié .
Bref, je devrais être prêt.
Je devrais…
03 novembre 2009
La Côte d’Azur vue du sexe

Faustine est une journaliste talentueuse, enseignante à ses heures et fan de Barack Obama.
Bertrand est docteur en préhistoire et conférencier apprécié.
Tous deux m’honorent de leur amitié et ont eu ces derniers mois deux idées curieusement associées. La première, imaginative et un brin maligne, était d’écrire ensemble un « abécédaire érotique » de la Côte d’Azur. La deuxième, par contre, était parfaitement saugrenue puisqu’ils me demandaient, dans la foulée, de participer à l’aventure en retenant une lettre et un thème de mon choix.
Il n’était évidemment pas question de dire non. Mais en même temps, je ne voyais pas beaucoup de raisons de dire oui. Ma connaissance approfondie des turpitudes politiciennes ne garantissait en rien une expertise du côté des alcôves.
Finalement, je me suis décidé assez sagement à retenir la lettre « C » comme contraception. Pour rappeler, par exemple, que « l’arrivée de la contraception comme nouvelle liberté de la femme a complètement déstabilisé les hommes… ».
Jusqu’à la publication, j’avoue quand même avoir éprouvé une certaine inquiétude à l’idée de me retrouver dans un ouvrage où je serai référencé entre Brigitte (Lahaie) et Rocco (Siffredi). Mais le produit final m’a tout à fait rassuré, le procureur de Montgolfier et Eric Zemmour du Figaro constituant un voisinage nettement moins sulfureux que ce que je redoutais.
Du coup, c’est avec entrain que j’ai participé samedi à la séance de dédicaces à la Librairie Masséna (que de bons souvenirs !) en présence des auteurs, de l’illustrateur Patrick Moya et de l’iconoclaste éditeur Gilbert Grisoni (sa participation à l’ouvrage étant particulièrement politiquement incorrecte…).
Et c’est tout à fait convaincu que je recommande la lecture de cet ouvrage ludique… et informatif. Histoire de lire le réquisitoire impitoyable de Madame Augier, propriétaire du Negresco et militante de la cause animale, contre… la zoophilie, de revisiter la légende urbaine de « Sucette », de décrypter les paroles en niçois de « Calant de Vilafranca », ou d’imaginer, avec Mado la niçoise, une reprise locale de « Neuf semaines et demi » avec de la tapenade à la place des glaçons…
01 novembre 2009
La « Mosaic » de Marouane, Bariza, Sami et les autres…
Mosaic rassemble des Français de sensibilité musulmane qui veulent dans un cadre laïc et républicain fédérer autour des thèmes de la citoyenneté, promouvoir l’égalité des chances et lutter contre les stéréotypes.
Cette association se veut aussi l’expression de la majorité silencieuse des musulmans français souvent démunis face aux intégristes et à la névrose identitaire.
Pour ma part, très inquiet depuis quelques années par la montée en puissance du communautarisme et par une République qui n’intègre plus ou mal, je soutiens bien évidemment cette démarche depuis ses débuts.
Si l’initiative de la création de Mosaic revient à Marouane Bouloudhnine, promoteur il y a quelques années du groupe des amitiés judéo-musulmanes et actuellement adjoint au maire de Nice (Christian Estrosi va d’ailleurs ouvrir le colloque), l’association est politiquement œcuménique. C’est ainsi que mon amie Barisa Khiari, sénatrice socialiste de Paris, était une des intervenantes principales du colloque avec Fayçal Douhane, dirigeant PS « emmanuelliste » et directeur adjoint de l’association des maires d’Ile de France. Les socialistes du 9-3, autour de Claude Bartolone, soutiennent également depuis ses débuts l’initiative et l’on retrouve dans l’équipe de direction un cadre du MoDem ainsi… que nos amis Sami Cheniti et Zied Essid de Gauche Autrement. Régionaux de l’étape, ces deux derniers, appelés à la tribune, seront d’ailleurs chaleureusement applaudis par l’assistance.
Les débats furent de grande qualité avec, par exemple, Dalil Boubakeur, Recteur de la Mosquée de Paris, encourageant l’émergence des valeurs portées par Mosaïc, ou Abdel Aïssou, notre ancien sous-préfet chargé de la politique de la ville, expliquant le parcours de sa famille, bel exemple d’intégration républicaine.
Mais pour moi, c’était bien entendu l’intervention de Bariza Khiari à Nice, dans ma ville. Je n’ai pas oublié le soutien qu’elle m’avait spontanément apporté, il y a trois ans, lorsque j’avais été attaqué publiquement par les communautaristes du PS soutenus par l’appareil fédéral. Bariza fera d’ailleurs allusion à ce combat commun au début de son intervention. Sur le fond, elle rappellera que le danger, pour la République, ce n’est pas la force des religions, mais la faiblesse des laïcs et que la loi doit défendre la foi tant que la foi ne devient pas la loi. Quant au débat sur l’identité nationale (elle aurait préféré « identité républicaine »), elle répondra tout simplement au représentant du ministère : « Chiche ! ».
A midi, je devais quitter le CUM pour rejoindre le Forum des Associations, autre manifestation citoyenne importante de notre ville.
Mais peu importe, en retrouvant ma voiture, un peu euphorique, j’avais l’impression d’avoir vécu un moment fort : des musulmans de France se rassemblent, au-delà de leurs chapelles politiques, pour réconcilier six millions de nos compatriotes avec une République qu’ils veulent respectueuse de ses propres valeurs d’égalité et de fraternité. C’était plutôt une sacrée bonne nouvelle ! Merci Marouane, merci Bariza, merci Sami…



